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 Nicolas Sarkozy : sans stratégie, sans programme, sans idées neuves

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Ysaline de Montmirail
Duchesse
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Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: Nicolas Sarkozy : sans stratégie, sans programme, sans idées neuves   Sam 29 Nov - 17:55

Nicolas Sarkozy : sans stratégie, sans programme, sans idées neuves

Malgré une campagne poussive, Nicolas Sarkozy devrait réussir ce samedi à se faire élire président de l'UMP.

"Pensez-vous que j'aie eu tort de me présenter ?" En ce début du mois de novembre, Nicolas Sarkozy est saisi par le doute. Il téléphone à l'une de ses vieilles connaissances dont il apprécie la sûreté de jugement. "Non, c'était la bonne décision. Vous n'aviez pas le choix", le rassure son interlocuteur, qui ajoute : "Si vous n'aviez pas saisi cette occasion-là, vous n'auriez jamais pu revenir."

C'est ce que Sarkozy avait envie d'entendre. C'est la conclusion à laquelle il était lui-même parvenu le 27 mai dernier, lorsque Jean-François Copé a jeté l'éponge. Deux heures seulement après la démission du maire de Meaux, il appelle un vieux complice :

    - Qu'est-ce que t'en penses ?
    - Comme ami, je te dis : tire-toi et profite de la vie, mais pour le pays tu dois revenir.
    Et si tu veux te présenter en 2017, t'es obligé d'y aller maintenant.
    - Oui, il me faut le parti."

Cinq mois plus tard pourtant, face à la difficulté de la campagne, il flanchouille et a besoin d'être encouragé. Oui, Sarkozy doute. Et son entourage aussi.

Le dilettante

"Nicolas, est-ce que tu bosses vraiment ?" lui a demandé, mine de rien, voici deux semaines, un ami qui lui veut du bien. Nicolas s'offusque. Comment ? Bien sûr qu'il travaille ! Et de raconter ses rendez-vous, ses réunions, ses meetings. Pas convaincu, son interlocuteur lui recommande amicalement de s'y mettre. Comme avant. Comme autrefois lorsqu'on le qualifiait de "workaholic".

Cet ami n'est pas le seul à s'inquiéter. En septembre, avant qu'il ne se lance dans la bataille, un bénévole de son équipe a déclaré forfait après deux séances de travail, exaspéré par son "dilettantisme". Ceux qui fréquentent alors ses bureaux de la rue de Miromesnil sont frappés par l'absence de discussion sur le fond des sujets et par son "narcissisme encore plus fort qu'avant".

Les yeux fixés sur l'Elysée, Sarkozy est alors persuadé de ne faire qu'une bouchée de Hollande, "ce notaire de province sous antidépresseurs".

Il prophétise que son successeur n'ira pas au bout de son mandat et refuse de mobiliser son réseau dormant d'experts pour élaborer un corpus d'idées neuves.

"Inutile, tranche-t-il, je m'en fous."

Il mène une campagne "militante, pas une présidentielle", rappelle-t-il à ses troupes désarçonnées. En ce mois de septembre, autour de lui, tout le monde l'a compris : le programme, c'est lui.

Revenir ? "Une équation impossible"

L'équipe ? Elle est disparate. En dehors des quelques collaborateurs dont il bénéficie en tant qu'ancien chef de l'Etat, notamment son attachée de presse Véronique Waché ou son directeur de cabinet Michel Gaudin, il ne dispose pas d'autres permanents. Les anciens conseillers de l'Elysée qu'il sollicite apportent volontiers leur aide mais poursuivent désormais leur propre carrière : Emmanuelle Mignon, coordonnatrice du projet de 2007, aujourd'hui au Conseil d'Etat, le fidèle Franck Louvrier chez Publicis, Guaino et d'autres à l'Assemblée nationale.

Nicolas Sarkozy savait que personne, ou presque, au sein de sa propre famille politique ne voulait de son retour : ni Juppé, ni Fillon, ni ses anciens ministres, "quadras" ou "quinquas", ni les parlementaires. Seule la base le regrettait. Il savait que cette campagne interne allait être compliquée. "Une équation impossible", l'avait aussitôt prévenu son ami Henri Guaino, pressentant l'inévitable décalage entre la nécessité d'un discours musclé aux militants et la hauteur de vue qui sied à un ancien président de la République.

