Duché de Montmirail

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 ephemeride

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 3 juin 1800 : Une nouvelle capitale pour les États-Unis   Ven 3 Juin - 20:54



3 juin 1800 : Une nouvelle capitale pour les États-Unis

Le 3 juin 1800, John Adams, deuxième président des États-Unis d'Amérique, quitte Philadelphie pour Washington. Comme sa nouvelle résidence n'est pas prête, il campe pour quelques mois à l'Holiday Inn. Le 21 novembre 1800, c'est au tour du Congrès, c'est-à-dire le Sénat et la Chambre des Représentants, de s'installer dans la nouvelle capitale fédérale.

L'année suivante, en mars 1801, Thomas Jefferson devient le premier président à y prendre ses fonctions. La ville ne compte encore que trois mille habitants...

Vue récente du National Mall, à Washington, capitale fédérale des États-Unis : au premier plan, le Capitole, au dernier plan, l'obélisque du Washington Memorial ; à gauche, la rivière Potomac
Une capitale sortie du néant

La Convention a décidé le 21 février 1787 de donner une vraie capitale au pays. Par souci d'équilibre, elle choisit de l'implanter entre les États du Nord et ceux du Sud, au contact du Maryland et de la Virginie. Elle détache pour cela un territoire marécageux sur les bords de la rivière Potomac et en fait le district de Columbia (District of Columbia, DC), un territoire fédéral administré par le gouvernement central.

Le plan d'urbanisme de Washington est l'oeuvre de Pierre Charles L'Enfant. Cet architecte français, qui s'est battu à Saratoga aux côtés de La Fayette et des insurgés américains, décide de construire une ville « royale », à l'image de Versailles.

Washington, ainsi nommée en l'honneur du premier président des États-Unis (mort en 1799), présente un plan géométrique avec des rues en damier coupées par des avenues obliques qui débouchent sur des places circulaires.

Tous les bâtiments administratifs originels s'inscrivent dans le Triangle fédéral formé par le Capitole - où siège le Congrès - , la Maison-Blanche et le Memorial de Georges Washington (un obélisque de 169 mètres de haut).

La résidence présidentielle, sur Pennsylvania Avenue NW, est inaugurée en 1800 sous le nom officiel d'Executive Mansion (le Manoir présidentiel). Mais ce nom sera très vite délaissé au profit de White-House (Maison-Blanche). Partiellement brûlée par les Anglais en 1812, elle est reconstruite dans le style néo-classique georgien.

Capitale prestigieuse, ville souffreteuse

La ville de Washington (700 000 habitants) se distingue des autres villes américaines par ses constructions relativement basses et entrecoupées de vastes espaces verts. Mais sa périphérie, peuplée de laissés-pour-compte, a des aspects autrement plus déplaisants.

Le district de Columbia, du fait de son statut de capitale fédérale et de l'absence de ségrégation, a attiré dès le début du XXe siècle de nombreux Noirs du Sud. Ceux-ci représentent aujourd'hui près des deux tiers de la population et leurs conditions de vie restent dans l'ensemble très médiocres. Il s'ensuit que la municipalité manque cruellement de ressources et vit sous perfusion financière.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 4 juin 1989 : L'armée chinoise massacre les étudiants sur la place Tien An Men   Sam 4 Juin - 20:54



4 juin 1989 : L'armée chinoise massacre les étudiants sur la place Tien An Men

Le 4 juin 1989, à Pékin, l'armée chinoise massacre avec des chars et des armes lourdes les milliers d'étudiants rassemblés sur la place Tien An Men, dont certains depuis le 18 avril précédent ! Ce massacre dit du 4/6 (en chinois : «Liu Si») met un terme brutal au «printemps de Pékin».

En ce haut lieu du pouvoir et de la vie politique, face à la Cité interdite, d'autres étudiants avaient déjà manifesté 70 ans plus tôt et donné naissance au Mouvement du 4-Mai, fer de lance de la démocratisation de la Chine. Cette fois, le mouvement étudiant surgit en opposition à la dictature du Parti Communiste chinois (PCC), ressentie comme de plus en plus insupportable à mesure que le pays se modernise et s'ouvre sur l'extérieur.

Des communistes à la peine

Peu après la mort de Mao Tsé-toung (1976), le Parti a été pris en main par Deng Xiaoping. Il a entrepris de libéraliser l'économie tout en maintenant la dictature du Parti dans le respect des «quatre principes fondamentaux : la voie socialiste, la dictature du prolétariat, la direction du PCC et le marxisme-léninisme-pensée Mao Tsé-toung».

Mais les troubles sociaux et les aspirations démocratiques des classes moyennes mettent à mal le pouvoir communiste. En novembre 1987, le conservateur Li Peng accède à la tête du gouvernement et interrompt le processus de réforme. La tension monte.

Le 15 avril 1989, est annoncée la mort mystérieuse de Hu Yaobang, un hiérarque réputé intègre et révoqué deux ans plus tôt de ses fonctions de secrétaire général du PCC. Elle soulève une grande émotion dans le camp réformateur.

On annonce par ailleurs la visite de Mikhaïl Gorbatchev le mois suivant à Pékin. Cette visite du secrétaire général du Parti Communiste d'URSS est perçue comme un encouragement à la démocratisation.

Montée de la tension

Les étudiants commencent à se rassembler sur la place Tien An Men (ou «place de la paix céleste») dès le 27 avril dans la perspective de la commémoration du 4 mai 1919. On en comptera dans les semaines suivantes jusqu'à un million.

Le rassemblement tourne à la manifestation contre le gouvernement et en faveur de la démocratie.

Les étudiants des Beaux-Arts érigent une copie en plâtre de la statue de la Liberté de New York, baptisée «déesse de la Démocratie», au milieu de la place Tien An Men. Le 13 mai, beaucoup entament une grève de la faim. Dans les provinces et une partie de l'armée, d'aucuns expriment leur sympathie pour les étudiants. Le 17 mai, les dirigeants chinois sont obligés d'annuler la visite de Gorbatchev à la Cité interdite. Humiliation.

Deux jours plus tard, le secrétaire général du PCC Zhao Ziyang se rend sur la place et tente de dissuader les étudiants de poursuivre leur grève de la faim. Mais le dirigeant, qui aurait voulu profiter du mouvement pour démocratiser le régime, échoue dans sa médiation...

Loi martiale

C'est finalement l'habile Deng Xiaoping (85 ans) qui aura le dernier mot. Celui que l'on surnomme le «petit Timonier», en raison de sa taille et par opposition avec le «grand Timonier» (Mao Zedong), continue de tirer les ficelles avec la simple fonction de président de la commission des affaires militaires du PCC.

Le 20 mai, il obtient de Li Peng qu'il instaure la loi martiale. Le Premier ministre fait appel à l'armée pour dégager la place mais celle-ci est bloquée aux entrées de la ville par la foule ! Le monde entier, sidéré, voit sur les écrans de télévision un jeune homme seul au milieu de la chaussée, défiant une colonne de chars. Nouvelle humiliation.

Un jeune manifestant de la place Tien An Men (Pékin) bloque une colonne de chars (DR)Lasse de tergiverser, l'armée nettoie brutalement la place Tien An Men dans la nuit du 3 au 4 juin, faisant environ 1800 morts et des dizaines de milliers de blessés.

Une brutale répression s'abat sur les démocrates dans toutes les grandes villes du pays. C'en est fini du «printemps de Pékin» et l'on peut croire que la Chine communiste va replonger dans les ornières du passé. Mais Deng Xiaoping voit dans les émeutes étudiantes un signal pour aller de l'avant. Décidé à moderniser la Chine, il use de son influence pour installer au secrétariat général du parti communiste chinois un libéral de vingt ans son cadet, Jiang Zemin.

En 1992, il fait entériner par le bureau politique du parti la décision d'«accélérer le rythme de la réforme et de l'ouverture» et la mise en place d'une « économie socialiste de marché». Cet oxymoron (rapprochement de deux termes contradictoires) est inscrit dans le préambule de la nouvelle Constitution en mars 1993. C'est ainsi qu'en l'espace d'une décennie, la Chine change de visage et entre de plain-pied dans la cour des Grands.

Un régime qui dure

À la grande surprise des sinologues patentés et des démocrates occidentaux, ce bouleversement historique se produit sans que chancelle le régime issu de la révolution communiste de 1949. Au contraire, celui-ci s'adapte à la nouvelle donne économique et sociale avec une remarquable aisance, compte tenu du poids des défis ; la Chine populaire, avec ses 1,3 milliards d'habitants (2010), est à comparer en effet à un État qui réunirait l'Europe et la Russie, l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, avec les mêmes écarts de niveaux de vie et de développement.

Le régime s'est adapté en particulier en intégrant au sein du parti communiste les nouvelles élites : intellectuels aisés et entrepreneurs aisés. Elles représentent désormais 70% de ses effectifs et sont de la sorte associées au fonctionnement de la machine gouvernementale.

Un autre facteur de stabilité tient à ce que les cinq cent millions de citadins sont devenus au début du XXIe siècle propriétaires de leur logement, précédemment propriété de l'État. De la même façon, les paysans ont pu acquérir la propriété de leurs terres.

Le talon d'Achille du régime réside dans la corruption de plus en plus massive des potentats locaux. Indifférents à l'intérêt général, ceux-ci profitent de l'absence de contrôle démocratique et de la malléabilité du pouvoir judiciaire pour pressurer les classes populaires. Ainsi ne s'embarrassent-ils pas de précaution lorsqu'il y a lieu d'exproprier des terres ou des immeubles au profit d'un ami haut placé.

À défaut de mieux, les ressentiments des victimes s'expriment sur Internet. Ils n'atteignent pas encore le pouvoir central. Celui-ci a conscience du danger et peine à y répondre.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 5 juin 1947 : Le plan Marshall   Dim 5 Juin - 20:46



5 juin 1947 : Le plan Marshall

Le 5 juin 1947, à Harvard, le général George C. Marshall, Secrétaire d'État du président Harry Truman, annonce un programme d'aide au développement comme le monde n'en avait encore jamais connu.

Ce « programme de reconstruction européenne » (European Recovery Program ou ERP) gardera dans l'Histoire le nom de son auteur.

