Duché de Montmirail

Forum politique et rpg
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 ephemeride

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1 ... 5, 6, 7 ... 21 ... 36  Suivant
AuteurMessage
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 10 octobre 1789 : Les biens du clergé nationalisés   Sam 10 Oct - 20:19



10 octobre 1789 : Les biens du clergé nationalisés

Le 10 octobre 1789, à Versailles, l'Assemblée constituante décide de nationaliser les biens de l'Église de France.

Un remède tout trouvé à la crise financière

Les états généraux ont été réunis par Louis XVI le 5 mai 1789 pour trouver une solution à la crise financière qui place le royaume au bord de la faillite.

Les premières secousses révolutionnaires n'arrangent rien. Les impôts ne rentrent plus du tout et les épargnants refusent de continuer à prêter de l'argent au Trésor. « La banqueroute, la hideuse banqueroute est à nos portes !» s'exclame Mirabeau devant ses collègues députés, en septembre 1789.

C'est alors que le député Charles Maurice de Talleyrand, par ailleurs évêque d'Autun, propose à ses collègues de nationaliser les biens du clergé. Ces biens, constitués de propriétés agricoles et d'immeubles, sont très importants. On les évalue à 3 milliards de livres (environ dix fois le montant du budget annuel du royaume). Ils résultent des innombrables dons et legs des fidèles au cours des siècles passés.

La nationalisation est votée le 2 novembre 1789. Elle se traduit par le transfert virtuel des titres de propriété à la Nation ainsi que par la suppression de la dîme, un impôt annuel prélevé par le clergé sur le tiers état.

En contrepartie, sur une suggestion de Mirabeau, l'État s'engage à prendre à sa charge l'entretien des ecclésiastiques, les frais du culte et aussi les très lourdes charges sociales et éducatives qui relevaient jusque-là de l'Église.

D'une part, les prêtres sont en passe de devenir des fonctionnaires (on est ici à l'opposé du principe actuel de séparation des Églises et de l'État) ; d'autre part, l'État se découvre de nouvelles responsabilités dans le domaine social.

La nationalisation des biens du clergé reçoit un accueil plutôt favorable des catholiques français. Les paysans comptent bien en profiter pour arrondir leurs propriétés en se portant acquéreurs des domaines de l'Église.

Le clergé lui-même, fort d'une centaine de milliers de personnes, y voit l'occasion d'une réforme en profondeur de l'Église. Il faut dire que pour les curés de campagne, auparavant réduits à un salaire de misère, la «portion congrue», la nationalisation des biens du clergé est une aubaine car elle va de pair avec la promesse d'un salaire régulier et confortable de 1200 livres par an.

Naissance des assignats

Dans l'immédiat, faute de pouvoir faire autrement, l'Assemblée nationale constituante laisse au clergé le soin de continuer à gérer ses domaines. Pour tirer concrètement parti de ces domaines sans attendre leur mise en vente, l'Assemblée décide de les mettre en gage (on dit aussi «assigner»). Par décret des 19 et 21 décembre 1789, elle émet des bons du Trésor pour un montant total de 400 millions de livres.

En échange d'un prêt à l'État, les particuliers reçoivent un bon du même montant. Ce bon porte un intérêt de 5% qui correspond à la rémunération du prêt. Surtout, ce bon appelé «assignat» est gagé ou «assigné» sur les biens du clergé (désormais appelés biens nationaux). Autrement dit, son détenteur peut l'échanger à tout moment contre un bien national de même valeur (parcelle de terre...).

De cette façon, les révolutionnaires gagnent sur les deux tableaux : en drainant l'épargne du public, ils comblent la dette de l'État ; en cédant les biens nationaux aux paysans aisés et aux bourgeois, ils s'assurent d'indéfectibles soutiens dans la population. Néanmoins, peu nombreux sont au début les Français qui font appel à cette possibilité.

Le 17 avril 1790, le gouvernement décrète le cours forcé de l'assignat et supprime l'intérêt de 5% qui lui est lié. L'assignat devient simplement un bon à valoir sur les biens nationaux. Comme il est anonyme, il peut s'échanger de gré à gré comme nos billets de banque actuels.

Il y a plus grave. Le gouvernement, toujours aux prises avec le manque d'argent, renonce à brûler les assignats qui ont été échangés contre un bien national et ne sont normalement plus garantis.

Il trouve plus juteux de les remettre en circulation comme de simples billets de banque. Jacques Necker, le contrôleur général des finances, n'approuve pas ce procédé qui trompe la confiance du public.

Il démissionne en septembre 1790 mais le gouvernement et l'assemblée ne renoncent pas pour autant à leur manipulation. Ils recourent même à l'impression de nouveaux assignats jusqu'à atteindre un total de 1800 millions de livres.

Les ennemis de la Révolution, les émigrés et les faux-monnayeurs ne se privent pas non plus d'inonder le pays avec leurs coupures de sorte que le public perd très vite toute confiance dans ces billets sans garantie.

Il se garde de les échanger contre des pièces en métal précieux. Les commerçants, quant à eux, sont contraints par la loi de les accepter. Ils se protègent comme ils peuvent en augmentant leurs prix.

En définitive, la crise financière redouble d'intensité avec les assignats qui étaient supposés effacer la dette publique. La situation ne se rétablira qu'avec la création du franc germinal, en... 1803.

Le pape entre dans l'opposition

Dans le fil de la nationalisation des biens du clergé, les monastères sont privés de leurs ressources ordinaires. En conséquence, le 13 février 1790, l'Assemblée constituante dissout les ordres religieux. La carte des diocèses est par ailleurs calquée sur celle des départements.

Ces réformes très importantes, à commencer par la nationalisation des biens du clergé, ont été accomplies sans en référer au pape, le chef de l'Église catholique universelle. Elles ne sont, il est vrai, guère plus audacieuses que celles de l'empereur Joseph II en Autriche, au début de la même décennie.

Elles couronnent plusieurs siècles d'efforts de la monarchie française pour écarter le pape des affaires intérieures. Ce mouvement politique et religieux, dit gallicanisme(d'après le mot Gaule, ancien nom de la France), s'était épanoui sous le règne de Louis XIV et de Louis XV, en opposition aux ultramontains, partisans du pape, qui comme chacun sait, réside à Rome, «au-delà des monts» (les Alpes).

Mais dans la foulée, les députés veulent mettre l'Église de France en harmonie avec les nouvelles institutions nationales. Avec la promulgation de la Constitution civile du clergé, le conflit entre l'État et l'Église, entre les révolutionnaires et les fidèles, va entrer dans une phase aigüe.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 11 octobre 1962 : Ouverture du concile Vatican II   Dim 11 Oct - 10:36



11 octobre 1962 : Ouverture du concile Vatican II

Le pape Jean XXIII ouvre le concile Vatican II le 11 octobre 1962, dans la basilique Saint-Pierre de Rome.

Élu pape le 28 octobre 1958, à 76 ans et onze mois, Angelo Roncalli ne devait être qu'un pape de transition après le pontificat flamboyant et tourmenté de Pie XII. En portant leur choix sur lui, les cardinaux qui l'avaient élu voulaient se donner le temps d'une transition avant d'élire un pape d'action.

Mais le nouvel élu, replet et bonhomme, provoque d'emblée la surprise en annonçant un «aggiornamento» (mise à jour) de l'Église catholique, autrement dit un grand concile en vue d'adapter l'Église au monde moderne. C'est le 21e concile oecuménique (planétaire) depuis les origines de l'Église.

Aucune entreprise comparable n'avait été menée depuis le concile de Trente, trois cents ans plus tôt, qui avait lancé la (Contre-)Réforme catholique. Son retentissement mondial est d'autant plus important que les catholiques, en ce milieu du XXe siècle, représentent un quart environ de la population mondiale, laquelle s'élève à 3 milliards d'êtres humains.

L'autorité pontificale contestée

Au XIXe siècle, l'Église catholique, tétanisée par le souvenir de la Révolution française, avait fait alliance avec la bourgeoisie et s'était assoupie sous l'effet du conservatisme dominant, tant en politique que dans les relations sociales.

Pie IX, après une rupture avec les libéraux et la perte des États pontificaux, s'était replié sur la cité du Vatican et avait entrepris de renforcer le pouvoir du Saint-Siège sur l'Église catholique et ses évêques. C'est ainsi qu'il avait réuni un concile dans le palais du Vatican, à Rome : Vatican I.

Ce concile oecuménique - le premier depuis le concile de Trente - avait été interrompu par la guerre franco-prussienne et l'invasion de Rome par les troupes italiennes mais il avait eu le temps de proclamer en 1870 l'infaillibilité pontificale.

À la fin du XIXe siècle, le vigoureux Léon XIII, successeur de Pie IX, réagit à la laïcisation des sociétés européennes et à la montée du prolétariat ouvrier. Il publie l'encyclique sociale Rerum Novarum (1891) et inspire le ralliement des catholiques français à la République. Mais son effort d'ouverture est suivi par une longue parenthèse marquée par les deux guerres mondiales, la tragédie nazie et le réveil du tiers monde.

Le 25 octobre 1958, suite à la mort du pape Pie XII, le conclave se réunit dans la chapelle Sixtine pour élire son successeur.  Il réunit cinquante-trois cardinaux seulement, dont près de la moitié sont octogénaires. Après trois jours de conciliabules et onze tours de scrutin, il porte à défaut de mieux le patriarche de Venise sur le trône de saint Pierre.

Homme simple et souriant, sans artifice, Angelo Roncalli relève le nom d'un antipape, Jean XXIII, et s'en justifie en arguant de son affection pour saint Jean Baptiste et l'apôtre Jean. Mais il va secouer l'Église de la façon la plus inattendue qui soit.

Moins de trois mois après son élection, le 25 janvier 1959, à l'issue d'une célébration dans la basilique Saint-Paul-hors-les-murs, il prononce un discours de clôture devant dix-huit cardinaux et, au détour d'une phrase, annonce  «trois événements de la plus haute importance» :  la réunion d'un synode du diocèse de Rome, un concile oecuménique (planétaire) et une révision du code de droit canon.

Sur le moment, personne n'y prête attention et il faudra près de trois ans avant que s'ouvre enfin le concile annoncé. D'aucuns, en particulier à la Curie (le gouvernement pontifical), espèrent le réduire à un petit tour de piste sans conséquence...

«Aggiornamento»

Réunis au grand complet dans la basilique Saint-Pierre de Rome pour la séance plénière d'ouverture, les 2500 évêques venus du monde entier se voient confier la mission d'adapter l'Église au monde moderne, intégrer une réflexion religieuse dans les mouvements d'idées et réconcilier toutes les chrétientés.

Les Pères conciliaires viennent pour un tiers d'Europe mais l'Amérique latine fait une entrée en force au concile (22%), avec l'Amérique du Nord (13%), l'Afrique noire (10%) et l'Asie (10%). Fait inédit : des représentants de différentes confessions chrétiennes non-catholiques ont par ailleurs été invitées à la cérémonie en qualité d'observateurs.

Dans son allocution inaugurale, le pape dénonce l'enseignement du mépris et témoigne de son ouverture aux autres religions et en particulier aux juifs.

Sa volonté de réforme trouve un écho dans les propos du théologien dominicain Yves Congar, le 14 octobre 1962 : «Il n'y a rien à faire de décisif tant que l'Église romaine ne sera pas sortie de ses prétentions seigneuriales et temporelles. Il faudra que tout cela soit détruit. Et cela le sera».

