Duché de Montmirail

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 15 juillet 1099 : Les croisés s'emparent de Jérusalem   Mer 15 Juil - 19:06



15 juillet 1099 : Les croisés s'emparent de Jérusalem

Le vendredi 15 juillet 1099, les croisés enlèvent aux musulmans la ville de Jérusalem. Ils ont quitté l'Europe occidentale trois ans plus tôt pour répondre à l'appel du pape Urbain II et reprendre aux Infidèles (les musulmans) le tombeau du Christ.

Un si long voyage

C'est le 15 août 1096, selon les instructions du pape, que les croisés se sont mis en route pour la Terre sainte, sous la direction du légat pontifical Adhémar de Monteil. Ce «voyage à Jérusalem» ne se différencie à vrai dire des précédents pèlerinages en armes vers la Terre Sainte que par le grand nombre des participants : plus de 150.000 au départ (sans doute 15.000 à l'arrivée au terme d'un éprouvant voyage de trois ans).

Après d'extrêmes difficultés, les quatre armées de croisés, ou ce qu'il en reste, atteignent la Syrie et les marches de la Palestine.

Leur progression est facilitée par les rivalités dans le camp ennemi. Une partie des musulmans font allégeance au calife de Bagdad. Ceux-là occupent la Palestine et Jérusalem avec des troupes turques. Mais pendant que ces troupes combattent les croisés à Antioche, en Syrie, les musulmans fatimides d'Égypte profitent de la situation pour attaquer la Palestine. C'est ainsi que le 26 août 1098, les Égyptiens enlèvent aux Turcs la ville de Jérusalem... avec les encouragements des Francs.

L'ultime bataille

L'armée de Raimon de Saint-Gilles arrive la première sans encombre à Bethléem où elle est accueillie par les chrétiens en liesse. Enfin, le 7 juin 1099, les croisés aperçoivent les dômes de la Ville sainte.

Il faut se préparer à un siège difficile dans la chaleur de l'été. Heureusement, une escadre génoise amène à Jaffa du matériel de siège et du ravitaillement.

L'attaque commence le 14 juillet mais la garnison égyptienne riposte en incendiant les tours roulantes des croisés avec du feu grégeois, un combustible très puissant.

Le matin du vendredi 15 juillet, Godefroi et son jeune frère Eustache de Boulogne arrivent à s'approcher des murailles à bord d'une tour recouverte de peaux de bêtes fraîchement écorchées et ainsi protégées du feu. Bientôt des échelles surgies de partout s'adossent aux murailles.

Tuerie dans la Ville Sainte

Les défenseurs de la citadelle ont la vie sauve grâce à Raimon de Saint-Gilles qui leur accorde un sauf-conduit jusqu'à la côte. Mais il n'en va pas de même des habitants qui se sont réfugiés dans les mosquées de l'esplanade du Temple. Ceux-là sont massacrés malgré les ordres de Tancrède, le neveu de Bohémond de Tarente.

La tuerie a pour effet de pousser à la résistance les villes de la côte qui étaient sur le point de se rendre. Elle n'a cependant rien d'exceptionnel pour l'époque. Les Turcs ont par exemple massacré un plus grand nombre de gens lorsqu'ils s'en sont pris à la croisade populaire en 1096 (12.000 tués, dit-on, dans la seule journée du 10 août 1096). Les Égyptiens eux-mêmes n'ont pas fait de quartier quand ils ont repris Jérusalem aux Turcs le 26 août 1098.

Mais le fait qu'il s'agisse d'un massacre de musulmans et de juifs par des chrétiens et qu'il se produise dans la Ville Sainte va donner lieu à des exagérations chez les chroniqueurs arabes comme chez les Francs.

Chronique de la prise de Jérusalem

Voici le récit de la prise de Jérusalem par Raimondo d'Aguilers, avec les exagérations d'usage dans une chronique de ce genre :

«A peine les nôtres eurent-ils occupé les murs et les tours de la ville, alors ils purent voir des choses terribles : certains, et c'était une chance pour eux, étaient décapités, d'autres tombaient des murs criblés de flèches ; beaucoup d'autres enfin brûlaient dans les flammes. A travers les rues et les places, on voyait des têtes amoncelées, des mains et des pieds coupés ; hommes et chevaux couraient parmi les cadavres. Mais cela n'était rien encore : parlons du Temple de Salomon, où les Sarrasins avaient l'habitude de célébrer leurs cérémonies religieuses. Que s'y était-il passé ? Si nous disions la vérité, nous ne serions pas crus : disons seulement que dans le Temple et dans le portique de Salomon, on avançait avec du sang jusqu'à la hauteur des genoux et des mors des chevaux. Et c'était par juste jugement divin que ce lieu qui avait supporté si longtemps les injures contre Dieu, recevait leur sang. Après la prise de la ville, il était beau de voir la dévotion des pèlerins devant le Sépulcre du Seigneur et de quelle façon se manifestait leur joie en chantant à Dieu un chant nouveau. Et leur coeur offrait à Dieu vainqueur et triomphant des louanges inexprimables en paroles...»

Les Francs s'installent dans leur conquête

Contrairement aux attentes, la Ville Sainte revient à Godefroy de Bouillon et non à Raimon IV. Par humilité, le seigneur lorrain refuse le titre de roi et choisit celui d'«avoué du Saint-Sépulcre» (l'avoué est dans le droit médiéval un laïc qui dirige les propriétés d'un évêque et se bat en son nom quand cela est nécessaire). En homme pieux, il ne veut pas d'une couronne d'or là où le Christ en avait une d'épines.

Le 12 août 1099, Godefroy de Bouillon complète son succès en écrasant une armée égyptienne très supérieure en nombre à Ashkelon (ou Ascalon). De cette ville, les croisés ramèneront en Occident... l'échalote (du latin ascolonia cepa, qui signifie oignon d'Ascalon). Mais le nouvel avoué du Saint-Sépulcre n'arrive pas à s'emparer de la ville d'Ashkelon en raison de l'opposition sournoise de Raimon de Saint-Gilles, qui lui garde rancune de lui avoir volé le titre de roi.

Bientôt, les grands seigneurs repartent, qui vers l'Europe, qui vers sa principauté de Syrie ou du Liban. Godefroy de Bouillon se retrouve à peu près seul avec ses troupes dans une Palestine encore insoumise et entourée d'ennemis.

Notons que le pape Urbain II est mort quelques jours après la prise de Jérusalem sans avoir eu la satisfaction d'apprendre le succès de son appel.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 16 juillet 1054 : Le légat du pape excommunie le patriarche   Jeu 16 Juil - 19:07



16 juillet 1054 : Le légat du pape excommunie le patriarche

Le 16 juillet 1054, le représentant du pape dépose sur l'autel de la basilique Sainte Sophie une bulle d'excommunication contre le patriarche de Constantinople.

De cette péripétie secondaire, une tradition historique tardive fera le point de départ de la scission entre chrétiens d'Orient et d'Occident. Il s'agira en fait pour les Occidentaux de se dédouaner du sac de Constantinople, 150 ans plus tard.

Premières rivalités

Les premières rivalités entre l'église de Constantinople et celle de Rome remontent à Charlemagne, 250 ans plus tôt.

– Le clergé de rite grec est attaché à l'empereur romain d'Orient ou empereur byzantin. Il est soumis au patriarche de Constantinople.

– Le clergé d'Occident, de rite latin, est quant à lui attaché à l'évêque de Rome. Celui-ci, aussi appelé pape (d'un mot gréco-latin qui signifie père ou patriarche), jouit d'un prestige particulier en sa qualité de successeur des apôtres Pierre et Paul, premiers pasteurs de la communauté chrétienne de Rome.

Les querelles entre Orientaux et Occidentaux se multiplient mais sans revêtir de caractère dramatique. Dès l'époque de Charlemagne, on dispute du Filioque (la place du Saint Esprit, troisième personne de la Sainte Trinité) ! On se querelle aussi sur... le port de la barbe par le clergé, sur le célibat des prêtres ou encore sur la nature du pain consommé à Pâques : doit-il être normal, comme le pensent les Orientaux, ou azyme (sans levain) ? Au total, pas de quoi fouetter un chat.

Querelle des images et «fête de l'orthodoxie»

Aux VIIIe et IXe siècles, tandis que l'Occident sort lentement des temps barbares sous l'impulsion des Carolingiens, la querelle des images, ou «iconoclasme», déstabilise l'empire romain d'Orient.
Certains théologiens grecs s'avisent en effet du caractère envahissant pris par le culte des images pieuses et prônent la destruction de celles-ci. Les souverains sont tantôt iconoclastes, tantôt iconodules (le contraire). Les évêques suivent béatement l'opinion de l'empereur. Seuls résistent les moines qui vivent du culte des images.

La querelle se conclut par le rétablissement solennel du culte des images dans la basilique Sainte-Sophie le 11 mars 843 à l'initiative de la régente Théodora. Ce jour est encore fêté avec éclat. C'est la «Fête de l'orthodoxie».

La conversion au christianisme du roi ou khan des Bulgares Boris 1er, est une première véritable pomme de discorde entre Rome et Constantinople. Ce roi barbare, dont les terres sont prises en tenaille entre l'empire carolingien de Louis le Germanique et l'empire byzantin de Michel III l'Ivrogne, se fait finalement baptiser par le patriarche Photius en 865.

En 1048 est élu à Rome le pape Léon IX, initiateur de la grande réforme grégorienne qui va revitaliser l'église d'Occident. Le 18 juin 1053, l'armée pontificale est battue par les Normands de Robert Guiscard à Civitate, sur le Fortore. Lesdits Normands, qui ont envahi l'Italie du Sud, battent aussi la même annéeune armée byzantine. Il s'ensuit un échange de courriers entre Rome et Constantinople sur l'attitude à tenir dans les évêchés de cette région, les uns de rite grec, les autres de rite latin...

Malentendu

Michel Cérulaire en présence d'ecclésiastiques grecs et romains (miniature du XIe siècle, Bibliothèque de Madrid) Le pape envoie une ambassade à Constantinople en mars 1054 pour en parler avec le patriarche Michel Cérullaire.

Le cardinal Humbert de Moyen-Moutier, légat du pape, dirige l'ambassade. C'est un maladroit et un ignorant qui maîtrise mal la langue grecque.

La première entrevue entre le cardinal et le patriarche tourne au vinaigre. Le cardinal remet à Michel Cérullaire une lettre du pape qu'il a lui-même traduite du latin en grec... en multipliant les impairs et les contresens.

Le patriarche en vient à penser que la lettre est un faux et les ambassadeurs des imposteurs! Il rompt tout contact.

Le matin du samedi 16 juillet 1054, dans la basilique Sainte-Sophie, pleine de fidèles, pénètrent le cardinal et sa suite. Le cardinal dépose sur l'autel la bulle d'excommunication (en latin) et l'un de ses compagnons se tourne vers les badauds médusés pour leur faire part (en grec) de l'excommunication de leur patriarche. L'ambassade tourne les talons cependant que la bulle circule de main en main avant d'être amenée au patriarche.

L'empereur Constantin Monomaque tente mais en vain de retenir les ambassadeurs. Le lundi suivant, Michel Cérullaire ne voit rien d'autre à faire que de réunir un synode qui excommunie à son tour les ambassadeurs... Et l'épisode est aussitôt oublié.

Rupture

La solidarité entre chrétiens d'Orient et d'Occident survit à cette dispute entre évêques. Ainsi, quand, en 1071, l'empereur byzantin est vaincu par les Turcs à Manzikert, le pape Grégoire VII appelle les guerriers d'Occident à lui porter secours. Son appel est renouvelé avec beaucoup plus de succès en 1095 par le pape Urbain II et il débouche sur la première croisade.

Dans les faits, c'est un siècle plus tard, à la faveur du sac de Constantinople en 1204 par les chevaliers de la IVe croisade, que surviendra la scission définitive entre :

– l'Église d'Orient ou Église orthodoxe (d'après une expression grecque qui signifie «conforme à la vraie foi»,

– l'Église de Rome ou Église catholique, d'après une expression grecque, là aussi, qui signifie «universelle».

Le sac de Constantinople par des croisés apparaît si scandaleux que l'on éprouve dans chaque camp le besoin de l'expliquer à défaut de le justifier. C'est ainsi que l'on sort de l'oubli l'épisode de 1054 afin de tenter de démontrer que, décidément, il n'y a rien à attendre de bon qui des Grecs, qui des Latins.

Depuis ce jour, les 250 millions de chrétiens de tradition orthodoxe et le milliard de chrétiens de tradition catholique se sont accoutumés à vivre chacun selon leur rythme.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 17 juillet 1936 : Les militaires espagnols se soulèvent   Ven 17 Juil - 21:32



17 juillet 1936 : Les militaires espagnols se soulèvent

Le 17 juillet 1936, la garnison espagnole de Melilla se soulève contre le gouvernement républicain, sous le commandement du général Franco. C'est le début d'une guerre civile de trois ans et un prélude aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale.