Vers une scission de l'Europe

Le facteur déclenchant du plan est la Grèce, victime d'une violente guerre civile entre communistes et libéraux et menacée de tomber sous la coupe des premiers.

Seize pays acceptent l'aide américaine : Autriche, Belgique, Danemark, Irlande, France, Grande-Bretagne, Grèce, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Suède, Suisse et Turquie (en fait, tous les pays qui ont échappé en 1945 à l'occupation soviétique). En 1949, ils sont rejoints par la République fédérale allemande (RFA).

Pour la répartition de l'aide américaine et la promotion des échanges au sein du Vieux Continent, les Européens mettent en place le 16 avril 1948 une organisation supranationale : l'OECE (Organisation européenne de coopération économique).

Cependant, Molotov, commissaire du peuple aux Affaires étrangères de l'Union soviétique, refuse l'aide américaine sous prétexte de souveraineté nationale. À l'instigation de Staline, les États d'Europe centrale occupés par l'Armée rouge refusent le plan Marshall et l'adhésion à l'OECE. La Tchécoslovaquie est un moment tentée d'accepter. Mais un coup d'État communiste la remet dans le « droit chemin ».

En guise de lot de consolation, Staline fonde le 25 janvier 1949 une organisation économique rivale de l'OECE : le Conseil d'aide économique mutuelle, plus connu sous son sigle anglais, Comecon (Council for Mutual Economic Assistance). Outre l'URSS, il comprend la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Tchécoslovaquie. Il est bientôt rejoint par l'Albanie, la République démocratique allemande (RDA), la Mongolie et plus tard Cuba. La Yougoslavie en est membre associé.
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Eurynome
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MessageSujet: Re: ephemeride   Lun 6 Juin - 16:08

Ysaline de Montmirail a écrit:
À défaut de mieux, les ressentiments des victimes s'expriment sur Internet. Ils n'atteignent pas encore le pouvoir central. Celui-ci a conscience du danger et peine à y répondre.
A noter que, sur le territoire Chinois, taper "Tien An Men" sur un moteur de recherche peut vous faire poireauter dix minutes avant d'afficher un "résultat non disponible".
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: Re: ephemeride   Lun 6 Juin - 19:41

D'un autre côté, il y a certainement des millions de Chinois qui, pesant le pour et le contre, doivent se dire que Deng Xiao Ping et Li Peng n'ont pas eu tout à fait tort.

Chez nous, De Gaulle avait eu la même philosophie en disant en 1968 : "La réforme oui, la chienlit non."

Et quand on voit la pagaille dans laquelle s'enfonce la France depuis trois mois, on se dit que dans un pays vingt fois plus peuplé cela aurait fait des dégâts.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 6 juin 1944 : Le jour le plus long   Lun 6 Juin - 20:56



6 juin 1944 : Le jour le plus long

Le 6 juin 1944, à l'aube, une armada de 4266 navires de transport et 722 navires de guerre s'approche des côtes normandes. Elle s'étale sur un front de 35 kilomètres et transporte pas moins de 130.000 hommes, Britanniques, Étasuniens ou Canadiens pour la plupart. Plus de 10.000 avions la protègent.

Baptisé du nom de code « Overlord » (suzerain en français), cette opération aéronavale demeure la plus gigantesque de l'Histoire, remarquable autant par les qualités humaines de ses participants que par les prouesses en matière d'organisation logistique et d'innovation industrielle et technique. Elle était attendue depuis plus d'une année par tous les Européens qui, sur le continent, luttaient contre l'occupation nazie.

Intox

Au début de l'année 1944, les Soviétiques ont franchi le Dniepr et envahi la Roumanie et la Bulgarie. Pour les Allemands, la défaite n'est plus que l'affaire de quelques mois. L'ouverture du « second front » à l'Ouest doit l'accélérer.

Dwight Eisenhower et ses adjoints, les généraux américains Omar Bradley et George Patton ainsi que le maréchal britannique Bernard Montgomery, décident de débarquer en Normandie, au sud de la Seine.

Le général Dwight Eisenhower s'entretient avec un parachutiste avant le Jour JIl faut dire qu'une tentative de débarquement à Dieppe, au nord de la Seine, le 19 août 1942, s'est soldée par le sacrifice d'une division canadienne. Ce drame leur a prouvé qu'il est vain de vouloir s'emparer des grands ports du Nord de la France.

Par contre, les plages de sable qui s'étendent entre l'estuaire de la Seine et la presqu'île du Cotentin (plus précisément entre l'Orne, la rivière qui traverse Caen, et la Vire, la rivière qui traverse Saint-Lô) se prêtent à un débarquement rapide et sont moins bien défendues que les ports du nord.

L'objectif est d'installer une tête de pont sur ces plages puis de s'emparer du port en eau profonde de Cherbourg, à la pointe de la presqu'île du Cotentin, afin d'intensifier les débarquements d'hommes et de matériels.

Il n'empêche que d'impressionnantes fortifications parsèment le littoral océanique des Pyrénées à la Norvège. Ce « mur de l'Atlantique » (Atlantikwall en allemand) a été construit en toute hâte par l'Organisation Todt, mobilisant 450.000 soldats et travailleurs sur 6000 kilomètres, de la Norvège aux Pyrénées et sur le littoral méditerranéen.

L'arrière-pays du Cotentin a aussi été inondé par les Allemands dès janvier 1944 et protégé contre d'éventuels atterrissages par des pieux, tranchées, mines etc.

Hitler lui-même attend avec impatience le débarquement. Il croit pouvoir le repousser aisément et, de la sorte, mettre hors jeu les Anglo-Saxons avant de reporter toutes ses forces contre l'Armée rouge ! Sur la foi de l'Abwehr (les services secrets allemands), il est convaincu que le débarquement allié aura lieu au nord de la Seine, à l'endroit le plus étroit de la Manche et à 300 kilomètres seulement du centre industriel de la Ruhr.

Les Alliés font de leur mieux pour l'en convaincre. Ils montent pour cela l'opération « Fortitude » (courage en français), avec, face au Pas-de-Calais, dans la campagne du Kent, une impressionnante concentration de blindés en baudruche gonflable et d'avions en contreplaqué. Ils laissent croire au rassemblement d'un million d'hommes sous le commandement du prestigieux général Patton.


Cette intoxication s'avère à tel point réussie que Hitler persistera à croire jusqu'en juillet 1944 que le véritable débarquement aura lieu dans le Nord. Cela permettra aux Alliés de n'affronter que 17 divisions allemandes sur les 50 présentes dans la région, les autres attendant dans le Nord un deuxième débarquement qui ne viendra jamais.

Les forces allemandes de Normandie totalisent près de 300.000 hommes. Elles sont placées sous le haut commandement du prestigieux feld-maréchal Erwin Rommel.

Comme le temps est mauvais sur la côte normande dans les premiers jours de juin et exclut toute tentative de débarquement, Rommel prend la liberté d'une virée automobile en Allemagne pour fêter l'anniversaire de sa femme.

Il n'a pas prévu que le temps allait subitement se mettre au beau dans la nuit du 5 au 6 juin. Cette nuit-là, il n'y a que 50.000 soldats de la Wehrmacht pour faire face à l'armada alliée. Parmi eux une moitié de non-Allemands et en particulier beaucoup de Slaves, les Osttruppen, dont la valeur guerrière n'est pas la première qualité.

Débarquement à haut risque

En raison de la tempête qui sévit sur la Manche, le général Dwight Eisenhower a déjà reporté le débarquement du 4 au 6 juin. Si la tempête persiste, il faudra un nouveau report de deux semaines...

– Le 5 juin, à 4h15, le général est informé par le responsable de son service météo d'une accalmie de 36 heures au-dessus de la Manche. Après quelques minutes de réflexion, il décide d'engager sans délai l'opération Overlord tout en rédigeant un communiqué pour le cas où l'opération échouerait.

– Dans la nuit du 5 au 6 juin, le Débarquement commence par une immense opération aéroportée qui ferait passer les films de James Bond pour d'aimables bluettes. Au début de la nuit, les Alliés larguent d'abord de faux parachutistes, des mannequins gonflables qui crépitent et explosent en touchant le sol. Ils ont pour effet d'affoler les troupes allemandes et de les disperses dans l'arrière-pays !

Vers minuit, trois cents éclaireurs (pathfinders) sont parachutés pour de bon derrière les marais du littoral, sur la presqu'île du Cotentin. Ils balisent les terrains d'atterrissage destinés aux planeurs qui les suivent.

23.500 parachutistes de trois divisions aéroportées (2395 avions et 867 planeurs) sont lâchés derrière les lignes allemandes. Leur mission est de dégager la plage baptisée Utah et de couper la route nationale qui relie Caen à Cherbourg à Sainte-Mère-Église.

Certains parachutistes de la division 101e Airborne tombent par erreur au centre du village où ils sont mitraillés par les Allemands avant d'avoir touché terre. L'un d'eux, John Steele, relativement chanceux, reste toute la nuit accroché au clocher.

Planeurs alliés abandonnés dans le bocage normand après la nuit du 6 juin 1944D'une manière générale, l'opération aéroportée frôle le fiasco : du fait de la tempête, les planeurs et les parachutistes atterrissent plus ou moins loin de leurs objectifs et souvent dans les marais, les arbres ou les talus. Mais ce désordre a aussi pour effet bienvenu de désorganiser les garnisons allemandes qui ne savent plus où donner de la tête.

Dans le même temps, des hommes-grenouilles cisaillent les barbelés posés par les Allemands en mer.

À l'intérieur des terres, les réseaux de résistance s'activent. Ils ont été avertis du débarquement par des messages codés de la radio anglaise, la BBC.

Parmi eux deux vers de Verlaine :

Les sanglots longs des violons de l'automne
Blessent mon coeur d'une langueur monotone.

Le jour J

Au matin du Jour J, à 5h30, les avions alliés et une demi-douzaine de cuirassés bombardent les fortifications des plages et des falaises.

Une heure plus tard, cinq divisions (deux américaines, deux britanniques et une canadienne) commencent à débarquer sur autant de plages aux noms codés.

De l'ouest vers l'est, Utah et Omaha (troupes américaines), Gold (troupes britanniques), Juno (troupes canadiennes) et Sword (troupes britanniques et détachement français).

Les hommes progressent sur les plages sous le feu des Allemands qui tirent du haut des blockhaus, ces derniers étant eux-mêmes pilonnés par les cuirassés alliés depuis le large.