Effectivement, le même jour, le cardinal Achille Liénart, évêque de Lille, demande devant l'assemblée des Pères conciliaires que soit reportée la désignation des commissions et des groupes de travail. C'est un premier coup dur pour la Curie qui avait préparé les listes de postulants de façon à garder la haute main sur les discussions.

Non seulement le concile ébranle les velléités centralisatrices de l'administration pontificale mais il adapte aussi la communication de l'Église au monde moderne afin que soit mieux perçu le message de l'Évangile. C'est ainsi que les langues usuelles se substituent peu à peu au latin dans les offices religieux. Les prêtres renoncent à la soutane. Dans les églises, lors des messes, l'officiant fait désormais face aux fidèles et ne leur tourne plus le dos...

L'un des textes majeurs de Vatican II, Gaudium et spes («La joie et l'espoir»), promulgué le dernier jour du concile (8 décembre 1965), est présenté par les commentateurs comme l'antithèse du Syllabus de Pie IX (8 décembre 1864). Dans un souci de compréhension du monde moderne, il exprime la solidarité de l'Église avec tous les mouvements qui concourent à protéger et rehausser la dignité de l'individu, y compris les mouvements socialistes.

La fraction conservatrice de l'Église manifeste des réticences à l'égard de ce texte mais c'est surtout la reconnaissance de la liberté religieuse (le droit pour chacun de choisir sa religion) et la réhabilitation du peuple juif naguère considéré comme «déicide» (collectivement responsable de la mort du Christ) qui suscitent son ire. Il s'ensuivra un schisme autour de Monseigneur Lefebvre  

Surtout, l'Église catholique rompt avec une hiérarchie pyramidale et renforce le rôle des évêques et des synodes nationaux. Elle obtient des gouvernements liés par un Concordat au Saint-Siège qu'ils renoncent peu à peu à leurs prérogatives dans la nomination des évêques. Enfin, le concile adopte le principe de la liberté de conscience religieuse,  l'initiative de Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II.

Fait remarquable, le monde suit avec attention les travaux du concile. En marge de ceux-ci, Jean XXIII publie le 11 avril 1963, en pleine guerre froide entre les États-Unis et l'URSS, l'encyclique Pacem in terris (Paix sur la terre), qui confirme l'attention portée par l'Église aux problèmes sociaux et à la paix.

Le vieux pape, qui passait quatre ans plus tôt pour bonnasse, apparaît désormais sous un jour charmeur et charismatique. L'émotion est grande quand il s'éteint le 3 juin 1963, jour de la Pentecôte, rongé par un cancer de l'estomac. L'ONU met son drapeau en berne à New York. Le concile est suspendu mais reprend ses travaux dès le lendemain de l'élection de son successeur et les poursuivra  jusqu'au 8 décembre 1965.

Sans surprise, le 21 juin 1963, le nouveau conclave élit l'archevêque de Milan Giovanni Battista Montini, qui devient pape sous le nom de Paul VI.

Béatification

Avant de clore le concile Vatican II, les participants tentent mais en vain de proclamer la sainteté de Jean XXIII par acclamations. Le pape Paul VI s'y oppose par crainte que l'autorité pontificale ne soit battue en brèche par cette entorse à la pratique habituelle.

C'est seulement en septembre 2000 que le «bon pape» Jean a été déclaré bienheureux par Jean-Paul II, en même temps que Pie IX, dernier pape à exercer un pouvoir temporel.

Cette béatification rend hommage aux qualités humaines de l'un et l'autre pape en faisant abstraction de leur action à la tête de l'Église, action contestée à plusieurs titres en ce qui concerne Pie IX.

Vatican II, 50 ans après

Devant quelques centaines d'évêques et des milliers de fidèles, le pape Benoît XVI a célébré le 11 octobre 2012 le cinquantenaire du concile. Non sans une pointe d'amertume. «Les dernières décennies ont connu une désertification spirituelle. Ce que pouvait signifier une vie, un monde sans Dieu, au temps du concile, on pouvait déjà le percevoir à travers certaines pages tragiques de l'histoire, mais aujourd'hui nous le voyons malheureusement tous les jours autour de nous. C'est le vide qui s'est propagé», a estimé le pape.

Le président du conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, Rino Fisichella, en a appelé à une «analyse lucide» : «Nous apparaissons fatigués, incapables de proposer l'Évangile, faibles dans notre conviction de la Vérité qui sauve, nous avons perdu la crédibilité. Nos communautés, répétant des formules obsolètes, ne communiquent pas la joie. La nostalgie pour les temps passés ou l'utopie des rêves ne servent pas;» (d'après Le Monde, 13 octobre 2012).

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eurynome
Baron
avatar

Messages : 1412
Date d'inscription : 30/10/2012

MessageSujet: Re: ephemeride   Dim 11 Oct - 16:13

Vatican II ou l'une des rares fois ou l’Église s'est rendu compte que l’immobilisme la condamnait, à terme, à disparaître.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: Re: ephemeride   Dim 11 Oct - 20:40

D'un autre côté, elle s'est égarée après Vatican II dans diverses fantaisies caricaturées par Jean Yanne dans "Tout le monde il est beau" et par Étienne Chatiliez dans "La vie est un long fleuve tranquille".

Ensuite, Monseigneur Lefebvre a eu son succès.

Et finalement, Jean-Paul II a remis de l'ordre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 12 octobre 1492 : Christophe Colomb atteint le Nouveau Monde   Lun 12 Oct - 21:09



12 octobre 1492 : Christophe Colomb atteint le Nouveau Monde

Le vendredi 12 octobre 1492, après deux longs mois de mer, Christophe Colomb pose le pied sur une île des Bahamas.

Le navigateur génois croit de bonne foi avoir atteint l'Asie des épices et pour cette raison appelle «Indiens» les premiers indigènes de rencontre.

Le voyage de l'imprévu

Six mois plus tôt, Christophe Colomb (en espagnol, Cristobal Colón) a convaincu les souverains espagnols de le soutenir dans son projet fou d'atteindre l'Asie des épices en navigant vers l'Ouest, à travers l'Océan Atlantique.

Fort de leur soutien et grâce à l'aide matérielle de deux armateurs, les frères Pinzón, il a pu armer une caraque, la Santa Maria, et deux caravelles, la Niña et la Pinta. Le départ a lieu le 3 août 1492.

Après une escale dans l'archipel des Canaries, possession espagnole, la flotille fonce vers le sud-ouest en suivant les alizés.

Les équipages s'inquiètent bientôt de l'absence de terre. Le 10 octobre, ils sont à bout et sur le point de se mutiner. Enfin, après 36 jours de navigation (au lieu des 15 escomptés), la vigie de la Pinta crie pour de bon : «Tierra»!...

Les navires accostent sur une petite île. Elle est comme de juste baptisée «San Salvador»(Saint Sauveur) par les Espagnols.
Les marins, quand ils descendent à terre, sont bouleversés par... la nudité des pacifiques Taïnos, des Indiens du groupe des Arawaks.

Malgré ou à cause de leur nudité, les femmes indigènes les attirent. Cela leur vaudra de ramener en Europe, sans le savoir, une terrible maladie vénérienne, la syphilis. En contrepartie, les Européens amènent aux habitants de ce Nouveau Monde des maladies comme la rougeole qui vont les décimer en quelques années, plus sûrement que les arquebuses et les épées.

Les navires ne s'attardent pas et poursuivent vers ce qui sera plus tard connu comme l'île de Cuba. Une homonymie des noms convainc Christophe Colomb qu'il est aux portes de l'empire chinois du Grand Khan.

Découverte d'Haïti


Le 6 décembre 1492, Christophe Colomb et les deux bateaux qui lui restent arrivent en vue d'une nouvelle île que les indigènes appellent Ayiti (Haïti) ou Quisqueya.

Les Espagnols la rebaptisent Isla española (dont on fera Hispaniola). L'île séduit les Européens par sa beauté et recèle quelques ressources aurifères dans le sous-sol et les rivières.

Dans la nuit de Noël, la lourde Santa Maria s'échoue sur la grève, au nord de l'île.

Faute de pouvoir ramener tous les hommes en Espagne, l'Amiral fait construire un fort avec les débris du navire et laisse sur place 39 hommes.

Le 4 janvier 1493, enfin, il prend le chemin du retour avec la Niña. Après une difficile traversée, le 31 mars, c'est l'entrée triomphale à Palos puis à Séville, où les habitants se pressent pour voir et toucher les sept Taïnos que Colomb a ramené des îles et que l'on qualifie aussitôt d'«Indiens» (car chacun croit que leur terre d'origine fait partie des Indes).

À Haïti, les choses tournent très mal pour les hommes restés sur place. Plutôt que de se tenir tranquilles, ils tentent de soumettre leurs voisins indiens. Ces derniers ripostent en attaquant le fort et massacrant ses habitants. Mauvais début pour la colonisation. -
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 13 octobre 1307 : Arrestation des Templiers   Mar 13 Oct - 18:51

13 octobre 1307 : Arrestation des Templiers

Au matin du vendredi 13 octobre 1307, tous les Templiers de France, soit plusieurs milliers au total, sont arrêtés sur ordre du roi Philippe IV le Bel (le petit-fils de Saint Louis).

Cet acte de violence arbitraire met fin à un ordre original de moines-soldats, vieux de près de deux siècles, qui s'est illustré en Terre sainte et s'est acquis puissance et richesse, s'attirant ainsi la jalousie des féodaux et la convoitise des souverains.
   

Un ordre monastique prestigieux

L'ordre du Temple est né en Terre sainte, en 1119, après la première croisade, à l'initiative du chevalier champenois Hugues de Payns qui voulait protéger les pèlerins se rendant à Jérusalem. Il est officialisé par le concile de Troyes, neuf ans plus tard, à l'initiative de Saint Bernard de Clairvaux.

Le prestige des moines-chevaliers au manteau blanc frappé d'une croix rouge est immense pendant les deux siècles que durent les croisades... malgré la trahison du grand maître Gérard de Ridefort à la bataille de Hattîn, en 1187.

La huitième et dernière croisade s'achève par la mort tragique du roi Saint Louis devant Tunis en 1270.

Dès lors, les dernières possessions franques de Terre sainte tombent définitivement entre les mains des musulmans.

Ceux-ci s'emparent de Saint-Jean-d'Acre le 28 mai 1291 malgré la résistance héroïque des Templiers autour du grand maître Guillaume de Beaujeu.


Les Templiers se replient en Europe

Au début du XIIIe siècle, l'ordre du Temple, chassé de Palestine, n'en dispose pas moins encore d'une force militaire impressionnante de quinze mille hommes, bien plus que n'aurait pu en lever n'importe quel roi de la chrétienté. Mais, de soldats, les Templiers se sont reconvertis en banquiers et ont complètement perdu de vue la reconquête des Lieux saints.

C'est que de considérables donations ont rendu l'ordre immensément riche et l'ont transformé en l'une des principales institutions financières occidentales... et la seule qui soit sûre. Il gère ainsi, en véritable banquier, les biens de l'Église et ceux des rois d'Occident (Philippe le Bel, Jean sans Terre, Henri III, Jaime Ier d'Aragon...).