Un complot longuement préparé

La jeune république espagnole est à cette époque victime d'une flambée de violences qui se soldent par plusieurs centaines de morts. Ces violences sont le résultat de l'instabilité politique. Elles culminent avec la victoire électorale du Front Populaire le 16 février 1936 et débouchent sur l'assassinat du député monarchiste José Calvo Sotelo (43 ans) le 13 juillet de la même année, peu après qu'il ait été menacé par la Pasionaria.

Le soulèvement militaire, qualifié par ses auteurs de «glorioso Movimiento» (le glorieux Mouvement), survient le 17 juillet 1936 dans la garnison de Melilla, au Maroc espagnol, conformément à un plan préparé de longue date.

L'inspirateur principal en est le général Emilio Mola, ancien chef de la police devenu gouverneur militaire de Pampelune, dans une région de petits paysans carlistes et catholiques, farouchement hostiles à la République, la Navarre. Il est associé au général Sanjurjo, en exil à Lisbonne, ainsi qu'au général Francisco Franco y Bahamonde, gouverneur militaire des Canaries.

Dès le lendemain, le général Franco quitte son poste dans les îles Canaries. Il se rend en secret à Melilla et débarque deux jours plus tard en Andalousie avec ses troupes. Il s'agit essentiellement de musulmans marocains ou «maures»(«los Regulares») et de soldats de la Légion étrangère(ou «tercio», par allusion aux glorieuses armées du Grand Siècle espagnol, fin du XVIe- début du XVIIe).

Un tabor de combattants marocains

Dans le même temps se soulèvent les garnisons de la plupart des grandes villes espagnoles. Mais une bonne partie de l'armée, la moitié environ, reste fidèle au gouvernement.

Sur certains navires de guerre, il arrive que les marins s'emparent de leur officiers rebelles et les exécutent dans les formes. Sur d'autres navires, les officiers rebelles ont le dessus et font pendre aux vergues les marins qui refusent de les suivre.

En définitive, en trois jours, les rebelles «nationalistes» s'emparent de la Galice et de la Vieille-Castille, près de la frontière avec le Portugal, ainsi que d'une partie de la Navarre, du Léon et des Asturies.

En Navarre et Aragon, les insurgés bénéficient du soutien de milices carlistes, les requetes. Ce sont des paysans-soldats bien entraînés, catholiques fervents et monarchistes enthousiastes.

Les nationalistes s'implantent aussi en Andalousie, à Cordoue, Grenade et Cadix, avec l'aide de bataillons ou «tabors» maures et d'unités ou «banderas» de la Légion. Mais à Barcelone, ils sont repoussés par les milices ouvrières. Ils échouent aussi à Valence et dans le Levant méditerranéen.

Échec momentané du soulèvement

Les nationalistes, qui escomptaient une reddition rapide du gouvernement, en sont pour leurs frais. Les grandes villes leur échappent (Madrid, Barcelone, Valence). Et ils ne se maintiennent principalement que dans le Sud. Encore est-ce avec le concours de troupes marocaines.

Le général Mola projette de s'emparer de Madrid en faisant converger sur la capitale quatre colonnes de troupes et en combinant leur action avec le soulèvement de civils madrilènes favorables au Mouvement. C'est ce qu'il appelle la «cinquième colonne» (l'expression fera florès).

Mais la manoeuvre échoue devant la mobilisation impromptue des habitants. La capitale reste aux mains des troupes légalistes commandées par le général Miaja. Au terme des «trois jours de juillet» (18, 19 et 20 juillet), l'Espagne apparaît divisée en deux, avec un léger avantage au gouvernement, qui garde le contrôle des principales zones industrielles, de la capitale ainsi que de 14 millions d'habitants contre 10,5 aux insurgés.

L'armée elle-même est divisée. La plus grande partie des officiers d'état-major sont restés fidèles à la République. Toutefois, les officiers intermédiaires, issus de la moyenne bourgeoisie, ont, eux, rejoint massivement le Mouvement et ils vont cruellement manquer au gouvernement. A première vue, le pronunciamiento a échoué.

Vers une longue guerre

Le général Franco prend la tête du Mouvement après la mort accidentelle, le 21 juillet, du général Sanjurjo, qui avait été pressenti pour ce rôle. Alors que s'éloigne l'espoir d'une résolution rapide du conflit, les troupes maures et les légionnaires de Franco débarquent en masse sur la péninsule et s'emparent le 14 août 1936 de Badajoz, au sud.

Leur victoire se conclut par un massacre atroce de la population. Mais d'un point de vue stratégique, elle permet de relier les zones nationalistes du sud et du nord. Elle permet aussi à la rébellion de tenir les régions frontalières du Portugal, ce qui facilite son ravitaillement en armes et munitions.

Les nationalistes arrivent aux portes de Madrid mais, de façon inattendue, diffèrent l'assaut sur la capitale le temps de secourir les défenseurs de l'Alcazar de Tolède, une forteresse où 1600 personnes supportent le siège de l'armée régulière.

La propagande exalte les hauts faits des «héros de l'Alcazar». Le colonel Moscardó devient mondialement célèbre pour avoir refusé de rendre la forteresse quand les assiégeants l'avaient menacé d'exécuter son fils. Le général Franco sort de son rôle subalterne et acquiert aussi une notoriété mondiale.

Mais le répit a entre-temps permis aux républicains de consolider la défense de la capitale avec pas moins de 30 km de tranchées... et le soutien essentiellement psychologique de volontaires étrangers. En novembre, ils peuvent ainsi repousser les assauts franquistes.

La guerre civile va dès lors se prolonger pendant deux ans et demi, opposant des armées de plus de 800.000 hommes chacune, avec un soutien actif de l'étranger. En s'internationalisant, elle va devenir un enjeu majeur de la lutte que se livrent dans toute l'Europe les démocrates et les mouvements totalitaires.

Le «Grand Soir»

Les républicains, à la veille du coup d'État militaire, sont handicapés par leurs divisions et les excès de l'extrême gauche.
Sans égard pour la légitimité des urnes, celle-ci engage une révolution sociale et anticléricale qui se solde par des assassinats et des pillages, notamment dans le nord. Le premier rôle revient aux anarchistes de la CNT (Confederación Nacional del Trabajo) et de la FAI (Federación anarchista iberica), aux côtés des marxistes du POUM (Partido Obrero de Unificaciòn Marxista).
Le secrétaire du POUM, Andreu Nin, a fondé dans les années 1920 l'ICE (Izquierda Communista de España), groupuscule espagnol affilié à l'Opposition de gauche de Trotski, qui préfigurait la IVème internationale. Mais, en 1935, il a rompu avec Trotski et fusionné son parti avec un autre parti de gauche (le BOC, Bloque Obrero y Campesino). Cette fusion a donné naissance au POUM.

Mais les militants du POUM sont perçus avec hostilité par Staline.

Ainsi donc, voilà ce que nous étions aux dires des communistes [staliniens] : des trotskystes, des fascistes, des traîtres, des assassins, des lâches, des espions etc. J'avoue qu'il y avait de quoi ne pas être charmé, surtout lorsqu'on pensait à certains de ceux sur qui de telles accusations étaient portées.

George Orwell, Hommage à la Catalogne.

Ces rivalités entre partis de gauche vont déboucher à Barcelone en mai 1937 sur de violents combats fratricides et gravement affaiblir le camp républicain.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 18 juillet 1870 : Le pape devient infaillible   Sam 18 Juil - 21:29



18 juillet 1870 : Le pape devient infaillible

Le 18 juillet 1870, le concile Vatican I définit le dogme de l'infaillibilité pontificale. Les cardinaux reconnaissent comme vraies et irrévocables les interprétations du dogme prononcées par le souverain pontife.

Convoqué l'année précédente par le pape Pie IX, le concile Vatican I est dit oecuménique car il réunit l'ensemble des évêques du monde catholique. C'est le premier à se dérouler dans l'enceinte du Vatican (d'où son nom). Le précédent concile oecuménique s'était tenu à Trente, au nord de l'Italie, trois siècles plus tôt.

Vox populi...

Rappelons que Jésus-Christ, aux sources du christianisme, n'a laissé aucun écrit. Son enseignement nous est seulement connu à travers les quatre Évangiles écrits après sa mort. Ces textes n'ont toutefois pas la prétention de fixer le dogme, c'est-à-dire les vérités fondamentales et non-contradictoires sur lesquelles doivent s'appuyer les chrétiens. C'est à la communauté des chrétiens que revient le soin d'exprimer ces vérités avec le concours des Pères de l'Église, théologiens reconnus pour leur sagesse et leur justesse de vues.

L'Église catholique et les autres Églises chrétiennes se sont nourries au fil des siècles de la Tradition autant, sinon plus, que des Écritures. À cette Tradition a été reconnue le caractère d'infaillibilité, étant entendu que la communauté chrétienne ne peut unanimement se tromper sur les choses de la religion.

Les croyants des premiers temps du christianisme ont ébauché l'adage célèbre Vox populi, vox Dei pour signifier cette infaillibilité.

Les clercs eux-mêmes reconnaissaient le caractère infaillible de la Tradition en lui appliquant la définition ou «canon» de Saint Vincent de Lérins (mort en 450) : «Ce qui a été cru partout, toujours et par tous» («quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est»).

Le concile Vatican I réserve au pape l'infaillibilité en matière de dogme. Avec une nuance toutefois : ses décisions n'ont de valeur que si elles sont prononcées de façon solennelle, devant le peuple, ex cathedra, ce qui est une manière de respecter la démocratie des origines. À noter que l'infaillibilité ne s'applique pas aux décisions ordinaires du souverain pontife, en matière de discipline, de morale ou de gestion des affaires courantes.

Regain de prestige

Ainsi, tandis que le pape est en voie de perdre ses derniers attributs temporels au profit du royaume d'Italie, son autorité spirituelle sur le monde catholique est en passe de s'élever jusqu'à des sommets jamais atteints auparavant.

Jusqu'au début du XXe siècle, la plupart des catholiques ignoraient le nom de leur pape. Aujourd'hui, le souverain pontife figure parmi les personnalités les plus médiatiques de la planète, comme en fait foi l'exemple de Jean-Paul II. C'est le résultat le plus évident du concile Vatican I !

Quelques mois plus tard, le 20 septembre 1870, les troupes du roi d'Italie occupent Rome. C'en est fini des États pontificaux. Pie IX se considère comme prisonnier au Vatican et, jusqu'à sa mort, le 7 février 1878, il va combattre la montée de l'anticléricalisme et des idéologies laïques en Europe occidentale.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 19 juillet 1903 : arrivée du premier Tour de France cycliste   Dim 19 Juil - 20:37



1er-19 juillet 1903 : Le premier Tour de France cycliste

En juillet 1903, le premier Tour de France cycliste consacre le succès d'une invention vieille d'à peine deux décennies, la bicyclette, affectueusement surnommée «petite reine».

Cette épreuve va traverser les épreuves du XXe siècle sans dommage, en se renouvelant sans cesse. Elle demeure l'épreuve cycliste la plus populaire du monde.

Soixante concurrents pour la gloire

Champion cycliste et directeur du Vélodrome de Paris, Henri Desgrange fonde en 1900 un quotidien sportif, L'Auto-Vélo, plus tard condamné à ne plus s'appeler que L'Auto. En quête de nouvelles idées pour promouvoir son journal, il organise le Tour de France.

Les 60 concurrents officiels de la première épreuve partent le 1er juillet 1903 de Montgeron, en région parisienne. Vingt arrivent au terme de l'épreuve, à Paris, le 19 juillet suivant, après avoir parcouru un total de 2428 kilomètres en six étapes, via Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Nantes.

Le vainqueur est Maurice Garin (32 ans), originaire du Val d'Aoste. Il a pédalé un total de 94 heures 33 minutes à la vitesse moyenne de 26 km/h. Faut-il le préciser ? Il n'a utilisé de l'avis des spécialistes ni EPO ni aucun autre produit dopant (à l'exception du vin...).

Les avatars d'un solide centenaire

D'une année sur l'autre, le Tour gagne en popularité. En 1910, l'épreuve emprunte pour la première fois les cols montagnards, notamment l'Aubisque et le Tourmalet, dans les Pyrénées. Quatre ans plus tard, la guerre éclate quelques jours après la fin de la compétition. Celle-ci reprend en 1919. À cette occasion, le vainqueur au classement général reçoit pour la première fois un maillot jaune (la couleur du papier-journal de L'Auto !).

Interrompu une nouvelle fois par la Seconde Guerre mondiale, le Tour reprend en 1947, à l'initiative de L'Équipe, quotidien fondé par Jacques Goddet en remplacement de L'Auto, interdit pour faits de collaboration. Le Parisien Libéré (aujourd'hui Le Parisien) participe également à la renaissance du Tour.

D'une année sur l'autre, les performances s'améliorent avec une vitesse moyenne toujours plus élevée.

