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 Charles Pasqua est mort

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Ysaline de Montmirail
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Messages : 2592
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: Charles Pasqua est mort   Lun 29 Juin - 20:10


Mort de Charles Pasqua, homme de réseaux et de bons mots

Il est très rare de rencontrer, dans les milieux du pouvoir, un homme qui fait peur et rire tout à la fois. Un homme dont on a longtemps craint les réseaux, les dossiers secrets, les coups tordus, mais dont les bons mots, l’accent provençal et une certaine façon d’être, à mille lieues des technocrates de la politique, ont aussi bâti une forme de popularité.

Charles Pasqua, qui vient de mourir, lundi 29 juin à l’âge de 88 ans, des suites d’un problème cardiaque, selon un communiqué de sa famille publié par Le Point, présentait ces deux visages. Celui d’un « parrain », conversant en corse avec certains de ses collaborateurs et traînant dans son sillage un bout de la Françafrique, quelques légendes noires du mouvement gaulliste et bon nombre d’« affaires » qui défrayèrent la chronique judiciaire.

Celui aussi d’un personnage à la Fernandel, terriblement sympathique, fin connaisseur des hommes et invitant chacun à de mémorables saucissonades. Selon les époques, on jura qu’il avait été « un grand résistant », « un grognard du gaullisme », « le premier flic de France », « le patron du plus riche conseil général de l’Hexagone, les Hauts-de-Seine ». Mais c’est encore François Mitterrand qui résuma le mieux ce personnage haut en couleur de la Ve République, en évoquant, dans un mélange d’admiration et de méfiance, « ce diable de M. Pasqua ».

« Sans De Gaulle et Paul Ricard, je ne serais pas ce que je suis. »

Tout au long de sa vie, l'ancien ministre laissa presque tout dire. Lui-même parlait beaucoup, jamais avare d'un bon mot ou d'une anecdote. C'était cependant sa manière, très efficace, de cacher toujours l'essentiel. C'est à dire sa parfaite connaissance de bon nombre de secrets d'Etat et de certains comportements sombres au cœur de la République. Au sein de la droite, ceux qui avaient suivi son parcours, ses choix politiques, ses procès avaient fini par dire pudiquement de lui « c'est un personnage », comme on évoquerait un caractère de théâtre. Et il faut parier qu'il y avait là une manière d'hommage, d'admiration et peut-être de nostalgie pour une époque révolue de la politique.

Charles Pasqua résuma un jour sa vie en une phrase, qui fit rire les snobs : « Sans De Gaulle et Paul Ricard, je ne serais pas ce que je suis. »

Pour comprendre ce qu'il voulut alors dire, il faut d'abord revenir aux quinze ans de ce petit-fils de berger corse, de ce fils de policier et sentir le soleil et les parfums de Grasse, dans les Alpes-Maritimes. Le jeune Charles y est né le 18 avril 1927, dans une famille de patriotes farouches, comme le sont parfois les Corses.

Après l'invasion de la zone libre par les armées nazies en novembre 1942, il s'engage dans la Résistance, sous le pseudonyme de Prairie. En fait, son père André est déjà membre d'un réseau et établit de fausses cartes d'identité de son commissariat.

De son côté, Charles fait partie d'un groupe de jeunes gens qui rejoindront bientôt la France libre du général de Gaulle. De là, datera son attachement à l'homme du 18 juin, dont il rejoindra après la guerre, dès sa fondation en 1947, le RPF. Il a repris ses études, passé son bac et une licence de droit, et a épousé la femme qui restera toujours à ses côtés, Jeanne Joly, une québécoise rencontrée à Grasse avec laquelle il aura aussitôt un fils unique, Pierre. Il lui faut désormais un métier.

Il est « facilement séduit par les truands »

Il va trouver son premier lieu d'épanouissement dans l'entreprise Ricard, qui mène alors bataille sur le marché des alcools et spiritueux contre Pernod, et règne en maîtresse à Marseille, où la famille Pasqua s'est installée. « J'ai eu un coup de chance, j'ai été reçu par Paul Ricard lui-même, racontait parfois Charles Pasqua. Dans son bureau, il m'a demandé de mimer une scène de vente. Ma prestation a dû lui plaire. Quinze jours plus tard j'étais pris à l'essai. »

Il va vite se faire remarquer par son bagout, son intelligence et son sens de la vente. Paul Ricard a un mode de gestion quasi clanique de son entreprise. Il organise des week-ends et des corridas chez lui, invite ses directeurs avec leurs épouses et s'arrange, au fond, pour que ses cadres vivent entièrement dans l'orbite Ricard, vacances comprises.

Très vite, Charles Pasqua va être bombardé inspecteur des ventes en Corse, puis grimper tous les échelons jusqu'à la direction générale des ventes en France et à l'exportation, en 1962, naviguant de la Corse à Marseille pour atterrir à Paris. En 1967, il est devenu le numéro deux du groupe. De ces moments, il gardera surtout le souvenir d'une méthode qu'il définira ainsi :

« Avec Paul Ricard, on avait en commun un comportement atypique. En dehors des clous… C'était une sorte de jeu. Plus qu'un jeu, une nécessité de l'action ».