Ses commanderies qui abritent les moines-soldats, avec aussi une vocation caritative, couvrent l'ensemble de l'Europe médiévale d'une véritable toile d'araignée. On peut voir au sud d'Angoulême, à Cressac, une chapelle rescapée de l'une de ces commanderies et ornée de peintures murales qui évoquent les croisades.

L'opinion européenne commence à s'interroger sur la légitimité du Temple. Le roi Philippe le Bel lui-même a souvenance que les Templiers ont refusé de contribuer à la rançon de Saint Louis lorsqu'il a été fait prisonnier au cours de la septième croisade. Il entend aussi quelques méchantes rumeurs sur les moeurs prétendument dépravées et diaboliques des moines-chevaliers...

Qu'à cela ne tienne. Suivant une idée déjà ancienne, évoquée par Saint Louis et les papes Grégoire X, Nicolas IV et Boniface VIII, Philippe le Bel souhaite la fusion de l'ordre du Temple avec celui, concurrent, des Hospitaliers afin de constituer une force suffisante pour préparer une nouvelle croisade à laquelle le roi de France et le pape Clément V sont très attachés.

L'affaire est mise à l'ordre du jour de plusieurs conciles et l'on élabore même en 1307 un projet dans lequel Louis de Navarre aurait été grand maître du nouvel ordre. Son dramatique échec résulte de l'opposition obstinée du grand maître Jacques de Molay ainsi que de l'agressivité du ministre du roi, Guillaume de Nogaret.

Le drame

Déçu dans ses attentes, le roi de France presse le pape d'agir contre l'Ordre. Clément V ouvre une enquête le 24 août 1307 pour laver les moines-chevaliers de tout soupçon mais l'affaire traîne en longueur et Philippe le Bel prend l'affaire en main. Il décide d'arrêter les Templiers sous l'inculpation d'hérésie, sans prendre la peine d'en référer au pape.  

C'est ainsi que tous les Templiers de France sont arrêtés au petit matin par les sénéchaux et les baillis du royaume au terme d'une opération de police conduite dans le secret absolu par Guillaume de Nogaret. Ils sont interrogés sous la torture par les commissaires royaux avant d'être remis aux inquisiteurs dominicains.

Parmi les 140 Templiers de Paris, 54 sont brûlés après avoir avoué pratiquer la sodomie ou commis des crimes extravagants comme de cracher sur la croix ou de pratiquer des «baisers impudiques». L'opinion publique et le roi lui-même y voient la confirmation de leurs terribles soupçons sur l'impiété des Templiers et leur connivence avec les forces du Mal.

Pour ne pas donner l'impression d'être désavoué, le pape choisit la fuite en avant et, le 22 novembre 1307, ordonne à son tour l'arrestation des Templiers dans tous les États de la chrétienté et l'ouverture d'une enquête sur leurs crimes supposés.

Le roi obtient de Clément V la suppression de l'ordre, au concile de Vienne, en 1312. Elle est officialisée le 3 avril 1312 par la bulle  «Vox in excelso», bien qu'il soit tout à fait exceptionnel qu'un ordre religieux soit purement et simplement dissous.

Le 3 mai 1312, le pape affecte le trésor des Templiers à l'ordre concurrent des Hospitaliers, à l'exception de la part ibérique qui revient aux ordres militaires locaux. Le roi de France et ses conseillers plaident en faveur de cette solution, respectueuse de la volonté des nombreux bienfaiteurs du Temple.

En 1313, sur la base de documents comptables, l'ordre de l'Hôpital restitue 200.000 livres au trésor royal pour solde de tout compte. Le successeur de Philippe, Louis X,  réclamera toutefois un supplément, estimant que son père a été floué. L'affaire est close en 1317, quand le nouveau roi Philippe V reçoit 50.000 livres supplémentaires.

Avec l'affaire du Temple, la monarchie capétienne montre qu'elle entend suivre son intérêt politique et ne plus se comporter en vassale de l'Église.


La malédiction du grand maître

Au terme d'un procès inique, le grand maître des Templiers, Jacques de Molay, est lui-même brûlé vif à la pointe de l'île de la Cité le 19 mars 1314, ainsi que le commandeur de Normandie Geoffroy de Charnay. Une plaque rappelle le triste sort de cet homme qui ne sut pas réformer son ordre quand il en était temps.

Une légende reprise par Maurice Druon dans son célèbre roman-fleuve Les rois maudits veut qu'à l'instant de succomber dans les flammes, Jacques de Molay ait lancé une malédiction à l'adresse du roi et du pape, les invitant à le rejoindre dans la mort avant la fin de l'année. Or, c'est pourtant ainsi que les choses vont se passer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 14 octobre 1066 : Guillaume le Bâtard conquiert l'Angleterre   Mer 14 Oct - 18:37



14 octobre 1066 : Guillaume le Bâtard conquiert l'Angleterre

Le 14 octobre 1066, une petite armée féodale à peine débarquée en Angleterre bat les troupes du roi en titre. La victoire à Hastings du duc de Normandie Guillaume le Bâtard marque la naissance de l'Angleterre moderne.

Le vainqueur descend de Rollon, un chef viking qui s'est établi 150 ans plus tôt à l'embouchure de la Seine.

Guillaume, un bâtard formé à la dure

À la mort du roi anglais Édouard le Confesseur, les seigneurs anglo-saxons élisent Harold pour lui succéder. Mais le duc de Normandie prétend que la couronne d'Angleterre lui a été promise par le défunt roi qui était aussi son oncle. C'est ainsi qu'il débarque sur l'île avec 4 à 6.000 hommes.

Harold arrive à sa rencontre avec une infanterie réputée mais qui sort fourbue d'une bataille contre des Norvégiens.

Après un début de combat indécis, les Normands prennent le dessus grâce à leur cavalerie. Harold est blessé à l'oeil par la flèche d'un archer normand. Sa mort entraîne la dispersion de ses troupes et la victoire définitive de Guillaume.

À Bayeux, en Normandie, on peut voir la célèbre tapisserie dite «de la reine Mathilde», du nom de l'épouse de Guillaume. Elle raconte l'histoire de la Conquête sur 70 mètres de long.

Cette tapisserie a été commandée à des artisans saxons par l'évêque de Bayeux, Otton de Conteville, pour orner le choeur de sa cathédrale. C'est la première bande dessinée connue.

Un réformateur hardi

Guillaume est couronné roi d'Angleterre à l'abbaye de Westminster, à Londres, le jour de Noël 1066. Mathilde est à son tour couronnée deux ans plus tard.

Le souverain modernise l'administration du pays. Il partage aussi entre ses vassaux les seigneuries anglaises, éliminant de la sorte la noblesse issue des précédents envahisseurs, les Angles et les Saxons.

Les Normands introduisent par ailleurs leur langue d'adoption, le français. De là le très grand nombre de mots et de racines que possèdent en commune l'anglais et le français modernes.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: Re: ephemeride   Jeu 15 Oct - 19:29

bip
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 16 octobre 708 : Fondation du sanctuaire du mont Saint-Michel   Ven 16 Oct - 21:47



16 octobre 708 : Fondation du sanctuaire du mont Saint-Michel

Le 16 octobre 708, au temps des rois mérovingiens, si l'on en croit le récit d'un moine du haut Moyen Âge, un évêque d'Avranches du nom d'Aubert dédicace un sanctuaire en l'honneur de l'archange Saint Michel.

Ce sanctuaire est situé sur le mont Tombe, au milieu d'une vaste baie ouverte sur la Manche.

Régulièrement agrandi et embelli au fil des siècles, jusqu'à nos jours, le sanctuaire va devenir l'un des plus célèbres lieux de pèlerinage du monde sous le nom de mont Saint-Michel.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 17 octobre 1793 : Les Vendéens sont défaits à Cholet   Sam 17 Oct - 21:33

17 octobre 1793 : Les Vendéens sont défaits à Cholet

Le 17 octobre 1793, après une succession de victoires inattendues, les insurgés vendéens sont défaits à Cholet par les Bleus. La suite n'est plus qu'une interminable tragédie.

Le pardon de Bonchamps

Après une progression foudroyante de ville en ville, l'armée «catholique et royale» a remporté à Châtillon, le 11 octobre, une nouvelle victoire qui s'est transformée le lendemain en défaite. Mais c'est à Cholet que se produit le premier revers décisif.

40.000 combattants sont cernés par trois armées républicaines et tentent sans succès de rompre l'enclercement. Le généralissime d'Elbée est grièvement blessé et doit se réfugier à Noirmoutier où il sera plus tard capturé et fusillé dans son fauteuil. Ses compagnons Bonchamps et Lescure sont blessés à mort.

Un cri retentit : «À la Loire ! A la Loire !» Charles de Bonchamps, agonisant, se replie avec l'armée vaincue vers la Loire.

À l'instant de franchir le fleuve avec femmes et enfants, les Vendéens se demandent que faire des 5.000 prisonniers qui les embarrassent. L'idée de les exécuter se répand : «Mort aux Bleus !»

C'est alors que Charles de Bonchamps (33 ans) se soulève sur son lit de souffrances et dans un ultime soupir, lance : «Grâce aux prisonniers !» Respectueux de son dernier voeu, les Vendéens libèrent les malheureux.

Parmi eux figure le père du sculpteur David d'Angers. En témoignage de reconnaissance pour le chef ennemi, l'artiste sculptera plus tard son tombeau dans l'église de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire).


Vers la tragédie

Le 18 octobre 1793, 90.000 Vendéens, dont 40.000 combattants, traversent la Loire à Saint-Florent. Débute un long périple, la «virée de Galerne».

Henri de La Rochejaquelein, alors âgé de 21 ans, est élu généralissime. Il se dirige avec l'armée vers Laval. Il écrase les Bleus à Entrammes le 27 octobre. Mais l'armée, contre son avis, se dirige vers Granville dans l'espoir d'y trouver un secours anglais. C'est un échec. Au retour vers la Loire les républicains barrent la route.

La Rochejaquelein ouvre le passage par trois victoires : Pontorson, Dol et Antrain, entre les 20 et 22 novembre. Mais l'hiver, la malnutrition et la dysenterie déciment son armée. Beaucoup meurent sur la route.

Les Vendéens passent à La Flèche le 2 décembre puis se dirigent vers Angers où ils subissent un échec le 4 décembre. Ils entament alors le chemin du retour vers l'est, dans des conditions encore plus éprouvantes qu'à l'aller.

La bataille du Mans À Baugé, Kléber, qui garde la Loire, les repousse vers La Flèche. Le pont du Loir est coupé. La Rochejaquelein réussit néanmoins à passer à gué près du moulin de la Bruère. Il fait réparer le pont pour faire traverser son armée et repousse les Bleus.

Quittant La Flèche le 10 décembre, les Vendéens arrivent au Mans où se livre une terrible bataille les 12 et 13 décembre. 15.000 Vendéens sont massacrés. Les rescapés s'enfuient vers l'ouest jusqu'à Laval puis se dirigent vers la Loire.

À Ancenis, par manque de bateaux, les Vendéens sont peu nombreux à pouvoir traverser avec leur généralissime. Les républicains du général Westerman les rejoignent et les exterminent à Savenay le 23 décembre.

Le soir même, le général écrit à la Convention : «Il n'y a plus de Vendée, elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m'avez donnés, j'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui au moins pour celles-là n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas de prisonnier à me reprocher, j'ai tout exterminé...»