La résistance de la Wehrmacht est rude en dépit de la médiocrité des troupes, en particulier sur Omaha Beach où les Américains frôlent la catastrophe.

À l'ouest de cette plage, un commando de Rangers escalade avec grappins, échelles et cordes la pointe du Hoc sous le feu ennemi. On lui a demandé de détruire à titre préventif une grosse batterie d'artillerie mais quand les survivants du commando arrivent à l'endroit en question, c'est pour s'apercevoir que les six canons de la batterie ont été démontés et mis à l'abri par crainte des bombardements !


Une tête de pont cher payée

La chance sourit en définitive aux Alliés. Pendant toute la journée, ils n'ont à affronter que deux avions de chasse allemands. Quant aux redoutables Panzers ou chars d'assaut allemands, ils sont inexplicablement restés en réserve à l'intérieur des terres, mis à part une contre-attaque au petit matin sur Sainte-Mère-Église.

C'est ainsi qu'à la fin de la journée, malgré les cafouillages et les fautes du commandement, 135.000 hommes ont déjà réussi à poser le pied sur le sol français. À noter la présence de 177 fusiliers-marins des Forces Françaises Libres sous le commandement du capitaine de corvette Philippe Kieffer parmi les troupes qui ont débarqué à Sword. Ce commando français s'illustre dans la prise du port d'Ouistreham.

Les émouvants cimetières blancs des falaises témoignent encore aujourd'hui du prix de ces actions héroïques, sanglantes et souvent désordonnées.

Les Américains déplorent 3.400 tués et disparus, les Britanniques 3.000, les Canadiens 335 et les Allemands 4.000 à 9.000. Les trois cinquièmes des pertes alliées se sont produites sur la plage Omaha. Mais, au total, les pertes des Alliés s'avèrent beaucoup moins importantes que le général Eisenhower ne le craignait.

Les bombardements massifs des villes normandes et des noeuds de communication ont par ailleurs causé la mort de 2500 civils.

Au soir du 6 juin, les Alliés ont finalement réussi à établir une tête de pont sur la côte. Ils n'ont pas atteint tous les objectifs fixés par l'état-major, en particulier la prise de Caen, confiée aux Britanniques, mais leur implantation est solide et ils peuvent mettre en place toute la logistique indispensable à une offensive de longue haleine.

La « guerre des haies »

Les Anglo-Saxons avaient prévu dans les moindres détails le débarquement et l'occupation des plages mais ils avaient sous-estimé les difficultés du combat dans le bocage normand, avec ses haies très denses qui freinent la progression des blindés et privent les hommes de toute visibilité. Pendant plusieurs jours, ils vont piétiner sur une tête de pont profonde d'à peine une dizaine de kilomètres.

Depuis les plages d'Utah et Omaha, la 1ère armée américaine du général Bradley progresse enfin vers Cherbourg, dont elle s'empare le 26 juin, mais les Alliés n'en tireront aucun profit car le port a été rendu inutilisable par les Allemands.

Le général américain se dirige ensuite vers la Bretagne mais se heurte à la résistance de Saint-Lô...

Devant Caen, où le terrain est relativement dégagé, Montgomery a cru pouvoir forcer le passage dans la journée du 6 juin ! Mais les blindés allemands du colonel Meyer lui opposent une résistance farouche. En désespoir de cause, un mois plus tard, le 6 juillet 1944, le Britannique fait appel à l'aviation. Mauvaise idée...

La capitale historique de la Normandie est littéralement pulvérisée par les vagues de bombardiers. Cela ne va pas pour autant faciliter l'avance de Montgomery. Ses blindés sont bloqués par les gravats ! Et tandis que la population civile de la ville a été décimée, les soldats allemands n'ont subi que très peu de pertes et vont résister jusqu'à la fin juillet.

Désespérant de sortir de la presqu'île du Cotentin, les Alliés décident dès lors de bombarder les villes de Basse-Normandie à l'égal de Caen, au motif de briser les communications ennemies. Ces bombardements sans véritable nécessité stratégique vont causer 14.000 victimes dans la population civile, dont 2.500 dans les premières heures du débarquement.

Le 31 juillet, les chars de Patton arrivent à percer le front à Avranches, au sud-ouest, sur la baie du mont Saint-Michel.

Sur ordre de Hitler, les Allemands venus de la vallée de la Seine tentent dans un ultime sursaut d'isoler les Américains mais se font piéger dans la « poche » de Falaise. Ils arrivent néanmoins à en sortir sans dommage et refluer en bon ordre vers l'Allemagne.

La « guerre des haies » aura duré près de huit semaines. La Normandie est définitivement libérée le 12 septembre 1944 avec la prise du Havre, de l'autre côté de l'estuaire de la Seine, une semaine après que le port aura été à son tour réduit en cendres.

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 7 juin 1520 : Le Camp du Drap d'Or   Mar 7 Juin - 20:54



7 juin 1520 : Le Camp du Drap d'Or

Les rois de France et d'Angleterre se rencontrent du 7 au 24 juin 1520 à proximité de Calais.

Leur entrevue se déroule dans un camp de toile d'un luxe inouï. François 1er, dans le désir d'épater son hôte, s'est offert une tente de drap d'or doublé de velours bleu. D'où le surnom de «Camp du Drap d'Or» qu'a gardé cette rencontre.

Une fanfaronnade de trop

L'année précédente, le roi de France François 1er s'est étourdiment endetté pour se faire élire à la tête du Saint Empire romain germanique. Battu, il en garde rancune au vainqueur, Charles Quint, et veut contre lui nouer une coalition avec l'Anglais Henri VIII. C'est dans cette perspective qu'il organise la rencontre du «Camp du Drap d'Or».

François 1er (25 ans) et Henri VIII (28 ans) sont alors au faîte de leur gloire. L'un et l'autre sont des gentilshommes de la Renaissance, cultivés, charmeurs et sportifs.

Pendant trois semaines, la vie de cour va étaler toutes ses séductions au milieu des tournois et des fêtes. C'est une première dans l'Histoire de l'Europe.

Henri VIII n'aime pas beaucoup François 1er et celui-ci va encore trouver moyen de l'humilier par un excès de fanfaronnade. À l'Anglais, obèse, qui lui propose de lutter, le vainqueur de Marignan ne se le fait pas dire deux fois et, pour plaire à l'assistance féminine, fait chuter Henri sans façon.

Du coup, les diplomates ont le plus grand mal à s'entendre sur un traité et les festivités s'achèvent sur un échec diplomatique... en creusant un peu plus la dette du roi de France. Deux semaines à peine après les embrassades du Camp du Drap d'Or, Henri VIII rencontre Charles Quint dans des conditions autrement plus modestes.

Avec l'empereur (20 ans), qui est le neveu de sa femme Catherine d'Aragon, le roi d'Angleterre signe un traité secret contre le roi de France ! Tout cela s'achèvera par la défaite des armées françaises et la capture du roi de France à Pavie, près de Milan cinq ans plus tard.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 8 juin 1794 : Fête de l'Être suprême   Mer 8 Juin - 20:54



8 juin 1794 : Fête de l'Être suprême

Maximilien de Robespierre conduit le 8 juin 1794 (20 prairial An II) la première fête en l'honneur de l'Être suprême.

L'Être suprême plutôt que Dieu

Depuis l'exécution de son principal rival, Danton, le 5 avril 1794, Maximilien de Robespierre écrase de son autorité le Comité de Salut public (le gouvernement révolutionnaire) ainsi que l'assemblée de la Convention.

Celle-ci est dominée par les députés de la Montagne. Alliés aux sans-culottes des sections et des clubs parisiens, ils sont disposés à suivre Robespierre sur le chemin sans fin de la Révolution.

Robespierre a recours à la Terreur contre les citoyens suspects de tiédeur révolutionnaire. Il est décidé d'autre part à mener la déchristianisation de la France à son terme.

Mais l'«Incorruptible» ne veut pas priver le peuple de références religieuses et morales car il caresse l'idéal rousseauiste d'une société vertueuse, démocratique et égalitaire. C'est ainsi qu'à son initiative, l'assemblée révolutionnaire introduit le 8 mai 1794 le culte de l'Être suprême.

Arrive le jour fixé pour la fête de la nouvelle divinité sans nom et sans visage. Il coïncide avec le dimanche de la Pentecôte.

Robespierre marche en tête d'un cortège magnifique ordonné par le peintre David, un bouquet de fleurs et d'épis à la main, des Tuileries au Champ-de-Mars. Le ridicule de la cérémonie suscite des ricanements dans la foule et dans l'entourage de l'«Incorruptible». Celui-ci, qui s'en aperçoit, dissimule mal son ressentiment.

Quelques semaines plus tard, la victoire de Fleurus rassure les conventionnels sur le sort du pays Elle les convainc de se défaire d'un chef devenu encombrant et décidément imprévisible. La chute de Robespierre le 9 thermidor de l'An II (27 juillet 1794) entraîne la disparition du culte de l'Être suprême.

Il s'écoulera encore près de dix ans avant que la religion catholique ne retrouve, avec le concordat, les faveurs des autorités publiques.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 9 juin 1815 : Acte final du Congrès de Vienne   Jeu 9 Juin - 20:54



9 juin 1815 : Acte final du Congrès de Vienne

Le 9 juin 1815 est signé l'Acte final du Congrès de Vienne. Ce document de 300 pages en français (la langue universelle de l'époque) redéfinit les contours de l'Europe après la chute de Napoléon 1er.

Le Congrès s'amuse

Les Alliés se réunissent à Vienne sous l'égide de l'empereur et de son chancelier et ministre des Affaires étrangères, l'habile Metternich (42 ans). La France se fait représenter par le non moins habile Talleyrand (60 ans).

Talleyrand s'incline devant le partage du grand-duché de Varsovie (résurgence de l'ancienne Pologne) mais se flatte de sauver le royaume de Saxe, traditionnel allié de la France, sur lequel lorgnait la Prusse. Celle-ci se console en annexant la Rhénanie !...

De la même façon que les Polonais sont assujettis à leurs voisins sans qu'on leur demande leur avis, les Belges sont réunis à leurs frères ennemis du nord dans le royaume des Pays-Bas. Les Anglais veulent ce faisant prévenir une nouvelle annexion de la Belgique et surtout du port d'Anvers par les Français.