Les « Trente Glorieuses » font la part belle aux Français. Le premier est le Breton Louison Bobet (1925-1983), vainqueur en 1953, 1954 et 1955, devenu une légende vivante, plus encore que le Normand Jacques Anquetil (1934-1987), quintuple vainqueur (1957, 1961, 1962, 1963 et 1964). Ce dernier le cède même en popularité à son rival, le Creusois Raymond Poulidor, « éternel second ».



Ensuite vient le temps des coureurs étrangers. Le Belge Eddy Merckx gagne lui aussi cinq Tours, tout comme le Français Bernard Hinault...

Ne disons rien de l'Américain Lance Armstrong, qui a perdu tous ses titres pour cause de dopage avéré. Le dopage est un mal sans doute ancien auquel la mort prématurée de Bobet, Anquetil et Fignon n'est sans doute pas étrangère. Il est à l'origine de la mort de Tom Simpson, qui s'est effondré au sommet du mont Ventoux le 13 juillet 1967, victime de la chaleur et d'un excès d'amphétamines. Il n'est hélas pas limité au cyclisme mais c'est dans cette discipline qu'il a été dénoncé avec le plus de vigueur dans les années 2000.

En dépit de Lance Armstrong et de ses déclarations aigres, le Tour de France a retrouvé depuis lors la faveur du public.

Une popularité rentable et convoitée

Dans ses débuts, la compétition était suivie par les riverains de la route, venus en spectateurs. Le reste de la population en avait connaissance à travers les articles très enlevés de la presse écrite, comme ceux de l'écrivain Antoine Blondin (1922-1991).

Mais dès 1929, le Tour de France est aussi suivi par la radio. Dans les années 1950, enfin, il est télévisé en direct et va du coup grandir en réputation et changer de nature...

Le peloton est filmé à hauteur d'homme et de plus en plus en hélicoptère, offrant de magnifiques vues sur les paysages de France. Pour beaucoup de téléspectateurs, l'exploit sportif devient ainsi un prétexte à découvrir le patrimoine national, d'autant que le parcours change chaque année, avec une seule constante : l'arrivée des coureurs sur les Champs-Élysées (Paris).

Les villes et les collectivités ne s'y trompent pas. Depuis l'entre-deux-guerres, elles sont entrées dans une concurrence féroce pour promouvoir leur capital touristique et se faire mieux connaître. Il s'ensuit de belles rentrées financières pour l'organisateur de la course, ASO (Amaury Sport Organisation), une filiale du groupe Amaury, propriétaire également de L'Équipe et du Parisien.

Les étrangers ne sont pas restés indifférents à ce succès. Les pays voisins tels l'Italie et l'Espagne ont organisé des Tours similaires. Les États-Unis et même la Chine y songent également, avec l'objectif de faire apprécier leurs paysages et de prendre leur part sur les recettes publicitaires du cyclisme.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 20 juillet 1847 : La guerre du Sonderbund   Lun 20 Juil - 20:04



20 juillet 1847 : La guerre du Sonderbund

Le 20 juillet 1847, la Diète fédérale suisse vote à une courte majorité la dissolution de la ligue séparatiste du Sonderbund, l'expulsion des Jésuites du pays et le principe d'une nouvelle constitution fédérale.

C'est l'aboutissement d'une longue crise politique née de la Révolution française. Elle va donner naissance aux institutions helvétiques telles que nous les connaissons, après, toutefois, une courte guerre civile.

La Restauration

L'«Acte de médiation» octroyé par le Premier Consul Bonaparte en 1803 avait été suspendu à la chute de l'Empire français, en 1814, et les constitutions cantonales ramenées à leur forme d'Ancien Régime, reconstituant une Suisse fragmentée entre ses 22 cantons.

Le pacte fédéral (Bundesvertrag) adopté en 1815 consacre la nouvelle organisation.

Dans une Europe apparemment revenue un demi-siècle en arrière, la Suisse réussit à intégrer quelques territoires qui lui étaient associés de longue date (Valais, Genève, Neuchâtel, Grisons, Tessin) et à retrouver son rôle d'arbitre entre les grandes puissances, désormais garantes de sa neutralité.

La souveraineté restituée aux cantons allait pourtant susciter une opposition grandissante entre les partisans d'une évolution vers une société plus ouverte (parti libéral) et les tenants de la tradition (parti conservateur). Il faut mentionner en outre l'ascendant pris par le parti radical favorable au renforcement du pouvoir central.

Contre la montée des idées libérales...

La révolution parisienne de 1830 (les «Trois Glorieuses») a des répercussions en Suisse sous la forme de mouvements d'émancipation contre les gouvernements réactionnaires en place. Douze cantons adoptent à ce moment-là des constitutions plus libérales (mouvement dit de Régénération), suscitant l'inquiétude des conservateurs.

L'Église catholique romaine apparaît comme le bastion de la résistance au changement. Des tensions surgissent d'autre part entre les cantons ruraux conservateurs et les cantons du Plateau suisse, industrialisés, libéraux, à la population croissante et prospère. À l'imitation de la France, on qualifie d'ultramontain le parti favorable au maintien de liens étroits entre l'Église catholique et les gouvernements cantonaux qui lui sont favorables.

En 1841, le gouvernement argovien prend la décision osée de fermer huit couvents dont l'autonomie était pourtant garantie par le pacte fédéral de 1815. En guise de réaction, Lucerne rappelle les Jésuites et leur confie les écoles cantonales en 1844. Le parti des Ultras, emporté par sa dynamique réactionnaire, prend ainsi le risque de se couper des conservateurs protestants comme des catholiques les plus libéraux.

Des mouvements séditieux éclatent à Lucerne (Freischarenzüge), et quelques-uns des meneurs (dont Rudolf Steiger, un ancien conseiller d'État) sont condamnés à mort pour sédition. En 1845, Steiger réussit à s'échapper pour être accueilli comme un héros dans les cantons libéraux... Le parti radical prend alors l'ascendant dans plusieurs cantons.

... l'alliance des cantons conservateurs

Saisis de panique par cette évolution libérale et radicale, les cantons conservateurs d'Uri, Schwyz, Unterwald, Lucerne, Zug, Fribourg et Valais concluent en décembre 1845 une alliance défensive, qualifiée aussitôt de Sonderbund (Ligue séparatiste) par ses détracteurs.

Les tenants de l'ordre ancien, fédéral et conservateur, brandissent le spectre de l'invasion des forces et des idées étrangères au cœur de la Suisse primitive représentée par les cantons forestiers fondateurs (Uri, Schwyz, Unterwald). Or, le pacte de 1815 interdit la formation d'alliances entre les cantons.

Malgré d'âpres discussions lors de la Tagsatzung (Diète) d'août 1846, aucune majorité ne parvient à se faire jour. Les puissances voisines (Autriche, France et Prusse) en tiennent pour le parti conservateur, garant d'une Suisse divisée et de l'absence de pouvoir central.

De la guerre à la révolution

Le 20 juillet 1847, les cantons, à une courte majorité de 12 sur 22, votent la dissolution du Sonderbund, l'expulsion des Jésuites et le principe d'une révision de la Constitution.

Une armée fédérale, placée sous le commandement du général Guillaume-Henri Dufour, met le siège devant la ville de Fribourg. La ville rend les armes le 14 novembre 1847 et Dufour se tourne vers Lucerne, occupée le 24 novembre, puis le Valais, qui capitule le 1er décembre.

L'armée séparatiste, composée de soldats catholiques mais commandée par un aristocrate grison protestant du nom de Johan-Ulrich von Salis-Soglio, est trop peu nombreuse pour pouvoir riposter. Les opérations militaires sont de la sorte terminées le 29 novembre en ayant occasionné moins d'une centaine de morts.

Les vainqueurs imposent des gouvernements libéraux dans les cantons rebelles et fixent une indemnité de guerre. De nouveaux couvents sont fermés à Lucerne. Inquiets de cette évolution, les gouvernements de France, Grande-Bretagne, Prusse et Russie communiquent le 18 janvier 1848 une note selon laquelle ils ne tolèreront pas une nouvelle constitution fédérale limitant le pouvoir souverain des cantons... Mais la menace d'une intervention étrangère va s'éloigner avec les révolutions de février en France et de mars en Allemagne.

Une Constitution qui dure

La nouvelle constitution, sur le modèle américain, conserve la dénomination de Confédération helvétique mais en finit avec le vieux principe d'une alliance de cantons souverains :
- Les cantons se voient retirer le droit de faire sécession et d'instituer des constitutions incompatibles avec la liberté religieuse et la liberté d'expression.
- Un État fédéral se voit déléguer les pouvoirs militaire et diplomatique.
- Le pouvoir exécutif est représenté par un Conseil fédéral de sept membres, le pouvoir législatif par un système bicaméral et le judiciaire par l'institution d'un Tribunal fédéral.

Le projet de constitution fédérale est soumis au vote des cantons, qui l'approuvent à la majorité de 15 ½ contre 6 ½. Il est entériné par la Diète le 12 septembre 1848. Le siège du pouvoir central, jusque-là mobile et précaire, est fixé à Berne. Cette constitution, parfois révisée comme aux États-Unis, est restée en vigueur jusqu'en 1999.

L'institution du franc comme monnaie commune, dérivé du franc français et partie de l'Union latine, consacre l'ordre nouveau. D'autres innovations, comme le drapeau national, les écoles fédérales (Polytechnique à Zurich), le système des poids et mesures, s'imposent à leur tour.

La modestie des pertes humaines et matérielles encourues pendant la guerre du Sonderbund, la souveraineté cantonale préservée, l'attitude prudente des vainqueurs et le sens du consensus ont concouru à maintenir la cohésion nationale malgré quelques crises comme la partition du Jura érigé en nouveau canton en 1979.

Ce n'est qu'en 1891 qu'un conservateur issu d'un des cantons du Sonderbund devait accéder au Conseil fédéral jusque-là entièrement en mains radicales. Quant à l'expulsion des Jésuites inscrite dans la nouvelle constitution, elle ne prit fin en droit qu'après référendum populaire en 1973.

Si l'on songe que le mouvement révolutionnaire de 1848 devait tourner court en Autriche, en Prusse, dans de nombreuses principautés d'Allemagne et en France, il n'est pas sans ironie de constater qu'il eut au contraire de grandes conséquences en Suisse, pour un prix fort limité.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 21 juillet 1969 : On a marché sur la Lune   Mar 21 Juil - 20:27

21 juillet 1969 : On a marché sur la Lune

Le 20 juillet 1969, à 20h17 (UTC, temps universel), le module lunaire Eagle de la mission Apollo XI se pose sur la Lune. L'astronaute Neil Armstrong annonce : «Houston, ici la base de la Tranquillité. L'Aigle a atterri».

Cet exploit marque l'apogée des États-Unis. Vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, ils dominent l'économie mondiale et démontrent avec Apollo XI leur supériorité technologique. Mais dans le même temps, au Vietnam, ils connaissent leurs premières déconvenues, comme un parfum d'automne...


Le défi soviétique

Les Soviétiques ont inauguré la course à l'espace à la fin des années 1950, au plus fort de la guerre froide. En octobre 1957, ils surprennent le monde entier en mettant en orbite le premier satellite artificiel, Spoutnik 1. En avril 1961, ils consolident leur avance en envoyant le premier homme dans l'espace, Iouri Gagarine.

Le président américain John Fitzgerald Kennedy décide alors de mettre un terme aux déboires des États-Unis. Le 25 mai 1961, il prend l'engagement devant le Congrès que les États-Unis enverront un homme sur la Lune avant la fin des années soixante. La NASA (National Aeronautics and Space Agency), qui a été fondée le 1er octobre 1958, va tenir le pari en mobilisant près de 400.000 personnes et 25 milliards de dollars (4,4% du budget gouvernemental).

L'exploit américain

La fusée Saturn V transportant la capsule Apollo et le module lunaire Eagle (LEM) a été lancée le 16 juillet de la base de Cap Kennedy (aujourd'hui Cap Canaveral), en Floride.

Après sa mise en orbite terrestre à 190 km de la Terre, le vaisseau spatial (capsule et LEM) se détache du troisième étage de la fusée. Il se dirige vers la Lune avec les trois hommes de l'équipage à la vitesse de 39.030 km/h.

Quatre jours plus tard, une fois en orbite lunaire, le LEM se détache de la capsule et s'approche en douceur de la «mer de la Tranquillité».

Voyant que le pilote automatique se dirige vers une zone instable, le commandant Neil Armstrong, avec un sang-froid exceptionnel, repasse en manuel et cherche un endroit plus sûr où se poser. Il ne lui reste alors que quelques secondes de carburant avant la panne sèche.

À 3h56, dans la nuit du 20 au 21 juillet, Neil Armstrong met le pied (gauche) sur la Lune. Un milliard d'être humains suivent l'exploit en temps réel ou presque sur leurs écrans de télévision.

À leur attention, Neil Armstrong (38 ans) lâche une phrase vouée à l'Histoire : «Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité». Précisons qu'il avait préparé cette phrase avant son départ et l'avait soumise à ses supérieurs de la NASA.