Il découvre qu'on lui résiste

Décalage entre l'obligation, comme candidat à la direction d'un parti, de parler "boutique", structures et organisation de la future formation qu'il entend créer, et celle, comme ancien chef d'Etat... et futur candidat en 2017, d'évoquer les grands problèmes de la France...

Décalage dangereux entre une campagne partisane et une campagne présidentielle prématurée; entre le public singulier auquel il s'adresse et celui, plus large, qui le voit à la télévision et attend déjà des propositions nouvelles. Tout cela, il l'avait envisagé. Mais pas à ce point. Depuis le mois de septembre, Nicolas Sarkozy découvre qu'on lui résiste. Ouvertement.

Début octobre, il lance à Arnaud Robinet, jeune maire de Reims : "Tu es député depuis 2008 et maire depuis le mois de mars. Tu as mieux à faire que de passer ton temps dans les inaugurations. Ta place est dans un gouvernement en 2017."

Pas de chance, Robinet adore ce job qu'il découvre. Il trouve les propos de l'ancien président désobligeants pour sa fonction. Et il n'est pas dupe des promesses de l'ancien président. Il préférera rallier Bruno Le Maire...

Même déconvenue avec David Lisnard, nouveau maire de Cannes. Sarkozy, très aimable, lui a téléphoné plusieurs fois avant de l'honorer d'une visite dans son bureau et de partir à pied déjeuner avec lui dans un restaurant à proximité. Malgré l'insistance de Sarkozy - "Mon David, mon David" , Lisnard, pourtant sensible au talent de l'ex-président, a préféré rester neutre dans cette campagne. Il n'a pas oublié que l'UMP ne lui avait pas accordé d'investiture aux municipales.

Sarkozy n'a pas eu plus de chance avec les députés Franck Riester, Damien Abad ou Thierry Solère, fervents supporters de Bruno Le Maire.

Comme un disque rayé

Qu'importe ! A force de séduction et de promesses -il en est déjà à dix Premiers ministres potentiels et à une centaine de membres du gouvernement pour 2017 -, à force de menaces voilées - "Je ne suis pas amnésique" -, à force de faire remarquer que Juppé "n'avait qu'à y aller, mais [qu']il ne l'a pas fait, hein, pourquoi, hein ?", il a bétonné l'essentiel. Il a décroché le maire de Mulhouse, rattrapé son ancienne conseillère Sophie Dion, tentée de rejoindre Bruno Le Maire et, surtout, rallié la plupart des jeunes poids lourds de l'UMP, autrefois soutiens de François Fillon, comme François Baroin, Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse ou Eric Ciotti.

Oui, Sarkozy doute. Les salles qui l'accueillent ont beau être bondées, les militants gonflés à bloc scander : "Nicolas ! Nicolas !", l'ancien président sent bien que quelque chose ne colle pas. Sarko-lebulldozer devait tout emporter sur son passage. Raté. A peine est-il à nouveau sur le terrain qu'il lasse. Le voilà qui égrène les recettes de sa campagne de 2012. Comme un disque rayé.

"Ça me gave déjà", dit Marine Le Pen, résumant le sentiment général de "déjà-vu".

Idéalisé lorsqu'il était sur l'Aventin, Nicolas Sarkozy déçoit à l'atterrissage. La France d'en haut renâcle et ricane. Ses amis sénateurs Roger Karoutchi et Pierre Charon échouent à la présidence du groupe ou à la questure. On lui attribue la défaite de Jean-Pierre Raffarin à la présidence du Sénat. Sa campagne démarre mal. Elle patine pendant quelques semaines.

A la recherche du souffle d'antan

En professionnel de la politique qu'il est resté, il a rectifié le tir à deux reprises. A la mi-octobre, il a cessé de répondre aux questions assis dans un fauteuil, comme il le faisait en début de campagne, posture jugée catastrophique par ses proches. Il s'est remis debout et harangue la foule à la tribune. Au même moment, il a aussi décidé de doubler le nombre de ses meetings.