Les Italiens de Lombardie et de Vénétie sont quant à eux réunis dans un « royaume lombardo-vénitien », partie intégrante de l'empire d'Autriche.

Les négociations sont houleuses mais n'empêchent pas les très nombreux participants de s'amuser dans un tourbillon de fêtes qui ressuscitent pour un temps l'art de vivre de l'aristocratie du XVIIIe siècle.

Négociateurs et fêtards sont à peine troublés lorsqu'ils apprennent que le 1er mars 1815, Napoléon, l'empereur déchu, a quitté son royaume d'opérette de l'île d'Elbe et débarqué à Golfe-Juan en vue de reprendre sa place à la tête de la France.

Les anciens Alliés se remobilisent contre l'Usurpateur. La France, malgré les efforts de ses représentants, ne peut éviter une remise en cause du traité de Paris. Elle doit se préparer à la perte de quelques nouveaux territoires et à une occupation militaire que consacrera un deuxième traité de Paris.

L'Acte final

Le congrès clôt ses travaux sans même attendre la défaite définitive de Napoléon 1er à Waterloo (18 juin 1815).

– La Russie s'accroît de la plus grande partie de l'ancien grand-duché de Varsovie, transformé en un « royaume de Pologne » directement inféodé au tsar.

– La Prusse reçoit la Poméranie suédoise, la Saxe du nord et surtout la Westphalie et la plus grande partie de la Rhénanie.

– L'Autriche met la main sur la Lombardie et la Vénétie, la côte adriatique (Illyrie et Dalmatie), le Tyrol et Salzbourg.

– La mosaïque allemande est réduite de 350 États à seulement 39, réunis au sein d'une Confédération germanique sans plus de pouvoir que l'ancien Saint Empire romain germanique.

– La péninsule italienne n'est plus divisée qu'en sept États.

– L'Espagne et le Portugal retrouvent leurs souverains... mais voient leurs empires coloniaux se disloquer peu à peu.

– La Suède enlève la Norvège au Danemark, tout en concédant aux Norvégiens une très large autonomie.

– L'Angleterre s'assure des bases stratégiques : Malte en Méditerranée, Heligoland dans la mer du Nord, Le Cap à la pointe de l'Afrique. Elle s'enrichit de quelques îles à épices enlevées aux Hollandais (Tobago, Ceylan) et aux Français (Sainte-Lucie, île de France, aujourd'hui Maurice).

À ces tractations territoriales, l'Acte final du Congrès de Vienne ajoute quelques proclamations de principe importantes : libre circulation sur les fleuves internationaux que sont le Rhin et la Meuse, interdiction de la traite des Noirs.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 10 juin 1794 : La Grande Terreur   Ven 10 Juin - 20:54



10 juin 1794 : La Grande Terreur

Par le décret du 22 prairial An II (10 juin 1794), l'assemblée de la Convention réduit les procès révolutionnaires à une simple formalité.

Elle supprime toute défense aux personnes déférées devant le Tribunal révolutionnaire et ne laisse aux jurés de ce tribunal que le choix entre l'acquittement et la mort !

Dès lors, Antoine Fouquier-Tinville, l'accusateur public de ce tribunal d'exception créé le 10 mars 1793, va pouvoir donner toute sa mesure...

Fuite en avant

L'assemblée parisienne a mis « la Terreur à l'ordre du jour » le 5 septembre 1793 mais la répression, les arrestations arbitraires et la peur de la guillotine ne suffisent pas à faire reculer les menaces qui pèsent sur la Révolution et la République. Celles-ci sont tout à la fois menacées par l'opposition royaliste, les catholiques restés fidèles à leur foi et les gouvernements étrangers qui craignent les velléités expansionnistes des armées françaises.

Saint-Just menace dès le 10 octobre 1793 : « Il n'y a point de prospérité à espérer tant que le dernier ennemi de la liberté respirera. Vous avez à punir non seulement les traîtres, mais les indifférents mêmes : vous avez à punir quiconque est passif dans la République et ne fait rien pour elle... »

Devant la Convention, le 5 février 1794, Maximilien de Robespierre, qui préside le Comité de Salut Public, autrement dit le gouvernement du pays, tente de préciser les objectifs politiques de la Terreur : « Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la vertu et la terreur : la vertu sans laquelle la terreur est funeste ; la terreur sans laquelle la vertu est impuissante. La Terreur n'est pas autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible [...] elle est une conséquence du principe général de la démocratie, appliqué aux pressants besoins de la patrie ! »

Il convainc les députés de voter le décret du 22 prairial. C'est le début de la Grande Terreur à Paris comme dans les départements, avec la suppression de toute garantie judiciaire pour les accusés. Au total, la chasse aux suspects par la Convention montagnarde et le Comité de Salut Public vont faire environ 40 000 victimes dans l'ensemble du pays, du 5 septembre 1793 à la chute de Robespierre, le 27 juillet 1794. 17 000 victimes sont guillotinées et les autres tuées de diverses façons.

En province, les représentants en mission répriment les menées anti-révolutionnaires avec plus ou moins de zèle.

À l'opposé de la vertu revendiquée par Robespierre, nombreux sont ceux qui étalent leurs vices et affichent des comportements dissipés. Dans le même temps, ils outrepassent les intentions de Robespierre et pratiquent des massacres inconsidérés, à grande échelle et non sans sadisme. Ainsi Carrier à Nantes, avec les noyades collectives dans la Loire ; Fouché et Collot d'Herbois à Lyon avec les mitraillades dans la plaine des Brotteaux. Ces criminels d'État vont néanmoins survivre à leurs méfaits. Ils tourneront casaque le moment venu, à la chute de l'Incorruptible...

Malgré ces excès, la France se reprend à espérer. À l'intérieur, les révoltes sont étouffées, Vendée mise à part. Lyon et Toulon se soumettent et, aux frontières, les armées reprennent vigueur... La victoire de Fleurus écarte le danger d'invasion.


Le sursaut

À l'été 1794, la sécurité de la France semble enfin assurée. Beaucoup de députés de la Convention aspirent désormais à profiter tranquillement de leur pouvoir ainsi que de leurs richesses (souvent mal acquises). Ils ont le sentiment que les principaux buts de la Révolution ont été atteints et se réjouissent des perspectives de conquête ouvertes par la victoire des armes. L'abolition des privilèges de naissance est irréversible, les « frontières naturelles » sont à portée de main et la séparation de l'Église et de l'État est entrée dans les faits.

Les députés s'impatientent devant le régime de Terreur sur lequel s'appuie Robespierre et qui constitue une menace perpétuelle au-dessus de leurs têtes. Ils reprochent par ailleurs à l'Incorruptible d'avoir instauré la Fête de l'Être suprême et de préparer ainsi le retour de la religion. Ils s'inquiètent aussi de ses tractations secrètes avec l'Angleterre, en prélude à un accord de paix qu'ils jugent prématuré.

Fin juillet 1794, après sept semaines de folie meurtrière, le temps de la Grande Terreur... et celui de Robespierre leur semble révolu.
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MessageSujet: 11 juin 1726 : Fleury devient premier ministre de Louis XV   Sam 11 Juin - 20:54



11 juin 1726 : Fleury devient premier ministre de Louis XV

Le cardinal de Fleury, par François Stiemart (musée national du château de Versailles)Le 11 juin 1726, André-Hercule de Fleury (73 ans) devient Premier ministre de Louis XV en remplacement du duc de Bourbon. L'ancien précepteur du jeune roi de France (16 ans) reçoit par la même occasion le chapeau de cardinal comme avant lui les Premiers ministres Richelieu, Mazarin et Dubois.

Il gouverne le pays avec sagesse jusqu'à sa mort, le 29 janvier 1743, à l'âge de 90 ans (cela fait de lui le plus vieux Premier ministre qu'ait eu la France). Dédaignant les fastes de Versailles, il retourne chaque soir dans sa chambre du séminaire d'Issy-les-Moulineaux.

Sous son ministère, le cours de la monnaie est stabilisé. L'industrie, de même que le commerce avec les colonies sucrières, connaissent un essor remarquable. Mais le cardinal réfrène les ambitions maritimes de son ministre Maurepas. Pour ne pas irriter l'Angleterre, il limite la flotte de guerre, la Royale, à la moitié du tonnage de sa rivale, la Royal Navy.

Pacifique, le cardinal se contente en 1733 d'une modeste intervention dans la guerre de la Succession de la Pologne en faveur du père de la reine, le roi Stanislas. Celui-ci, battu, échange le royaume de Pologne contre le duché de Lorraine, lequel reviendra à la France à sa mort (1766). Mais si pacifique qu'il soit, le cardinal ne peut éviter la désastreuse guerre de la Succession d'Autriche, consécutive à la mort de Charles IV de Habsbourg et à l'accession au trône de sa fille Marie-Thérèse. Il meurt peu après le déclenchement des hostilités.
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MessageSujet: 12 juin 1935 : Un armistice met fin à la guerre du Chaco   Dim 12 Juin - 20:54



12 juin 1935 : Un armistice met fin à la guerre du Chaco

La vaste plaine du Chaco, inhospitalière mais supposée riche en pétrole, a été l'enjeu d'une guerre meurtrière entre le Paraguay et la Bolivie de 1932 à 1935.

Elle s'achève sur un armistice, le 12 juin 1935, avec de graves conséquences pour le pays vaincu, la Bolivie.

Montée des tensions

La Bolivie a bénéficié à sa naissance d'un accès à l'océan mais l'a perdu à la suite de la guerre du Pacifique, de 1879 à 1883, à l'issue de laquelle le Chili a annexé toute sa zone côtière. Pour sortir de son enclavement, l'ancien Haut-Pérou convoite la rivière Paraguay car elle lui permettrait de rejoindre l'estuaire de La Plata, sur l'océan Atlantique. Cette rivière délimite la frontière orientale de la Bolivie et traverse le Chaco, une région partagée entre l'Argentine, le Paraguay et la Bolivie.

Pour compliquer l'enjeu, voilà que l'on prétend au début du XXe siècle que le Chaco pourrait abriter du pétrole... La rumeur se révèlera infondée et le pétrole se fait toujours attendre !