C'est la fin de la «Grande Armée Catholique et Royale». Les paysans du bocage n'auront pas résisté plus de neuf mois au rouleau compresseur de la Terreur révolutionnaire. Mais le pire est encore à venir pour la Vendée avec les «colonnes infernales» de Turreau.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 18 octobre 1685 : Révocation de l'Édit de Nantes   Dim 18 Oct - 14:35

18 octobre 1685 : Révocation de l'Édit de Nantes

Le 18 octobre 1685, à Fontainebleau, le roi Louis XIV révoque l'Édit de tolérance signé à Nantes par son grand-père Henri IV en 1598.

Par ce nouvel édit, le Roi-Soleil signifie qu'il n'y a plus de religion autorisée en France en-dehors de la religion catholique. C'est un coup dur pour la minorité protestante, encore assez nombreuse malgré les brimades et les persécutions antérieures.

Le champion du catholicisme

Après un début de règne glorieux, le roi Louis XIV veut apparaître en France et en Europe comme le champion du catholicisme. Sur les conseils de son entourage, il décide donc d'extirper l'hérésie protestante de son royaume. Il reproche aux «huguenots» leur sympathie pour l'Angleterre et les Provinces-Unies des Pays-Bas. Et surtout, comme la grande majorité des Français et des Européens de son temps, il admet mal que deux religions puissent cohabiter dans un même État.

Une Caisse des conversions tente sans grand succès de convertir les calvinistes les plus pauvres contre espèces sonnantes et trébuchantes.

Dans les provinces, les intendants recourent à des manières plus brutales comme d'enlever des enfants pour les baptiser en dépit de leurs parents. Certains imaginent aussi de loger des dragons de l'armée chez les adeptes de la RPR («Religion Prétendue Réformée»). Ces «missionnaires bottés» se comportent comme en pays conquis, n'ayant pas scrupule à piller, violer et parfois tuer leurs hôtes. Par le fait de ces «dragonnades», les conversions forcées se multiplient.


Sur la foi de rapports optimistes, le Roi-Soleil en vient à croire que la religion réformée n'est plus pratiquée dans le royaume. Il considère donc que la tolérance instituée par Henri IV n'a plus lieu d'être.

Avec l'Édit de Fontainebleau, le roi interdit la pratique du culte protestant, ordonne la démolition des temples et des écoles, oblige à baptiser dans la foi catholique tous les enfants à naître, ordonne aux pasteurs de quitter la France mais interdit cependant aux simples fidèles d'en faire autant, sous peine de galères.

L'opinion catholique, y compris les plus illustres écrivains de l'époque (La Fontaine, La Bruyère, Mme de Sévigné...) applaudit à la mesure. Dans l'entourage du roi, il n'y a guère que Vauban qui s'y oppose avec une honnête et courageuse lucidité.

Un désastre politique, moral et économique

Très vite, le roi peut mesurer l'étendue de son erreur. Des foyers de résistance se forment. Les dragonnades doivent reprendre. Dans les Cévennes (Lozère et nord du Gard), la révolte des Camisards éclate en 1702.

Sans attendre la publication de l'édit de Fontainebleau et malgré l'interdiction qui leur est faite de s'enfuir, près de 300.000 «religionnaires» quittent la France pour des refuges tels que Berlin, Londres, Genève, Amsterdam ou même Le Cap, en Afrique du sud.

Ces exilés issus de la bourgeoisie laborieuse vont faire la fortune de leur pays d'accueil et leur départ va appauvrir la France en la privant de nombreux talents. Ils vont aussi nourrir à l'extérieur les ressentiments contre la France et son monarque.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 19 octobre 1781 : Victoire des Insurgents à Yorktown   Lun 19 Oct - 18:37



19 octobre 1781 : Victoire des Insurgents à Yorktown

Assiégée depuis plusieurs semaines, la base anglaise de Yorktown, sur la côte de Virginie, se rend le 19 octobre 1781 aux colons américains et au corps expéditionnaire français du général Rochambeau.

L'assaut final est conduit par le marquis de La Fayette (24 ans).

Suite à cette défaite face aux colons, les Anglais se décident à négocier l'indépendance de leurs Treize colonies d'Amérique du Nord, futurs États-Unis d'Amérique.

Renforts bienvenus

Depuis l'échauffourée de Lexington et leur déclaration unilatérale d'indépendance du 4 juillet 1776, les Insurgents des Treize Colonies anglaises d'Amérique n'avaient remporté qu'une médiocre victoire, à Saratoga, sur l'armée du roi Georges III et les Loyalistes américains fidèles à la couronne.

Les Insurgents sont donc allés chercher des soutiens en Europe. L'Espagne et la Hollande accueillent avec bienveillance leurs demandes.

En France, par l'intermédiaire de La Fayette, ils convainquent du bien-fondé de leur cause le nouveau secrétaire d'État à la Marine, le marquis Charles de Castries, et le ministre des Affaires étrangères, le comte Charles de Vergennes. Louis XVI accepte en définitive de reconnaître leur indépendance et de signer avec eux une alliance en bonne et due forme.

En 1780, le roi envoie outre-Atlantique un corps expéditionnaire de 6.000 hommes sous le commandement du lieutenant général comte Jean-Baptiste de Rochambeau (65 ans).

Dans le même temps, le comte Charles d'Estaing, qui s'est montré défaillant à la tête de la flotte des Antilles, est remplacé par le comte François de Grasse (58 ans).

Le corps expéditionnaire débarque à Newport et fait sa jonction sur l'Hudson avec les 6.000 soldats américains de George Washington et les volontaires européens de La Fayette.

Cette coalition va assiéger Yorktown où sont retranchés 8.000 Anglais commandés par lord Charles Cornwallis.

Pendant ce temps, non loin de là, dans la baie de Chesapeake, la flotte de l'amiral de Grasse (la Royale) débarque des armes et des renforts.

Victoire retentissante

Surprise par la Royal Navy, elle coupe les amarres et gagne le large pour l'affronter dans les règles le 5 septembre 1781. L'amiral canonne les mâts des navires ennemis et les entraîne à sa suite jusqu'au milieu de l'Atlantique. Puis, tandis que les Anglais bifurquent vers New York, il revient vers Chesapeake pour prévenir le débarquement de troupes anglaises.

Privée de secours, la garnison de Yorktown n'a bientôt plus d'autre recours que de se rendre. Le général O'Hara, adjoint de Cornwallis, tend son épée au comte de Rochambeau. Mais celui-ci refuse et c'est à George Washington, le chef des rebelles américains, que le vaincu doit remettre son épée et se rendre.

L'Angleterre conserve de solides positions au nord du pays et au Canada. Mais à Londres, les partisans d'un traité de paix prennent désormais le pas sur les jusqu'auboutistes.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 20 octobre 1740 : Avènement tumultueux de Marie-Thérèse d'Autriche   Mar 20 Oct - 20:45

20 octobre 1740 : Avènement tumultueux de Marie-Thérèse d'Autriche

Le 20 octobre 1740, à Vienne, Marie-Thérèse (23 ans) monte sur le prestigieux trône d'Autriche laissé vacant par la mort de son père, Charles VI de Habsbourg.

Son avènement est aussitôt contesté par les principaux souverains d'Europe. Mais la souveraine va faire front et va gagner ses galons de grand chef d'État au terme d'une longue guerre de Succession d'Autriche


Une mère comblée

En 29 ans de mariage, Marie-Thérèse a donné le jour à seize enfants. C'est mieux que la douce Marie Leszczinska, épouse du roi de France Louis XV, qui s'était arrêtée à dix enfants. Parmi les enfants de Marie-Thérèse : les futurs empereurs Joseph II et Léopold II, ainsi que Marie-Antoinette, future reine de France (elle figure dans le berceau de l'arrière-plan sur le portrait ci-dessus).

De l'impossibilité d'être femme et impératrice

Charles VI de Habsbourg a gouverné en souverain absolu les États héréditaires de la maison des Habsbourg (grand-duché d'Autriche, royaumes de Bohème et de Hongrie...). Comme ses prédécesseurs depuis trois siècles, il a assumé également la fonction symbolique d'empereur du Saint Empire romain germanique (on dit aussi : empereur électif d'Allemagne).

N'ayant que des filles pour lui succéder, Charles VI a prévu par la «Pragmatique Sanction» du 19 avril 1713 que son héritage pourrait revenir à l'aînée de celles-ci, Marie-Thérèse.

L'ordonnance impériale doit éviter le morcellement de ses États héréditaires. Mais elle n'est agréée que du bout des lèvres par les souverains européens. Sans compter que les règles de succession du Saint Empire romain germanique ne permettent pas à une femme de porter le titre impérial. Autant dire qu'il faudra beaucoup d'énergie et d'habileté à Marie-Thérèse pour faire valoir ses droits...


Une femme de poids

Née le 13 mai 1717 à Vienne, l'archiduchesse épouse à 19 ans François-Stéphane de Lorraine (28 ans) qui devient duc de Lorraine en 1729 puis grand-duc de Toscane en 1736.

Après la mort de son père, Marie-Thérèse réussit grâce à son énergie et sa séduction à conserver les titres d'archiduchesse d'Autriche, reine de Hongrie et de Bohême, son mari recevant en 1745 le titre impérial sous le nom de François 1er...

Pendant son long règne, Marie-Thérèse protège habilement les intérêts de ses États, au prix de plusieurs renversements d'alliance et avec le conseil avisé de son ministre des Affaires étrangères, le prince de Kaunitz-Rittberg (1711-1794). Tout juste ne peut-elle empêcher l'annexion brutale de la Silésie par la Prusse pendant la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748). Marie-Thérèse a appris de cette guerre la nécessité de moderniser les structures de ses États.

La souveraine, qui se veut la Mère de ses peuples, mène des réformes qui ne doivent rien aux philosophes ni aux idées libérales en vogue dans les salons de la bourgeoisie européenne (il en ira tout autrement de son fils Joseph II lorsqu'il règnera seul, après 1780).

Bien que d'une grande piété, elle n'hésite pas à revoir les relations de l'Église avec l'État et, à regret, expulse la trop puissante Compagnie de Jésus après que le pape lui-même l'eût dissoute en 1773.

On lui doit la construction du palais de Schönbrunn, près de Vienne. Ce palais marque en Autriche le passage du style baroque au rococo. Il est l'équivalent viennois de Versailles.


Le «joséphisme»

Marie-Thérèse règne en souveraine absolue sur 14 millions de sujets pendant quarante ans, jusqu'à sa mort le 29 novembre 1780, à 63 ans.

Son mari, à qui elle n'a laissé aucune initiative, est mort quinze ans plus tôt, le 18 août 1765. Le titre impérial a été alors transmis à leur fils Joseph II de Habsbourg-Lorrains.

Mais celui-ci doit attendre la mort de sa mère pour régner enfin à près de 40 ans. Il use aussitôt de son pouvoir pour bouleverser les États autrichiens.

C'est l'«Aufklärung» : fin du servage, expulsion des Jésuites, édit de tolérance, suppression des ordres contemplatifs, suppression de la torture, abolition des corporations... Joseph II fait aussi du haut allemand la langue officielle de l'empire, à la grande fureur des minorités.

Dominé par la haine du clergé et de la papauté, le «joséphisme» va se solder par un échec cuisant... mais il montrera la voie aux révolutionnaires français.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 21 octobre 1680 : Fondation de la Comédie-Française   Mer 21 Oct - 21:51

21 octobre 1680 : Fondation de la Comédie-Française

Le 21 octobre 1680, par lettre de cachet ou décret, le roi Louis XIV fonde la Comédie-Française. C'est la première troupe de théâtre permanente de France.