L'astronaute est rejoint un quart d'heure plus tard par Edwin «Buzz» Aldrin et avec lui plante la bannière étoilée sur la Lune.

Dans le ciel, la capsule Apollo poursuit le tour de la Lune avec à son bord le troisième homme de l'équipage, Michaël Collins. Neil Armstrong avait été désigné pour être le premier à marcher sur la Lune car il était un civil et non un militaire comme ses deux compagnons.

Le séjour sur le sol lunaire est bref, deux heures et demie à peine, le temps de prendre quelques photos souvenir et de ramasser quelques cailloux. De retour sur la Terre après un peu plus de 8 jours d'absence, les astronautes rapportent 20 kg d'échantillons de minéraux lunaires.

Cette onzième mission du programme Apollo rehausse le prestige des États-Unis qu'avaient terni la guerre froide, l'engagement au Viêt-nam et la lutte des Noirs contre la ségrégation raciale. Elle puise son origine dans la rivalité entre Américains et Soviétiques.

Cinq missions Apollo vont succéder à la mission d'Armstrong et Aldrin jusqu'au 14 décembre 1972. Depuis lors, personne n'est revenu sur la Lune marcher sur les traces laissées ce jour-là par le cosmonaute Eugen «Gene» Cernan...

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 22 juillet 1946 : Attentat de l'hôtel du Roi David   Mer 22 Juil - 19:41

22 juillet 1946 : Attentat de l'hôtel du Roi David

Le 22 juillet 1946, l'Irgoun fait sauter l'hôtel du Roi David, à Jérusalem. Cet hôtel sert de quartier général à l'armée britannique.

De cet endroit, la Grande-Bretagne administre la Palestine avec, depuis 1922, un mandat de la Société des Nations (SDN). Cependant, pour ne pas envenimer ses relations avec le monde arabe, elle s'oppose à l'entrée sur le territoire de nouveaux immigrants juifs malgré les protestations de l'Agence juive (Yishouv).

Présidée par David Ben Gourion, celle-ci fait office de gouvernement occulte du « Foyer national juif » mais sa modération lui vaut l'hostilité de l'Irgoun, organisation rivale conduite par Menahem Begin.

Les Britanniques réconcilient maladroitement les deux frères ennemis en procédant à une vague d'arrestations dans les bureaux de l'Agence juive, le samedi 29 juin 1946. L'Irgoun décide de répliquer en faisant sauter une aile du King David Hotel. Quelques minutes avant l'explosion, vers 13 heures, un coup de fil prévient le réceptionniste de l'hôtel. Trop tard pour une évacuation dans les règles. L'attentat fait 91 morts, dont 25 Britanniques.

Le gouvernement de Londres est poussé par son opinion publique à se dégager au plus vite du bourbier palestinien. Lui-même ne supporte plus de mobiliser sur place 80.000 soldats. Il confie le dossier à l'ONU. La naissance d'Israël sera officialisée le 14 mai 1948.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 23 juillet 1952 : Nasser renverse la monarchie en Égypte   Jeu 23 Juil - 20:21



23 juillet 1952 : Nasser renverse la monarchie en Égypte

Dans la nuit du 22 au 23 juillet 1952, un groupe d'«Officiers libres» prend le pouvoir en Égypte, renverse le roi Farouk 1er et restaure la pleine indépendance du pays après 70 ans de tutelle britannique.

L'anniversaire de ce jour est devenu fête nationale en Égypte.

Un royaume humilié

Le roi Farouk 1er a succédé le 6 mai 1936 à son père Fouad 1er sans cesser de faire allégeance aux Anglais.

Les attentats anti-britanniques se multiplient. Le 25 janvier 1952, le général George Erskine réprime durement la révolte d'un millier de Boulouks, ou auxiliaires de police, à Ismaïlia. Il s'ensuit 49 morts dont trois Britanniques.

Le pays est au bord de l'explosion. Le lendemain, un «Samedi noir», des émeutes secouent Le Caire. Des immeubles, bars, cafés et cinémas, sont incendiés et des ressortissants britanniques lynchés par la foule. La police reste les bras croisés et le roi Farouk, qui offre un banquet de six cents couverts à ses officiers, regarde sans mot dire les incendies qui illuminent la capitale.

Dans les semaines qui suivent, le Premier ministre est congédié et les ministères se succèdent sans résultat.

Le régime est attaqué d'une part par la droite religieuse des Frères musulmans, un mouvement fondé en 1928 par Hassan al-Banna en vue de prendre le pouvoir et établir un régime théocratique, et d'autre part par le mouvement progressiste des «Officiers libres», fondé par un lieutenant-colonel de 33 ans d'humble extraction, Gamal Abdel Nasser.

Un héros pour sauver l'Égypte

Le 21 juillet 1952, les Officiers libres décident de passer aux actes. Le déclenchement de l'insurrection doit avoir lieu à minuit. Mais leur complot est découvert et le chef d'état-major réunit les chefs de l'armée en vue d'arrêter les officiers séditieux. La troupe entoure la caserne où ils se sont réunis.

Coup de théâtre. Le chef des assaillants se range du côté des Officiers libres et gagne avec ses troupes le Grand Quartier général où délibèrent les chefs de l'armée. Les sentinelles ne se doutent de rien en voyant revenir leurs camarades. En un quart d'heure, l'état-major est capturé. Dans la nuit même du 22 au 23 juillet, tous les points névralgiques de la capitale sont occupés par les insurgés. Au petit matin, un officier prend la précaution d'avertir l'ambassade britannique que «l'action qui se déroule est d'ordre purement intérieur et que toute tentative d'immixtion de la part des autorités britanniques sera considérée comme un acte d'hostilité».

Vainqueur du bras de fer qui l'oppose à la monarchie, Nasser fait réveiller le général Mohamed Néguib (41 ans), un aîné plus connu et plus prestigieux que lui. Il s'efface devant lui et lui remet la présidence du Conseil et le commandement en chef des armées. Homme intègre et sympathique, Néguib, à vrai dire, n'a ni l'étoffe ni l'ambition d'un chef.

Sitôt aux commandes, Nasser impose une réforme agraire majeure par laquelle il confisque les domaines royaux, limite la grande propriété foncière et permet à un million de petits paysans de racheter à des conditions avantageuses les terres des grands féodaux.

La renaissance arabe

Le 18 juin 1953, la République est proclamée. Néguib en devient le Président et le Premier ministre. Mais il doit bientôt faire une place de Premier ministre adjoint à Nasser. Le 14 novembre 1954, Néguib est enfin déposé par son jeune rival qui devient désormais le chef absolu de l'Égypte avec le titre de «raïs» (président ou chef, d'après un mot arabe qui désignait autrefois un dignitaire ottoman).
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 24 juillet 1967 : « Vive le Québec libre ! »   Ven 24 Juil - 19:08


24 juillet 1967 : De Gaulle et « Vive le Québec libre! »

Le 24 juillet 1967, le président français Charles de Gaulle termine son discours sur le balcon de l’hôtel de ville de Montréal par « Vive le Québec libre! ». Cette extraordinaire formule a fait le tour du monde et a contribué à mettre le Québec sur la carte, tout particulièrement celle de la France. Cet événement n’est pas l’aboutissement normal des relations entre la France et le Québec, mais se situe plutôt en rupture complète avec ceux qui ont précédé, et ce, depuis la reprise des relations commerciales en 1855. Pour la première fois, un visiteur français décide de venger la défaite de 1763 en faisant fi des susceptibilités d’Ottawa, de Londres ou de Washington, qu’il irrite néanmoins. De cet événement date l’étroitesse des relations franco-québécoises, maintenues par les gouvernements successifs.

Une déclaration marquante

La déclaration du général de Gaulle « Vive le Québec libre! » est un événement marquant de l’histoire récente du Québec. Elle est entrée dans la mémoire collective comme un symbole de la montée du nationalisme au cours des années 1960 et 1970. Ce discours est aujourd’hui l’objet de diverses réutilisations. Le film tourné à cette occasion est accessible sur de nombreux sites Web. Ses principaux passages sont fréquemment diffusés dans les médias et l’extrait le plus percutant a été utilisé par un groupe musical en vue.

De Gaulle et le Canada

Le général de Gaulle aurait découvert l’histoire de la Nouvelle-France en 1913 dans une conférence prononcée pour ses collègues sous-lieutenants, au sujet des héros qui l’inspiraient : « Jeanne d’Arc, Du Guesclin et Montcalm ». Puis en 1937, il l’a retrouvée à l’occasion d’un devoir scolaire de son fils portant sur la perte du Canada par la France. Il a l’occasion de ranimer ses souvenirs lors des trois voyages qu’il effectue au Canada en 1944, 1960 et 1967. Les 11 et 12 juillet 1944, il entreprend son premier voyage à Ottawa avant de se rendre au Québec. Il parvient, au cours d’une conférence de presse, à faire comprendre qu’il était profondément catholique et non un républicain athée, afin d’apaiser les élites cléricales de la province, mais il eut peu de contact avec les habitants, très peu nombreux sur son passage. Sa personne n’était pas en cause, mais durant les années de guerre, l’opinion canadienne-française a été divisée presque à égalité entre une sympathie de principe pour le maréchal Pétain et les valeurs qu’il incarnait et une admiration pour les exploits de la France libre, dont Élizabeth de Miribel et Gabriel Bonnaud ont été les fidèles et officiels propagandistes au Québec. Du 18 au 21 avril 1960, Charles de Gaulle, président de la République française, se rend tour à tour à Ottawa, à Québec et à Montréal. L’accueil officiel est chaleureux, mais le public est partout tiède et clairsemé, y compris à Montréal.

Dans le premier tome des Mémoires d’espoir, de Gaulle tire des conclusions prudentes de ces premiers contacts : « En quittant ce pays, je me demande si ce n’est pas grâce à l’institution d’un État de souche française, à côté d’un autre de souche britannique, coopérant entre eux dans tous les domaines librement et de préférence, associant leur deux indépendances afin de les sauvegarder, qu’un jour le Canada effacera l’injustice historique qui le marque, s’organisera conformément à ses propres réalités et pourra rester canadien. » Le 4 septembre 1963, la pensée de Charles de Gaulle a évolué et il précise : « Nous devons, avant tout établir une coopération particulière avec le Canada français et ne pas laisser noyer ce que nous faisons pour lui et avec lui dans une affaire concernant l’ensemble des deux Canada. D’ailleurs, le Canada français deviendra nécessairement un État et c’est dans cette perspective que nous devons agir. »

Vive le Québec libre

Il faut attendre 1967 pour que se produise la troisième visite de Charles de Gaulle. L’occasion offerte par l’Exposition universelle « Terre des Hommes » ne présage nullement une visite politique, qui romprait avec la longue tradition de prudence des visiteurs français que de nombreux chefs d’État avaient observée sans autre forme de procès. Pourtant, le président français ne se place plus dans la lignée de Belvèze, Drouyn de Lhuys ou Fayolle, qui l’avaient précédé en 1855 et 1921, car il ne s’inquiète nullement des « susceptibilités britanniques » ou canadiennes. Les rapports de la France avec la Grande-Bretagne sont détestables, du fait que le général s’oppose à son entrée dans le Marché commun, et celui-ci en est arrivé à rejeter le modèle canadien d’État fédéral, alors qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale il avait été, un moment, séduit pas son essor moderne. Comme lui à cette époque, Pierre Mendès France, venu en visite officielle au Canada en 1954, admire le Canada ; il est un ami du premier ministre Lester B. Pearson et n’a eu qu’une « conversation restée protocolaire » avec Maurice Duplessis.

Sur ces nouvelles bases, le général de Gaulle est décidé à parler pour les « Français du Canada » et à répondre à un accueil que tous les observateurs annoncent très chaleureux. Cette décision est soulignée par le refus du président français d’atterrir à Ottawa, pour respecter le protocole diplomatique, et de choisir plutôt d’arriver sur le croiseur Colbert à Québec, où les formalités fédérales seront nécessairement réduites. Ce dispositif permet de faire la route jusqu'à Montréal par le chemin du Roy où, à chaque étape, l’accueil se fait de plus en plus enthousiaste sous le soleil de juillet, avec foules en délire et arcs de triomphe dans les villages. Les discours du général s’animent au fur et à mesure qu’il progresse vers Montréal et Charles de Gaulle laisse percer sa sympathie pour le Québec. L’accueil des Québécois est exceptionnel par sa chaleur et, finalement, disproportionné par rapport aux intentions officielles qui consistent en une simple visite de l’Exposition universelle.