Toujours est-il que la Bolivie construit des forts dans une zone que le Paraguay considère comme sienne. Ce dernier riposte en construisant ses propres forts et en incitant des Mennonites à s'implanter dans le Chaco, au cours des années 1920. La rudesse de la zone n'effraie pas ces austères colons protestants germanophones qui ont fui l'Ukraine ou la Russie pour échapper au service militaire.

Parallèlement, les rivalités entre la Standard Oil Company of New Jersey, appartenant aux Rockefeller et présente en Bolivie, et la Royal Dutch Shell, soutenue par les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, du côté paraguayen, s'accentuent.

Victoire de David sur Goliath

En juin 1932, quand une patrouille bolivienne s'empare d'un fortin paraguayen, c'est la guerre. La supériorité militaire de la Bolivie ne fait pas de doute : le pays est trois fois plus peuplé que le Paraguay et son armée a bénéficié d'un bon entraînement dispensé par un général allemand et dispose de stocks d'armes importants, acquis grâce à des prêts de banques américaines.

Mais les soldats boliviens, des Indiens originaires des hauts plateaux andins, supportent mal le climat chaud et sec des plaines du Chaco et ne montrent aucune motivation pour cette guerre. À la surprise générale, la maîtrise du terrain et une tactique efficace permettent au Paraguay de s'emparer progressivement de la majeure partie du Chaco, au prix d'âpres combats.

Après trois années de guerre et près de 100 000 morts, soit le quart des effectifs engagés (sans doute un record historique !), les protagonistes signent enfin un armistice très favorable au Paraguay qui se voit attribuer la majorité des territoires disputés par les deux pays. La Bolivie obtient pour sa part un corridor jusqu'à la rivière Paraguay.

Les anciens combattants au pouvoir

Cette défaite alimente une immense frustration parmi les soldats boliviens, qui ont souffert de la violence des combats et de la soif et se sont sentis manipulés par des puissances étrangères.

Elle est perçue comme d'autant plus humiliante que le pays a perdu depuis l'indépendance la moitié de son territoire au bénéfice de ses voisins. La faiblesse de la classe politique apparaît de façon flagrante. Des organisations d'anciens combattants se mettent sur pied et de nouveaux partis apparaissent, de sensibilité révolutionnaire ou populiste, en rupture avec l'oligarchie des « barons de l'étain », ce minerai constituant la principale richesse du pays.

La Bolivie, hésitant entre le communisme russe et le fascisme européen, entre dans la période du « socialisme militaire » avec deux militaires qui occupent successivement la présidence de la République.

En 1943, un coup d'État mené par des officiers ultranationalistes, anciens combattants du Chaco, renverse le président et met sur pied un régime d'obédience fasciste. Washington, soucieux de ne pas se brouiller avec un pays au sous-sol riche en étain, nécessaire à l'effort de guerre, se résout à l'existence de ce régime.

Au Paraguay, le colonel Rafael Franco, héros de la guerre du Chaco, profite de sa popularité pour mener une révolution contre les politiciens libéraux au pouvoir. Il n'a cependant pas le temps de réaliser son programme réformiste.

Un an et demi après son arrivée au pouvoir, un autre militaire à poigne, le général Estigarribia, le renverse et prend des mesures autoritaires de rétablissement de l'ordre face au désordre général. Le général Morinigo, qui lui succède après sa mort accidentelle, impose une véritable dictature militaire et rapproche son pays de l'Allemagne nazie.

La guerre du Chaco a inspiré au dessinateur Hergé le sixième album des aventures de Tintin, L'Oreille cassée (1937).

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MessageSujet: 13 juin 313 : Constantin promulgue l'édit de Milan   Lun 13 Juin - 20:59



13 juin 313 : Constantin promulgue l'édit de Milan

Le 13 juin 313, l'empereur Constantin, fort de sa victoire du pont Milvius sur son rival Maxence, promulgue l'édit de tolérance de Milan par lequel il légalise le christianisme. C'est un retournement inattendu après la « Grande Persécution » inaugurée dix ans plus tôt par les tétrarques Dioclétien et Galère.

La religion devient une affaire individuelle

L'édit de Milan n'est pas le premier du genre. D'autres l'ont précédé, y compris celle de Galère, deux ans plus tôt. Mais il se singularise par le fait qu'il introduit un élément nouveau dans la société romaine, à savoir la liberté religieuse.

Jusque-là, la religion était une affaire de communauté et d'identité ethnique. On suivait la religion de ses ancêtres et de son groupe. L'édit de Milan reconnaît à chaque individu la faculté de suivre la religion de son choix. C'est un changement radical de paradigme que relève Marie-Françoise Baslez, professeur d'histoire des religions à la Sorbonne.

L'édit de Milan lève par ailleurs les interdits qui pèsent sur la communauté des chrétiens. Les Églises locales se voient restituer les biens qui leur ont été confisqués, même lorsqu'ils ont été vendus à des particuliers.

Christianisation des moeurs

Dès lors, tout change assez vite. Le christianisme rassemble à cette date un vingtième à peine de la population de l'empire romain (cinquante millions d'habitants environ). Il est surtout présent en Anatolie et en Afrique du Nord. Né dans les classes populaires, il gagne de plus en plus la faveur des classes supérieures et des élites intellectuelles et urbaines. Fort de la protection impériale, il va prendre son essor et s'imposer en quelques décennies comme la seule religion officielle de l'empire...

Dans un premier temps, Constantin, discret sur ses convictions personnelles, continue de présider aux rituels païens en sa qualité de pontifex maximus (grand pontife). Il ménage aussi le Sénat qui siège à Rome et dont tous les membres sont restés fidèles au paganisme traditionnel. Il se contente d'interdire les sacrifices d'animaux, qu'il a en horreur.

Mais l'Église prend ses aises. Elle devient un élément de stabilité et un point de repère dans un empire brinquebalant.

Tandis que périclitent les institutions administratives, elle affirme sa solidité, fondée sur la légitimité démocratique et une hiérarchie respectée.

Les évêques sont élus par le peuple et désignent eux-mêmes des suppléants parmi les hommes âgés (prêtres) pour guider la communauté.

Lors de la fondation de la « Nouvelle Rome » (Constantinople), l'empereur veille à en exclure toute présence du paganisme. Seul le christianisme y a droit de cité. À Rome même, Constantin engage la construction des basiliques de Saint-Pierre, du Latran et de Saint-Paul-hors-les-murs.

Ainsi la religion chrétienne devient-elle la référence dominante autour de la Méditerranée, au IVe siècle.
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MessageSujet: 14 juin 1830 : Les Français débarquent en Algérie   Mar 14 Juin - 20:54



14 juin 1830 : Les Français débarquent en Algérie

Le 14 juin 1830, les troupes françaises débarquent près d'Alger en vue d'une petite expédition punitive destinée à restaurer le prestige du gouvernement.

Dérisoire imbroglio

La ville et le territoire de l'Algérie actuelle sont alors sous la suzeraineté théorique du sultan d'Istanbul depuis trois siècles sous le nom de «Régence d'Alger». Dans les faits, l'intérieur du pays est livré à l'abandon, insoumis et réticent à l'islamisation. Le territoire compte environ trois millions d'habitants (contre 36 millions pour la France de la même époque).

La conquête française, si lourde de conséquences pour la France comme pour l'Algérie, résulte d'un imbroglio dérisoire.

En 1798, le gouvernement du Directoire achète du blé à la Régence d'Alger pour les besoins de l'expédition du général Bonaparte en Égypte. Le blé est financé par un emprunt de la France auprès de familles juives d'Alger. Celles-ci demandent une garantie du dey qui gouverne la ville.

En 1827, le dey d'Alger, Hussein, frappe «du manche de son chasse-mouches» le consul de France Deval, un affairiste qui refuse non sans insolence de s'engager sur le remboursement du prêt.

Le président du ministère français, Villèle, demande réparation au dey pour l'offense faite à son consul mais n'obtient aucun semblant d'excuse.

Une affaire intérieure

Confronté deux ans plus tard à la fronde des députés, le roi Charles X éprouve le besoin de restaurer au plus vite son image. C'est ainsi que, le 3 mars 1830, dans le discours du trône, il évoque pour la première fois l'idée d'une expédition punitive destinée à obtenir réparation de la dette ainsi qu'à détruire le repaire de corsaires installé dans la régence d'Alger et mettre fin à l'esclavage.

Le comte Louis de Bourmont, ministre de la Guerre dans le gouvernement Polignac, est nommé «Commandant en chef de l'expédition en Afrique»

Les journaux de l'opposition multiplient les critiques à l'égard de ce militaire sans envergure. «M. de Bourmont veut être maréchal : il mérite le bâton !» écrit Le Figaro (en définitive, il aura bien le bâton de maréchal à l'issue de l'expédition d'Alger). Mais la flotte n'appareille pas moins de Toulon le 25 mai 1830 avec 453 navires, 83 pièces de siège, 27.000 marins et 37.000 soldats.

Prise d'Alger

Les troupes françaises débarquent sur la plage de Sidi Ferruch, à 25 km d'Alger. Pendant ce temps, la flotte bombarde les défenses de la ville, en particulier la citadelle de Fort-l'Empereur, ainsi nommée en souvenir de Charles Quint !

Le dey capitule enfin le 5 juillet, après plusieurs jours de difficiles combats contre les troupes turques qui font 415 tués et 2160 blessés dans le corps expéditionnaire. 48 millions de francs prélevés dans son trésor permettent de couvrir les frais de l'expédition.
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MessageSujet: 15 juin 1752 : Franklin invente le paratonnerre   Mer 15 Juin - 20:54

15 juin 1752 : Franklin invente le paratonnerre

Dans la nuit du 15 juin 1752, à Philadelphie (Pennsylvanie), Benjamin Franklin met à profit un violent orage pour lancer un cerf-volant de son invention et capter l'électricité atmosphérique.

Au péril de sa vie et avec une rare inconscience, le savant démontre ainsi la nature électrique des éclairs.


Expérience du cerf-volant


Benjamin Franklin conduisait des recherches sur la nature de l'électricité. Il était convaincu que les éclairs étaient de nature électrique.

Une partie de la communauté scientifique, et principalement la Royal Society, portait peu d'intérêt à ses recherches, et traitait avec ridicule ses explications sur la nature électrique des éclairs.