Le théâtre à la française

La Comédie-Française rassemble deux troupes rivales : celles de l'hôtel de Bourgogne et de l'hôtel Guénégaud. Cette dernière résulte de la fusion de l'Illustre-Théâtre de Molière et du théâtre du Marais.

Le roi use de son pouvoir pour mettre fin à la concurrence stérile entre ces troupes qui les conduisait à jouer parfois en même temps les mêmes pièces et à se voler les comédiens à la mode. Louis XIV veut aussi, pour la grandeur de la monarchie, promouvoir le théâtre classique français.


La troupe de Molière

Faisant concurrence à la comédie italienne, très en vogue au milieu du XVIIe siècle, la Comédie-Française présente principalement les pièces du défunt Molière, de Racine, ainsi que de Corneille.

Elle n'a pas trop de mal à s'imposer car la plupart des chefs-d'oeuvre du théâtre français sont déjà écrits quand elle naît.

Avatars d'une troupe prestigieuse

La Comédie-Française est établie dans un premier temps à l'hôtel Guénégaud mais déménage plusieurs fois au cours du siècle suivant.

La troupe est dissoute pendant la Terreur révolutionnaire et rétablie en 1799 par le Directoire qui met à sa disposition la salle Richelieu, sur la place du Palais-Royal, où elle n'a depuis lors cessé de jouer.

Son statut actuel est fixé par Napoléon 1er en 1812, par un décret rédigé à Paris mais antidaté de Moscou. Par cette tricherie qu'a relevée l'historien Jean Tulard, l'empereur a voulu laisser croire que, même dans les pires situations, à l'autre bout de l'Europe, il continuait de gérer les affaires courantes !...

Au fil des ans, la Comédie-Française est devenue le conservatoire du théâtre français mais aussi international, élargissant sa programmation à toutes les grandes oeuvres du répertoire (aujourd'hui 3000 pièces).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 22 octobre 1879 : Edison invente l'ampoule électrique   Jeu 22 Oct - 13:53



22 octobre 1879 : Edison invente l'ampoule électrique

Le 22 octobre 1879, après d'innombrables essais qui témoignent d'une rare détermination, l'Américain Thomas Edison réussit à produire un éclairage durable en faisant passer du courant à travers un filament de carbone, dans une ampoule sous vide.

Cette première lampe à incandescence dure pendant quarante heures. Elle soulève les États-Unis d'enthousiasme et va révolutionner les sociétés humaines.

C'en est fini de l'éclairage au gaz ou au pétrole, odorant et dangereux, qui avait remplacé un siècle plus tôt les chandelles de suif et les cierges de cire, eux-mêmes apparus au Moyen Âge en substitution aux lampes à huile de l'Antiquité.

Un bricoleur de génie

Né à Milan (Ohio) 32 ans plus tôt, Thomas Alva Edison est éduqué par sa mère. Dès l'âge de douze ans, il mutiplie les «petits boulots» tout en menant les expériences scientifiques.

À 22 ans, il vend son premier brevet et reçoit 40.000 dollars pour perfectionner une machine à transmettre les cours de la Bourse. C'est la fin de la «galère».

L'inventeur en herbe ouvre dans le New Jersey une première usine dédiée au matériel télégraphique. Véritable bourreau de travail, il dit à ses collaborateurs : «Le génie, c'est 1% d'inspiration et 99% de transpiration». Mais il trouve toutefois le temps de se marier.

En 1877, Edison invente le phonographe, avec un cylindre tournant sur lequel est enregistrée la voix humaine. Cet appareil, qu'il appelle avec tendresse son «baby», lui apporte un début de célébrité.

Il atteint les sommets de la gloire l'année suivante avec l'invention de l'ampoule électrique. En homme d'affaires avisé, il installe à New York un générateur de courant pour alimenter les ampoules qu'il vend à la municipalité.

Les temps modernes

Fort de ses succès, Thomas Edison fait bâtir à West Orange (New Jersey) un nouveau complexe de recherche dix fois plus grand que le précédent, avec pas moins de cinq mille employés et chercheurs.

Il industrialise lui-même ses inventions. Ses entreprises sont regroupées dès 1892 en une seule du nom de General Electric (GE), dont le capital ne tarde pas à lui échapper. Elle figure encore aujourd'hui parmi les principales multinationales et fabrique des moteurs d'avion aussi bien que des logiciels ou de petits équipements électroniques.


Thomas Edison connaît diverses déconvenues. Ainsi voit-il son phonographe à cylindre détrôné par le disque. Mais, indestructible, il se relève à chaque fois, jusqu'à cumuler un total de 1093 brevets !

Convaincu de la supériorité du courant continu, il dédaigne le courant alternatif inventé par un autre physicien de génie, Nikola Tesla.

Last but not least, il brevète en 1891 un appareil individuel à reproduire les images animées, le kinétoscope. Mais son appareil passe à la trappe après la présentation à Paris, du cinématographe des frères Lumière.

Le prestigieux inventeur meurt en pleine gloire le 18 octobre 1931 à West Orange. Trois jours plus tard, en signe d'hommage, les États-Unis se plongent dans l'obscurité pendant une minute.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 23 octobre 1956 : Insurrection de Budapest   Ven 23 Oct - 21:00



23 octobre 1956 : Budapest se soulève au nom de la Liberté

Le 23 octobre 1956, les habitants de Budapest manifestent contre le gouvernement communiste de Hongrie.

La manifestation tourne rapidement à l'émeute. Cette effervescence puise son origine dans les espoirs soulevés par la mort de Staline.

La tentation réformiste

Huit mois plus tôt, en février 1956, Nikita Khrouchtchev, Premier secrétaire du Parti communiste d'URSS, critique son prédécesseur dans un rapport secret au XXe Congrès du Parti communiste d'URSS, à Moscou.

Le 28 juin 1956, à Poznan, en Pologne, des revendications ouvrières débouchent sur de violentes émeutes qui amènent les Soviétiques à placer à la tête du pays le dirigeant réformiste Wladyslaw Gomulka, emprisonné quelques années plus tôt sur ordre de Staline.

À leur tour donc, le 23 octobre, les Hongrois réclament le retour à la présidence du Conseil d'Imre Nagy (prononcer Nog), un communiste modéré expulsé du pouvoir en avril 1955.

Les dirigeants hongrois appellent Nagy à la tête du gouvernement mais décrètent par ailleurs la loi martiale et demandent aux troupes soviétiques qui stationnent autour de la capitale de les aider à rétablir l'ordre.

Dans un premier temps, les Soviétiques tentent mollement d'intervenir avant de se retirer le 27 octobre.

L'impossible déstalinisation

Les Hongrois croient que l'heure de la victoire a sonné. Le pays s'enflamme. L'insurrection dégénère le 30 octobre avec, à Budapest, l'occupation du siège du parti communiste et le massacre de ses occupants ainsi que de gardes qui n'ont rien à voir avec le régime détesté.

Imre Nagy est gagné par l'euphorie du mouvement populaire. Il s'engage dans la voie de la démocratie et du multipartisme. Le 1er novembre, il forme un gouvernement de coalition.

Il annonce aussi le retrait de la Hongrie du pacte de Varsovie... C'est plus que les Soviétiques n'en peuvent supporter.

Dès le dimanche 4 novembre, l'Armée Rouge investit Budapest. Au total pas moins de 8 divisions et plusieurs centaines de chars du dernier modèle (T54). Les insurgés, étudiants aussi bien que salariés, résistent avec héroïsme mais n'en sont pas moins écrasés.

La répression fait environ 200.000 morts tandis que 160.000 personnes se réfugient en Europe de l'Ouest. Imre Nagy sera pendu quelques mois plus tard.

Inaction occidentale

Pendant toute la durée des événements, la station de radio Radio Free Europe, inspirée par les services secrets américains (la CIA), a encouragé les Hongrois à l'insurrection, les assurant que les armées occidentales seraient à leurs côtés en cas d'intervention militaire soviétique.

Cependant, lorsque celle-ci survient, et malgré unappel pathétique d'Imre Nagy à la radio, les Occidentaux restent l'arme au pied. Il est vrai que Français et Britanniques sont au même moment empêtrés dans une opération militaire sur le canal de Suez de concert avec les Israéliens.

Quoi qu'il en soit, l'insurrection de Budapest sert en définitive les intérêts du monde libre en mettant en évidence pour la première fois le caractère oppressif et brutal du communisme.

Le 23 octobre est aujourd'hui fête nationale en Hongrie.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 24 octobre 1929 : Jeudi noir à Wall Street   Sam 24 Oct - 21:00



24 octobre 1929 : Jeudi noir à Wall Street

La Bourse de Wall Street, à New York, se souvient du jeudi 24 octobre 1929 comme d'un « Jeudi noir » (Black Thursday en anglais).

Une surprise générale

Deux jours plus tôt, un illustre économiste, Irving Fisher, affirmait que le prix des actions était encore trop bas. Mais après 18 mois de frénésie, les spéculateurs ont cessé de croire à une hausse infinie des cours. C'est désormais à qui vendra le plus vite ses actions.

La foule des curieux devant Wall Street; au fond, des ambulances attendent d'hypothétiques suicidés Celles-ci perdent en quelques jours 43% de leur valeur. Les experts se veulent confiants. Ils assurent qu'un effondrement de la Bourse ne peut pas affecter «l'économie réelle». Le président des États-Unis proclame quant à lui que «la prospérité est au coin de la rue».

Personne ne se doute que le monde occidental est entré dans la plus grande crise économique de son Histoire.

C'est que des centaines de milliers de ménages ont emprunté pour spéculer à la Bourse et comptaient rembourser leur dettes en revendant leurs actions. Avec la chute des cours, ils se retrouvent ruinés.

Les banques auxquelles ils ont emprunté se déclarent en faillite. Les commerces et les entreprises sont à leur tour affectés par la ruine des banques et des consommateurs.

La production industrielle s'effondre de plus de moitié en trois ans, les prix baissent des deux tiers. Les petits fermiers sont jetés sur les routes. On compte bientôt treize millions de chômeurs aux États-Unis et en l'absence de cotisations sociales, une grande partie d'entre eux doivent s'en remettre à la charité publique.

Le reste du monde est affecté par ricochets. En Allemagne, le chômage qui frappe les classes moyennes favorise la remontée électorale du parti nazi. Son leader, Adolf Hitler, voyait son étoile pâlir en 1929. Trois ans plus tard, il accède au pouvoir...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 25 octobre 732 : Charles Martel écrase les Arabes à Poitiers   Dim 25 Oct - 21:57



25 octobre 732 : Charles Martel écrase les Arabes à Poitiers

Le 25 octobre 732, le chef des Francs, Charles Martel, arrête une armée arabe au nord de Poitiers. Les vaincus se retirent. C'en est fini des incursions musulmanes au nord des Pyrénées.

Cette bataille militaire sans grande importance va néanmoins obtenir presque aussitôt un très grand retentissement dans les milieux éduqués. C'est ainsi qu'une chronique espagnole à peine postérieure décrit l'événement comme une victoire des Européens sur l'infidèle. C'est la première évocation connue de l'Europe comme civilisation et culture.

Menace sur l'Aquitaine

En 711, soit à peine 80 ans après la mort de Mahomet, les musulmans atteignent atteint l'Espagne.