L’enthousiasme des Québécois

En juillet 1967, avant même son arrivée à Montréal, les Québécois réservent un accueil tout à fait extraordinaire au président de la République française, un accueil digne des événements les plus marquants de la vie politique du pays. Les Québécois sont fiers de leurs progrès nationaux et le font savoir au chantre de la grandeur de la France, sans demander plus que cela. Mais cette fois, l’éminent visiteur ne suit pas l’exemple de ses prudents prédécesseurs comme il l’a souligné dès 1963 : « Nous n’irons pas fêter à Montréal, en 1967, le centenaire de la Confédération canadienne, comme le voudraient les Anglais du Canada et les fédéraux. Si nous y allons, ce sera pour fêter deux cents ans de fidélité des Canadiens français à la France. »

Le 24 juillet, dans son discours soigneusement préparé délivré du balcon de l’hôtel de ville de Montréal, le général exprime une émotion qui rappelle celle de son collègue Fayolle, 45 ans plus tôt, car si le président français provoque consciemment une rupture, l’accueil québécois est le même :

« C’est une immense émotion qui remplit mon cœur en voyant devant moi la ville de Montréal française. Au nom du vieux pays, au nom de la France, je vous salue. Je vous salue de tout mon cœur. Je vais vous confier un secret que vous ne répéterez pas. Ce soir ici, et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération. Et tout le long de ma route, outre cela, j’ai constaté quel immense effort de progrès, de développement et, par conséquent d’affranchissement, vous accomplissez ici. Et c’est à Montréal qu’il faut que je le dise, parce que, s’il y a au monde une ville exemplaire par ses réussites modernes, c’est la vôtre. Je dis la vôtre et je me permets d’ajouter c’est la nôtre. […] La France entière sait, voit, entend ce qui se passe ici. Et je puis vous dire qu’elle en vaudra mieux. Vive Montréal. Vive le Québec. Vive le Québec libre ! Vive le Canada français et vive la France ! »

La foule reste d’abord interdite devant cette déclaration inattendue, avant d’exploser en longues acclamations. Or ce cri, « Vive le Québec libre! », était le slogan du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), dont les militants ont beaucoup fait pour soulever l’enthousiasme de la foule qui se pressait au pied de l’hôtel de ville de Montréal. Pour la première fois dans les relations entre la France et le Québec, le contact direct s’établissait entre le visiteur et ses hôtes déchaînés. À son retour de Montréal, le président expliquera son geste à son aide de camp, qui n’avait pas fait le déplacement :
« Ah ! si vous aviez vu cet enthousiasme. Ils s’attendaient à un appui de la France pour les aider. J’ai donc déclenché le contact. En fait, il se peut que cela ait été un peu prématuré…, mais je suis vieux, c’était l’occasion ou jamais. Qui d’autre, après moi, aurait eu le culot de dire cela si je ne l’avais pas dit ? »

Quelles étaient les intentions exactes du président français, dont on sait qu’il a préparé son intervention avec soin pendant la traversée de l’océan Atlantique et qu’il ne s’est nullement laissé emporter par l’enthousiasme ambiant? Sa formation intellectuelle a été celle d’un jeune homme catholique de bonne famille d’avant la Première Guerre mondiale, donc encore baignée dans les certitudes du XIXe siècle. Pour lui, le Québec est une nationalité homogène — d’origine et de culture françaises, d’où l’appellation de Français du Canada — dont le développement naturel est l’accession au statut de nation. De Gaulle croit que son rôle est d’accélérer ce processus afin que la souche française soit renforcée, et sa péroraison de Montréal est une manière d’y parvenir.

Au-delà de l’enthousiasme du moment et du mécontentement d’Ottawa, beaucoup de Québécois se sont posé des questions sur la signification du cri proféré par le général de Gaulle : que voulait-il exactement? Était-ce dans l’intérêt du Québec de le suivre? Fallait-il se laisser instrumentaliser par un homme qui parlait de « Français du Canada »? À la suite de cette déclaration fracassante, René Lévesquea décidé de retarder de quelques mois la fondation du Mouvement souveraineté-association, ébauche du Parti québécois, pour ne pas paraître à la remorque du président de Gaulle. Quant au premier ministre d’alors, Daniel Johnson, il a voulu freiner l’enthousiasme du général pour ne pas se laisser entraîner là où il ne voulait pas aller, du moins pas si vite : « Nous sommes d’accord pour une certaine intégration du Canada français au sein de l’univers francophone. Mais, Monsieur le Président, il faut que je sois réaliste. Nous avons des problèmes économiques très importants et mon premier devoir, c’est celui de la responsabilité. »

En dépit de ces réticences et d’un accueil très réservé en France et dans le monde, la coopération franco-québécoise connaît à partir de 1967 une accélération remarquable et, surtout, cette coopération ne sera pas remise en cause par aucun des gouvernements successifs de la France et du Québec, même si certains de leurs membres avaient été très critiques à l’égard du « Vive le Québec libre! ». Envers le Québec, Charles de Gaulle a tranché avec la timidité de ses prédécesseurs, mais son intervention tonitruante n’a pas suffi pour que le Québec accomplisse son destin de nation indépendante, que le président français avait cru inévitable et prochain.

Une déclaration qui résonne encore au Québec

Cette visite du général de Gaulle et, surtout, son discours au balcon de l’hôtel de Ville de Montréal ont été aussitôt insérés dans la légende du nationalisme québécois. La mémoire de Charles de Gaulle est présente à divers endroits du territoire québécois. Quatorze voies de communication rappellent son nom, deux lacs, un parc public et le pont Charles-De Gaulle qui, précisément, relie l'île de Montréal à Terrebonne sur le parcours emprunté par le général en 1967. Ce nom lui a été attribué en 1985 à l’occasion du 15e anniversaire du décès de Charles de Gaulle. À Montréal à l’occasion du 350e anniversaire de Montréal et du 25e anniversaire de sa célèbre déclaration, un obélisque de 17 mètres de hauteur a été érigé en 1992 à la place Charles-De Gaulle. À Québec en 1997, on a aussi commémoré la visite du général de Gaulle par l’inauguration controversée d’une statue sur la place Montcalm, à quelques pas d’un monument érigé à la gloire de Montcalm. Enfin, en 2007, le 40e anniversaire du « Vive le Québec libre! » a donné lieu à de nombreux articles dans les journaux et à des reportages télévisés : nouvelle occasion pour analyser les intentions du général et spéculer sur l’impact de sa déclaration sur le nationalisme québécois. Rarement un discours politique a été l’objet d’une telle réappropriation.

En France, de Gaulle est célébré dans de multiples manifestations, mais jamais spécifiquement pour « Vive le Québec libre! », alors qu’au Québec, ce seul cri justifie l’inscription dans le patrimoine.

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Eurynome
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MessageSujet: Re: ephemeride   Sam 25 Juil - 19:31

J'avoue que je ne connaissais pas cet épisode de la vie de De Gaulle. study
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: Re: ephemeride   Sam 25 Juil - 21:29

Vous m'étonnez : "Vive le Québec libre !" est aussi célèbre que le "Je vous ai compris" en Algérie.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 25 juillet 1909 : Louis Blériot traverse la Manche en avion   Sam 25 Juil - 21:31



25 juillet 1909 : Louis Blériot traverse la Manche en avion

Le 25 juillet 1909 a lieu la première traversée aérienne de la Manche. Après 32 échecs en deux ans qui lui ont valu le surnom de «roi de la casse», Louis Blériot tente le tout pour le tout et, en 27 minutes, vole de Calais à Douvres aux commandes de son dernier-né, le Blériot XI.

L'exploit

Il est 4h15 en ce matin du 25 juillet 1909. Louis Blériot est déjà à bord de son avion, le «Blériot XI». Le vent est tombé durant la nuit et le moment semble propice pour relever le défi lancé par le journal britannique, le Daily Mail : traverser la Manche à bord d'un «plus lourd que l'air». Blériot fait signe à son mécanicien : il se lance !

40 kilomètres de mer à traverser... une immensité, car aucun repère ne vient guider l'aviateur. L'aviateur repère des bateaux qui lui indiquent la direction de Douvres, en Grande-Bretagne. Puis il aperçoit l'immense drapeau tricolore que son ami, le journaliste Charles Fontaine a déployé dans un champ pour qu'il sache où se poser. À 5h12, après un virage, c'est chose faite : Blériot coupe le moteur sur le sol anglais. Une foule immense l'accueille. Le roi le recevra le lendemain. L'événement a un retentissement mondial.

L'aviation a fait la preuve de son utilité ! À peine cinq ans plus tard, elle va trouver un emploi inattendu comme arme de guerre pendant la Première Guerre mondiale. Ensuite seulement viendront les lignes commerciales et les applications civiles...

Le «père de l'aéronautique»

Songeons qu'en 1909, il y a moins de vingt ans que l'«Éole» de Clément Ader s'est soulevé et le saut de puce des frères Wright, aux États-Unis, remonte à 1903, à peine six ans plus tôt !

Parmi les nombreux «fous volants» qui éblouissent le public, en particulier en France, Blériot se distingue comme le «père de l'aéronautique». Cet ingénieur centralien, né à Cambrai, a fait fortune en inventant les phares pour permettre aux automobiles de rouler la nuit.

Il réinvestit tous ses bénéfices dans des prototypes qu'il améliore avec le «manche à balai». Il a aussi l'idée d'un «Salon de la Locomotion Aérienne». Il sera bientôt le premier à fabriquer en série des avions, qui serviront à l'aéropostale, au transport aérien, puis... à la Première Guerre mondiale !

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 26 juillet 1956 : Le coup de Nasser   Dim 26 Juil - 21:07

26 juillet 1956 : Le coup de Nasser

Gamal Abd el-Nasser (38 ans), arrivé à la tête de l'Égypte quatre ans plus tôt, rêve de moderniser son pays. Il veut commencer par construire un barrage à Assouan, en amont du Nil, pour régulariser le débit du fleuve, doubler ou tripler les surfaces irriguées du pays et fournir de l'énergie hydroélectrique.

La société allemande Hochtief a établi le devis de ce projet pharaonique dont on parle depuis déjà deux siècles : 1,2 milliard de dollars. Le «raïs» égyptien (chef) demande aux Américains de l'aider à le financer.

Washington, qui tient à conserver de bonnes relations avec l'Égypte, signe un accord de principe en février 1956.

Mais voilà que Nasser, qui affiche un anticommunisme farouche et se veut neutre dans la guerre froide qui oppose l'URSS aux États-Unis, formule quelques critiques contre les alliances tissées par les Américains au Moyen-Orient (le pacte de Bagdad). Qui plus est, dans son souci de préparer une revanche contre Israël, il reçoit des armes du bloc soviétique, notamment de Tchécoslovaquie.

Il n'en faut pas plus pour inquiéter le Sénat américain et, le 19 juillet 1956, le secrétaire d'État John Foster Dulles retire l'offre de prêt américain à l'Égypte et invite la Banque mondiale à en faire autant ! Le 22 juillet, les Soviétiques eux-mêmes précisent qu'ils ne veulent pas financer le barrage.

C'est une humiliation amère pour les Égyptiens et leur jeune président de la République. De dépit (peut-être sur une suggestion des Américains eux-mêmes !), Nasser décide de se procurer l'argent en nationalisant le canal de Suez. Il prévoit d'indemniser les actionnaires de la Compagnie, essentiellement français et Britanniques.

Il annonce sa décision à la radio... en l'accompagnant d'un mémorable éclat de rire.


Venant peu après la nationalisation des pétroles iraniens par le Premier ministre Mossadegh, la nationalisation du canal de Suez soulève l'enthousiasme des foules arabes, y compris en Algérie, alors sous occupation française.

Maladresses européennes

Pris de court, les Français et les Britanniques, qui perçoivent les droits de péage sur le canal, protestent mais hésitent sur la conduite à tenir.

Là-dessus se greffent des facteurs extérieurs : le socialiste Guy Mollet, chef du gouvernement français, reçoit le 4 août un télégramme de Robert Lacoste, un militant qu'il a nommé quelques mois plus tôt ministre résident en Algérie. Lacoste lui demande de punir Nasser, coupable d'héberger au Caire les chefs de la rébellion algérienne et dont la radio La voix des Arabes diffuse des messages séditieux.

Guy Mollet se rallie à l'idée d'une guerre préventive contre l'avis de Pierre Mendès France et du président de la République René Coty. Il est soutenu par le ministre de la Défense Maurice Bourgès-Maunoury mais aussi le ministre de la Justice, un certain François Mitterrand, qui plaide pour la «défense de la civilisation» contre un émule de Hitler !

De son côté, le jeune État d'Israël, fidèle allié de la France, manifeste le souhait d'une guerre préventive contre l'Égypte, soupçonnée de vouloir laver l'affront subi par les Arabes en 1948.

Une conférence internationale s'ouvre à Londres le 16 août en vue de trouver un compromis. Les Américains suggèrent un contrôle international du canal mais Nasser le refuse.

Préparatifs de guerre

Pendant ce temps, dans la discrétion, les militaires français et britanniques acheminent des troupes vers Chypre en toute hâte. A Paris, le président du Conseil Guy Mollet obtient un large accord du Parlement à une intervention militaire. À Londres, le Premier ministre conservateur Anthony Eden a plus de difficulté à rallier sa majorité à la perspective d'une guerre.

Nasser, qui a vent de la menace, réunit le 23 septembre à Ryad, en Arabie séoudite, une conférence arabe en vue de nouer des alliances. Il réussit à constituer une alliance sous commandement égyptien avec la Syrie et la Jordanie.