Benjamin Franklin publia en 1750 le protocole d'une expérience, proposant de faire voler un cerf-volant au cours d'un orage, une clef métallique attachée au fil du cerf-volant.

Cette expérience mena à l'invention du paratonnerre.

L’expérience prouvait nettement que le phénomène des orages était de nature électrique. On arriva ainsi à déterminer que la terre jouait un rôle actif dans le déroulement d’un coup de foudre.

La pointe extrême du cerf-volant déchargeait les nuages orageux, sorte de monstrueuse batterie électrique.

Il parut dès lors possible au savant américain d’imaginer un appareil qui attirât la foudre, la captât et la conduisît en lieu sûr, préservant ainsi les habitations d’alentours.

La foudre frappant de préférence les objets élevés et détruisant principalement les corps mauvais conducteurs, il fallait donc présenter à l’orage un corps bon conducteur, qui permit au fluide électrique de s’écouler normalement vers le sol.

Le paratonnerre fut conçu afin d'« écouler à la terre le fluide électrique contenu dans le nuage orageux et ainsi empêcher la foudre de tomber ».

Dans la pratique, le câble conducteur d’un paratonnerre aboutit à un puits contenant de l’eau où le courant électrique se perd. Faute de cette précaution, il pourrait arriver que la violence d’un coup de foudre soit suffisante pour faire fondre le câble.

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MessageSujet: 16 juin 877 : Capitulaire de Quierzy   Jeu 16 Juin - 20:54



16 juin 877 : Capitulaire de Quierzy

Le 16 juin 877, le roi carolingien Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, réunit à Quierzy-sur-Oise ses compagnons de combat (en latin comites, dont nous avons fait comtes). Il veut les emmener en Italie secourir le pape menacé par les Sarrasins. Mais ses compagnons rechignent à une nouvelle expédition. Ils appréhendent de quitter les terres qu'ils ont reçu mission de défendre.

Pour les rassurer, le souverain promet de ne pas leur enlever ces terres et de les laisser à leur héritier s'il advenait qu'ils meurent pendant l'expédition. Cette concession parachève la féodalité, un ordre social inédit, caractéristique de la chrétienté médiévale et fondé sur des liens personnel entre supérieur (suzerain) et inférieur (vassal).

L'hérédité en récompense des services rendus

Les prémices de la féodalité apparaissent à l'époque de Carloman et Pépin le Bref, fils de Charles Martel : à la faveur des conciles de 742 et 743 présidés par saint Boniface, il est demandé aux compagnons du souverain de servir celui-ci en contrepartie des biens qu'il aura confiés à leur garde, essentiellement des domaines terriens qualifiés de fiefs.

Les historiens voient dans cette disposition le premier exemple d'un engagement personnel de type vassalique.

En échange des services rendus et en contrepartie d'un hommage, les compagnons du souverain pouvaient pleinement jouir des revenus de leurs terres jusqu'à leur mort mais non pas les céder à leurs héritiers.

À Quierzy-sur-Oise, pour les amadouer donc, Charles le Chauve leur présente un capitulaire, autrement dit un texte réglementaire, par lequel il garantit les droits de leurs fils sur leurs terres au cas où ils viendraient à mourir pendant l'expédition.

Ce capitulaire de Quierzy-sur-Oise témoigne de la mise en place progressive d'une noblesse héréditaire et terrienne destinée à suppléer aux défaillances du pouvoir royal.

Au fil du temps, la plus grande partie de l'empire carolingien passe sous la tutelle d'un seigneur. Les grands barons délèguent à leur tour une partie de leurs terres à leurs compagnons. En échange, ces derniers leur rendent également hommage et les assistent à la guerre.

Il s'ensuit après l'An Mil une société fortement hiérarchisée où chaque noble est lié à son supérieur hiérarchique, appelé suzerain, par un engagement exclusif ; lui-même, appelé vassal (du bas latin vassus, serviteur), attend assistance et protection de son suzerain.

Il en résultera la «société féodale», fondée sur des allégeances personnelles du vassal au suzerain. Dans ce cadre, chacun a un suzerain qui est son supérieur hiérarchique, à l'exception du roi qui trône au sommet. Cet ordre social sera qualifié rétrospectivement par les historiens de féodalité (mot dérivé de fief ou peut-être du latin feudus, qui se rapporte à la confiance).
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MessageSujet: 17 juin 1953 : Insurrection ouvrière à Berlin-Est   Ven 17 Juin - 17:54



17 juin 1953 : Insurrection ouvrière à Berlin-Est

Une insurrection ouvrière éclate à Berlin-Est, le 16 juin 1953, à l'initiative des ouvriers du bâtiment qui travaillent sur la Stalinallee. Elle s'étend le lendemain à toutes les villes de la République Démocratique Allemande.

Les ouvriers dénoncent l'augmentation des cadences dans les usines et les chantiers, à salaire constant. Ces nouvelles conditions de travail leur ont été imposées par le gouvernement communiste que l'Union soviétique a mis en place dans sa zone d'occupation militaire, après l'effondrement de l'Allemagne nazie.

Naissance de la RDA

La zone d'occupation a été transformée en un État communiste, la République Démocratique Allemande (ou RDA) le 7 octobre 1949, après que les occupants en eurent pillé les ressources et transféré chez eux une grande partie des machines et des équipements industriels.

Staline a placé à la tête de la RDA le secrétaire général du parti socialiste unifié (Sozialistische Einheits Partei, ou SED), Walter Ulbricht. Celui-ci collectivise sans tarder les grandes propriétés agricoles des anciens nobles prussiens, les Junkers. Il pressure par ailleurs la classe ouvrière.

Mais après la mort de Staline, le 5 mars 1953, un séisme politique secoue le Kremlin. Beria, le nouvel homme fort de Moscou, annonce une amnistie politique pour un million de prisonniers soviétiques.

L'insurrection de l'espoir

Dans les pays soumis au joug soviétique, on se prend à espérer... C'est ainsi qu'éclate en RDA l'insurrection ouvrière de juin 1953. À Berlin-Est, la capitale, 60.000 manifestants s'en prennent aux symboles du pouvoir communiste.

Walter Ulbricht, faute de mieux, appelle les Soviétiques à la rescousse. Les chars noient l'insurrection dans le sang, au prix d'un grand nombre de victimes. Au moins 80 morts et 25.000 arrestations.

Ce soulèvement démocratique et anticommuniste vaut à Beria, le successeur de Staline, d'être évincé du pouvoir le 26 juin suivant, arrêté et aussitôt exécuté sur les ordres d'un apparatchik, Nikita Khrouchtchev.

La répression laisse les Occidentaux indifférents. Au plus fort de la guerre froide et quelques mois à peine après les éloges dithyrambiques qui ont accompagné les funérailles de Staline, ils se résignent à la coupure de l'Europe en deux.

Les Allemands de l'Est échappent comme ils le peuvent à la répression. Sur 19 millions d'habitants, plus de 3 millions s'enfuient à l'Ouest avant la construction du mur de Berlin le 13 août 1961.
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MessageSujet: 18 juin 1815 : Crépuscule à Waterloo   Sam 18 Juin - 20:58



18 juin 1815 : Crépuscule à Waterloo

L'épopée napoléonienne s'achève le 18 juin 1815 à une vingtaine de kilomètres au sud de Bruxelles, entre les villages de Waterloo et Mont-Saint-Jean.

L'empereur Napoléon 1er (45 ans) est vaincu par une coalition anglo-prussienne conduite avec brio par le duc de Wellington, né Arthur Wellesley (45 ans), et le feld-maréchal prussien Gebhardt von Blücher (72 ans).

Sa défaite va clore la période révolutionnaire et inaugurer en Europe près d'un siècle de prospérité et de paix relative, sous l'égide de monarchies conservatrices.

Fin des Cent Jours

Onze mois après son départ pour l'île d'Elbe, Napoléon 1er réintègre le 20 mars 1815 son palais des Tuileries.

Il réunit en toute hâte 128.000 vétérans, soit à peu près la moitié de toute l'armée française. Il attaque les Anglais et les Prussiens en Belgique, avant qu'ils ne soient rejoints par les Autrichiens et les Russes.

La bataille

L'Empereur pénètre en Belgique à la tête de ses troupes, le 15 juin, et traverse la Sambre à Charleroi en vue de se placer entre les deux armées ennemies.

– Contre les Prussiens du feld-maréchal Blücher, il envoie son aile droite commandée par Grouchy.

– Contre les Anglais duc de Wellington, il envoie son aile gauche commandée par le maréchal Ney. Lui-même se tient prêt à porter secours aux uns et aux autres.

Les Prussiens sont battus le 16 juin à Ligny, entre Charleroi et Namur. Ils se retirent en bon ordre. Napoléon ordonne à Grouchy de les poursuivre avec 33.000 hommes et d'empêcher leur jonction avec les Anglais.

Le lendemain, les Anglais se retirent vers le nord et se retranchent solidement sur le plateau du Mont-Saint-Jean, au sud du village de Waterloo.

Enfin arrive la rencontre fatale...

Le sol est détrempé par un violent orage survenu la veille et l'artillerie française se déplace mal. L'attaque doit être différée jusqu'à la fin de la matinée.

Les défenses anglaises se montrent d'une redoutable efficacité et les canons font des ravages dans les rangs français. Décontenancé, Napoléon se résout à reporter son attaque sur le centre.

Vers 16 heures, Ney emporte la Haie-Sainte, au centre du dispositif ennemi. Wellington fait mine de se retirer. Aussitôt, Ney charge les carrés anglais à la tête de sa cavalerie.

Las ! Les carrés résistent au choc. La cavalerie de Kellermann ne réussit pas mieux à les briser.

À la fin de la journée, Blücher et les restes de son armée débouchent de façon inattendue sur le flanc de l'armée française alors que celle-ci espérait Grouchy.


La débandade

C'est la débandade aux cris de « Trahison ! ». La Garde impériale, le corps d'élite de l'armée française, n'échappe pas au sort commun à l'exception de deux bataillons de grenadiers, dont celui du général Cambronne, qui se disposent en carré et font front.

Mais le général n'a cependant jamais prononcé le mot ni la formule que lui a prêtés la postérité (« La Garde meurt et ne se rend pas !... »).