Ils traversent la péninsule en huit petites années et occupent en 719 le Languedoc actuel. Cette province, entre les Pyrénées et le Rhône, s'appelle alors Gothie, en souvenir des Wisigoths, ou Septimanie, d'après ses sept villes principales (sa capitale Narbonne, Agde, Béziers, Nîmes, Maguelone, Lodève et Elne).

Les nouveaux-venus sont arrêtés à Toulouse, en 721, par le duc Eudes d'Aquitaine. Ils tournent alors leurs regards vers l'est et prennent Nîmes et Arles en 725. La même année, ils lancent une fructueuse razzia sur la riche abbaye d'Autun, en Bourgogne.

Les Francs au secours des Aquitains

En 732, le gouverneur d'Espagne Abd er-Rahman marche vers Tours à la tête de ses troupes, composées d'Arabes et surtout de Berbères fraîchement convertis à l'islam. Il n'a aucune intention de conquête mais veut simplement mettre la main sur les richesses du sanctuaire de Saint-Martin, essentiellement de belles étoffes et des pièces d'orfèvrerie offertes par les pèlerins.

Le duc d'Aquitaine, pendant ce temps, est occupé à contenir les Francs. Ces guerriers, qu'il regarde comme des «barbares», viennent de franchir la Loire et menacent ses possessions.

Leur chef Charles est issu d'une puissante famille franque d'Austrasie (l'Est de la France), les Pippinides. Il exerce les fonctions de maire du palais (ou «majordome») à la cour du roi mérovingien, un lointain descendant de Clovis. Quelques années plus tôt, il a refait l'unité des Francs en battant ses rivaux de Neustrie à Néry.

Dans l'urgence, Eudes appelle Charles à son secours. L'autre accepte sans se faire prier, après que le duc lui eut juré fidélité. L'armée aquitaine fait sa jonction avec les contingents francs d'Austrasie et de Neustrie. On suppose que l'effectif total est d'environ 30.000 guerriers.

Bataille indécise

Confronté à l'approche des Francs et des Aquitains, Abd er-Rahman, qui vient de piller l'abbaye de Saint-Hilaire, près de Poitiers, doit interrompre sa marche. Les ennemis se font face à Moussais, sur la commune de Vouneuil-sur-Vienne, entre Poitiers et Tours.

Pendant six jours, les cavaliers musulmans et les fantassins chrétiens s'observent et se livrent à quelques escarmouches.

Le 25 octobre 732, qui est aussi le premier jour du mois de Ramadan, les musulmans se décident à engager la bataille. Mais leur cavalerie légère et désordonnée se heurte au «mur infranchissable» que forment les guerriers francs, à pied mais disciplinés et bardés de fer. Abd er-Rahman meurt au combat et la nuit suivante, découragés, ses hommes plient bagage et se retirent.

Simple coup d'arrêt à une razzia, l'affrontement n'est pas moins évoqué par les chroniqueurs de l'époque, tant chrétiens que musulmans. Il sera plus tard magnifié par les premiers, désireux de plaire au vainqueur et à ses descendants, les rois et empereurs carolingiens.

Triomphe des Francs

Charles ne s'en tient pas à cette victoire somme toute facile. Il saccage consciencieusement les villes de Septimanie. C'est peut-être à cette occasion que le chef des Francs, père de Pépin le Bref et grand-père de Charlemagne, aurait gagné le surnom de Charles Martel («celui qui frappe comme [ou avec] un marteau»).

Il appartiendra à son fils, le roi Pépin le Bref, de conquérir Narbonne et de chasser définitivement les musulmans de Septimanie en 759, trois ou quatre décennies après leur arrivée.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 26 octobre 1795 : La Convention cède la place au Directoire   Lun 26 Oct - 21:24



26 octobre 1795 : La Convention cède la place au Directoire

Le 26 octobre 1795, la Convention cède la place au Directoire. Par ce changement de régime, les conventionnels modérés, ou Thermidoriens, qui ont renversé Robespierre le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) veulent signifier la fin de la Terreur et de la Révolution.

Ils décrètent une amnistie générale, abolissent toutes les poursuites judiciaires «portant sur des faits purement relatifs à la Révolution» et élargissent les détenus politiques à l'exclusion de ceux qui ont participé à l'insurrection royaliste de Vendémiaire, trois semaines plus tôt.

Symboliquement, la place de la Révolution, ci-devant place Louis XV, change son nom pour celui de place de la Concorde. C'est encore le nom que porte ce haut lieu de Paris où fut installée la guillotine sous la Terreur.

Une nouvelle Constitution

Les députés votent la Constitution du 5 Fructidor de l'an III (22 août 1795) qui sépare très strictement les pouvoirs législatif (la confection des lois) et exécutif (l'exécution des lois et le gouvernement du pays).

– Le pouvoir législatif :

Il est confié à un Corps législatif constitué de deux assemblées : le Conseil des Cinq-Cents et le Conseil des Anciens, au nombre de 250, ainsi nommés parce qu'ils doivent avoir plus de 40 ans.

Les Cinq-Cents doivent se contenter de faire des propositions de lois. Les Anciens votent sur ces propositions pour les transformer en lois. Les deux assemblées sont destinées à se neutraliser l'une l'autre et à éviter le retour de la dictature comme à l'époque de la Convention montagnarde. Elles sont renouvelables par tiers tous les ans.

– Le pouvoir exécutif :

Il est confié à un Directoire de cinq membres âgés d'au moins 40 ans. Chaque année, l'un d'eux est changé par tirage au sort ! Les Directeurs sont désignés par les Anciens sur une liste de dix candidats proposés par les Cinq-Cents. Ils n'ont aucun pouvoir sur les assemblées.

Des électeurs sous contrôle

Le mode d'élection du Corps législatif ne relève que de très loin des règles démocratiques usuelles :

À la base, dans les cantons, les hommes de plus de 21ans qui paient un impôt élisent un électeur pour 200 citoyens. Ces électeurs doivent avoir 25 ans et justifier d'un revenu conséquent. C'est à eux qu'il appartient de désigner :
- les futurs membres des assemblées ainsi que les juges des tribunaux civils.
- le Président du Tribunal criminel et les membres du Tribunal de Cassation.
- les membres des administrations départementales.

Pour se garantir contre les colères de la population parisienne, les Thermidoriens enlèvent à la capitale son maire unique et le remplacent par un conseil de cinq membres. Ils divisent qui plus est le territoire parisien en huit municipalités, ancêtres des futurs arrondissements.

Enfin, les Thermidoriens, soucieux de préserver leurs acquis et de se prémunir contre l'émergence d'une majorité de députés royalistes, décident par un décret complémentaire que les 2/3 des futurs députés devront être choisis parmi les anciens conventionnels !

Ces dispositions très peu démocratiques sont destinées à établir le pouvoir sans partage des parvenus issus des troubles révolutionnaires. Elles valent au futur régime l'opposition résolue des royalistes et des Jacobins.

Incroyables et Merveilleuses

La fin de la Terreur se traduit dans les moeurs par une réaction exubérante aux excès de la Révolution : la jeunesse bourgeoise se pavane dans des tenues excentriques et particulièrement déshabillées en ce qui concerne les femmes ! Sur les boulevards parisiens, on voit ainsi se pavaner ceux qui se qualifient d'«incroyables» et de «merveilleuses».

Une oeuvre colossale

Dans les cinq années qui séparent la chute de Robespierre du coup d'État de Napoléon Bonaparte, les Thermidoriens de la Convention et du Directoire accomplissent une oeuvre colossale à l'intérieur.

L'argent ne rentrant plus dans les caisses de l'État et les assignats étant à bout de souffle, le ministre des Finances Ramel de Nogaret décrète la «banqueroute des deux tiers» le 30 septembre 1797 puis instaure un nouvel impôt qui a l'avantage d'être aisé à établir : l'impôt sur les portes et les fenêtres (il durera jusqu'en 1926).

Malgré les désordres civils (misère effroyable, inégalités abyssales, monnaie-papier sans valeur, administration démunie, regain de criminalité...) ainsi que les faiblesses inhérentes à sa Constitution et à l'extrême vénalité de ses représentants, le Directoire trouve moyen de :
– réformer la société : égalité devant la loi, suffrage universel, liberté de la presse, de croyance et de pensée, suppression des corporations, abolition de l'esclavage, droit au divorce,
– réformer le gouvernement : suppression des droits féodaux, séparation des pouvoirs, de l'Église et de l'État,
– réformer l'éducation : école publique, Écoles Normale Supérieure et Polytechnique,
– et même fonder un nouveau système d'unités de mesure.

Le Directoire envoie par ailleurs une délégation en Inde, auprès du sultan de Mysore, ennemi des Anglais, et des corps expéditionnaires en Irlande (Hoche, Humbert) et en Égypte !

Le régime va néanmoins très vite sombrer, victime de l'impopularité, d'une part en raison des désordres civils et d'une crise économique qui frappe l'ensemble de l'Europe et  la France plus que tout, d'autre part en raison de son incapacité à faire face à une deuxième coalition militaire contre la France.

Les défis extérieurs du Directoire

Depuis la formation en 1793 d'une première coalition européenne, la France révolutionnaire avait dû lutter contre l'ensemble des monarchies alliées sous la bannière du Royaume-Uni, de l'Autriche et de la Russie.

D'une part l'idéologie véhiculée par les gouvernements républicains paraît dangereusement subversive aux souverains étrangers, d'autre part les ambitions territoriales de la France sont inacceptables pour les autres puissances d'Europe.

Sous le régime antérieur de la Convention, les ressources rassemblées par Lazare Carnot, l'«organisateur de la victoire», combinées à l'enthousiasme des volontaires de l'an II, avaient permis des succès militaires impressionnants.

La République française avait accédé ainsi à ses «frontières naturelles» sur les Alpes et le Rhin par absorption de la Savoie, les Pays-Bas espagnols (la Belgique) et la Rhénanie. Désireuse de conserver les gains territoriaux de la Révolution, la Convention avait voté l'annexion de la Belgique avant de se séparer. Cette mesure avait été aussitôt ressentie comme une provocation par les Anglais.

Le Directoire détache l'Autriche de son alliance avec l'Angleterre en lui imposant en octobre 1797 le traité de Campoformio. Il met fin à la première coalition et tente de consolider les conquêtes de la Révolution en établissant un glacis de républiques-soeurs dans tous les azimuts (Batave, Cispadane et Transpadane puis Cisalpine, Cisrhénane, bientôt Romaine, Parthénopéenne et Helvétique...).

Mais ces succès liguent à nouveau contre la France un nombre considérable d'ennemis intérieurs et extérieurs.

Plus grave encore, l'incroyable expédition d'Égypte entreprise au printemps 1798 éloigne des forces précieuses et les meilleurs généraux de la République, mais surtout, elle indispose deux nouvelles puissances majeures que la France n'avait jamais eu à combattre : la Sublime Porte (l'empire turc) et l'empire du nouveau tsar Paul Ier.

La diplomatie et les subsides britanniques (la «cavalerie de Saint-Georges») aboutissent début 1798 à une deuxième coalition. Celle-ci réunit l'Empire ottoman, ceux d'Autriche et de Russie, les royaumes de Bavière, des Deux Siciles, du Portugal, de Suède et les États Pontificaux, mais elle consacre la défection des royaumes d'Espagne, de Hanovre, de Saxe et de Prusse.