Face à l'omniprésence d'Alain Juppé qui mène une campagne parallèle dans les médias, face à la montée en puissance de Bruno Le Maire, Sarkozy a pris conscience qu'il doit changer de rythme et de style. Convaincu de sa toute-puissance, certain d'emporter facilement le morceau dans un parti demeuré sarkozyste, il a péché par présomption. Un peu comme François Fillon face à Jean-François Copé il y a deux ans. Comme pour mieux s'en persuader, il confie, en marge de son meeting le 15 octobre :

"Je ne me trompe pas de campagne comme Fillon."

Il n'empêche. Après avoir voulu écrire seul ses discours, parfois avec l'aide de son ancienne plume Camille Pascal, comme il l'a fait pour son meeting inaugural à Lambersart le 25 septembre, il se décide à appeler au secours Henri Guaino pour celui de la porte de Versailles, le 7 novembre. Histoire de retrouver le souffle d'antan. Grognon, agacé par la tournure de la campagne, l'ami Guaino accepte pourtant de lui écrire aussi le texte de son dernier meeting à Nîmes.

Nicolas Sarkozy a aussi bien entendu le conseil que lui a donné un ancien responsable du RPR :
"Une élection interne ne se gagne pas seulement dans les réunions publiques. Elle se gagne en recevant les cadres du parti qui sont prescripteurs d'opinion des militants."

Message reçu 5 sur 5. Il les a reçus à Paris ou vus en marge de ses meetings. Lorsqu'il rencontre les conseillers de Paris le 31 octobre, il reste presque deux heures de plus que prévu et boit l'apéritif avec eux jusqu'à 21 heures passées, lui qui aime tant rentrer tôt chez lui. Avant son meeting porte de Versailles, il passe plus d'une heure avec les délégués de circonscriptions, venus de toute la France. Bref, comme le dit l'un d'eux, "il fait le job souterrain".

Déconnecté du réel

Mais il semble avoir perdu de sa vista, comme l'a révélé sa prestation le 15 novembre devant l'association Sens commun, club de dissidents de la Manif pour tous, encartés à l'UMP. Au-delà de sa position de fond sur le mariage pour tous – abrogation -, la forme est catastrophique. Un Sarkozy qui semble acculé par la salle et cède à la pression. Un ancien président de la République - ou un maquignon ? - qui lâche : "Si ça peut vous faire plaisir, ça coûte pas cher..." Calamiteux.

Où est passé le Sarkozy martial qui assumait d'emblée ses positions pour mieux les imposer ? Que lui arrive-t-il ? Où habite-t-il ? se demandent même ses plus proches soutiens, atterrés.

Ailleurs. Nicolas Sarkozy serait ailleurs. Décalé. Déconnecté du réel, du terrain. Pendant deux ans et demi, l'ancien président a vécu une autre vie, souvent loin de Paris et de la France. Tantôt pour le plaisir et les vacances avec sa femme, Carla, tantôt à l'étranger pour ses conférences bien payées devant la crème de l'élite mondiale, un public policé et souvent conquis.

Sûr de lui et de son talent, il n'avait manifestement pas mesuré sa propre difficulté à reprendre pied sur la scène publique. Il avait sous-estimé aussi les effets de la "lessiveuse", ce processus de mise à nu, en principe réservé au favori d'une élection présidentielle, exposé aux feux des projecteurs et soumis à la dissection de tous ses faits et gestes.

"Cette campagne l'emmerde"

Certes, il n'a jamais cessé de s'intéresser à la politique française, de voir ses anciens ministres, de cajoler les jeunes pousses, mais, observe l'un d'eux : "C'était comme de voir à travers une vitre." Comme un sportif qui aurait arrêté l'entraînement, il lui a fallu se mettre en jambes. "Il est en période de rodage", dit une de ses très proches. Mais on juge que la mise en jambes se prolonge un peu trop...

"Est-il encore capable d'avoir l'humilité de repartir à zéro, de repasser les éliminatoires ?"