Cette « nécessité de l'action » trouve aussi un exutoire parallèle. En 1959, il est devenu l'un des co-fondateurs avec Jacques Foccart et Achille Peretti, du Service d'Action Civique (SAC), sorte de police privée du gaullisme, en pleine guerre d'Algérie. Pasqua en est le vice-président et le dirige avec son ami Daniel Léandri. C'est un curieux mélange de militants, de policiers, de gendarmes et d'hommes du « milieu » qui, de l'engagement gaulliste des débuts, vont peu à peu dériver vers les coups de main, les règlements de compte et l'illégalité.

Les amis de « Charles » concèdent alors qu'il est « facilement séduit par les truands », tellement plus hauts en couleurs que ces fils de la bourgeoisie qui tiennent le haut du pavé politique. Il ne voit d'ailleurs pas de contradiction à les fréquenter pour mieux servir la figure de légende qui reste sa référence : De Gaulle. « De Gaulle, c'était un mythe ! explique-t-il un jour au Monde. S'il avait été communiste, j'aurais été coco sans hésitation. Et s'il m'avait demandé de mourir pour lui, je l'aurais fait sans hésiter. »

En 1968, c'est donc avec ses troupes du SAC que Charles Pasqua organise le raz-de-marée gaulliste du 30 mai sur les Champs-Elysées. Il est élu, dans la foulée, député UDR dans la circonscription de Clichy-Levallois. L'année précédente, il a quitté Ricard pour monter sa propre société, Euralim, basée à Levallois-Perret, spécialisée dans l'importation de l'Americano, un cocktail italien à base de Campari et de Vermouth. Mais c'est vraiment la politique qui lui offre le terrain de jeu auquel il aspire.

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Ysaline de Montmirail
Duchesse
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Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: AUX OBSÈQUES DE CHARLES PASQUA, UN PAN D’HISTOIRE SE REFERME   Ven 3 Juil - 17:37



Aux obsèques de Charles Pasqua, un pan d’histoire se referme

Il est bien l’un des rares anciens élus mitterrandistes à avoir fait le déplacement. Pour les obsèques de celui qui fût l’une des bêtes noires de la gauche, le pouvoir socialiste n’a dépêché que le strict minimum de son contingent d’officiels : le directeur de cabinet du président de la République, la ministre Marylise Lebranchu et le secrétaire d’Etat Jean-Marie Le Guen.

Mais aux bancs des officiels, presque toute la droite des trente-cinq dernières années, se tient là. Une assemblée sombre, très largement masculine qui retrace à elle seule l’histoire tumultueuse du mouvement néogaulliste. La brochette des anciens premiers ministres, Edouard Balladur, Alain Juppé et François Fillon, a été placée devant les élus des Hauts-de-Seine, les inévitables époux Balkany, Claude Guéant, André Santini, et les collaborateurs de la campagne contre le traité de Maastricht. Même d’anciens adversaires sont venus, comme Michel Noir, dont la haute silhouette s’est voûtée sous une tête désormais blanchie par les années.

Nicolas Sarkozy, celui-là même qui avait fait ses premières armes en politique soufflant la mairie de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) au nez de Pasqua, a préféré se recueillir seul au funérarium, plutôt que se mêler à cette assemblée qui semble refermer un pan d’histoire. Jacques Chirac, trop affaibli, n’a pas fait le déplacement, ni sa fille Claude qui appelait pourtant Pasqua « oncle Charles » avant que celui-ci ne choisisse, en 1995, Edouard Balladur. Après des années de brouille, l’ancien président de la République avait fini par appeler, en février, pour présenter à son ancien compagnon, ses condoléances après la mort du fils unique de Charles Pasqua. Mais pour ses obsèques, seul le gendre de Chirac, Frédéric Salat-Baroux, a été dépêché.

L’évêque aux armées françaises, Monseigneur Luc Ravel, a-t-il bien compris, cependant, le caractère du personnage que l’on enterre ? Depuis une demi-heure, maintenant, il parle de Charles Pasqua comme on parlerait d’un enfant de chœur. Retraçant d’une voix trop douce un parcours dont il a gommé toutes les aspérités. Dans l’assemblée, on s’évente doucement, pour échapper à la chaleur. Voilà pourtant que les politiques vont reprendre le pouvoir.

Le préfet Pierre Monzani, un bébé Pasqua qui dirigea le pôle universitaire Léonard de Vinci, à Courbevoie (Hauts-de-Seine), le président du Sénat Gérard Larcher et surtout l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, aujourd’hui député, Henri Guaino ont préparé des discours. Et les voici qui redressent à grands traits lyriques une statue légendaire, certes, mais qui n’a plus rien d’un angelot.

Derrière l’épouse et les petits-fils du défunt, des secrétaires et des collaborateurs étouffent un sanglot. Un chœur de voix d’hommes s’élève alors, chantant en corse la Salvi Regina : « Voi dei nemici nostri/A noi date vittoria/E poi l’Eterna gloria/In Paradiso » (« Sur nos ennemis, donnez-nous la victoire et puis l’Eternelle gloire au Paradis… »).

Cette fois, la cérémonie ressemble à celui que l’on célèbre. Et le cercueil peut enfin partir rejoindre les parfums du Sud, à Grasse (Alpes-Maritimes), où l’ancien ministre sera désormais enterré.

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Eurynome
Baron
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Messages : 1363
Date d'inscription : 30/10/2012

MessageSujet: Re: Charles Pasqua est mort   Dim 5 Juil - 15:35

La dernière fois que j'ai entendu parler de lui, il était question "d'affaires" et de "révélations"...
Maintenant que le couvercle en bois de pin est posé, j'ai l'impression bizarre que certains ex-collègues se sentent soulagés... study
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