C'est ainsi que la première République Française se trouve confrontée à la guerre étrangère sur tous les fronts, à l'émigration des cadres aristocratiques, à la révolte intérieure (Bretagne, Vendée, Midi, Corse) et extérieure (rébellion à Saint-Domingue) et à la faillite économique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 27 octobre 1553 : Michel Servet est brûlé vif sur ordre du Grand Conseil de Genève   Mar 27 Oct - 21:33



27 octobre 1553 : Michel Servet est brûlé vif sur ordre du Grand Conseil de Genève

Le 26 octobre 1553, Michel Servet est condamné au bûcher comme hérétique par le Grand Conseil de la république de Genève.
Il est brûlé le lendemain à Champel, aux portes de la ville.

Génial mais imprudent

Ce médecin de génie est né en 1509 ou 1511 en Aragon, à Villanueva de Sigena (Villeneuve d'Aragon, Espagne).

Ayant lu dans la Bible que l'âme humaine réside dans le sang, il entrevoit la circulation sanguine, près d'un siècle avant l'Anglais William Harvey. Il va jusqu'à préciser que le sang se régénère dans les poumons au contact de l'air.

Mais il ne s'en tient pas à des recherches scientifiques et se laisse happer par les guerres religieuses de son temps, entre catholiques et protestants.

Dès l'âge de 20 ans, il a le front de développer des idées très personnelles sur le dogme de la Sainte Trinité dans un petit livre publié en 1531 sous le titre De trinitatis erroribus (Les erreurs de la Trinité). « L'essence divine est indivisible... il ne peut y avoir dans la Divinité diversité de personnes », écrit-il notamment.

En 1536, Michel Servet entre au service de l'évêque de Vienne (Dauphiné) en qualité de médecin. Il se garde d'afficher ses opinions religieuses mais entame une correspondance secrète avec le réformateur protestant Jean Calvin pour tenter de le convaincre de leur bien-fondé.

Il en vient à publier en 1553 un opuscule : Christianismi restitutio (Restitution chrétienne), en réplique au livre fondamental de Calvin (L'Institution chrétienne). Ses détracteurs l'accusent de nier dans ce livre la divinité du Christ, comme les arianistes du IVe siècle.

Traqué par les catholiques comme par les réformés

Calvin lui-même décide d'en finir. Il dévoile sa correspondance avec Servet à un ami qui s'empresse de dénoncer le médecin à  l'Inquisition catholique.

Michel Servet est arrêté mais arrive à s'échapper et ne trouve rien de mieux que de se cacher à Genève, où Calvin impose au nom de la Réforme protestante une très sévère discipline morale. Le médecin cherche de l'appui auprès des « Vieux-Genevois », en conflit avec Calvin.

Mais il est arrêté encore une fois. Son procès, pendant deux mois, donne lieu à un débat très vif. Le Grand Conseil de Genève consulte les autres villes suisses avant de se prononcer sur la peine : la mort. Calvin, qui a pris Servet en haine, entérine la décision.

L'époque, il est vrai, ne se prête guère à la tolérance et à la libre discussion, tant du côté protestant que du côté catholique.

Calvin, toutefois gêné aux entournures, tente de se justifier mais il s'attire dès l'année suivante une réponse cinglante de son ancien ami Sébastien Castellion sous la forme d'un opuscule : « Lorsque les Genevois ont mis à mort Servet, ils n’ont pas défendu une doctrine, ils n’ont fait que tuer un homme. La violence endurcit le cœur qui ne s’ouvre pas à la mansuétude. On ne surmonte le mal, on ne dissipe les ténèbres que par la lumière, non par l’épée »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 28 octobre 1886 : La Liberté éclairant le monde   Mer 28 Oct - 21:05



28 octobre 1886 : La Liberté éclairant le monde

Le 28 octobre 1886, «La Liberté éclairant le monde» est inaugurée à l'entrée du port de New York. C'est la plus colossale statue jamais construite (46 mètres de haut et 93 avec le piédestal). Elle est l'oeuvre du sculpteur Frédéric Auguste Bartholdi.

Ce cadeau de la France aux États-Unis célèbre l'amitié franco-américaine. Il a été financé par une souscription publique des deux côtés de l'Atlantique.

Auguste Bartholdi, républicain et patriote


Sculpteur originaire de Colmar, Auguste Bartholdi noue une relation amicale avec le professeur de droit Édouard Laboulaye (1811-1883), dont il réalise le buste en 1866.

À ce moment-là vient de se terminer aux États-Unis la guerre de Sécession. Lors d'une soirée à laquelle est invité le jeune Bartholdi, Larboulaye lance l'idée d'un monument qui scellerait l'amitié entre les peuples français et américain. Il serait inauguré à l'occasion du centenaire de la Déclaration d'Indépendance, soit en 1876 !...

Mais l'idée reste en jachère jusqu'à la guerre franco-prussienne de 1870-1871.

Tandis que la France est encore sous le coup de la défaite, Édouard Laboulaye, devenu député républicain, se montre plus que jamais convaincu de l'utilité du monument. Il suggère à son ami de se rendre aux États-Unis pour tâter le terrain.

Dès son arrivée dans la rade de New York, à l'automne 1871, Bartholdi repère l'emplacement idoine pour son futur monument. C'est l'île de Bedloe, rebaptisée Liberty Island en 1956. Elle est visible de tous les arrivants et offre un point de vue à la fois sur le grand large et la cité.

Laboulaye et Bartholdi ont dans l'idée que le monument, d'un coût de 250.000 dollars (une somme colossale pour l'époque), soit financé par souscription, pour moitié par le peuple français et par le peuple américain, le premier se réservant la statue et le second le piédestal.

Bartholdi rencontre à cette fin le président Ulysses S. Grant, des sénateurs, des industriels et des journalistes. Mais ses interlocuteurs demeurent très réservés à l'égard du projet... Tout comme d'ailleurs les élus et les notables français qui penchent majoritairement pour une restauration de la monarchie et en veulent surtout aux Américains d'avoir soutenu la Prusse dans la précédente guerre.

En attendant que la situation se débloque, Bartholdi s'attelle à une commande publique destinée à rappeler le siège héroïque de Belfort en 1870-1871. Ce sera le Lion de Belfort.

Enfin, le régime politique bascule en janvier 1875 vers la République et le projet de statue recueille désormais les faveurs de l'opinion mais le temps presse.

Course d'obstacles

La statue de la Liberté en cours de montage dans les atelierds Gaget, Gauthier et CieLaboulaye fonde un Comité de l'union franco-américaine en vue de lever des fonds et Charles Gounod compose pour les généreux donateurs, à l'Opéra de Paris, un Hymne à la Liberté éclairant le monde.

Auguste Bartholdi reçoit le concours d'Eugène Viollet-le-Duc. L'architecte-ingénieur prescrit une peau composée de plaques de cuivre modelées par martelage sur des formes en plâtre. L'ensemble doit être monté sur une armature métallique, stabilisée par un remplissage en sable.

La fabrication peut commencer dans les ateliers de la société Gaget, Gauthier et Cie, rue de Chazelles, à Paris. Elle mobilisera jusqu'à six cents ouvriers.

Mais il est devenu illusoire d'inaugurer la statue pour le centenaire de l'indépendance américaine. À tout le moins, Laboulaye et Bartholdi veulent profiter de l'Exposition universelle de Philadelphie de 1876 pour sensibiliser l'opinion américaine à leur projet.

Présenté en avant-première, le bras droit et sa torche recueillent un très vif succès auprès du public et, grâce à une première collecte de fonds, on met à l'étude le piédestal. Il est confié à un architecte de renom, Richard Morris Hunt.

La statue de la Liberté à son achèvement, en 1884, dans la rue de Chazelles (Paris)Comme les fonds manquent aussi pour la réalisation de la statue, Laboulaye présente une reproduction grandeur nature de la tête à l'Exposition universelle de Paris, en 1878.

Les visiteurs, impressionnés et séduits, souscrivent en masse et l'année suivante, le financement est bouclé avec plus de cent mille donateurs.

Mais Viollet-le-Duc décède l'année suivante, emportant dans la tombe les principes de montage. Bartholdi se tourne alors vers Gustave Eiffel (47 ans), un ingénieur déjà réputé pour sa maîtrise des structures en acier.

À l'opposé de Viollet-le-Duc, il conçoit une charpente métallique légère qui, tel le roseau de la fable, saura résister aux plus violentes tempêtes en pliant et en se déformant.

Dernier coup du sort : Laboulaye décède à son tour le 25 mai 1883. Bartholdi porte désormais le projet sur ses seules épaules.

Le peuple américain se mobilise à son tour

Joseph Pulitzer (10 avril 1847, Makó, Hongrie - 29 octobre 1911, Charleston, Caroline du Sud)Outre-Atlantique, le projet se délite. Les riches New-Yorkais le dédaignent et l'on n'arrive pas à recueillir les fonds pour l'achèvement du piédestal.

Alors se lève un sauveur inattendu, Joseph Pulitzer.

Né en Hongrie en 1847 et devenu le patron du New York World, il a inventé la presse populaire à scandale. Il multiplie les campagnes de presse en faveur du projet.

C'est un succès. Les dons, généralement modestes, affluent. Le financement est enfin bouclé avec cent mille dollars supplémentaires offerts par cent vingt mille donateurs.

À raison de 350 pièces dans 214 caisses, la Liberté est chargée sur une frégate et arrive à New York le 17 juin 1886. Quatre mois suffiront pour monter les cent tonnes de la structure et les quatre-vingt de l'enveloppe de cuivre.

La statue, son visage, sa gestuelle, son drapé n'ont rien de sentimental ou d'érotique. Mais qu'importe. Inaugurée à la veille de la grande vague d'immigration qui a vu débarquer à New York des millions d'Européens chassés par l'oppression et la misère, elle est devenue le visage de l'Amérique rêvée et de la Liberté. C'est elle que les manifestants de la place Tien An Men, en 1989, ont reproduite en plâtre.

Laboulaye et Bartholdi imaginaient-ils que leur idéal ferait le tour du monde, de Paris à New York et Pékin ?

Un poème d'Emma Lazarus

Dès 1883 a été gravé dans le piédestal de «La Liberté éclairant le monde» un sonnet de la poétesse Emma Lazarus (1849-1887). Il s'adresse aux millions d'immigrants qui ont débarqué à Ellis Island et pour lesquels la statue de la Liberté figurait l'espoir d'une vie meilleure :


    Give me your tired, your poor,
    Your huddled masses yearning to breathe free,
    The wretched refuse of your teeming shore.
    Send these, the homeless, tempest-tost, to me,
    I lift my lamp beside the golden door !
    Donnez-moi vos pauvres, vos exténués
    Qui en rangs pressés aspirent à vivre libres,
    Le rebut de vos rivages surpeuplés,
    Envoyez-les moi, les déshérités, que la tempête me les rapporte
    De ma lumière, j'éclaire la porte d'or !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 29 octobre 1922 : Mussolini accède au pouvoir   Jeu 29 Oct - 21:07



29 octobre 1922 : Mussolini accède au pouvoir

Le 29 octobre 1922, le roi d'Italie Victor-Emmanuel III nomme Benito Mussolini président du Conseil (l'équivalent de Premier ministre).

Un parti non-démocratique

Mussolini a fondé en novembre 1921 le Parti National Fasciste, premier parti d'Europe occidentale ouvertement non-démocratique.