D'autres pointent son ennui - "Cette campagne l'emmerde" - ou les effets néfastes des conférences à l'étranger qu'il a continué de tenir pendant toute cette campagne. Voici deux semaines il était à Hongkong, la semaine suivante aux Etats-Unis. L'épisode désastreux de Sens commun est-il aussi l'effet du jet lag ? Beaucoup de ses anciens ministres le pensent. Encore un décalage... horaire cette fois. Résultat, résume un parlementaire parisien après le crash sur l'"abrogation" du mariage pour tous : "Comme ça l'ennuie, il n'est pas bon, comme il n'est pas bon, il s'énerve, et, comme il s'énerve, il fait des conneries."

Ainsi, après l'affaire Fillon-Jouyet, il est incapable de s'en tenir à sa ligne officielle de rassemblement, de blanche colombe que n'atteindrait pas "ce torrent de boue". Au lieu de profiter du statut de victime que lui a miraculeusement conféré François Fillon, au lieu de rester extérieur à cette affaire, il ne peut s'empêcher de raconter à l'ensemble de ses troupes que les témoignages en faveur de son ancien Premier ministre, comme celui d'Antoine Gosset-Grainville, ancien directeur adjoint de cabinet de Fillon à Matignon, seraient sujets à caution.

Contacté par "l'Obs" la semaine dernière, Gosset-Grainville avait formellement réitéré son soutien à Fillon. Le cabinet de l'ancien président préfère du reste ne pas s'étendre sur cette version sarkozyste d'une affaire dans l'affaire... Quant aux images de Juppé sifflé samedi dernier dans sa ville de Bordeaux par ses fans, elles ne contribuent pas à façonner sa stature de rassembleur...

Un électrochoc serait-il salutaire ?

A l'issue de cette trop longue campagne, ses proches n'ont pas de doutes. Sarkozy ne confond pas les échéances et il aurait déjà beaucoup de projets pour la refondation intellectuelle de l'opposition. Selon un ancien ministre, qui lui envoie régulièrement des notes : "Il est beaucoup plus lucide qu'on ne le pense, y compris sur ses défauts."

Mais certains de ses partisans les plus déterminés en sont à souhaiter qu'il n'obtienne pas un trop bon score. Pour qu'il subisse un électrochoc salutaire. Pour qu'il cesse de se surestimer et de sous-estimer ses adversaires. Pour qu'il reprenne les choses à bras-le-corps, "comme avant" (avant 2007).

"S'il obtient plus de 70%, ça va être 'cata'" dit l'un d'eux. "Il va croire qu'il peut gagner 2017 les mains dans les poches."

Parfois l'histoire bégaie. Nicolas Sarkozy va désormais devoir mettre les bouchées doubles s'il veut faire mentir la fameuse sentence de Karl Marx édictée à propos de Napoléon III : "Tous les grands personnages et événements historiques se répètent toujours deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde comme farce."

Carole Barjon, avec Caroline Michel et Maël Thierry

http://tempsreel.nouvelobs.com/bataille-ump/20141127.OBS6397/nicolas-sarkozy-sans-strategie-sans-programme-sans-idees-neuves.html
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Pierrot (lunaire)
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MessageSujet: Re: Nicolas Sarkozy : sans stratégie, sans programme, sans idées neuves   Lun 1 Déc - 17:57

Il a dit qu'il "avait changé" pourtant... clown
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Eurynome
Baron
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MessageSujet: Re: Nicolas Sarkozy : sans stratégie, sans programme, sans idées neuves   Mar 2 Déc - 19:23

Ça fait combien de fois qu'il le dit, aussi?
Si mes souvenirs sont exact:
-avant les élections de 2007 (devenir "présidentiable")
-à mi-mandat (ça grognait pas mal)
-juste avant les élections de 2012 - pas sûr de moi sur ce coup là
-et maintenant, là.
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FOX68
Manant
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MessageSujet: Re: Nicolas Sarkozy : sans stratégie, sans programme, sans idées neuves   Dim 4 Jan - 13:05

Bravo pour l'article Marianne... oups pardon Ysaline (c'est votre photo qui m'inspire). Je ne vois rien à ajouter sinon que les leçons sont répétées tant qu'elle ne sont pas comprises tant au niveau individuel qu'au niveau de la nation. A suivre donc !
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MessageSujet: Re: Nicolas Sarkozy : sans stratégie, sans programme, sans idées neuves   

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