Les Israéliens ne restent pas inactifs et intensifient leurs achats d'armes. Ils reçoivent en urgence 24 chasseurs Mystère IV commandés trois ans plus tôt en France. Ils reçoivent également des chars français AMX.

Le 16 octobre, Anthony Eden et Guy Mollet se rencontrent à Paris. Ils se mettent d'accord sur le principe d'une intervention militaire mais les Britanniques, craignant de se fâcher avec les Arabes, ne veulent pas se compromettre publiquement dans une action commune avec Israël...

Manigances anglo-franco-israéliennes

Qu'à cela ne tienne. Le 22 octobre, le Premier ministre israélien David Ben Gourion (70 ans) se rend discrètement en France avec son chef d'état-major Moshe Dayan et Shimon Pérés. La délégation rencontre à Sèvres, près de Paris, Guy Mollet ainsi qu'un représentant britannique.

Il est convenu deux jours plus tard que les Israéliens, décidés à «rompre l'encerclement», attaqueront les Égyptiens et qu'ensuite, Français et Britanniques adresseront un ultimatum aux adversaires et occuperont la zone du canal sous prétexte de les séparer !

Le 29 octobre, les troupes du général Moshe Dayan se lancent dans le Sinaï. Elles mettent en déroute l'armée égyptienne. Elles sont appuyées en secret par quelques avions de l'armée française préalablement débarrassés des insignes tricolores !

Comme prévu, le 30 octobre, Londres et Paris envoient un ultimatum conjoint au Caire et à Tel Aviv, enjoignant aux combattants de cesser le feu et de se retirer à 10 miles du canal. A défaut d'une réponse dans les douze heures, les forces franco-britanniques interviendront d'autorité.

Israël s'incline mais l'Égypte, comme on peut s'y attendre, rejette l'ultimatum.

Le lendemain 31 octobre, Français et Anglais détruisent au sol les avions égyptiens. Et, les 5 et 6 novembre, les parachutistes sautent sur Port-Saïd, à l'endroit où le canal débouche sur la mer Méditerranée. Personne ne se soucie d'une résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies adoptée trois jours plus tôt, le 1er novembre...

Pendant que l'attention du monde se porte sur le canal de Suez, les chars soviétiques entrent à Budapest et répriment le soulèvement des Hongrois contre leur régime communiste.

Menaces soviétiques

À peine les paras français et britanniques touchent-ils terre dans la zone du canal que le maréchal Nicolas Boulganine, chef de l'État soviétique, menace d'intervenir avec des fusées intercontinentales à tête nucléaire si l'attaque n'est pas stoppée !

Les États-Unis, hostiles à Israël, sont également très remontés contre l'État hébreu, la France et plus encore la Grande-Bretagne, leur traditionnelle alliée, qui a agi sans les avertir. Le président Dwight Eisenhower (qui vient d'être réélu le 6 novembre avec un pourcentage record de 57% des électeurs) joint sa voix aux Soviétiques pour exiger un cessez-le-feu.

À la Chambre des Communes, à Londres, la majorité conservatrice se fissure. Le Premier ministre, malade et découragé, jette l'éponge. Il annonce sa décision à Guy Mollet et celui-ci ne peut rien faire d'autre que l'imiter.


L'intervention franco-britannique aura duré en tout et pour tout 40 heures et se sera soldée par quelques centaines de morts dont douze Français et dix-neuf Britanniques.

Anglais, Français et Israéliens retirent leurs troupes le 22 décembre. Une force internationale est installée sur la ligne d'armistice.

Le triomphe personnel de Nasser

L'expédition ratée de Suez a des conséquences très graves pour Londres et Paris, outre qu'elle amène la démission du gouvernement d'Anthony Eden et affaiblit celui de Guy Mollet.

Les deux puissances européennes essuient une grave perte de prestige, en particulier face aux pays émergents du tiers monde. Il apparaît évident que la «diplomatie de la canonnière» telle qu'elle était pratiquée à l'époque coloniale, ne paie plus. L'heure de la décolonisation approche en Algérie et en Afrique noire.

L'URSS et surtout les États-Unis prennent la place des Européens au Moyen-Orient et leur rivalité va rythmer la diplomatie mondiale pendant près de quatre décennies.

Pour Nasser, la défaite militaire prend l'allure d'un triomphe diplomatique.

Son prestige ne va dès lors cesser de croître tant dans son peuple que parmi les déshérités du tiers monde, malgré (ou à cause) de ses échecs : faillite de l'union politique avec la Syrie, construction aventureuse du barrage d'Assouan, deuxième défaite face à Israël dans la guerre des Six jours...

Il gouvernera le pays jusqu'à sa mort, le 28 septembre 1970, à 52 ans. -
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 27 juillet 754 : Pépin le Bref est sacré roi des Francs   Lun 27 Juil - 21:41



27 juillet 754 : Pépin le Bref est sacré roi des Francs

Le 27 juillet 754, dans la basilique de Saint-Denis, au nord de Paris, le pape Étienne II sacre Pépin le Bref. Il lui confère les titres de roi des Francs et de Patrice des Romains («Patricius Romanorum»).

Les fils et héritiers de Pépin, Carloman et Charles (futur Charlemagne), sont aussi sacrés par la même occasion (ils succèderont conjointement à leur père quatorze ans plus tard). Leur mère, Bertrade ou Berthe, n'est pas oubliée. Elle est bénie par le souverain pontife. Pendant le millénaire qui va suivre, tous les souverains de France vont se réclamer de cette cérémonie et se faire sacrer à leur avènement selon le même rituel.

De Pépin le Bref à Charlemagne

Au VIIIe siècle, les Pippinides rénovent l'ancien royaume des Francs de Clovis, qui s'étendait des Pyrénées à la Rhénanie. Ils l'étendent jusqu'à l'Èbre (Espagne), l'Elbe (Allemagne) et le Tibre (Italie).

Charlemagne, successeur de Pépin le Bref, parachève son oeuvre. Sans en avoir conscience, il engendre dans la douleur un monde nouveau, tourné vers la mer du Nord, appuyé sur l'Église de Rome et dirigé par une noblesse guerrière unie par un vigoureux réseau de liens familiaux et vassaliques.

Naissance d'une dynastie

Pépin III, surnommé le Bref sans doute en raison de sa petite taille, est issu d'une puissante famille franque d'Austrasie (l'Est de la France et de la Belgique). Né à Jupille, près de Liège, il est le fils cadet de Charles Martel, maire ou «majordome» du palais royal et véritable chef des Francs.

Ayant réuni les Francs d'entre Loire et Rhin sous son autorité, Charles Martel gouverne en laissant dans l'ombre le roi en titre, lointain descendant de Clovis. Dans les dernières années de sa vie, il ne se soucie d'ailleurs pas de désigner un successeur au roi Thierry IV, lorsque celui-ci vient à mourir.

Quand lui-même meurt en 741, ses deux fils Carloman et Pépin le Bref héritent ensemble de la charge de maire et se partagent les territoires francs. Ils font couronner pour la forme un dernier roi mérovingien, Childéric III. Peu après, Carloman renonce au pouvoir et se retire dans un monastère, laissant à son cadet Pépin le Bref la totalité du pouvoir.

Les principaux seigneurs de Francie occidentale (la France du nord), qui en ont assez des descendants de Clovis, offrent la couronne à Pépin. Ils le proclament roi des Francs à Soissons, sur le champ de mai (un lieu de réunion communautaire) en 751. L'archevêque de Mayence, l'illustre Boniface, évangélisateur de la Germanie, donne l'onction au nouveau roi en marquant son front avec de l'huile sainte (le Saint-Chrême).

Les évêques du royaume confirment l'élection par un couronnement et le pape Zacharie, de Rome, donne son assentiment au changement de dynastie : «Il vaut mieux appeler roi celui qui a plutôt que celui qui n'a pas le pouvoir», dit-il en substance. Le transfert se passe sans effusion de sang. Le malheureux Childéric III est déposé et tonsuré (il perd les cheveux longs, signe de pouvoir chez les Francs !). Il va finir ses jours au monastère de Saint-Bertin, près de Saint-Omer.

Un sacre pontifical

Les choses prennent un tour inédit avec l'intervention directe du Saint-Siège dans les affaires dynastiques du principal peuple d'Occident. C'est que le nouveau pape Étienne II est menacé par le roi des Lombards Athaulf (ou Aistulf), un barbare mal dégrossi qui occupe l'Italie à l'exception de Rome.

Le protecteur habituel de l'Église est l'empereur byzantin qui règne à Constantinople sur l'empire romain d'Orient. Mais celui-ci est en mauvaise posture et nullement en mesure de secourir le malheureux pape. Dans ces conditions, Étienne II se résout à traverser les Alpes pour solliciter l'aide du roi des Francs. C'est la première fois qu'un pape entreprend pareil voyage. Il n'a pas d'autre choix.

Le 6 janvier 754, au palais de Ponthion, au sud de la Champagne, le roi Pépin vient au-devant du pape et, avec déférence, prend la bride de son cheval. Habile politique, il reproduit de la sorte le geste d'allégeance de l'empereur Constantin le Grand à l'égard du pape Sylvestre 1er.

Le 14 avril suivant, à Quierzy-sur-Oise, au nord de Paris, Pépin s'engage à offrir au pape un domaine assez grand pour le mettre à l'abri de toute agression et lui reconnaît une pleine souveraineté sur l'Italie centrale et la région de Rome, les futurs États pontificaux...

Une donation embarrassante

La donation de Pépin au Saint-Siège, renouvelée par son fils et successeur Charles (futur Charlemagne) pose problème car les territoires en question relèvent virtuellement de l'empereur de Constantinople ! L'administration pippinide ou carolingienne lève l'obstacle en produisant vers 778 ou 800 un document apocryphe, sans doute le faux le plus célèbre du Moyen Âge : la «donation de Constantin».

Ce document est présenté comme une convention entre le premier empereur chrétien, Constantin le Grand, et le pape Sylvestre 1er, d'où il ressort que l'empereur aurait concédé au pape une pleine souveraineté sur Rome, l'Italie et les régions occidentales, au moment de quitter Rome pour Byzance, sa nouvelle capitale !

L'accord conclu, le pape gagne l'abbaye de Saint-Denis, que mille liens affectifs rattachent à Pépin et à sa famille, et renouvelle avec éclat le sacre de 751.

Dès l'année suivante, Pépin III traverse les Alpes dans l'autre sens pour combattre Athaulf. Victorieux, il lui enlève l'exarchat de Ravenne, qu'il remet au pape en complément du duché de Rome. C'est le noyau des futurs États pontificaux.

La papauté se détourne de Byzance

Souverain séculier d'un assez vaste territoire, le pape se démarque des autres évêques et devient le chef de l'église d'Occident.

Il prend ses distances avec l'empereur qui règne à Byzance et s'en remet pour sa sécurité aux souverains francs. C'est le début d'une longue collaboration, souvent orageuse, avec les Carolingiens et leurs lointains héritiers du Saint Empire romain germanique. À la fin du XIXe siècle, les militants anticléricaux dénonceront dans cette collaboration «l'alliance du sabre et du goupillon» (le goupillon est un instrument avec lequel on asperge les fidèles d'eau bénite).

La montée en puissance du Saint-Siège inaugure par ailleurs une succession de dissensions avec l'empereur byzantin et le patriarcat de Constantinople qui va se clore par la bulle d'excommunication de 1054 et le sac de Constantinople de 1204, consacrant la rupture entre les chrétiens orthodoxes d'Orient et les chrétiens catholiques d'Occident.

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 28 juillet 1755 : Le Grand Dérangement des Acadiens   Mar 28 Juil - 17:20



28 juillet 1755 : Le Grand Dérangement des Acadiens

Le 28 juillet 1755, les Anglais commencent à déporter plusieurs milliers de colons français installés à la pointe orientale du Canada, sur une péninsule appelée Acadie.

Un peuple courageux

Les Acadiens descendent de paysans poitevins qui peuplèrent l'Acadie avant que celle-ci ne fut cédée à l'Angleterre en 1713 et rebaptisée Nouvelle-Écosse. Au milieu du XVIIIe siècle, les Anglais, qui se préparent à une nouvelle guerre contre la France, décident de leur imposer un serment d'allégeance à la couronne, avec l'éventualité de devoir prendre les armes contre la France.

Mais ils se heurent à un refus massif des 13.000 Acadiens. Quelques milliers se réfugient sans attendre dans les colonies françaises voisines.

Les autres sont au cours des mois suivants rassemblés par les miliciens anglais, embarqués sur des bateaux avec leurs maigres biens et répartis dans les colonies anglaises (les futurs États-Unis).

Sur les 7.000 à 8.000 personnes concernées par ce « Grand Dérangement », beaucoup périssent en cours de route de faim ou de maladie.

Dans la colonie anglaise du Maryland, les déportés ne se résignent pas à la tutelle anglaise et s'enfuient au péril de leur vie vers la Louisiane... juste avant que cette colonie française ne passe sous souveraineté espagnole !

Établis dans les mangroves du delta du Mississipi, ils donneront naissance à la communauté des « Cajuns » (une déformation du mot Acadien). Ils seraient aujourd'hui 800.000 mais très peu parlent encore l'ancien dialecte français.
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MessageSujet: 29 juillet 1907: Naissance du scoutisme   Mer 29 Juil - 18:33



29 juillet 1907: Naissance du scoutisme

Le mouvement scout, d'un mot anglais qui signifie « éclaireur », a été fondé par le général Robert Baden-Powell le 29 juillet 1907.

Apostolat en uniforme

Militaire atypique autant que brillant, Robert Baden-Powell s'illustre aux Indes avant de s'attirer la gloire en Afrique du Sud, lors de la guerre des Boers, en défendant avec de maigres troupes la ville de Mafeking.

De retour en Angleterre, le héros de Mafeking découvre avec surprise que son manuel Aids to scouting (Instructions aux éclaireurs) est employé par des éducateurs sociaux pour former ou redresser des jeunes en perdition.

Lui-même, parcourant le pays, mesure le mal-être des adolescents des quartiers pauvres.
Il décide d'y remédier avec son expérience militaire et se met au service des associations caritatives.

Sa réputation est bienvenue pour séduire les donateurs et recueillir des fonds.

Robert Baden-Powell veut fabriquer des citoyens émérites, épanouis tant au moral qu'au physique.
Le 29 juillet 1907, il entraîne sur l'île de Brownsea, dans le Dorsetshire, 24 jeunes gens à des jeux de piste.
L'année suivante, il affiche son projet dans une brochure : Scouting for boys. Le scoutisme est né.

Son idéal connaîtra une fortune prodigieuse.

En ce début du XXIe siècle, le scoutisme réunit 16 millions de jeunes garçons et jeunes filles dans 136 pays, au sein de groupements confessionnels ou laïcs.
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MessageSujet: 30 juillet 1940 : La bataille d'Angleterre   Jeu 30 Juil - 21:28



30 juillet 1940 : La bataille d'Angleterre

Le 30 juillet 1940, Hermann Goering, qui dirige la Luftwaffe, l'aviation de combat allemande, annonce le début de la «grande bataille aérienne» contre l'Angleterre, selon ses propres mots.

Après l'invasion de la France, surprenante de rapidité, Hitler escompte une soumission de l'Angleterre, dernière puissance européenne à lui résister. Mais celle-ci, dirigée avec détermination par Winston Churchill, rejette les offres de paix venues d'Allemagne.

Pour abattre l'Angleterre, le dictateur allemand doit en premier lieu obtenir la maîtrise du ciel au-dessus de la Manche. Mais son offensive va tourner court du fait de la résistance héroïque des pilotes britanniques, qui disposent d'un nombre à peu près équivalent d'appareils (en particulier les redoutables Spitfire).

De juillet à octobre, 415 pilotes anglais perdront la vie dans cet affrontement décisif. Le Premier ministre exprimera dès le 20 août la reconnaissance des Britanniques à leur égard : Jamais dans l'histoire des guerres un si grand nombre d'hommes n'ont dû autant à un si petit nombre.

Devant l'incapacité de vaincre la chasse adverse, Hitler reconnaît son échec et renonce dès le 12 octobre à son projet d'invasion. C'est un premier et immense succès pour Churchill et les Britanniques.
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MessageSujet: 31 juillet 1914 : assassinat de Jean Jaurès   Ven 31 Juil - 21:35

31 juillet 1914 : assassinat de Jean Jaurès

Le soir du vendredi 31 juillet 1914, Jean Jaurès dîne avec deux collaborateurs dans le café du Croissant, rue Montmartre, à Paris (2e arrondissement).

Le dîner s'achève. Sur le trottoir, un homme observe les convives et, par la fenêtre ouverte, tire trois coups de revolver. Deux balles touchent à bout portant le leader socialiste. Un cri fuse dans le restaurant : « Ils ont tué Jaurès ! »

Le drame survient alors que les Français, comme les autres Européens, commencent tout juste à prendre conscience de la gravité de la situation internationale. L'assassinat de celui qu'on surnommait « l'apôtre de la paix » ruine l'ultime espoir d'éviter la guerre générale et va souder au contraire toute la nation dans « l'Union sacrée ».


L'« apôtre de la paix »

Par son opposition à la loi du 19 juillet 1913, qui a reporté le service de deux à trois ans, comme par son plaidoyer en faveur d'une armée de réservistes à vocation défensive, L'Armée nouvelle, Jean Jaurès s'est attiré la haine des nationalistes et des bellicistes, à droite comme à gauche, de Georges Clemenceau à Charles Péguy en passant par Maurice Barrès et Charles Maurras.

Lors de la « Crise de Juillet » qui suit l'attentat de Sarajevo, il réunit toute son énergie pour tenter d'arrêter le destin. Le 30 juillet, il apprend que la Russie a mobilisé ses troupes. Il se rend alors chez le sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères Abel Ferry. Celui-ci l'interroge sur la position des socialistes en cas de guerre. « Nous continuerons notre campagne contre la guerre », répond Jaurès. « Non, vous n'oserez pas car vous serez tué au premier coin de rue » !...

Passablement découragé, Jaurès déclare à un ami, en sortant : « Tout est fini. Il n'y a plus rien à faire ».

C'est alors que survient la tragédie prédite par Abel Ferry...

L'assassin est un déséquilibré de 29 ans, du nom de Raoul Villain. C'est un étudiant en archéologie, lecteur passionné de L'Action française, quotidien nationaliste qui avait appelé le 18 juillet précédent au meurtre de Jaurès.

Son procès sera reporté à la fin de la guerre et il sera finalement acquitté de son crime. Au terme d'une vie errante, il sera lui-même assassiné en Espagne en 1936 par un mafieux quelconque.

Hommages unanimes

À peine la mort de Jaurès est-elle connue qu'une foule de militants socialistes se rassemble dans le quartier Montmartre au chant de L'Internationale.

Le président Raymond Poincaré, son adversaire en politique, se fend d'un communiqué publié dès le lendemain, juste avant l'ordre de mobilisation générale, dans lequel il trouve moyen de « retourner » le défunt en sa faveur : « Un abominable attentat vient d'être commis. M. Jaurès, le grand orateur qui illustrait la tribune française, a été lâchement assassiné. Je me découvre personnellement et au nom de mes collègues devant la tombe si tôt ouverte au républicain socialiste qui a lutté pour de si nobles causes et qui, en ces jours difficiles, et dans l'intérêt de la paix, a soutenu de son autorité l'action patriotique du gouvernement (...) ».

De fait, tous les journaux y vont de leur couplet. Même L'homme libre de Clemenceau et L'Action française de Maurras dénoncent l'assassinat et regrettent l'homme. Le pays, qui s'était jusque-là violemment divisé sur des sujets aussi graves que les conquêtes coloniales, l'Affaire Dreyfus ou la séparation des Églises et de l'État, refait son unité sur la tombe de Jaurès.

Le directeur de La Guerre sociale, Gustave Hervé, connu pour ses menées antimilitaristes, y va de lui-même de son couplet, titre à la Une : « Nous n'assassinerons pas la France » et rejoint le camp de la guerre.

Dès le lendemain de la mort de Jaurès, le consensus patriotique est tel que le gouvernement, à l'instant d'annoncer la mobilisation générale, peut se dispenser de sévir contre les anarchistes, antimilitaristes et rebelles potentiels.

Deux jours plus tard, l'Allemagne déclare la guerre à la France. C'est le début de la Grande Guerre.

Le 4 août 1914, lors des funérailles parisiennes du leader socialiste, avant que sa dépouille ne soit inhumée à Albi, le secrétaire de la CGT Léon Jouhaux, prémonitoire, lance : « Victime de ton amour ardent de l'humanité, tes yeux ne verront pas la rouge lueur des incendies, le hideux amas de cadavres que les balles coucheront sur le sol... ».
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 1er août 1914 : Début de la Grande Guerre   Sam 1 Aoû - 20:44



1er août 1914 : Début de la Grande Guerre

Le samedi 1er août 1914, à 4 heures de l'après-midi, tous les clochers de France font entendre un sinistre tocsin.

C'est la mobilisation générale.

Le même jour, l'Allemagne, avec une longueur d'avance, déclare la guerre à la Russie.

Ces événements font suite à l'assassinat d'un archiduc autrichien à Sarajevo, un mois plus tôt, le 28 juin 1914.

Cette guerre (que chacun espère courte... et victorieuse !) est le résultat de quelques folles journées de surenchères diplomatiques et militaires.

Mobilisations en cascade

Le 28 juillet, l'Autriche-Hongrie a déclaré la guerre à la Serbie et l'a aussitôt envahie. La Russie s'est émue de l'attaque d'un pays ami. Elle a obtenu de l'ambassadeur de France l'assurance que Paris serait solidaire de Saint-Pétersbourg en cas de conflit.

Cependant qu'à Paris, les journaux sont accaparés par le procès d'Henriette Caillaux, le 30 juillet, le tsar Nicolas II décrète la mobilisation générale au nom de la solidarité slave, suite au bombardement d'une forteresse des environs de Belgrade par les Austro-Hongrois.

À Paris, au café du Croissant, le 31 juillet, un déséquilibré assassine Jean Jaurès. Le leader respecté des socialistes et Joseph Caillaux étaient dans la classe politique française les derniers partisans de la paix ; le premier par humanité, le second par raison.

On peut dire que trois coups de revolver, ceux de Princip à Sarajevo, Henriette Caillaux et Villain à Paris auront eu raison de la paix mondiale !

Le même jour, l'Allemagne somme la Russie d'arrêter sa mobilisation et adresse un ultimatum à la France qui la soutient.

Le 1er août, à Berlin, le chancelier Bethmann-Hollweg, alarmé par la mobilisation russe, se laisse convaincre par son chef d'état-major, le général Helmut von Moltke, et par son ministre de la Guerre, le général Erich von Falkenhayn, de déclarer la guerre au tsar. Les Allemands veulent croire que les Britanniques, jusque-là silencieux (hélas), resteront à l'écart du conflit.

Le même jour, le président de la République française Raymond Poincaré décrète la mobilisation générale. À quatre heures de l'après-midi, tous les clochers de France font entendre le sinistre tocsin. La Grande Guerre commence.

Si quelques jeunes bourgeois et intellectuels de droite comme de gauche se laissent prendre à la frénésie nationaliste, il n'en va pas de même de la grande majorité des appelés. La plupart partent avec sérieux et détermination, sans manifestation de joie incongrue.
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Eurynome
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MessageSujet: Re: ephemeride   Dim 2 Aoû - 9:06

Ysaline de Montmirail a écrit:
Cependant qu'à Paris, les journaux sont accaparés par le procès d'Henriette Caillaux,...
Le 16 mars 1914, Henriette Caillaux, épouse du ministre des finances de l'époque, Joseph Caillaux, vide son revolver sur Gaston Calmette, directeur du Figaro.

En cause, la campagne de dénigrement du quotidien, ciblant son époux et dont le dernier acte a été la publication d'une lettre signé "Ton Jo", adressée à Mme Caillaux du temps où elle était la maîtresse de son futur mari.
Affirmant avoir voulu seulement blesser Gaston Calmette, Mme Caillaux se rend ensuite à la police.

Le procès, riche en polémiques, se termine par son acquittement le 28 juillet 1914.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: Re: ephemeride   Lun 3 Aoû - 17:48

Joseph Caillaux était pacifiste. S'il avait eu plus d'influence, il y aurait eu moins de casse.
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MessageSujet: 2 août 1913 : La police judiciaire donne la chasse aux truands   Lun 3 Aoû - 17:50



2 août 1913 : La police judiciaire donne la chasse aux truands

Le 2 août 1913 est créée la direction régionale de la police judiciaire de Paris, plus communément appelée PJ. 

Son siège est fixé sur l'île de la Cité, au 36, quai des Orfèvres, un lieu devenu mythique par la grâce des cinéastes et des romanciers, tel Georges Simenon.

Les « Brigades du Tigre »

Instituée par un arrêté du préfet de police de Paris Célestin Hennion, la PJ est le point d'orgue de la vaste réorganisation des services de police entamée par le même personnage six ans plus tôt, en qualité de directeur de la sûreté générale du ministre de l'Intérieur Georges Clemenceau.

Il s'agissait de lutter contre le crime et la délinquance, qui sévissaient à grande échelle, tant dans les faubourgs que dans les campagnes.

Les citadins et les bourgeois de cette « Belle Époque » s'émouvaient de la violence des bandes organisées, tels les « Apaches » mis en scène par Jacques Becker dans son chef d'œuvre Casque d'Or. Les gens des campagnes, quant à eux, enduraient en silence les méfaits des « travailleurs de la nuit » ou des « chauffeurs », qui agressaient les personnes âgées et isolées, les torturaient et leur brûlaient les pieds afin de leur faire avouer la cache de leurs économies.

La gendarmerie et la police locales étaient impuissantes et trop mal équipées pour faire face à ces bandes. Sur le conseil de Célectin Hennion, Georges Clemenceau institue le 4 mars 1907 un contrôle général des services de recherches judiciaires sous le commandement du commissaire Jules Sébille, puis, le 30 décembre 1907, douze brigades régionales de police mobile chargées de combattre le crime organisé sur tout le territoire.

Constituées de commissaires et d'inspecteurs, équipées de voitures puissantes du dernier cri, en un temps où l'on ne stipendiait pas les services publics, ces brigades vont obtenir en une année des résultats probants avec l'arrestation de près de trois mille personnes dont 65 meurtriers.

Clemenceau y gagne le surnom de « Tigre » et ses brigades deviennent bien sûr les « Brigades du Tigre ».

La grande traque

La création de la Police judiciaire complète le processus et dote la France d’une « police chargée de seconder l’autorité judiciaire dans la répression des crimes et des délits ». C'est la plus grande réforme en matière de sécurité publique depuis l'institution de la lieutenance de police de Paris par Louis XIV, en 1667.

Quai des Orfèvres, un film avec Louis JouvetAprès la Grande Guerre, la Police judiciaire multiplie les occasions de faire parler d'elle, de l'arrestation de Landru à la traque de Stavisky.

La multiplication de ses missions entraîne la création de brigades spécialisées. La brigade de voie publique, plus tard brigade de répression du banditisme (BRB), est créée en 1921. La crise économique et politique des années 1930 induit la brigade financière.

Sous l'Occupation, les brigades régionales deviennent des services régionaux de police judiciaire (SRPJ), nom qui est toujours le leur.

La terreur et la persécution des Juifs profitent à des gens sans scrupules tel le docteur Petiot, l'un des plus grands criminels en série de tous les temps, ne trouve son épilogue qu'à la Libération.

L'Âge d'or de la pègre

À la Libération émerge une pègre violente issue des milieux interlopes de la résistance et de la collaboration. En 1946 sévit le gang dit des « Tractions avant » avec Pierre Loutrel, dit «Pierrot le Fou», Émile Buisson, « René la Canne », Jo Attia... Il multiplie les braquages aussi violents qu'audacieux. «Les Tractions avant, la police derrière», se moque la presse de l'époque.

Le premier de ces braquages est commis le 7 février 1946 contre une agence du Crédit Lyonnais. Mais en novembre de la même année, après le vol d’une bijouterie, « Pierrot le Fou » se blesse mortellement – dans la vessie - en remettant son arme à la ceinture. Enterré par ses complices sur une île de la Seine, près de Mantes, son cadavre ne sera découvert qu'en 1949.

En conséquence de quoi, une circulaire du 25 octobre 1949 porte création dans chaque service régional (SRPJ) d'un groupe de répression du banditisme plus spécialement chargé de lutter contre les malfaiteurs motorisés.

Sous la Ve République, une « brigade antigang », sous l'intitulé officiel de Brigade de recherche et d'intervention (BRI) est créée à Paris en 1964, avec, très vite, des antennes à Lyon, Nice et Marseille pour remédier au retour de la pègre. Voir Le juge Fayard, dit le shériff, un film d'Yves Boisset (1977), avec Patrick Dewaere.

Signe des temps, le fichier des « garnis » (hôtels) disparaît et la « Mondaine »laisse la place à la Brigade des stupéfiants et du proxénétisme en 1975. Et dans les années 1980, une section anti-terroriste voit le jour au sein de la Crim’. Pas de chômage en vue à la PJ.
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MessageSujet: 3 août 1347 : Capitulation de Calais   Lun 3 Aoû - 17:52



3 août 1347 : Capitulation de Calais

Le 3 août 1347, après un siège de onze mois, la ville de Calais capitule devant les troupes anglaises. Celles-ci avaient vaincu à Crécy-en-Ponthieu l'armée du roi de France Philippe VI de Valois.

Plus tard appelé guerre de Cent Ans, le conflit était né dix ans plus tôt d'une revendication du roi Édouard III Plantagenêt sur le trône de France en sa qualité de petit-fils de Philippe le Bel.

Résistance bourgeoise

Fort de sa victoire à Crécy, Édouard III veut s'emparer de Calais, porte d'entrée de la France. Mais quand sa flotte approche du port, à l'été 1346, les habitants se mettent aussitôt en situation de résister sous le commandement d'un capitaine bourguignon, Jean de Vienne.

Le siège commence mais les Calaisiens trouvent moyen de se faire ravitailler de nuit par de discrètes barques à fond plat. S'en étant aperçu, les Anglais plantent des estacades dans les bas-fonds pour éventrer les coques des barques picardes.

Comme la faim gagne la ville, le roi consent à laisser sortir deux mille bouches inutiles. En avril 1347, après un hiver épuisant, Jean de Vienne en appelle au roi de France mais les Anglais interceptent son courrier : «Si n'avons en bref secours, nous issirons hors de la ville tous à champs, pour combattre, pour vivre ou pour mourir. Car nous aimons mieux mourir aux champs honorablement que manger l'un l'autre» !

Le roi Philippe VI de Valois, ayant reconstitué son armée, tente de venir au secours des assiégés mais, apercevant les solides retranchements des Anglais, juge plus judicieux de se tenir en retrait. Perdant espoir, Jean de Vienne sort de la ville le 3 août pour négocier la reddition avec le héraut d'Angleterre Gautier de Masny.

Royale vengeance

Le roi Édouard III Plantagenêt, dont la patience a été épuisée par le siège, s'apprête à passer la population au fil de l'épée : 
«Ma volonté est telle que tous y mourront». Puis il se ravise et, pour ne pas prolonger le siège, prétend n'exécuter que six otages. Le sort désigne Eustache de Saint-Pierre, Jean d'Aire, Pierre et Jacques de Wissant, Jean de Fiennes et Andrieu d'Ardes.

Le lendemain, les condamnés se présentent avec les clés de la ville, «nu-pieds et nu-chefs, en leurs linges draps tant seulement, les harts[cordes] au col». Selon la chronique, la reine Philippa de Hainaut, fille du comte Guillaume II le Bon, enceinte de huit mois, se jette aux pieds de son mari : «Ah ! très cher sire ! Depuis que j'ai passé la mer en grand péril, comme vous savez, je ne vous ai requis ni don demandé. Or vous prié-je humblement et requiers en don propre que, pour le Fils à sainte Marie et pour l'amour de moi, vous veuillez avoir de ces six hommes merci».

Le roi se laisse apitoyer et les six bourgeois sont déportés en Angleterre de même que Jean de Vienne et ses chevaliers. Ils seront finalement libérés contre rançon.

Édouard III peut alors signer une trêve d'un an avec Philippe VI de Valois. Quelques mois plus tard, Calais, comme le reste de l'Europe occidentale, est frappée par la Peste noire. Celle-ci décime la population de la ville qui est alors repeuplée... d'Anglais ! La trêve entre Anglais et Français est prolongée de quelques années du fait de l'épidémie mais les hostilités reprendront moins de dix ans plus tard avec une violence accrue...

Calais longtemps disputée

Fortifiée, Calais va devenir un grand port commercial pour le commerce de la laine entre l'Angleterre et la Flandre. Elle sera reconquise par la France deux siècles plus tard, en 1558, par le duc François de Guise, ce qui vaut à celui-ci et à sa famille une immense popularité parmi les catholiques français. Le roi Henri II règne alors à Paris et Mary Ière à Londres.

Cette reine d'Angleterre est la première fille de Henri VIII Tudor et de Catherine d'Aragon. On lui prête les mots suivants : « Si on ouvrait mon coeur, on y trouverait gravé le nom de Calais ! » Mais la reine, que les protestants anglais surnomment «Bloody Mary» (Marie la Sanglante) en raison de son fanatisme catholique, ne tarde pas à rendre l'âme. Et c'est à sa demi-soeur, Élisabeth 1ère, qu'il reviendra de reconnaître la perte définitive de Calais. Le traité de Cateau-Cambrésis rendra la ville à la France le 3 avril 1559, en contrepartie d'un versement de 500.000 écus. Les Espagnols s'en empareront peu après et la rendront à Henri IV par le traité de Vervins.
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MessageSujet: 4 août 1789 : Abolition des privilèges et droits féodaux   Mar 4 Aoû - 20:36



4 août 1789 : Abolition des privilèges et droits féodaux

Dans la nuit du 4 août 1789, les députés de l'Assemblée nationale constituante, dans un bel élan d'unanimité, proclament l'abolition des droits féodaux et de divers privilèges. Ce moment de grande ferveur nationale s'inscrit parmi les grands événements mythiques de la Révolution française.

La Grande Peur

L'abolition des privilèges est la conséquence inopinée de la prise de la Bastille. Dans les semaines qui suivent celle-ci, les paysans s'émeuvent. Ils craignent une réaction nobiliaire comme il s'en est déjà produit dans les décennies antérieures, avec la réactivation de vieux droits féodaux tombés en désuétude.

Une Grande Peur se répand dans les campagnes. En de nombreux endroits, les paysans s'arment sur la foi de rumeurs qui font état d'attaques de brigands ou de gens d'armes à la solde des «aristocrates». Le tocsin sonne aux églises des villages, propageant la panique.

Les députés qui siègent à Versailles s'en inquiètent. «Le peuple cherche à secouer enfin un joug qui depuis tant de siècles pèse sur sa tête, s'exclame à l'Assemblée le duc d'Aiguillon, l'insurrection trouve son excuse dans les vexations dont il est la victime».

Le 3 août, une centaine de députés, ardents partisans de la Révolution, se concerte sur la stratégie à adopter. Plusieurs sont originaires de Bretagne. C'est le «Club breton» (futur club des Jacobins). Ils prennent la résolution de détruire tous les privilèges des classes, des provinces, des villes et des corporations.

Euphorie patriotique

Le lendemain soir, à huit heures, l'Assemblée, passablement troublée, se réunit et disserte sur les moyens de rétablir l'ordre. C'est alors que le duc d'Aiguillon (29 ans) propose d'offrir aux paysans de racheter les droits seigneuriaux à des conditions modérées. Ce libéral est aussi la deuxième fortune de France après le roi.

Le vicomte de Noailles, un cadet de famille sans fortune, surenchérit et propose d'en finir avec les droits seigneuriaux, «restes odieux de la féodalité» selon ses termes. Il suggère rien moins que d'«abolir sans rachat» les corvées seigneuriales et autres servitudes personnelles.

L'évêque de Chartres monte à la tribune et propose l'abolition des droits de chasse, ce qui ne lui coûte rien mais pèse sur les nobles. Le duc du Châtelet dit à ses voisins : «L'évêque nous ôte la chasse ; je vais lui ôter ses dîmes». Et, montant à la tribune, il suggère que les dîmes en nature (impôts payés à l'Église par les paysans) soient converties en redevances pécunières rachetables à volonté.

Là-dessus, voilà que sont attaqués les privilèges des provinces. Le mot privilège vient du latin et désigne une «loi particulière» : il fut longtemps synonyme de liberté. En effet, chaque fois qu’une nouvelle province était annexée, le roi promettait de respecter ses privilèges, c’est-à-dire ses libertés, les lois particulières traditionnelles, les coutumes et droits immémoriaux de ses habitants. C’est ainsi qu’au cours des siècles s’étaient imposés des droits garantissant les libertés locales.

Tout cela prend fin en cette nuit mémorable. Les représentants du Dauphiné, suivis par ceux de Bretagne et des autres pays d'État, provinces jouissant de privilèges, font don de ceux-ci à la Nation. Les représentants des villes font de même. Pour finir, un membre du Parlement de Paris proclame le renoncement à l'hérédité des offices (charges de magistrature).

Au milieu des applaudissements et des cris de joie, sont ainsi abattus les justices seigneuriales, les banalités, les jurandes et les maîtrises, la vénalité des charges, les privilèges des provinces et des villes.

Une application mesurée

Passé le moment d'euphorie, les députés prennent le temps de réfléchir. Ils décident que seuls les droits féodaux pesant sur les personnes seront abolis sans indemnité d'aucune sorte.

L'avocat Adrien Duport, ardent député, rédige le texte final. Il est voté et publié le 11 août au soir. Avec lui disparaissent à jamais certains archaïsmes comme la corvée obligatoire, de même que des injustices criantes comme la dîme ecclésiastique, uniquement payée par les pauvres.

Certains autres droits féodaux, ceux pesant sur les terres comme les cens et les champarts, devront toutefois être rachetés. À cette seule condition, les paysans pourront devenir propriétaires de plein droit de leurs terres.

Sitôt connue,  cette restriction suscite quelques désillusions dans les campagnes mais elle est abrogée quelques mois plus tard. L'ensemble des droits féodaux sera irrévocablement aboli sans contrepartie ni exception par le décret du 25 août 1792, quelques jours après la chute de la monarchie.
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