Napoléon abandonne prestement le champ de bataille, laissant le commandement à son frère Jérôme, et retourne à Paris pour sauver ce qui peut l'être de son trône.

Épilogue

Le bilan des pertes au cours de la journée du 18 juin est évalué à 40.000 Français morts, blessés ou disparus, 15.000 Anglais et 7.000 Prussiens. Mais ce bilan demeure très incertain du fait de nombreuses désertions sur le champ de bataille.

Waterloo marque la fin de l'épopée napoléonienne. C'est aussi la dernière grande bataille « façon XVIIIe siècle ».

Un demi-siècle plus tard, en Crimée, en Italie et aux États-Unis, surviendront des batailles autrement plus meurtrières, dans la boue des tranchées et sous le feu de la mitraille, préfiguration des batailles du XXe siècle.

Tous les ans, des milliers de passionnés d'Histoire et de nostalgiques de l'Empereur se réunissent sur le champ de bataille de Waterloo pour des spectacles et une reconstitution de la bataille.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 19 juin 1953 : Les Rosenberg sont exécutés   Dim 19 Juin - 21:04



19 juin 1953 : Les Rosenberg sont exécutés

Julius et Ethel Rosenberg meurent sur la chaise électrique le 19 juin 1953. Ils ont respectivement 37 ans et 35 ans et laissent deux orphelins de 10 et 6 ans.

Ces membres du parti communiste américain ont été condamnés à mort deux ans plus tôt par un jury populaire pour avoir livré des secrets sur la bombe atomique au vice-consul soviétique à New York.

Leur culpabilité, longtemps mise en doute, est aujourd'hui avérée.

Espionnage et secrets atomiques

Les faits remontent à la Seconde Guerre mondiale.

David Greenglass, le frère d'Ethel, lui-même communiste, sert dans l'armée du côté de Los Alamos, au Nouveau-Mexique, où se déroulent les essais sur la bombe atomique, sous le nom de code « Manhattan Project ». Avec sa femme Ruth, David recueille des informations sur le projet et les transmet à son beau-frère en vue d'aider le régime de Staline à se doter à son tour de la bombe atomique.

Julius et Ethel Rosenberg avant leur exécutionArrêté pour espionnage, David Greenglass nie d'abord les faits puis, après huit mois d'hésitations, charge les Rosenberg en échange de la liberté pour sa femme et de la vie sauve pour lui-même.

Il accuse Ethel de l'avoir aidé à retranscrire des documents sur la bombe atomique. Son témoignage emporte la conviction du jury.

Dans la prison de Sing-Sing, près de New York, les époux Rosenberg nient jusqu'au bout leur culpabilité... alors que des aveux peuvent les sauver de la chaise électrique !

Leur condamnation à mort le 29 mars 1951 laisse l'opinion publique indifférente mais elle fait les choux gras du sénateur Joseph McCarthy et relance sa « chasse aux sorcières ».

Propagande et compassion

L'affaire Rosenberg rebondit au milieu de l'année 1952 quand les communistes proclament l'innocence des condamnés et lancent une campagne mondiale pour les sauver. Ils dénoncent par la même occasion l'antisémitisme présumé de leurs juges... Au même moment, l'URSS de Staline est secouée par une vague d'antisémitisme bien réel.

Des deux côtés de l'Atlantique, les communistes mais aussi les libéraux de droite comme de gauche réclament leur grâce. Des gens aussi mesurés que l'écrivain catholique François Mauriac se laissent convaincre de l'innocence des accusés. Le pape Pie XII lui-même implore la clémence. Le philosophe Jean-Paul Sartre, avec le sens de la mesure qui le caractérise, maudit le peuple américain et compare l'exécution aux hécatombes hitlériennes.

Dénouement inattendu

Depuis l'ouverture des archives américaines et soviétiques dans les années 1990, la culpabilité des époux Rosenberg ne fait plus de doute.

Les deux espions communiquaient dès 1942 avec les Soviétiques sous les noms de code « Liberal » et « Antenne ». Ils ont été démasqués grâce au déchiffrement de messages codés avec l'URSS, ce dont la CIA n'a pas voulu faire état au procès pour protéger ses sources.

Les Mémoires de l'agent secret soviétique Alexandre Feklissov publiés en 1999 confirment les accusations du FBI (la police américaine) et Feklissov reconnaît avoir maintes fois rencontré Julius Rosenberg lorsqu'il était en poste à New York.

Cela dit, il apparaît que les documents volés par David Greenglass et transmis par les Rosenberg étaient de peu d'intérêt scientifique et n'ont guère aidé les Soviétiques à se doter de l'arme atomique.

D'après l'historien Florin Aftalion, Rosenberg fut surtout utile aux Soviétiques en leur fournissant des renseignements sur des radars du modèle le plus avancé.


Dernière édition par Ysaline de Montmirail le Lun 20 Juin - 17:52, édité 1 fois
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Eurynome
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MessageSujet: Re: ephemeride   Lun 20 Juin - 16:07

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 20 juin 451 : Attila est battu aux Champs Catalauniques   Lun 20 Juin - 17:50

Ce n'est pas le meilleur album....



20 juin 451 : Attila est battu aux Champs Catalauniques

Les Huns sont battus le 20 juin 451 près de Troyes, en un lieu appelé les «Champs Catalauniques».

Brutale irruption

Ces mystérieux nomades de type mongoloïde avaient surgi un siècle plus tôt de la lointaine Asie et s'étaient installés dans la région du Danube. L'un d'eux, le prince Attila, est élevé à la cour de l'empereur romain d'Orient, à Constantinople. Ayant retrouvé les siens, il les rassemble sous son commandement.

Comme les autres Barbares, il combat les troupes de Constantinople puis il décide d'attaquer les Gallo-Romains. C'est ainsi qu'il franchit le Rhin et détruit Metz.

À Paris, qu'on appelle encore Lutèce, Sainte Geneviève recommande à ses concitoyens de jeûner pendant trois jours pour s'attirer la bienveillance de Dieu. Ô miracle, celui-ci exauce leurs prières et Attila renonce à prendre la ville (certains esprits mal tournés pensent que le conquérant a simplement considéré que le jeu n'en valait pas la chandelle).

Revenant vers le Rhin, les Huns sont attaqués par Aétius, un général gallo-romain qui fut le compagnon d'armes d'Attila dans sa jeunesse.

Bien que battu aux «Champs Catalauniques», Attila poursuit sa route et se dirige vers Rome. Aux portes de la ville, le pape Léon 1er le Grand le convainc de rebrousser chemin. Attila s'en retourne alors sur les bords du Danube où il meurt peu après (crise d'apoplexie ou assassinat).

Les Huns sortent de l'Histoire aussi soudainement qu'ils y étaient entrés.

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 21 juin 1908 : Manifestation des « suffragettes » à Hyde Park   Mar 21 Juin - 20:24



21 juin 1908 : Manifestation des « suffragettes » à Hyde Park

Le dimanche 21 juin 1908, les « suffragettes » manifestent de façon quelque peu agitée à Hyde Park, à Londres.

Malgré leur détermination et leur nombre, 250 000 environ, les manifestantes ne réussissent pas à faire avancer leur revendication : le droit de vote pour les femmes britanniques et européennes. Elles n'arriveront à leur fin qu'après la première guerre mondiale, par étapes.

Des suffragettes très combatives

Après des débuts laborieux, le combat pour le droit de vote féminin prend un tour spectaculaire avec la création en 1903 du mouvement des « suffragettes » par une mère de cinq enfants, Emmeline Pankhurst (45 ans).

C'est qu'à la différence de la Ligue suffragiste de Millicent Fawcett, qui préconise des actions conventionnelles, dans une stricte légalité, la Women's Social and Political Union (WSPU) d'Emmeline Pankhurst et de sa fille Christabel prône le recours à des actions violentes contre les biens et les propriétés.

La WSPU réunit 5 000 militantes actives, issues de tous les milieux sociaux ainsi qu'un certain nombre de sympathisants masculins.

Interpellation musclée d'Emmeline Pankhurst (15 juillet 1858 ; 14 juin 1928) le 21 mai 1914 à Hyde ParkIl bénéficie d'un vif courant de sympathie et de ressources financières importantes, ce qui lui permet d'organiser des marches massives comme le Women's Sunday (« Dimanche des femmes ») du 21 juin 1908.

Mais ses actions se font de plus en plus violentes tout autant que la répression policière.

Le 8 juin 1913, au Derby d'Epson, Emily Davison se jette sous les sabots du cheval du roi George V et meurt de ses blessures. Le drame, filmé par la presse internationale, a un retentissement planétaire et nul n'ignore plus le mouvement.

Il faut toutefois attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour que les « suffragettes » obtiennent enfin une demi-victoire, le 28 décembre 1918, avec l'octroi du droit de vote aux femmes de plus de... 30 ans.

C'est le début d'un mouvement d'émancipation mondial.
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MessageSujet: 22 juin 1636 : Le Japon se replie sur lui-même   Mer 22 Juin - 20:54



22 juin 1636 : Le Japon se replie sur lui-même

Le 22 juin 1636, interdiction est faite aux Japonais de quitter leurs îles et de construire des bateaux. Avec cette décision du pouvoir central, le vieil empire du Japon se replie sur lui-même pour plus de deux cents ans.

Premier contact entre l'Europe et le Japon

Avant le XVIe siècle, le Japon était tout à fait inconnu des Européens (et la réciproque était vraie). C'est tout juste si le voyageur vénitien Marco Polo l'a évoqué par ouï-dire à la fin du XIIIe siècle

En 1542, pour la première fois, un navire européen accoste donc au Japon. Il s'agit de Portugais qui faisaient voile vers Macao, sur la côte chinoise. Détournés de leur route par une tempête, ils abordent en guenilles au sud de l'île de Kyushu. Les Japonais les regardent d'abord avec suspicion puis les laissent parcourir le pays.

L'équipage, sous la conduite d'António da Mota, António Peixoto et Francisco Zeimoto, découvre avec stupéfaction les ressources immenses de cette société du bout du monde, prospère quoiqu'en guerre perpétuelle. On est alors dans l'époque du Sengoku ("pays en guerre").

Les Portugais concluent un accord avec un prince local afin d'autoriser la venue d'un navire par an à Nagasaki, le grand port de l'île de Kyushu, pour échanger de l'or et des métaux précieux contre des lainages, des fourrures et autres denrées.

C'est le début de relations fructueuses pour le Portugal qui est alors à la pointe de l'expansion coloniale et domine le commerce des épices dans l'océan Indien. Il tient en particulier les places de Manille, Goa et Macao.

En 1549, un jeune Japonais s'enfuit à Goa, en Inde, où des prêtres jésuites le convertissent au christianisme. Le nouveau converti les convainc de se rendre au Japon. C'est ainsi que saint François Xavier quitte Goa pour l'archipel, suivi de quelques compagnons. Sa prédication rencontre un immense succès. Trente ans après son passage, on compte 150 000 convertis et 200 églises, principalement autour de Nagasaki.

Bien accueillis par la population paysanne comme par les seigneurs locaux, les Portugais révèlent aux Japonais le commerce et le christianisme mais aussi les techniques et les idées de la Renaissance occidentale, en particulier les secrets de la fabrication des armes à feu.

Vers un ordre nouveau

Dans le même temps où il découvre l'Occident, le Japon s'unifie sous l'action de trois chefs de guerre successifs qui mettent fin aux guerres féodales.

Oda Nobunaga met fin au shogunat Ashikaga, devenu inapte à maintenir la paix civile. Le 29 juin 1575, il affronte un clan rival à Nagashino, dans une bataille qui se signale par l'utilisation à grande échelle, pour la première fois, des armes à feu.

Son lieutenant Toyotomi Hideyoshi poursuit son oeuvre et c'est finalement un autre lieutenant de Nobunaga du nom de Ieyasu Tokugawa, qui met un point final aux désordres en restaurant le shogunat à son profit en 1603.

Rejet du christianisme et des Européens

Entretemps, les bonnes relations entre Européens et Japonais sont contrariées par l'arrivée de prêtres franciscains, dominicains et augustins, qui ne font pas preuve d'autant de diplomatie que les jésuites à l'égard des pouvoirs locaux.

Après avoir montré beaucoup de bienveillance à l'égard des chrétiens, Toyotomi Hideyoshi commence à craindre qu'ils ne se fassent les agents d'une colonisation européenne ou ne viennent au secours des seigneurs féodaux.

Une première persécution a lieu en 1597 : vingt-six chrétiens locaux sont crucifiés. La raison est incertaine, soit qu'un seigneur eut été irrité de se voir refuser les faveurs d'une chrétienne, soit qu'un ecclésiastique eut refusé de présenter ses respects à un personnage important.

Là-dessus, le 12 avril 1600, un navire hollandais, l'Erasmus, accoste bien involontairement à Bungo, sur l'île de Kyushu, suite à quelques avaries et tempêtes. À son bord, une poignée d'hommes sous le commandement d'un pilote anglais, William Adams.

Les Hollandais, de confession calviniste (protestante) et tout juste sortis d'une longue guerre contre les Espagnols, tiennent les catholiques pour des agents du diable. Leur haine des Portugais est d'autant plus grande que ces derniers sont au début du XVIIe siècle sujets du roi d'Espagne. Le sentiment est réciproque.

Dès lors, ils ne cessent de médire les uns sur les autres auprès des autorités. Et d'autant plus que William Adams est reçu par le maître de l'archipel en personne, Ieyasu Tokugawa. Il construit deux navires selon les techniques européennes et le shôgun est si satisfait de ses services qu'il lui interdit de rejoindre sa famille.

Jusqu'à sa mort, en 1619, à Firando, le marin anglais va vivre en grand seigneur à la cour, enseignant le shôgun dans différentes disciplines scientifiques (géométrie, mathématiques).

En 1609, deux navires hollandais accostent au Japon. Sous l'égide de William Adams, leurs capitaines obtiennent le droit de revenir tous les ans, comme les Portugais. Les deux nationalités sont désormais à couteaux tirés.

Irrité par les rapports que lui font les Hollandais sur les prêtres catholiques et les Portugais, Ieyasu interdit le christianisme en 1612.

Son fils et successeur Hidetada fait brûler vif cinquante chrétiens à Édo en 1623. L'année suivante, sous le shôgunat d'Iemitsu, deuxième fils d'Hitetada, les navires espagnols, suspectés d'amener des missionnaires, sont interdits dans tous les ports de l'archipel.

Enfin, douze ans plus tard, est bannie « l'ensemble de la race des Portugais, avec leurs mères, leurs nourrices et tout ce qui leur appartient ». Le même décret interdit aux Japonais tout déplacement à l'étranger sous peine des plus graves afflictions. Il interdit également aux nobles et aux samouraïs d'acheter quoi que ce soit aux étrangers.

Une révolte éclate chez les paysans catholiques de la presqu'île de Shimabara, près de Nagasaki. Le shôgun réussit à la mater après deux mois de siège... avec l'aide des Hollandais. Tous les rebelles sont massacrés, ainsi que leurs femmes et enfants (environ 40 000 victimes).

Pour finir, Iemitsu Tokugawa expulse tous les Européens, ne tolérant que quelques marchands hollandais de la Compagnie des Indes Orientales sur l'îlot de Dejima, à Nagasaki.

Observation prudente de l'Occident

Tout en éloignant de la sorte la menace d'une colonisation par les Européens, les élites continuent pendant la « période d'Édo » à étudier ce qui se passe en Occident à travers les livres amenés de Hollande par les marins et commerçants de Dejima.

Ces études, appelées « Rangaku » (études hollandaises), expliquent en bonne partie la rapidité du décollage économique du Japon après l'abolition du shogunat en 1867.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 23 juin 1848 : Insurrection ouvrière à Paris   Jeu 23 Juin - 20:54



23 juin 1848 : Insurrection ouvrière à Paris

Le 23 juin 1848 éclatent à Paris de violentes émeutes de la faim provoquées par la fermeture des Ateliers nationaux. Leur répression, très brutale, consacre la rupture entre la classe ouvrière et le régime républicain issu des journées révolutionnaires de Février.

Généreuse République

Les Ateliers nationaux ont été créés le 28 février par le gouvernement provisoire de la IIe République en vue de procurer aux chômeurs un petit revenu en échange d'un travail symbolique.

Là-dessus se déroulent les élections législatives, les 23 et 24 avril. Ce sont les premières élections au suffrage universel (masculin). Contre toute attente, elles amènent à l'Assemblée une forte majorité de notables provinciaux très conservateurs...

La République trahit les ouvriers

Le 10 mai, dans l'attente d'une Constitution, le gouvernement provisoire cède la place à une Commission exécutive issue de l'Assemblée.

Cette Commission compte cinq membres, des républicains de mérite qui vont être dépassés par les événements et surtout écrasés par la pression de l'Assemblée : François Arago, président de la Commission et chef d'État virtuel, Garnier-Pagès, Marie, Lamartine et Ledru-Rollin.

L'administration des Ateliers nationaux est confiée à un conservateur, Marie, qui va s'employer à les disqualifier. Tandis que les effectifs employés croissent de 25.000 à près de 120.000, on ne leur confie aucun travail susceptible de concurrencer une entreprise privée. Les bénéficiaires pavent et dépavent les rues en contrepartie d'un franc par jour. Désoeuvrés, ils refont le monde et cultivent qui les idées bonapartistes, qui les idées socialistes.

La Commission décide donc le 20 juin 1848 de supprimer les Ateliers nationaux avec l'espoir d'étouffer ainsi l'agitation ouvrière. C'est le contraire qui se passe. 20.000 ouvriers descendent dans la rue le 23 juin 1848 et forment jusqu'à 400 barricades.

Le général Cavaignac engage une terrible répression, à la mesure de l'effroi qu'éprouvent les bourgeois de l'Assemblée.

Monseigneur Denis Affre, archevêque de Paris (55 ans), s'interpose entre les insurgés et la troupe, sur une grosse barricade.

Un crucifix à la main, cet homme d'un naturel timide appelle les frères ennemis à la réconciliation. Les coups de feu s'interrompent. Mais un roulement de tambour réveille les pulsions de mort. Les coups de feu reprennent. L'archevêque s'écroule. Il murmure avant de mourir : «Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis».

Au total, du 23 au 26 juin, trois jours de combats feront 4.000 morts parmi les insurgés et 1.600 parmi les forces de l'ordre.
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MessageSujet: 24 juin 1948 : Le blocus de Berlin   Ven 24 Juin - 20:54



24 juin 1948 : Le blocus de Berlin

Le 24 juin 1948, les Soviétiques qui occupent depuis 1944 l'Allemagne orientale, entament le blocus de l'enclave de Berlin-Ouest. Il s'agit d'une fraction du Grand-Berlin (883 km2 et 2,3 millions d'habitants) concédée aux Alliés occidentaux et partagée en trois zones d'occupation (anglaise, américaine, française).

Le blocus est motivé par le rejet par les Soviétiques de la nouvelle monnaie introduite par les Occidentaux en Allemagne, le Deutsche Mark.

Le blocus consiste à couper, «pour des raisons techniques», les communications terrestres entre Berlin-Ouest et l'Allemagne occidentale. La réussite du coup de force que représentait de blocus aurait signifié l'abandon par les alliés occidentaux de Berlin et son occupation par les Soviétiques.

Mais, pendant près de onze mois, jusqu'au 12 mai 1949, les Américains et les Anglais organisent un pont aérien pour ravitailler les berlinois de l'Ouest, soit 277 728 vols en 322 jours. Le principal aéroport actuel de Berlin, Tegel, est d'ailleurs la conséquence de ce pont aérien puisqu'il est construit en secteur français d'août à novembre 1948 pour compléter les aéroports existants de Tempelhof en secteur américain et de Gatow en secteur britannique.

Le pont aérien résiste et à l'hiver et aux brimades des Russes : projecteurs aveuglant les pilotes, interférences radio, tirs sol-sol, tirs de DCA. Il empêche ainsi Berlin-Ouest de tomber dans l'escarcelle soviétique, et son maintien coûte que coûte, malgré 76 morts et un coût financier considérable, finit par contraindre les Soviétiques à mettre fin au blocus, décision annoncée par l'agence Tass le 25 avril 1949. Quelques mois plus tard se concrétise la division de l'Allemagne en deux États rivaux.


Dernière édition par Ysaline de Montmirail le Sam 25 Juin - 20:38, édité 1 fois
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