À partir de l'été 1920, il a mis ses troupes paramilitaires au service de la contre-révolution.

Ces miliciens armés reconnaissables à leur uniforme, les « Chemises noires », multiplient les campagnes d'intimidation.

Ils attaquent les Bourses du travail, lieu de rassemblement des syndicats ouvriers et brisent les grèves. Ils bastonnent leurs victimes, les purgent à l'huile de ricin ou parfois les assassinent !

Les fascistes apparaissent ainsi comme des garants de l'ordre (!) face aux menaces révolutionnaires. Ils bénéficient à ce titre de l'indulgence des forces de l'ordre et de la justice et sont regardés avec bienveillance par le patronat italien.

Avec des effectifs supérieurs à plus de 700.000 en 1922, le Parti fasciste n'arrive pas pour autant à convaincre le corps électoral. Mais il démontre une nouvelle fois sa force en août 1922 en brisant une grève générale lancée par le parti socialiste et dirigée contre lui.

Là-dessus, Mussolini menace de marcher sur Rome et de s'emparer du pouvoir par la force. Les Chemises noires de province, au nombre d'environ 40.000, commencent à converger vers la capitale.

Le roi Victor-Emmanuel III n'ose pas décréter l'état de siège par crainte d'une guerre civile. Comme le président du Conseil, le vieux libéral Giacomo Giolitti (80 ans), il pense que Mussolini peut, après tout, aider à sauver un régime en pleine décomposition et qu'il sera toujours temps de s'en débarrasser après.


Le 29 octobre 1922, le roi propose donc à Mussolini qui, de Milan, observe prudemment les événements, de prendre la tête du gouvernement dans les règles.

Les Chemises noires poursuivent malgré tout leur marche sans rencontrer de résistance, pour le symbole. Pour donner l'illusion d'une prise de pouvoir personnelle, Mussolini entre dans la capitale italienne le 30 octobre, entouré des hiérarques et des militants fascistes, au terme d'une très symbolique « Marche sur Rome ».

À la tête d'un gouvernement qui ne compte que quatre ministres fascistes, Mussolini se montre dans les premiers temps respectueux des règles constitutionnelles. Sa détermination et son verbe lui valent la sympathie des élites, y compris d'illustres intellectuels comme Benedetto Croce.

Mais, dans les provinces, les Chemises noires poursuivent la mise au pas des organisations syndicales. La fête du Travail du 1er mai est supprimée. La grève est enfin interdite. Et en novembre 1922, la Chambre des députés et le Sénat votent les pleins pouvoirs à Mussolini pour un an.

On va vers l'installation d'une dictature totalitaire d'un nouveau genre qui durera jusqu'en 1943.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 30 octobre 1938 : Orson Welles diffuse La Guerre des Mondes   Ven 30 Oct - 22:07



30 octobre 1938 : Orson Welles diffuse La Guerre des Mondes

La Guerre des mondes est une dramatique radio interprétée par la troupe du Mercury Theatre (en) et diffusée le 30 octobre 1938 sur le réseau CBS aux États-Unis. Écrite et racontée par Orson Welles, c'est une adaptation du roman du même nom de l'écrivain H. G. Wells.

La mémoire collective a retenu que l'émission aurait causé un vent de panique à travers les États-Unis, des dizaines de milliers d'auditeurs croyant qu'il s'agissait d'un bulletin d'informations et qu'une attaque extraterrestre était en cours. Mais il s'agit d'une légende forgée par les journaux de l'époque et encore davantage exagérée au fil du temps.

Pré-production

Selon André Bazin, «l'incroyable aventure de l'invasion imaginaire » n'a pas été préméditée. Du temps déjà du Federal Theatre, Welles est un espoir montant pour le réseau radiophonique qui l'emploie. Columbia Broadcasting System lui laisse, de production en production, un peu plus de liberté créative. À partir de 1938, il anime un programme hebdomadaire : « The Mercury Theatre on the Air ». Welles y remplit une fonction proche d'un Monsieur Loyal au sein de la troupe. Les adaptations de L'Île au trésor, Jane Eyre, Le Nommé Jeudi, Jules César, Le Tour du monde en quatre-vingts jours ne lui valent pas de remontrances. Il décide alors de se pencher sur un sujet de science-fiction. Des adaptations des romans Le nuage pourpre de Matthew Phipps Shiel ou Le Monde perdu d'Arthur Conan Doyle sont envisagées. Finalement, ce sera La Guerre des mondes de H. G. Wells.

Pris par les répétitions de son Danton, Orson Welles n'a pas le temps de participer activement aux séances d'écriture et les scénaristes-adaptateurs ne sont pas enthousiasmés par le sujet. Le 29 octobre 1938, face à l'indigence des premiers essais enregistrés, il prend la décision, en accord avec la troupe, de situer l'action dans le présent. Après une nuit de réécriture, une nouvelle version, qui rompt avec l'unité de lieu narrative, est répétée. La diffusion se fait, comme d'habitude, en direct. Une fois la transmission achevée, toute la troupe part reprendre les répétitions nocturnes de Danton.

La légende du vent de panique

Au lendemain de l'émission, les unes des journaux relatent de prétendues scènes de panique et d'émeutes massives à travers les États-Unis, qui auraient été causées par le feuilleton de Welles et sa fausse annonce d'attaque extraterrestre.

L'équipe du psychologue Handley Cantril3 récolta rapidement après l'événement de très nombreux témoignages (études de cas) de personnes ayant paniqué durant la diffusion radio, ainsi que d'autres données empiriques (sondage Gallup rapportant non seulement le nombre de personnes ayant écouté la transmission mais aussi le nombre de personnes ayant répondu positivement à la question "avez-vous paniqué durant l'émission radio?", l'augmentation des coups de téléphone durant la retransmission, les plaintes subséquentes à la chaîne de radio, les coupures de presses dans la semaine qui suivit celle-ci, etc.). Certains témoins rapportèrent avoir ressenti des symptômes physiques, tel que l'odeur des gaz des Martiens ainsi que la chaleur des rayons émis par leurs armes.

Cependant, le sociologue Pierre Lagrange défend pour sa part l'idée que la panique engendrée par l'émission de Welles fut largement exagérée. Il y eut bien quelques rares cas particuliers d'affolement mais selon lui point d'hystérie collective. Il est possible que Cantril ait abusivement interprété les personnes « effrayées », sentiment compréhensible à l'écoute d'un feuilleton à suspense, comme des personnes « paniquées » qui auraient pris la fiction pour la réalité.

Selon une autre enquête du sociologue Robert E. Bartholomew6, l'étude de Cantril n'aurait été fondée que sur des entretiens réalisés auprès de 135 personnes. Parmi ces témoignages, Cantril aurait délibérément choisi ceux qui soutenaient le mieux son point de vue. Bartholomew considère les épisodes les plus violents rapportés par Cantril (suicides, crises cardiaques) comme infondés mais faisant dorénavant partie du folklore américain.

Plusieurs faits contredisent la légende du vent de panique. En premier lieu, l'émission de Welles n'a pas eu énormément d'auditeurs le soir du 30 octobre 1938. D'après le sondage mené par le service d'audience C. E. Hooper sur 5 000 foyers américains le soir de la diffusion, le feuilleton n'était écouté que par 2% des personnes interrogées. Il subissait notamment la concurrence d'émissions populaires diffusées à la même heure, telles que The Chase and Sanborn Hour sur NBC. En second lieu, parmi les sondés qui écoutaient effectivement la Guerre des mondes, aucune réponse ne laissait entendre qu'ils la prenaient pour un bulletin d'informations réel. Enfin, les témoignages de l'époque ne font pas état des prétendues scènes de panique alléguées par les journaux, et les hôpitaux new-yorkais n'ont pas enregistré de pic d'affluence.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 31 octobre 1517 : Les 95 thèses de Luther   Sam 31 Oct - 19:53



31 octobre 1517 : Les 95 thèses de Luther

Le 31 octobre 1517, sur la porte de l'église du château de Wittenberg, en Saxe, Martin Luther, un moine allemand affiche 95 thèses où il dénonce les scandales de l'Église de son temps. Il va diviser la chrétienté occidentale et donner naissance à la Réforme protestante.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2774
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 1er novembre 1755 : Tremblement de terre à Lisbonne   Dim 1 Nov - 21:34



1er novembre 1755 : Tremblement de terre à Lisbonne

Le samedi 1er novembre 1755, Lisbonne (235.000 habitants) est frappée par trois violentes secousses telluriques et plusieurs raz de marée. La très belle capitale du Portugal, qui doit sa prospérité à un immense empire colonial, est presque entièrement détruite par le séisme et l'incendie qui lui fait suite.

On dénombre 60.000 victimes. Beaucoup périssent dans l'effondrement des églises où elles assistaient à l'office de la Toussaint.

Le tremblement de terre est ressenti dans toute l'Europe, entraînant des oscillations jusque dans les lochs écossais et les lacs suisses. Les religieux et les philosophes de tout le continent y voient l'occasion de débattre de la miséricorde divine et des mérites de la civilisation urbaine.

Voltaire se fend d'un conte brillant, Candide, où il tourne en dérision les espoirs que plaçait le savant Leibniz dans la science et la connaissance comme moyens de faire progresser l'humanité. Il moque tout autant les religieux qui invoquent la soumission à la volonté divine.

Mais ses contemporains se montrent dans l'ensemble plus pragmatiques, à l'image du Premier ministre du Portugal : José de Carvalho e Melo, futur marquis de Pombal, lance une enquête dans tout le pays sur les indices avant-coureurs du séisme.

C'est la première fois que l'on tente une explication scientifique des tremblements de terre.

Le Premier ministre reconstruit par ailleurs les quartiers sinistrés avec des rues à angles droits et des constructions sobres. Sur les bords du Tage, le palais royal, détruit, est remplacé par la monumentale place du Commerce, coeur de la Lisbonne actuelle.

Commentaire : vie et mort du progrès

Le philosophe Michel Serres voit dans le tremblement de terre de Lisbonne la naissance du «scientisme», un mouvement de pensée qui culminera au XIXe siècle et s'étiolera à la fin du XXe siècle avec la montée des craintes face aux excès de la technologie .

En 1842, après l' accident de chemin de ferde Meudon, les élites renouvellent leur confiance dans le progrès, en dignes héritières des «Lumières». Aujourd'hui, les élites européennes invoquent à tout propos cette «philosophie des Lumières»... mais elles tournent le dos à la foi dans le progrès qui en est la caractéristique dominante.

Effrayées par l'emballement des innovations technologiques et les désastres causés à l'environnement par une croissance économique éperdue, elles doutent de l'avenir comme du passé, dans lequel elles ne voient que motifs de repentance et de contrition. Elles s'en tiennent à la gestion du présent et cultivent un individualisme désabusé. Elles sacralisent la consommation et le bien-être immédiats au détriment des efforts indispensables pour notamment prévenir les dangers liés au réchauffement climatique (autrement plus redoutable que le séisme de Lisbonne).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: ephemeride   

Revenir en haut Aller en bas
 
ephemeride
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 6 sur 36Aller à la page : Précédent  1 ... 5, 6, 7 ... 21 ... 36  Suivant
 Sujets similaires
-
» Ephéméride
» l ephemeride 05 07
» l ephemeride du jour

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Duché de Montmirail :: Débats :: Culture et philosophie-
Sauter vers: