Duché de Montmirail

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 5 août 1868 : pose du premier câble transatlantique   Mer 5 Aoû - 20:42



5 août 1868 : pose du premier câble transatlantique

Le 5 août 1858 à l'initiative de Cyrus Field, Charles Bright, et John Brett, le premier câble transatlantique est posé entre Valentia (Irlande) et Trinity Bay (Terre-Neuve), par les deux navires Niagara et Agamemnon. 

Au total, 4 200 km de câble, d’un poids de 7 000 tonnes, sont posés. Le câble est constitué d'une âme composée d'un toron de sept fils de cuivre pur gainé de trois couches de gutta-percha (12,2 mm de diamètre). Il est armé de 18 torons formés chacun de sept fils de fer le tout enrobé d'une mince couche de toile goudronnée. 

Un message inaugural est échangé entre la reine Victoria et le président Buchanan. La transmission du message de 100 mots dure 67 minutes. La ligne ne fonctionne que vingt jours, jusqu'au 1er septembre : Whitehouse, ingénieur de la société Newall, pensant accélérer la transmission, provoque le claquage de la liaison en appliquant une tension de pile destructrice.

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 6 août 1945 : bombardement atomique sur Hiroshima   Jeu 6 Aoû - 21:19



6 août 1945 : bombardement atomique sur Hiroshima


Le 6 août 1945, l'explosion d'une bombe atomique au-dessus de la ville d'Hiroshima, au Japon, précipite la fin de la Seconde Guerre mondiale. Depuis lors plane sur le monde la crainte qu'un conflit nucléaire ne dégénère en une destruction totale de l'humanité.

Un projet ancien

Avant la Seconde Guerre mondiale déjà, les Américains s'inquiètent du risque de voir les nazis mettre au point une bombe d'une puissance meurtrière exceptionnelle grâce au principe de la fission nucléaire.

Désireux de les devancer à tout prix, le président Roosevelt inaugure en 1942 un programme secret de mise au point de la bombe A.

Au moment où les Américains finalisent la bombe, l'Allemagne nazie s'apprête à capituler sans conditions. Seul le Japon représente encore une menace, mais sa puissance militaire, industrielle et scientifique est bien inférieure à celle de l'Allemagne.

Résistance désespérée du Japon

Dirigé par des généraux jusqu'au-boutistes, le Japon s'entête dans une résistance désespérée, que les bombardements conventionnels n'entament pas.

 Hiroshima après la bombe atomique du 6 août 1945La simple prise de l'île d'Okinawa a coûté 7.600 morts à l'armée américaine. L'état-major américain craint, non sans exagération, de perdre 500.000 soldats pour conquérir Honshu, l'île principale de l'archipel.

C'est ainsi qu'émerge l'idée d'utiliser la bombe atomique contre l'empire du Soleil levant, pour briser sa résistance à moindres frais.

Le président Roosevelt meurt le 12 avril 1945 et son successeur, Harry Truman, reprend à son compte ce projet. Il présente pour les Américains l'avantage d'anéantir le Japon sans l'aide de Staline, qui ne lui a pas encore déclaré la guerre, et de faire étalage devant le dictateur soviétique de toute leur puissance militaire.

Le bombardement

Le 16 juillet 1945, les Américains procèdent dans le désert du Nouveau Mexique à un premier essai nucléaire. L'expérience est pleinement réussie, mais, faute d'expérience, les scientifiques ne mesurent pas précisément les effets de la bombe atomique sur les populations.

Le 26 juillet, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine adressent au Japon un ultimatum qui fait implicitement allusion à une arme terrifiante.

Finalement, au petit matin du 6 août 1945, le bombardier Enola Gay s'envole vers l'archipel nippon, avec, dans la soute, une bombe à l'uranium de quatre tonnes et demi surnommée Little Boy. L'état-major choisit pour cible la ville industrielle d'Hiroshima (300.000 habitants), en raison de conditions météorologiques optimales.

La bombe est larguée à 8h15. 70.000 personnes sont tuées. La majorité meurt dans les incendies consécutifs à la vague de chaleur. Plusieurs dizaines de milliers sont grièvement brûlées et beaucoup d'autres mourront des années plus tard des suites des radiations (on évoque un total de 140.000 morts).

Pourtant, les dirigeants japonais ne cèdent pas devant cette attaque sans précédent. Les Américains décident alors de larguer leur deuxième bombe atomique. À Nagasaki (250.000 habitants), le 9 août, 40.000 personnes sont tuées sur le coup (80.000 morts au total selon certaines estimations).

La reddition

La veille de l'attaque de Nagasaki, l'URSS a déclaré la guerre au Japon et lancé ses troupes sur la Mandchourie. Mais ce sont les victimes d'Hiroshima et de Nagasaki qui convainquent le gouvernement japonais de mettre fin à une résistance désespérée. Le 2 septembre, le général américain MacArthur reçoit la capitulation sans conditions du Japon.

La Seconde Guerre mondiale est terminée... et le monde entre dans la crainte d'une apocalypse nucléaire. Seuls de rares penseurs, tel Albert Camus, ont pris la mesure du bouleversement entraîné par l'explosion d'Hiroshima.

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 7 août 1786 : Première ascension du Mont Blanc   Ven 7 Aoû - 21:03



7 août 1786 : Première ascension du Mont Blanc

Le 7 août 1786, le médecin Michel Paccard (29 ans), passionné de botanique, entreprend avec Jacques Balmat (24 ans), son accompagnateur, la première ascension du Mont Blanc (le point culminant des Alpes - 4809 mètres - appartient à ce moment-là au royaume de Piémont-Sardaigne comme l'ensemble de la Savoie).

Les deux hommes mettront deux jours à réaliser l'ascension, inventant sans le savoir une discipline promise à un prodigieux succès : l'alpinisme. Leur statue trône en bonne place sur la principale place de Chamonix.

Les conditions étaient idéales: une nuit de pleine lune et un temps au beau fixe. Michel Gabriel  Paccard et Jacques Balmat quittaient discrètement Chamonix. En haut de la montagne de la Côte, sous un énorme bloc, ils installèrent leur bivouac avant de repartir à 4 heures du matin.

Eclairés par la lune, ils zigzaguaient au milieu d'un chaos de crevasses et de séracs au lieu-dit la Jonction, puis abordèrent une zone moins tourmentée, sous les rochers des Grand Mulets, à 3000m. Au fur et à mesure que la couche de neige dégelait, la progression devenait plus  pénible. Vers 16 heures, ils étaient au Grand Plateau à près de 4000m d'altitude. A 18 heures, les voilà à quelques centaines de mètres du sommet. Ils se lancèrent, malgré le froid glacial et la fatigue, dans un dernier effort, comme pour se disputer la victoire.

Ce 8 août 1786, à 18h23, les deux protagonistes arrivèrent sur le toit de l'Europe, ils  y restèrent 34 min. Cette ascension marqua le début de l'alpinisme.

Nul n'avait encore songé à escalader le Mont Blanc, qualifié de montagne maudite par les Savoyards, jusqu'à ce qu'un jeune étudiant genevois, Horace Bénédict de Saussure, découvre en 1760 le village de Chamonix, à ses pieds, et se laisse séduire par les sommets. À 46 ans, devenu un savant et un notable, il offre une prime aux premiers hommes qui vaincraient le Mont Blanc. Lui-même attendra un an avant de réaliser le rêve de sa vie, avec 18 guides dont Balmat, chargés d'instruments scientifiques.

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MessageSujet: 8 août 1588 : Défaite de l'Invincible Armada   Sam 8 Aoû - 21:00



8 août 1588 : Défaite de l'Invincible Armada

Le 8 août 1588, devant le port de Gravelines, le feu et le canon dispersent la flotte espagnole destinée à conquérir l'Angleterre. Elle sera plus tard surnommée avec une teinte d'ironie «l'Invincible Armada».

Le défi espagnol

Elizabeth 1ère, fille d'Anne Boleyn et fruit du deuxième mariage d'Henri VIII, avait succédé en 1558 à sa demi-soeur Marie Tudor, issue du premier mariage d'Henri VIII avec Catherine d'Aragon et mariée par procuration au roi d'Espagne, le très catholique Philippe II.

Elizabeth est, quant à elle, protestante. Les catholiques anglais et ceux du continent la considèrent bâtarde et hérétique. Pour eux, l'héritière légitime du trône est Marie Stuart, la malchanceuse et déchue reine d'Écosse, prisonnière d'Elizabeth. Plusieurs conspirations visant à déposer Elizabeth pour la remplacer par Marie sont mises à jour par la police secrète de Sir Francis Walsingham, compromettant sans équivoque la reine d'Écosse. Son exécution en 1587 décide Philippe II à mettre en branle ce qu'il appelle lui-même l'«Entreprise d'Angleterre».

Au grief religieux s'ajoute la concurrence entre l'Espagne, puissance déclinante, et l'Angleterre, puissance montante.

Depuis plusieurs années, le développement de la puissance maritime anglaise se heurte de front aux intérêts espagnols. Dans les Flandres, où Philippe II a maille à partir avec les révoltes incessantes des Hollandais, Elizabeth soutient les insurgés.

Les forces en présence

L'Armada espagnole, c'est un formidable rassemblement de navires. Au total, 130 vaisseaux la composent. Elle transporte près de 30.000 hommes dont 19.000 soldats, 300 chevaux et mules, l'équipement nécessaire pour assiéger des villes, un hôpital de campagne etc. Son objectif est d'opérer un débarquement en Angleterre et de marcher sur Londres.

Cette force, sous le commandement du duc de Médina Sidonia, doit se joindre à celle du duc de Parme, située dans les Flandres et composée d'environ 18.000 hommes aguerris. Une fois la jonction effectuée, l'Armada doit escorter les barges de Parme pour la traversée de la Manche.

Pour faire face à la menace, l'Angleterre dispose d'une flotte composée des navires de la reine et de navires marchands fournis par des officiers de la marine royale, par la ville de Londres ou par de simples volontaires, pour un total de 197 navires et 15.835 hommes.

La bataille de Gravelines

Pendant la nuit du 7 au 8 août 1588, tandis que l'Armada mouille dans la Manche, les Anglais l'attaquent avec des barques bourrées d¹explosifs et de matières incendiaires, qu'ils font dériver à travers les navires ennemis. Cette manoeuvre inattendue sème la terreur et une indescriptible pagaille. Afin d'échapper aux flammes, des capitaines ordonnent de couper les amarres les reliant aux ancres. La flotte espagnole se disperse dans la nuit. Au matin, le duc de Médina Sidonia s¹emploie à regrouper ses navires.

C'est alors que débute, au large de Gravelines, l'engagement final avec les Anglais. Pendant des heures, la canonnade fait rage. Les Espagnols essuient le feu de l'ennemi sans pouvoir y répondre correctement. Puis, un vent du sud pousse leurs navires vers le nord.

Fin piteuse de l'Armada

Dans l'impossibilité de regrouper les 112 navires qui lui restent et sans nouvelle des préparatifs du duc de Parme et de ses barges de débarquement, Médina Sidonia se résigne à retourner en Espagne par la seule route possible vu les circonstances et les vents : contourner l'Écosse et l'Irlande et faire voile vers l'Espagne.

Malheureusement, la mer n'est point clémente et beaucoup de navires s'échoueront sur les côtes d'Irlande. Les équipages seront pour la plupart massacrés par les insulaires. Une poignée d'entre eux seulement reverront les rivages d'Espagne.

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MessageSujet: 9 août 1564 : l'Édit de Roussillon consacre le 1er janvier   Dim 9 Aoû - 20:50



9 août 1564 : l'Édit de Roussillon consacre le 1er janvier

Le 9 août 1564, à Roussillon, près de Grenoble, le roi Charles IX signe en présence de sa mère, la régente Catherine de Médicis, un édit préparé par le chancelier Michel de L'Hospital et le ministre Sébastien de L'Aubespine.

Entre autres dispositions, cet édit fixe au 1er janvier le début de l'année calendaire dans toute la France, confirmant ainsi l'article 39 de l'édit de Saint-Germain qui prescrivait déjà de dater les actes publics en faisant commencer les années au 1er janvier. Auparavant, le début de l'année variait selon les provinces : à Lyon, c'était le 25 décembre, à Vienne, le 25 mars, ailleurs encore le jour de Pâques...

Notons que l'empereur d'Allemagne Charles Quint avait déjà fixé le début de l'année au 1er janvier pour ses terres, quelques décennies plus tôt. En 1622, le pape allait généraliser cette mesure à l'ensemble du monde catholique.
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MessageSujet: 10 août 1539 : Ordonnance de Villers-Cotterêts   Lun 10 Aoû - 20:47



10 août 1539 : Ordonnance de Villers-Cotterêts

Entre le 10 et le 15 août 1539, le roi François 1er signe une ordonnance de 192 articles dans son château de Villers-Cotterêts.

Cette ordonnance très importante institue en premier lieu ce qui deviendra l'état civil en exigeant des curés des paroisses qu'ils procèdent à l'enregistrement par écrit des baptêmes, autrement dit des naissances (des ordonnances ultérieures, à Blois en 1579 et Saint-Germain-en-Laye en 1667, prescriront aussi l'enregistrement des décès et des mariages). Une innovation dont les généalogistes mesurent pleinement la portée.

L'ordonnance établit par ailleurs que tous les actes légaux et notariés seront désormais rédigés en français. Jusque-là, ils l'étaient en latin, la langue de toutes les personnes instruites de l'époque.

Une administration plus accessible

L'ordonnance de Villers-Cotterêts, qui a été rédigée par le chancelier Guillaume Poyet, est parfois connue sous le nom de Guilelmine.

Son article 111 énonce joliment :

Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l'intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, ou qui en dépendent, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel et non autrement.

De cet article, il découle que tous les sujets du roi pourront comprendre les documents administratifs et judiciaires.... sous réserve néanmoins qu'ils lisent et écrivent la « langue d'oïl » pratiquée dans le bassin parisien et sur les bords de la Loire.

Comment le français a séduit les élites

L'ordonnance de Villers-Cotterêts est d'autant plus importante qu'à la différence de la plupart des autres nations européennes (Angleterre, Allemagne, Espagne....), la France est une construction politique sans unité linguistique à l'origine.

Les élites du royaume, conscientes de cette faiblesse, n'ont pas attendu l'ordonnance pour faire leur la langue française, même dans les provinces les plus éloignées, et ainsi se rapprocher du pouvoir central. Ainsi, en 1448, peu après sa création, le Parlement de Toulouse décide de son propre chef qu'il n'emploierait plus que la langue d'oïl dans ses travaux et ses écrits, bien que cette langue fût complètement étrangère aux parlementaires et à leurs concitoyens ; plus étrangère que peut l'être aujourd'hui l'anglais pour les Français !

Notons aussi que le premier acte notarié en français a été rédigé en 1532 (sept ans avant l'ordonnance de Villers-Cotterêts) à... Aoste, sur le versant italien des Alpes !

Le recul du latin

L'ordonnance de Villers-Cotterêts coïncide avec l'éveil, partout en Europe, des langues nationales. C'est ainsi que le 18 août 1492 (année admirable !), l'humaniste Antonio de Nebrija publie une Grammaire castillane. Cette première grammaire de langue vernaculaire éditée en Europe témoigne d'un premier recul du latin.

Le latin va néanmoins demeurer longtemps encore la langue des échanges internationaux. C'est en latin qu'écrivent et communiquent les humanistes du XVIe siècle comme Érasme. C'est aussi en latin que communiquent les hauts représentants de l'Église catholique. Soucieuse de son universalité, celle-ci restera attachée à l'emploi du latin dans les offices jusqu'au concile de Vatican II. Dans les États autrichiens et en Hongrie, où cohabitent des peuples très divers, le latin va demeurer la langue administrative jusqu'au tournant du XIXe siècle, ce qui aura l'avantage d'éviter des querelles de préséance entre les langues vernaculaires (l'anglais joue le même rôle aujourd'hui dans l'Union indienne).
Comment le français a conquis le peuple

Dans La mort du français, un essai passionné autant que passionnant publié en 1999, le linguiste et écrivain Claude Duneton rappelle que l'anglais, l'allemand, le castillan ou encore le toscan, qui sont aujourd'hui les langues officielles du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Espagne et de l'Italie, étaient déjà comprises par la majorité de la population, dans ces pays, au XVe siècle, avant que Chaucer ne jette les bases de la langue anglaise moderne ou que Luther ne traduise la Bible en langue allemande.

Rien de tel en France ! À l'exception de l'Ile-de-France et du val de Loire, toutes les provinces ont usé dans la vie quotidienne, jusqu'au début du XXe siècle, de langues plus ou moins éloignées du français de Paris.

L'unité linguistique n'a été à peu près achevée qu'au milieu du XXe siècle, grâce à l'attrait qu'exerçait le pouvoir central sur les élites locales et à la pression exercée sur les enfants du peuple par les fonctionnaires et les instituteurs de l'école laïque.

De vieilles personnes se souviennent encore du bâton que le maître mettait le matin entre les mains du premier enfant surpris à « parler patois » (ou breton, alsacien, basque, flamand, ou corse, picard, ou provençal...). Le porteur devait à son tour donner le bâton au premier camarade qu'il surprendrait lui-même à « parler patois ». À la fin de la journée, le dernier porteur de bâton était puni. Ce procédé inquisitorial s'est révélé très efficace pour faire de la langue française le patrimoine commun et le principal facteur d'unité du peuple français.
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MessageSujet: 11 août 1863 : Le Cambodge devient protectorat français   Mar 11 Aoû - 20:52



11 août 1863 : Le Cambodge devient protectorat français

Le 11 août 1863, une convention franco-khmer établit un protectorat de l'Empire français sur le Cambodge.

Le petit royaume khmer, dont la civilisation rayonnait quelques siècles plus tôt sur l'ensemble de la péninsule indochinoise, échappe grâce à la France à un dépècement par ses deux puissants voisins, le Siam (actuelle Thaïlande) et l'Annam (actuel Viêt-nam).

De l'empire khmer au Cambodge

Le riche bassin du Mékong et le Grand Lac (le Tonlé Sap) constituent le coeur de l'empire khmer, qui a émergé à l'époque où, en Europe occidentale, sévissaient les rois mérovingiens.

Tête de Shiva, Xe s., Paris, musée GuimetCette région était à l'origine dominée par le royaume hindouisé du Fou-Nan. Les Khmers, population du groupe mongol mêlée à des éléments venus de la péninsule indienne, se sont lentement émancipés de la tutelle de ce royaume tout en conservant sa religion, fondée sur le culte du dieu Çiva (ou Shiva), avec le sanskrit pour langue liturgique.

À partir de la fin du VIIIe siècle, le bouddhisme Mahayana pénètre dans le pays et cohabite avec le çivaïsme ou l'hindouisme.

Dans l'État khmer, aussi appelé Kambuja (d'où vient le nom actuel du pays), le «souverain universel» tire sa légitimité de sa relation avec la divinité, manifeste dans le temple-montagne, du type de ceux d'Angkor, qui rappelle le mont Meru, lieu de séjour des divinités dans les cosmogonies indiennes.

Parvenu au pouvoir à la fin du VIIIe siècle, Jayavarman 1er, roi du Kambuja, libère le pays de la tutelle de Java avant de l'unifier dans un royaume très centralisé autour de sa personne. En 802, il transporte sa capitale sur le site de la future métropole d'Angkor, au nord-ouest du Tonlé Sap.

L'empire khmer grandit dès lors en dépit des luttes intestines pour le pouvoir et des guerres contre les voisins, en particulier le royaume du Champa (à cheval sur le Cambodge et le Vietnam actuels).


Le Champa est envahi et annexé en 1145 par Suryavarman II. Ce roi guerrier est aussi un grand constructeur puisqu'il est à l'origine du temple prestigieux d'Angkor Vat, joyau de l'art khmer.

Tête de Jayavarman VII, fin XIIe, Paris, musée GuimetÀ la fin du XIIe siècle, l'empire khmer atteint sa plus grande extension sous son successeur Jayavarman VII, qui délaisse le culte de Shiva au profit du bouddhisme.

En butte à l'hostilité de ses voisins, les Thaïs à l'ouest et les Champs à l'est, ainsi qu'aux révoltes des peuples assujettis, l'empire khmer connaît un rapide déclin. En 1243, le roi Jayavarman VIII rétablit l'hindouisme comme religion d'État. Mais il devient peu après tributaire de Kubilai Khan, tout-puissant empereur mongol de Chine.

En 1431, suite à une invasion thaïe, la prestigieuse métropole d'Angkor est vidée de ses habitants et la capitale transportée dans l'actuelle Phnom Penh, cependant que l'hindouisme s'efface définitivement au profit du bouddhisme amené par les Thaïs. Le Kambuja ne va plus dès lors cesser de pérécliter...

L'empereur des Français secourt le roi du Cambodge

C'est à la demande expresse du roi Norodom 1er, menacé par ses voisins, qu'intervient le gouvernement de Napoléon III. Celui-ci ne se fait pas prier pour répondre à sa demande et étendre par la même occasion la France d'outre-mer.

Conformément à la convention signée à Oudong, le roi s'interdit toute relation avec une puissance étrangère sans l'accord de la France. Un résident général veille à Pnom Penh, la capitale, à l'exécution du traité. En 1887, le Cambodge est intégré à l'Indochine française et son roi perd ce qu'il lui restait d'autorité.

Le pays a recouvré une complète indépendance le 9 novembre 1953, sous le règne de Norodom Sihanouk, qui n'a cessé sa vie durant de cultiver de bonnes relations avec l'ancienne puissance tutélaire, la France.
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MessageSujet: 12 août 1908 : Henry Ford produit la première voiture de grande série   Mer 12 Aoû - 21:14


12 août 1908 : Henry Ford produit la première voiture de grande série

Le 12 août 1908, le constructeur américain d'automobiles Henry Ford présente la première voiture produite en grande série : le modèle T. Dans les 20 années qui suivent, son entreprise, la Ford Motor Company, va vendre le modèle T à 15 millions d'exemplaires.

Ce succès sans précédent inaugure une nouvelle révolution industrielle fondée sur deux piliers : la production standardisée en grande série, qui permet d'abaisser les coûts de production, et l'octroi aux ouvriers de salaires assez élevés pour leur faire accepter un travail répétitif et contraignant.

Vers une production de masse standardisée

Henry Ford a introduit dans son entreprise l'«organisation scientifique du travail» (OST), une méthode de gestion aussi appelée «taylorisation» ou «taylorisme», du nom de l'ingénieur américain Frederick Winslow Taylor qui en a eu l'idée deux décennies plus tôt.

Dès 1880, chez son employeur, l'entreprise sidérurgique Bethleem Steel Co, Taylor a analysé tous les travaux ouvriers et les a décomposés en une succession d'opérations élémentaires très simples, chaque opération étant confiée à un ouvrier spécialisé. Ainsi, aucun ouvrier ne perd de temps à passer d'une opération à une autre. Cette division du travail permet d'abaisser considérablement les coût de production.

Mais Henry Ford ne s'en satisfait pas. Il imagine qui plus est de faire circuler les véhicules en cours d'assemblage sur une «chaîne», d'un poste de travail au suivant. Cela évite aux ouvriers d'avoir à se déplacer et donc de perdre du temps !

Taylorisme et «travail à la chaîne» vont permettre la fabrication en grande quantité de produits standardisés comme la Ford T.

Encore faut-il être assuré de trouver des débouchés pour absorber cette production ! Henry Ford parie sur le dynamisme de la société américaine, jeune, féconde, active, confiante en l'avenir.

Il réussit pleinement son pari puisque le nombre d'automobiles en circulation aux États-Unis va progresser de 6 millions à 27 millions au cours des années 20, les «Roaring Twenties» (les années 20 rugissantes ; allusion au lion qui figure au générique des films de la XXth Century). À la veille de la Grande Dépression, on comptera déjà une voiture pour 6 habitants.

Aliénation ouvrière

Cette deuxième révolution industrielle, induite par l'électricité, entraine une rupture radicale par rapport à la première, née au XVIIIe siècle de l'usage de la vapeur.

Les premières usines étaient organisées autour d'une grosse machine à vapeur qui générait l'énergie nécessaire aux différentes machines. Sur ces machines s'activaient des ouvriers hautement qualifiés, héritiers directs des compagnons d'antan, solidaires, instruits et soucieux du travail bien fait.

Tout change avec l'«organisation scientifique du travail». Celle-ci répond à l'afflux aux États-Unis, avant la Grande Guerre, d'innombrables immigrants illettrés et sans qualification professionnelle, en provenance de l'Europe orientale et du bassin méditerranéen. Elle permet de former en quelques minutes un ouvrier à son travail. Charlie Chaplin (Charlot) en a montré les excès dans son film Les temps modernes.

Dès 1913, Henry Ford doit pallier le caractère répétitif, ennuyeux et pour tout dire aliénant du travail à la chaîne. Désespérant de retenir ses ouvriers, il se résout du jour au lendemain à doubler leur salaire, et introduit le «five dollars day» (5 dollars par jour, une aubaine pour l'époque).

Philanthrope malgré lui

A posteriori, on expliquera la politique de hauts salaires de l'industriel Henry Ford par le désir de permettre à ses ouvriers d'acheter les voitures de leur fabrication. Ainsi les ouvriers auraient-ils contribué à l'expansion de l'entreprise !
Il s'agit en fait d'une légende qui voudrait faire d'Henry Ford un précurseur de l'économiste John M. Keynes, lequel préconisait de développer l'offre (la production) en stimulant la demande (la consommation).
L'économiste Daniel Cohen rappelle que les hauts salaires étaient seulement une indispensable compensation aux difficultés du travail à la chaîne et qu'ils ne pouvaient en aucune façon stimuler les ventes d'automobiles (Trois leçons sur la société post-industrielle, 2006, Seuil).

Vers la fin de la classe ouvrière ?

La démarche d'Henry Ford, baptisée «fordisme» et reprise par toute l'industrie manufacturière, en Amérique du nord et en Europe occidentale, a permis à la classe ouvrière de rejoindre la classe moyenne avec des revenus tout à fait confortables.

Ce miracle social va déboucher sur la «société de consommation» avec ses excès qu'a dénoncés le philosophe Ivan Illich (La convivialité, 1975), et ses conséquences (la surexploitation des ressources naturelles et le réchauffement climatique).

On n'en est plus là... En ce début du XXIe siècle, la troisième révolution industrielle, fondée sur le microprocesseur, a rendu obsolète le travail à la chaîne et le taylorisme. Les tâches élémentaires de l'industrie sont de plus en plus assurées par des robots. Celles qui restent à la charge des humains sont délocalisées dans les pays à très bas salaires. Les usines d'automobile sont elles-mêmes devenues des lieux de haute technicité centrés sur la qualité et la gestion au plus juste, avec un personnel polyvalent et plutôt bien formé.

C'est désormais dans les activités de services (commerce, restauration, santé, domesticité...) que trouvent à s'employer les trop nombreuses personnes sans qualification ni instruction. Leurs salaires sont tirés à la baisse et non plus à la hausse, comme au temps d'Henry Ford, avec au final la réapparition d'une classe laborieuse pauvre comme aux premiers temps de la révolution industrielle.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 13 août 1281 : Les Japonais repoussent une invasion mongole   Jeu 13 Aoû - 21:10

13 août 1281 : Les Japonais repoussent une invasion mongole

Le 13 août 1281, les Japonais, faisant preuve d'une audace peu commune, repoussent une puissante flotte mongole qui avait tenté d'accoster sur l'archipel. Une tempête divine (« kamikaze » en japonais) met à mal les jonques géantes et vient opportunément à leur secours…

Il n'y aura plus dès lors de tentative d'invasion du Japon, jusqu'à l'épreuve de la Seconde Guerre mondiale (et cette fois, les « kamikaze » ne suffiront pas à repousser l'ennemi).


Kubilai Khan, maître de l'Univers

En cette fin du XIIIe siècle, tandis que la chrétienté médiévale s'épanouit dans une relative insouciance à l'ombre des cathédrales, l'immense Eurasie vit sous la férule des Mongols. De la Russie à la Chine, les héritiers de Gengis Khan imposent leur loi.

Le grand khan Koubilai Khan (23 septembre 1215 -18 février 1294)Son petit-fils Kubilai (ou Koubilaï), né en 1215, est proclamé grand khan (souverain suprême) le 6 mai 1260, succédant à son frère Möngke. Il règne en théorie sur un territoire qui s'étend des marches de l'Europe à péninsule coréenne mais son empire s'exerce essentiellement sur le monde chinois.

Il établit sa capitale près de Pékin, dans une cité nouvelle appelée Cambaluc (la « ville du khan »). Pour s'accommoder les Chinois, il adopte leurs coutumes et fonde sa propre dynastie, les Yuan, administrant le pays avec compétence.

Le voyageur vénitien  Marco Polo a longtemps oeuvré à son service. Admiratif, il qualifie le « grand Sire » de « plus puissant souverain et possesseur de gens, de terres et de trésors, qui ait existé depuis Adam jusqu'à nos jours ».

Le bonheur de Kubilai est altéré toutefois par la résistance de l'ancienne dynastie chinoise, les Song, qui lui résiste dans le Sud du pays. Il va finir par s'emparer de leur capitale Hangzhou en 1276. Il domine dès lors toute l'Asie. Toute ? Non, un archipel échappe à son administration. C'est l'empire du Japon, fort mal connu des Mongols et des Chinois eux-mêmes...

« Vent divin »

En 1266 et 1268, il envoie fort diplomatiquement une ambassade auprès du shogun Tokimune (le maire du palais), établi à Kamakura, et de l'empereur Kameyama (le Tennô), qui règne à Kyoto, afin de leur réclamer l'hommage qui lui est dû. Mais l'ambassade, par son arrogance, récolte une fin de non-recevoir. C'est la guerre.

Une flotte de neuf cents navires quitte les ports de Corée avec 15.000 guerriers mongols et 8.000 supplétifs  en 1274. Les troupes débarquent sans trop de mal à Hakata, au nord de l'île de Kyushu, le 19 novembre 1274, et établissent une tête de pont. Mais là-dessus, elles rembarquent sans que l'on sache pourquoi.

Peut-être l'expédition avait-elle seulement pour objectif d'impressionner le shogun? En ce cas, c'est raté car les ambassadeurs envoyés sur ces entrefaites au Japon sont proprement décapités.

Le grand khan se prépare donc à un débarquement dans les grandes largeurs. Une armada de 4200 navires et 140.000 hommes est rassemblée dans les rades coréennes et à l'embouchure du Yangzi Jiang. Du jamais vu pour un transbordement militaire.

Une première flotte tente en juin 1281 de réitérer le débarquement à Hakata mais elle se heurte cette fois à des fortifications solides, les Japonais n'ayant pas perdu leur temps.

Les Mongols doivent donc jeter toutes leurs forces dans la bataille. Le 12 août, elles approchent de Takashima, dans la baie d'Imari, au sud de Hakata. Mais encore une fois, les troupes japonaises font front. Une multitude de barques assaillent les jonques mongoles.

Le combat s'étire dans le temps, jusqu'à ce qu'au soir du 13 août, une tempête se lève. Les vaisseaux, impuissants à manoeuvrer dans la baie, se fracassent en bonne partie sur les rochers. C'est l'hécatombe dans les troupes.

Le grand khan, apprenant la nouvelle, renonce définitivement à la conquête de l'archipel. Ses amiraux se défaussent de leur responsabilité dans la défaite en attribuant celle-ci à la tempête. De leur côté, les Japonais et le clergé shintoïste ne manquent pas d'y voir une marque de la bienveillance divine.

En souvenir de cet événement surnaturel, le terme japonais « kamikaze », qui désigne le vent divin, va être repris à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour honorer les jeunes pilotes qui font le sacrifice de leur vie en se jetant avec leur appareil sur les navires américains.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 14 août 1844 : Bataille de l'Isly et fin de la conquête de l'Algérie   Ven 14 Aoû - 21:26



14 août 1844 : Bataille de l'Isly et fin de la conquête de l'Algérie

Le 14 août 1844, les troupes marocaines, alliées de l'émir Abd el-Kader, sont surprises par le général Thomas Bugeaud sur l'oued Isly, non loin de la frontière algéro-marocaine. Les 11.000 soldats français mettent en déroute les 60.000 cavaliers marocains.

Cette bataille est le point d'orgue de la guerre menée par les Français en Algérie depuis leur débarquement près d'Alger, en 1830. Elle sonne le glas de la lutte conduite par Abd el-Kader mais celui-ci et beaucoup d'autres de ses concitoyens résisteront encore plusieurs années à l'occupant avant de faire leur reddition.

Une Vendée musulmane

Le 10 septembre 1844, par le traité de Tanger, le Maroc lâche Abd el-Kader et entérine le tracé de sa frontière avec l'Algérie.

Les habitants de l'Algérie ne s'avouent pas vaincus pour autant. Dans le massif du Dahra, à l'est de Mostaganem et d'Oran, les paysans se soulèvent à l'appel d'un Berbère surnommé «Bou Maza» (l'homme à la chèvre). La réaction de l'armée française ne se fait pas attendre. Des «colonnes infernales» ravagent la contrée. Les chefs de la résistance se rendent les uns après les autres.

Abd el-Kader lui-même, épuisé et isolé, se rend le 23 décembre 1847 aux généraux de Lamoricière et Cavaignac. Sa reddition ne met pas totalement fin aux hostilités. Une résistance sporadique va perdurer pendant encore une dizaine d'années avant que l'Algérie, exsangue, ne soit occupée dans sa totalité par l'armée française.

La conquête de l'Algérie, seule guerre notable du règne somme toute pacifique de Louis-Philippe 1er, aura en définitive mobilisé jusqu'à 93.000 soldats. C'était beaucoup pour soumettre une population rurale et pauvre d'à peine 3 millions d'individus (la France comptait à la même époque 36 millions d'habitants).

Le général Bugeaud s'en explique en qualifiant l'Algérie de «Vendée musulmane», avec la même résistance... et la même répression que dans la véritable Vendée catholique ! Lui-même reçoit son bâton de maréchal pour ses faits de gloire en Algérie. Il est fait duc d'Isly par le roi et il ne lui est pas tenu rigueur des nombreux crimes de guerre commis sous son commandement contre les civils algériens.

Début de la colonisation

Dans l'Algérie enfin soumise, les colons commencent à s'implanter en grand nombre.

L'administration du pays a été confiée dès 1833 aux bureaux des Affaires arabes. Ces bureaux militaires prennent en charge les intérêts des indigènes et défendent tant bien que mal leurs droits et leurs propriétés. Mais au fil du temps, leurs efforts se heurtent à la volonté des gouvernements de transformer l'Algérie en une colonie de peuplement.

C'est ainsi que l'État ou l'armée enlèvent des terres aux indigènes, construisent à leurs frais des villages entièrement équipés avant de les remettre clés en main à des soldats en voie de démobilisation ou à des groupes de pauvres colons en provenance de la France de l'intérieur, de Malte, d'Italie ou encore d'Espagne.

Les pouvoirs publics constituent aussi de vastes domaines et les confient à des bourgeois venus de France, ces derniers employant sur leurs terres comme fermiers les indigènes musulmans qui en étaient auparavant les propriétaires.

Les immigrants européens sont appelés roumis (roumias pour les femmes) par les indigènes, d'un mot arabe qui désigne traditionnellement les chrétiens d'Occident, descendants des Romains (ils seront beaucoup plus tard qualifiés de Pieds-noirs par leur coreligionnaires de la métropole).

Espoirs et faillite de l'intégration politique

En rupture avec les régimes précédents, l'empereur Napoléon III tente de transformer le territoire algérien en un «royaume arabe» associé à la France et dont il serait lui-même le souverain.

Dans une lettre du 6 février 1863, il proclame que «l'Algérie n'est pas une colonie proprement dite mais un royaume arabe». Au grand scandale des colons et des militaires, il en appelle à l'égalité complète entre Européens et indigènes, au moins dans la gestion des affaires locales. Par ailleurs, un sénatus-consulte (une loi) en date du 14 juillet 1865 permet aux musulmans d'acquérir la citoyenneté française mais à la condition de renoncer à titre individuel au statut coranique et d'accepter le droit civil français.

La chute de l'Empire, en 1870, va ruiner le projet de Napoléon III et creuser le fossé entre indigènes et colons.
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MessageSujet: 15 août 30 av. J.-C. : Mort de Cléopâtre   Sam 15 Aoû - 20:34



15 août 30 av. J.-C. : Mort de Cléopâtre

Le 15 août de l'an 30 av. J.-C., la reine Cléopâtre VII disparaît de façon théâtrale.

Une héroïne shakespearienne

Recluse dans son palais d'Alexandrie, la reine d'Égypte apprend qu'Octave vient de débarquer. Le nouveau maître de Rome menace d'enchaîner la reine et de la faire figurer dans son triomphe, à Rome, comme autrefois César le fit de sa soeur Arsinoé.

Désespérée et seule depuis le suicide de son amant, Marc Antoine, Cléopâtre obtient de se faire livrer un panier de figues... avec un aspic à l'intérieur. Piquée par le serpent, elle entre à 39 ans dans le paradis des amants malheureux. Ses deux fidèles servantes meurent avec elle pour continuer de la servir dans l'au-delà.

Octave, le futur empereur Auguste, fera inhumer la reine aux côtés de son amant, dans le mausolée qu'elle s'est fait construire (il n'en reste aujourd'hui plus de trace).

La plus longue civilisation jamais connue

C'en est fini à jamais de trois mille ans d'Histoire pharaonique, soit la plus longue durée qu'ait jamais encore connue une civilisation, même s'il se trouvera encore des scribes quatre siècles plus tard pour graver des hiéroglyphes sur les monuments.

L'Égypte devient une simple province romaine... et le principal grenier à blé de la Ville éternelle. Rattachée trois siècles plus tard à l'empire romain d'Orient, elle deviendra byzantine avant d'être conquise par les Arabes en 642.
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MessageSujet: 16 août 1861 : Une Française accède pour la première fois au baccalauréat   Dim 16 Aoû - 20:47

16 août 1861 : Une Française accède pour la première fois au baccalauréat

Le 16 août 1861, sous le règne de Napoléon III, Julie-Victoire Daubié, une institutrice de 36 ans, militante entêtée des droits de la femme, passe avec succès le baccalauréat à Lyon. Elle est la première Française dans ce cas.

Le ministre de l'Instruction publique refuse de signer le diplôme au prétexte qu'il « ridiculiserait le ministère de l'Instruction publique » ! Son successeur Victor Duruy montrera beaucoup plus d'ouverture d'esprit en faisant voter en avril 1867 une loi imposant l'ouverture dans chaque commune de plus de 500 habitants d'une école primaire réservée aux filles.

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MessageSujet: 17 août 1661 : Une fête trop somptueuse   Lun 17 Aoû - 20:54



17 août 1661 : Une fête trop somptueuse

Le soir du mercredi 17 août 1661, Nicolas Fouquet (46 ans) étale sa munificence à l'occasion d'une fête somptueuse organisée par son talentueux maître d'hôtel François Vatel.

Le puissant surintendant général des Finances a invité le roi et la Cour en son château de Vaux, au sud-est de Paris (aujourd'hui Vaux-le-Vicomte).

Le roi blessé dans son orgueil

Louise de La Vallière en Diane chasseresse, par Nocret (musée de Versailles)Le jeune Louis XIV (23 ans) arrive à six heures du soir en compagnie de sa mère, la reine Anne d'Autriche, et de quelque six cents courtisans.

La reine Marie-Thérèse, enceinte, n'a pu se joindre à la fête mais le roi se console avec sa jeune maîtresse, la douce Mademoiselle de La Vallière. Parmi les autres absents de marque, on peut noter le ministre Colbert, soucieux de se démarquer de son ennemi intime, Fouquet.

Le roi a l'humeur maussade. Depuis la mort de Mazarin, quelques mois plus tôt, il a pris le parti de diriger en personne le gouvernement et attend de tous ses ministres et conseillers qu'ils lui soient loyaux. Ce n'est pas précisément le cas de Fouquet, qui abuse de sa position d'héritier présomptif de Mazarin et continue de s'enrichir en cachette du souverain.

L'invitation à Vaux apparaît dans ce contexte d'une extrême maladresse...

Une nuit féerique

Le décorateur du surintendant, Le Brun, fait les honneurs du château. Il montre les allégories, écureuils et soleil, qui désignent le surintendant lui-même, que tout le monde ici appelle «Monseigneur». Le roi apprécie modérément cet étalage de vanité !

Ensuite, les invités sont répartis dans différentes pièces du château pour consommer un ambigu. Le terme désigne un buffet sur lequel sont présentés simultanément tous les plats, du salé au sucré. Toute la cour est servie dans de très luxueux couverts en vermeil (un luxe inaccessible au roi lui-même !).

Après la collation, les «deux Baptiste» Molière et Lully donnent dans les jardins une comédie-ballet, la première du genre, Les Fâcheux. Pendant les intermèdes, des elfes sortent de derrière les ifs et servent gâteries et diamants aux dames.

En retournant vers le château, le roi et la cour sont éblouis par un feu d'artifice au-dessus de l'édifice. Selon une source incertaine, une loterie aurait eu lieu ensuite avec distribution de diamants et d'armes.

D'après les compte-rendus du temps, pas forcément objectifs, le roi et la Cour seraient repartis comblés, à deux heures du matin, «la bonne chère ayant été accompagnée du divertissement d'un fort agréable ballet, de la comédie et d'une infinité de feux d'artifice dans les jardins de cette belle et charmante maison, de manière que ce superbe régal se trouva assorti de tout ce qui peut se souhaiter dans les plus délicieux,... » (La Gazette).

Quant à Jean de La Fontaine, il rapporte à son ami M. de Maucroix, dans une lettre du 22 août : «Tout combattit à Vaux pour le plaisir du roi, La musique, les eaux, les lustres, les étoiles.»

Pourtant, le sort ultérieur de Nicolas Fouquet accrédite l'idée que le roi s'est senti humilié et aurait même regagné son château de Fontainebleau sans attendre la fin de la fête. L'historien François Bluche indique qu'il aurait songé à faire arrêter sur le champ le surintendant mais en aurait été dissuadé par sa mère Anne d'Autriche, qui ne voulait pas enfreindre les règles de l'hospitalité. Où que soit la vérité, il est vraisemblable que cet étalage de luxe a renforcé la détermination de Louis XIV d'abattre son trop puissant surintendant.
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MessageSujet: 18 août 1966 : la Révolution culturelle   Mar 18 Aoû - 20:13

Le 18 août 1966 débute la Révolution culturelle.

À Pékin, les partisans de Mao Zedong, fondateur du régime communiste et de la Chine dite populaire, mobilisent la jeunesse contre le président Liu Shaoqi et Deng Xiaoping, représentant de l'aide droite pragmatique au bureau du Parti communiste chinois. Ils les accusent de « révisionnisme » et leur reprochent de sacrifier l'idéologie aux impératifs du redressement économique.

Deng Xiaoping est soumis à une rééducation forcée et Liu Shaoqi meurt en prison cependant que les foules de jeunes « gardes rouges », brandissant le Petit livre rouge des Pensées du président Mao, bousculent au sens propre et au sens figuré les institutions du pays. La Révolution culturelle se solde par plusieurs millions de victimes et un profond recul de l'économie du pays.

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MessageSujet: 19 août 1839 : La France fait don de la photo au monde   Mer 19 Aoû - 20:26

19 août 1839 : La France fait don de la photo au monde

Le 19 août 1839, François Arago, illustre savant et homme politique en vue, déclare devant les Académies des sciences et des beaux-arts que l'État français a acheté le daguerréotype, une invention de Louis Daguerre à l'origine de la photographie, afin d'«en doter libéralement le monde entier» !

Trois hommes au berceau de la photographie

Comme il est arrivé bien souvent au temps de leur grandeur, Français et Anglo-Saxons se sont disputé la paternité de cette invention considérable, la photographie.

Celle-ci est au croisement de plusieurs techniques : la «chambre noire», dont les propriétés ont été identifiées dès l'Antiquité, et la fixation des couleurs sur papier par voie chimique. Les Anglais soulignent que les premiers résultats dans ce domaine sont obtenus vers 1800 par l'un des leurs, Thomas Wegwood, fils d'un potier réputé. Il a l'idée d'enregistrer une image produite par une «chambre noire» de son père sur une feuille de papier imprégnée de chlorure d'argent, une substance photo-sensible. Mais il meurt en 1805 avant d'avoir obtenu des résultats satisfaisants...


La solution vient avec Nicéphore Niépce, un Français né à Chalon-sur-Saône le 7 mars 1765 et passionné par la lithographie (impression sur pierre). Il reprend l'idée d'imprégner une plaque d'impression métallique avec du chlorure d'argent mais, pour fixer l'image durablement, ajoute une couche de vernis également photo-sensible à base de bitume de Judée (une sorte d'asphalte).

Dès 1822, il produit de premières «héliographies» qui ont la vertu de ne pas s'effacer au bout de quelques minutes mais c'est en 1826 ou 1827 qu'après avoir exposé une plaque d'étain poli pendant huit heures, il produit la première photo digne de ce nom : une vue (très floue) de la fenêtre de sa maison de Saint-Loup de Varennes.

Vu le temps d'exposition, le procédé n'est pas prêt pour la photographie instantanée mais Niépce n'en a cure : il s'intéresse avant tout à la lithographie.

Là-dessus, voilà que l'inventeur modeste de Chalon-sur-Saône entre en relation, par l'intermédiaire de son opticien, avec un fantasque décorateur de théâtre parisien, Jacques Daguerre.


De vingt-deux ans plus jeune, celui-ci utilise habilement les ressources de la chambre noire dans ses arrangements théâtraux. Il perçoit tout l'intérêt commercial du procédé de fixation des images de Niépce et le convainc de signer un contrat d'association en 1829. Voilà réunies les deux techniques à la base de la photographie !

La mort de Niépce, en 1833, ne met pas fin à l'aventure dont le rythme va même s'accélérer : Daguerre réussit avec des produits ad hoc à ramener les temps de pose à quelques minutes et conçoit en 1837 un appareil de prise de vues qu'il baptise avec modestie «daguerréotype».

Comme il manque d'argent mais pas d'entregent, il convainc l'astronome François Arago (53 ans) de soutenir son projet. Celui-ci s'empresse de jouer de son influence pour pousser l'État à se rendre acquéreur de l'invention puis à «en doter libéralement le monde entier», lors de la séance historique du 19 août 1839.

La France du «roi-bourgeois» Louis-Philippe 1er prend ainsi de vitesse l'Angleterre de Fox Talbot (1800-1877). Ce dernier, qui était en concurrence avec Niépce, mettra toutefois au point un procédé permettant de multiplier les épreuves positives à partir d'un négatif.

Le succès du daguerréotype est immédiat et phénoménal. Sans cesse amélioré, avec désormais un temps de pose de quelques secondes, il prend vite la place des portraits en miniature dans les salons des familles bourgeoises. 

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MessageSujet: 20 août 1953 : Le sultan du Maroc est déposé   Jeu 20 Aoû - 21:13



20 août 1953 : Le sultan du Maroc est déposé

Le 20 août 1953, le sultan du Maroc Sidi Mohammed est chassé du pouvoir par le Glaoui, avec la complicité des Français. Ce coup de force n'a d'autre effet que d'attiser les sentiments anti-français et de précipiter le retour à l'indépendance du Maroc...

Les dérapages du protectorat

La France exerce un protectorat sur le Maroc depuis la convention de Fès de 1912. À la gestion éclairée du général Hubert Lyautey, résident général auprès du sultan, a succédé en 1925 une administration beaucoup plus coercitive et timorée. Deux ans plus tard, le sultan Moulay Youssef meurt et laisse le trône à son troisième fils qui devient sultan sous le nom de Mohammed V. Il a 18 ans.

Par le dahir berbère du 16 mai 1930 qui prétend détacher les tribus berbères du sultan, Paris laisse entrevoir sa volonté de remplacer le protectorat par une colonisation directe. Il s'ensuit des ferments de révolte nationaliste dans le pays. Le dahir est abandonné en 1934.

La situation se rétablit avec la nomination en 1936 du général Henri Noguès, disciple de Lyautey, comme résident général. Mais l'invasion de la France par les Allemands en 1940 puis, en 1942, le débarquement anglo-américain sur les côtes du Maroc redonnent de l'audace aux nationalistes marocains qui, en 1943, fondent le parti de l'Istiqlal (indépendance en arabe). Notons que dès 1941, le sultan s'est opposé à l'extension au Maroc des lois anti-juives appliquées en France et en Algérie.

Entêtement français

Après la Seconde Guerre mondiale se multiplient les révoltes contre le protectorat à Rabat, Fès, Tanger... En dépit de celles-ci, les Français rejettent la revendication par le sultan d'une complète indépendance selon une promesse qui lui a été faite en 1943 par le président américain Franklin Roosevelt lui-même.

En désespoir de cause, Paris suscite contre le sultan la révolte de Thami El Glaoui, le pacha de Marrakech. Le samedi 23 décembre 1950, à l'occasion de la fête du Mouloud (le Nouvel An musulman), celui-ci se rend au palais du sultan pour présenter ses voeux à Mohammed V et en profite pour le mettre en garde contre les fauteurs de désordre de l'Istiqlal. Irrité, le sultan le congédie. C'est la rupture.

Le Glaoui


Le Glaoui est issu d'une tribu guerrière du Sud marocain, les Glaoua. En 1907, il a 28 ans quand il s'associe aux Français pour déposer le sultan Moulay Abdelaziz et le remplacer par son frère Moulay Hafid. Cinq ans plus tard, lorsque la France instaure officiellement son protectorat sur le pays, il collabore étroitement avec le résident général, Hubert Lyautey, ce qui lui vaut le titre de pacha de Marrakech. Il tient le sud du pays sous sa tutelle et acquiert une immense richesse fondée sur des propriétés foncières et des intérêts miniers. Il participe avec ses propres troupes à la guerre du Rif contre Abdelkrim...

Le Glaoui et ses partisans se proposent de déposer le sultan et de le remplacer par un vieillard, le chérif Mohammed ben Arafa. Mais dans le même temps, Mohammed V va de l'avant. Il entame la «grève du sceau» et refuse de signer les dahirs présentés par le résident général Alphonse Juin pour protester contre la tentative de celui-ci de transformer le Maroc en simple colonie. Le Glaoui lève une armée de milliers de cavaliers et marche sur Rabat et Fès.

Pour éviter l'irréparable, Mohammed V renonce à sa «grève» le 23 février 1951 mais sans que revienne la sérénité ! Le 3 octobre 1951, le général Augustin Guillaume arrive à la résidence générale avec l'intention d'en découdre. Faute de pouvoir s'entendre avec lui, Mohammed V demande en novembre 1952, lors du discours du Trône, l'émancipation immédiate du Maroc. Le Glaoui et une vingtaine de caïds signent alors une pétition de dénonciation.

En août 1953, prenant prétexte de la révolte, le gouvernement français dépose le sultan et l'exile en Corse puis à Madagascar. Il le remplace sur le trône par Mohammed ben Arafa. Mais ces mauvais procédés n'ont d'autre effet que de grandir le prestige de Sidi Mohammed au sein de la population marocaine.

Riposte marocaine

Les attentats contre la présence française se multiplient : attentats contre ben Arafa, déraillement d'un train, bombe sur un marché...

Contre l'avis de ses ministres gaullistes, le président du Conseil Edgar Faure engage deux ans plus tard des pourparlers avec le sultan. Une conférence s'ouvre à Aix-les-Bains le 22 août 1955. Elle aboutit à la signature d'un document par lequel la France reconnaît la fin du protectorat et l'indépendance du Maroc le 2 mars 1956.

Le souverain convertit son titre de sultan en celui de roi sous le nom de Mohammed V et le 7 mars 1956, annonce à son peuple le retour à l'indépendance.

L'Espagne à son tour reconnaît l'indépendance du pays le 7 avril 1956 avant de lui restituer un peu plus tard l'enclave d'Ifni et le littoral méditerranéen (à l'exception de Ceuta et Melilla). Enfin, le statut international de Tanger est aboli le 21 octobre de la même année et le grand port du nord retourne dans le giron du royaume.
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MessageSujet: 21 août 1968 : Invasion de la Tchécoslovaquie   Ven 21 Aoû - 19:30

21 août 1968 : Invasion de la Tchécoslovaquie

Au matin du 21 août 1968, les Européens se réveillent en état de choc. Des troupes blindées d'un total de 300.000 hommes ont envahi dans la nuit la Tchécoslovaquie sur décision de l'autocrate soviétique Leonid Brejnev. Des dizaines de milliers de parachutistes ont aussi atterri sur l'aéroport de Prague.

Les agresseurs appartiennent à cinq pays du pacte de Varsovie, dont fait partie la Tchécoslovaquie elle-même (URSS, Pologne, Bulgarie, Allemagne de l'Est, Hongrie). Ils prétendent intervenir à l'appel de responsables locaux en vue de sauver le socialisme dans ce pays d'Europe centrale où il a été imposé vingt ans plus tôt par l'Union soviétique à la faveur du «coup de Prague».

Le printemps de Prague


L'accession le 5 janvier d'Alexandre Dubcek (47 ans) au secrétariat général du Parti communiste tchécoslovaque et l'élection ultérieure du général Lutvik Svoboda (73 ans) à la présidence de la République avaient ouvert la voie à des réformes hardies.

En avril, tandis que la jeunesse d'Occident s'agite et se donne des frissons de Révolution, Alexandre Dubcek supprime la censure, autorise les voyages à l'étranger et fait même arrêter le chef de la police.

Beaucoup de Tchécoslovaques se ruent à la découverte de l'Occident sans prendre garde aux manoeuvres prémonitoires du pacte de Varsovie, en Tchécoslovaquie même.

Le retour à la réalité

Le 3 août 1968, Dubcek est fermement invité à rejoindre les représentants de l'Union soviétique, y compris le secrétaire général Brejnev, à Bratislava, en Slovaquie. Au terme de discussions orageuses, il s'ensuit la signature d'un vague compromis. Dubcek sait qu'il ne sagit que d'un sursis.


Quand les chars du pacte de Varsovie investissent les villes du pays, la population s'abstient de toute résistance armée. Elle tente de dialoguer avec les tankistes soviétiques. Dans un dérisoire effort de résistance passive, elle enlève les plaques des rues pour désorienter l'occupant. En certains endroits, des tankistes perdent leur sang-froid face à l'audace des manifestants et ouvrent le feu. On compte le soir du 21 août quelques poignées de morts.

Le lendemain, de nombreux Praguois manifestent en silence, oriflammes au vent. Sans résultat.


Le PC tchécoslovaque tient un congrès extraordinaire clandestin dans les usines CKD, près de Prague, et reconduit Alexandre Dubcek dans ses fonctions. Pendant ce temps, celui-ci a été jeté manu militari dans un avion et transféré en Union soviétique. Le 23 août, il est fermement convié par ses hôtes soviétiques à signer un texte de capitulation. Après trois jours de pressions et de brutalités, il se résigne enfin.

Le 27 août, de retour à Prague, abattu et défait, il présente ce texte à ses concitoyens. Il y est question pour la première fois de «normalisation». C'en est brutalement fini du «Printemps de Prague» et de l'illusion d'un «socialisme à visage humain». Devenus inutiles à l'occupant, Alexandre Dubcek et les autres responsables du pays sont rapidement isolés et remplacés.

Les Tchèques et les Slovaques se résignent à la «normalisation». La plupart du moins. L'étudiant Jan Palach fait exception. Il s'immole par le feu sur la place Wenceslas, à Prague, le 16 janvier 1969, par défi et par désespoir. Ses compatriotes saluent son geste dans le recueillement. Ils patienteront vingt ans avant le retour de la démocratie...

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MessageSujet: 22 août 1962 : Attentat du Petit-Clamart   Sam 22 Aoû - 19:36



22 août 1962 : Attentat du Petit-Clamart

Le général Charles de Gaulle était revenu au pouvoir grâce au soulèvement de l'armée et des Français d'Algérie, le 13 mai 1958. Ces derniers craignaient à juste titre que le gouvernement de la IVe République ne négocie un retrait des trois départements algériens. Ils placèrent leurs espoirs dans le Général qui leur promit sans ambages de maintenir l'intégrité du territoire.

Mais une fois au pouvoir, Charles de Gaulle prit conscience de l'impossibilité de maintenir le statu quo en Algérie. Il se refusa d'autre part à octroyer aux musulmans d'Algérie tous les droits des citoyens français comme l'eussent souhaité l'ancien gouverneur Jacques Soustelle... ou des militaires comme Jean Bastien-Thiry. Restait l'alternative de l'indépendance. Il fallut près de quatre longues années pour que le président de la République pût convaincre ses partisans que l'indépendance de l'Algérie était inéluctable.

La déconfiture fut totale. Après la signature des accords d'Évian, les Pieds-noirs refluèrent en désordre vers la métropole et les vainqueurs du FLN assassinèrent dans des tortures affreuses plusieurs dizaines de milliers de harkis et autres musulmans francophiles, abandonnés par l'armée française et le gouvernement du général de Gaulle.

En métropole comme en Algérie, des extrémistes français reprirent à leur compte les méthodes du FLN algérien et multiplièrent les attentats aveugles contre les innocents sous l'emblème de l'OAS (Organisation de l'Armée Secrète).

Comme beaucoup de militaires de sa génération, Jean Bastien-Thiry ne comprit pas les revirements du général de Gaulle. Il les interpréta comme autant de trahisons à l'égard de la Nation, des Français d'Algérie et des musulmans fidèles à la France.

Refusant l'inéluctable, il se convainquit que le Général était un obstacle à la restauration de la grandeur de son pays. C'est ainsi que sous l'égide d'un mouvement clandestin, le Conseil National de la Résistance (CNR) de Georges Bidault, il organisa un attentat contre le cortège du Président.

L'attentat

Le 22 août 1962, le général de Gaulle, avec son épouse, se rend de l'Élysée à sa résidence de Colombey-les-deux-Églises. De l'Élysée même, un informateur jamais identifié prévient Bastien-Thiry du choix de l'itinéraire fixé au dernier moment par les services de sécurité parmi les trois possibles.

Au Petit-Clamart, dans la banlieue sud de Paris, la DS présidentielle est mitraillée par les six tireurs du commando de Bastien-Thiry. Les tireurs visent principalement les pneus afin d'arrêter la voiture. Mais les pneus résistent aux balles et le grand talent du chauffeur fait le reste.

L'un des tireurs, Georges Watin, dit «la boîteuse», lâche une rafale à la hauteur des têtes des passagers du véhicule. Les impacts de son fusil-mitrailleur - 8 au total - permettront au procureur général Gerthoffer de requérir pour tentative d'assassinat.

Le président et son épouse, assis à l'arrière du véhicule, sont sans doute sauvés par la réaction de leur gendre Alain de Boissieu qui, assis à l'avant, se retourne vers eux et ose ordonner : «Père, couchez-vous !»

Buisines et Bougrenet de La Tocnaye, constatant que la DS poursuit sa route, tentent de la rejoindre en fourgon. Le fourgon heurte le pare-chocs de la DS. Bougrenet ouvre la portière latérale et tend d'une main le fusil-mitrailleur à l'extérieur. Incident de tir ! La rafale ne part pas.

Les tireurs sont bientôt arrêtés. Jean Bastien-Thiry est arrêté à son retour d'une mission scientifique en Grande-Bretagne. Un tribunal d'exception, la Cour militaire de Justice, juge les prévenus.

Le procureur requiert la mort contre Bastien-Thiry, Bougrenet de La Tocnaye et Buisines. Prévost demande la parole et prie le jury de prendre la place de Buisines, affirmant sa responsabilité supérieure. Le tribunal militaire tient compte de cette précision en condamnant à la peine capitale Prévost au lieu de Buisines.

Prévost avait été en 1954 dans le dernier avion qui avait parachuté des soldats au-dessus de la cuvette de Dien Bien Phu. Prévost et les autres hommes de ce vol s'étaient portés volontaires pour rejoindre leurs camarades bien qu'ils fussent convaincus qu'ils ne sortiraient jamais vivants de cet enfer !

Le recours en cassation n'est pas permis aux condamnés. Leur vie repose entre les mains du chef de l'État. L'opinion publique est convaincue qu'il usera de son droit de grâce pour un attentat qui n'a pas entraîné mort d'homme. Le général de Gaulle grâcie effectivement les tireurs mais non leur chef. Jean Bastien-Thiry est fusillé huit jours à peine après le jugement.


Prévost poursuivra une vie d'errance à travers le monde, inguérissable de n'avoir pas accompagné son chef dans la mort. Watin mourra de maladie quelques années plus tard en Amérique latine. Bertin, le plus jeune, fera une très belle carrière dans la banque. Des trois tireurs hongrois, ne survit plus que Lajos Marton, qui fut en 1956 un jeune officier aux côtés de Pal Maleter, le chef de l'insurrection anti-communiste. Buisines a été renversé par un véhicule en plein Paris.

Charles de Gaulle exploita l'émotion causée par l'attentat du Petit-Clamart pour proposer l'élection du président de la République au suffrage universel, par l'ensemble du peuple français, et non plus par une assemblée de notables.

Le projet se heurta à une très forte opposition du Sénat et de la gauche qui craignaient la naissance d'un régime bonapartiste autoritaire. Il fut néanmoins approuvé par référendum le 28 octobre 1962 avec 62,25% de Oui. -

Commentaires

Dans un éditorial alambiqué, le directeur du quotidien Le Monde, Hubert Beuve-Méry, lance une pique contre le général de Gaulle :

«Le problème est moins aujourd'hui d'appliquer sans défaillance une justice à quelques égards toujours contestable que d'en finir avec des germes de guerre civile, séquelles d'une décolonisation trop coûteuse, parfois trop maladroite et trop hypocrite»
(Le Monde, 6 mars 1963).

La plupart des journalistes, à gauche et bien sûr à droite, s'indignent sans détour de cette exécution d'un autre âge :

«En fait, l'inhumanité du Souverain finit par accabler jusqu'à ses partisans.»
(Jean Daniel, L'Express, 14 mars 1963).

«On peut difficilement ne pas considérer l'exécution de Bastien-Thiry comme une action néfaste.»
(Philippe Tesson, Combat, 12 mars 1963)
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Eurynome
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MessageSujet: Re: ephemeride   Dim 23 Aoû - 15:27

"-J'espère que les poulets n'ont rien eu."

"-Vous êtes brave, Yvonne."
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: Re: ephemeride   Dim 23 Aoû - 16:53

En enquêtant sur cette citation, je découvre qu'elle parlait de poulets transportés dans le coffre.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 23 août 1939 : Le pacte germano-soviétique   Dim 23 Aoû - 16:55



23 août 1939 : Le pacte germano-soviétique

Le 23 août 1939, le monde apprend avec stupéfaction la signature au Kremlin, à Moscou, d'un pacte germano-soviétique de «non-agression».

Rapprochement des dictatures

Les premières initiatives belliqueuses de Hitler s'accompagnent comme il va de soi d'un brutal regain de tension en Europe.

Staline, soupçonne les Occidentaux de vouloir détourner vers l'Est les appétits de conquête de Hitler. Il croit voir dans le lâchage de la Tchécoslovaquie à la conférence de Munich, en septembre 1938, la confirmation de ses craintes.

Cinq mois après la conférence de Munich, commence à émettre des revendications sur la Pologne et réclame en particulier Dantzig, «ville libre» selon les termes du traité de Versailles de 1919. Le «couloir de Dantzig» assure à la Pologne un accès à la mer mais présente pour les Allemands l'inconvénient de séparer la Prusse orientale du reste de leur pays.

Le 15 mars 1939, la Wehrmacht entre à Prague et transforme ce qui reste de la Tchécoslovaquie en une colonie allemande. Le 23 mars 1939, accessoirement, elle occupe le district de Memel, en Lituanie. Ce petit territoire germanophone est derechef rattaché à la Prusse orientale.

Staline aux abois

Pour circonvenir la menace allemande, Staline négocie d'abord un rapprochement avec les Français et les Britanniques. Un projet d'accord est bouclé le 22 juillet 1939 mais le dictateur refuse de le signer car les Occidentaux n'autorisent pas ses troupes à entrer en Pologne et en Roumanie en cas d'agression allemande.

De dépit, Staline change son fusil d'épaule et, le soir du 19 août, annonce à son Politburo (bureau politique) son intention de signer un pacte de «non-agression» avec son turbulent voisin (en théorie rien à voir avec une alliance qui implique un engagement militaire commun).

Hitler au culot

À Berlin, Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères depuis le 4 février 1938, convainc Hitler que les Occidentaux sont trop timorés pour jamais oser répondre aux provocations allemande et l'entraîne dans un rapprochement avec Staline, en vue du dépeçage de l'Europe centrale.

Lui-même se propose d'aller à Moscou négocier un partage de la Pologne et des pays baltes.

Un pacte plein de sous-entendus

Le 21 août 1939, Berlin propose officiellement à l'URSS un pacte de non-agression sous le prétexte de mettre un terme aux provocations... de la Pologne !

Le pacte est bouclé trois jours plus tard par von Ribbentrop et son homologue soviétique, Vyatcheslav Molotov. Il est conclu pour une durée de dix ans.

Les termes méritent d'en être rappelés : «Les hautes parties contractantes s'engagent à s'abstenir de tout acte de violence, de toute agression, de toute attaque l'une contre l'autre, soit individuellement, soit conjointement avec d'autres puissances».

Le pacte inclut une aide économique de l'URSS à l'Allemagne avec d'importantes livraisons de blé, pétrole et matières premières. Celles-ci se poursuivront jusqu'à la rupture du pacte deux ans plus tard.

Une clause secrète prévoit le partage de la Pologne en zones d'influence allemande et soviétique, la limite passant par les fleuves Narew, Vistule et San. Une autre clause secrète prévoit la livraison à l'Allemagne nazie de militants communistes allemands réfugiés en URSS (elle sera exécutée comme les autres).

Les dirigeants  français et britanniques comprennent que la guerre est devenue inéluctable.

Dépeçage de l'Europe centrale

Hitler, débarrassé de la crainte d'avoir à combattre sur deux fronts, envahit la Pologne dès le 1er septembre 1939. La France et le Royaume-Uni ne peuvent faire autrement que d'honorer leur promesse faite à la Pologne et de déclarer la guerre à l'Allemagne.

Winston Churchill, témoin et acteur de premier plan, écrit dans ses Mémoires à propos du pacte : «seul un régime de despotisme totalitaire, comme celui qui existait dans chacun des deux pays, était capable de supporter la réprobation qu'inspirait un acte aussi anormal.»
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 24 août 79 : Disparition de Pompéi   Lun 24 Aoû - 19:54


24 août 79 : Disparition de Pompéi

Le 24 août 79, une violente éruption du Vésuve provoque l'enfouissement de la riche cité romaine de Pompéi sous une pluie de cendres volcaniques. Le même jour, le port voisin d'Herculanum, à l'habitat plus populaire, est écrasé, lui, sous une coulée de roches et de laves.

Pompéi disparaît sous 6 mètres de lapilli (fines particules de roches volcaniques) et Herculanum sous 16 mètres de boues. Sorties de l'oubli 1700 ans plus tard, ces deux cités nous ont permis, grâce à leur malheur soudain, de connaître la civilisation romaine à son apogée avec autant de précision que si elle s'était éteinte hier.

Un volcan que l'on croyait éteint

Vénus et Mars, peinture murale dans la maison de l'amour (Pompéi), photo : André Larané, Herodote.netLa précédente éruption du Vésuve remontait à 3.500 ans avant JC et n'avait laissé aucun souvenir dans la mémoire des hommes. Aussi les Romains ne savaient-ils même pas que la montagne fertile dominant la baie de Naples était un volcan !

Pourtant, une alerte avait eu lieu le 5 février de l'an 62, sous le règne de l'empereur Néron.

Elle s'était traduite par un violent tremblement de terre qui avait détruit une première fois Pompéi.

Sans attendre, les riches propriétaires avaient reconstruit les superbes demeures décorées de fresques, de statues, de mosaïques et de fontaines, où ils venaient se reposer des turbulences de la vie romaine.

La reconstruction était à peine terminée que le volcan se réveillait pour de bon en l'an 79, sous le règne de Titus, celui-là même qui écrasa avec son père une révolte juive.

Une surprise de taille

En une heure, le volcan propulse dans l'atmosphère un énorme nuage de cendres brûlantes en forme de pin parasol. À plusieurs kilomètres de hauteur, ces cendres d'un total de plusieurs millions de tonnes se refroidissent et retombent sous forme de poussières et de pierres ponce sur Pompéi. On parle de nuées ardentes.

Reconstitution grahique de l'éruption du VésuveSur les 10.000 à 15.000 habitants que devait compter Pompéi, on en a retrouvé à ce jour 2.000 qui ont succombé par asphyxie. Habitués aux tremblements de terre mais ignorant tout du volcanisme, ils avaient négligé de fuir quand il en était encore temps.

Quelques heures plus tard, une coulée composée de roches en fusion et de cendres, dite pyroclastique, dévale la pente du Vésuve et carbonise instantanément Herculanum et ses habitants. On retrouvera deux mille ans plus tard des débris de squelettes. Au total, en près de 24 heures, le Vésuve entraîne la mort de plusieurs milliers de personnes dans les villes et les campagnes du golfe de Naples.

À Misène, à la pointe nord du golfe de Naples, un jeune homme de 17 ans, Pline le Jeune, assiste à l'éruption et en rédige le compte-rendu détaillé dans deux lettres. Les vulcanologues donneront bien plus tard le qualificatif de plinéen à une éruption volcanique comme celle qu'il a décrite.

L'oncle du jeune homme, Pline l'Ancien, est un savant connu pour une gigantesque Histoire naturelle en 37 volumes (on lui doit aussi cette critique des excès gastronomiques de ses concitoyens : «Un cuisinier coûte plus cher qu'un triomphe»).

Au moment de la catastrophe, il commande la flotte romaine qui mouille à Misène. Mû par la curiosité scientifique et par un sentiment d'humanité, il meurt asphyxié sur la plage de Stabies après avoir tenté avec ses navires d'apporter de l'aide à des habitants.


Mode posthume

La disparition de Pompéi et d'Herculanum est une tragédie humaine comme on en voit hélas à toutes les époques et sur tous les continents. Si elle a gardé une place à part dans l'Histoire, c'est qu'elle s'est avérée être une bénédiction pour les archéologues et les artistes des temps modernes.

L'éruption du Vésuve et les villes martyres sont tombées dans l'oubli pendant plusieurs siècles. Puis, au XVIIIe siècle, des paysans, en poussant leur charrue, sortent de terre des vestiges antiques. Ceux-ci suscitent la curiosité du prince d'Elbeuf, un noble de la cour des Habsbourg.

Il dirige en 1710 une campagne de fouilles sur ce qui s'avèrera être l'amphithéâtre d'Herculanum et extrait trois belles statues féminines de marbre. Il en fait don à son cousin, le prince Eugène de Savoie.

Ce premier acte de pillage va être de nombreux autres jusqu'à ce que les autorités napolitaines interdisent l'exportation des vestiges.

À la fin du XVIIIe siècle, sous le règne du falot Ferdinand VII et de sa brillante épouse Marie-Caroline de Habsbourg, le site de Pompéi devient une destination à la mode pour les nobles de toute l'Europe comme pour les savants.

Les trésors de l'empire romain recueillis à Pompéi deviennent une source d'inspiration pour les décorateurs et les artistes qui inauguren en France les styles Directoire et Empire. Ainsi le sculpteur Canova a-t-il réalisé dans le style antique la statue de Pauline Bonaparte nue que l'on peut voir à la villa Borghèse, à Rome.


Bénéfices d'une tragédie

Dès le XVIIIe siècle, les archéologues se mettent à excaver les traces presque intactes de la vie quotidienne des riches Romains, faisant de Pompéi le premier et le plus grand de tous les chantiers archéologiques.

Victimes de la catastrophe de Pompéi (moulages)On s'aperçoit bientôt que les meubles et les corps ensevelis sous les cendres chaudes ont laissé la place à des cavités vides en se décomposant.

L'archéologue Giuseppe Fiorelli a l'idée d'injecter du plâtre dans ces cavités de façon à restituer la forme des disparus. D'où ces moulages saisissants des habitants de Pompéi figés dans l'attitude où la mort les a surpris.

On peut aujourd'hui visiter les ruines des deux villes et y retrouver le souvenir de l'ancienne Rome ainsi que dans le musée archéologique de Naples, qui abrite plus d'un million d'objets retrouvés sur les sites.

Reste à souhaiter qu'aucune éruption ne vienne à nouveau recouvrir les sites de Pompéi et Herculanum (la dernière éruption remonte au 17 mars 1944 et la précédente au 26 avril 1872)... D'aucuns pensent toutefois que le plus grand danger qui les menace aujourd'hui tient à la crise économique et au manque de ressources du gouvernement italien.

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MessageSujet: 25 août 1944 : La Libération de Paris   Mar 25 Aoû - 20:47



25 août 1944 : La Libération de Paris

Le vendredi 25 août 1944, à 15h 30, le général Philippe Leclerc de Hauteclocque (43 ans) reçoit à Paris, devant la gare Montparnasse, la capitulation des troupes d'occupation de la capitale.

Le document est signé par le général Dietrich von Choltitz, commandant du 84e corps d'armée. Il est aussi contresigné par le colonel Henri Rol-Tanguy, chef régional des FTP-FFI (Francs-tireurs et partisans des Forces Françaises de l'Intérieur).

De Gaulle, Leclerc et Chaban-Delmas (de dos) à la gare Montparnasse, le 25 août 1944Une heure plus tard, le général Charles de Gaulle lui-même arrive à la gare et se voit remettre par Leclerc l'acte de capitulation.

Il se rend ensuite à l'Hôtel de Ville où il est reçu par Georges Bidault, président du Conseil national de la Résistance. Comme celui-ci lui demande de proclamer le rétablissement de la République, de Gaulle rétorque qu'elle n'a jamais cessé d'exister.

Sur le perron, devant une foule enthousiaste et joyeuse, sous un beau soleil estival, il célèbre en des termes flamboyants la Libération de Paris : «Paris martyrisé ! mais Paris libéré !...». Son discours improvisé est aussitôt retransmis à la radio.

Le soir, de Gaulle s'installe au ministère de la Guerre en qualité de chef du gouvernement provisoire de la République française et le lendemain, le chef de la France libre descend en triomphe les Champs-Élysées, suivi de Leclerc et de ses fidèles de la première heure auxquels il a recommandé de se tenir derrière lui.

Dans une joyeuse pagaille, acclamé par deux millions de Parisiens, il arrive à la Concorde. Là éclatent des coups de feu sporadiques. Puis le général gagne Notre-Dame pour un Te Deum passionné.

S'insurger ou attendre ?

La Libération de Paris a débuté le 10 août 1944 avec la grève des cheminots, tandis que les troupes allemandes commençaient de plier bagage.

Le général Pierre Koenig, chef d'état-major des Forces Françaises de l'Intérieur, souhaite qu'un soulèvement populaire précède l'arrivée des troupes alliées dans la capitale mais il est conscient des risques qu'il représente.

En effet, quelques jours plus tôt, le 1er août, les résistants de Varsovie ayant fait le même choix ont subi une répression d'une extrême violence. D'autre part, le risque existe d'un affrontement entre les gaullistes pilotés par Jacques Chaban-Delmas et les communistes sous les ordres du colonel Rol-Tanguy.

Le 19 août, des combats sporadiques éclatent un peu partout. 3.000 policiers de Paris rejoignent la Préfecture de police de l'île de la Cité, au coeur de la capitale, en tenue civile et avec leur arme de service et le drapeau tricolore est hissé au sommet de l'édifice. Mais les Alliés n'étant pas attendus dans la capitale avant le 1er septembre, les gaullistes jugent l'insurrection prématurée. Ils le font savoir à Rol-Tanguy par le biais d'une note transmise par l'intermédiaire de Jacques Chaban-Delmas (29 ans), délégué militaire national.

Au terme d'une violente discussion, les représentants du Comité national de la Résistance conviennent de négocier une trêve avec l'occupant. Dans les faits, elle ne sera appliquée que de façon sporadique puis plus du tout.

Lourd bilan

Entre le 10 août et l'entrée des troupes du général Leclerc le 25 août suivant, la Libération de la capitale aura causé la mort de 76 soldats de la 2e division blindée ainsi que de 901 résistants des FFI et de 3.200 Allemands (12.800 soldats allemands sont aussi faits prisonniers).

Parmi les drames les plus désolants, gardons en mémoire le souvenir de 35 garçons et filles qui avaient maladroitement confié à un agent double leur désir de combattre. Dans la nuit du 16 au 17 août, ils sont livrés par celui-ci à la Gestapo (police allemande) qui les fusille sans délai près de la cascade du bois de Boulogne.
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MessageSujet: 26 août 1789 : Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen   Mer 26 Aoû - 20:34

26 août 1789 : Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen

Du 20 au 26 août 1789, à Versailles, l'Assemblée nationale constituante, qui s'est substituée aux états généraux, discute le texte de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

L'accomplissement des Lumières

Tandis que débute la Révolution française, sous le regard bienveillant du reste de l'Europe, les députés veulent offrir au monde un texte qui condense leurs aspirations. Ils y réussissent d'une remarquable manière en s'inspirant des textes anglo-saxons.

Un siècle plus tôt, au cours de la «Glorieuse Révolution», les Anglais ont en effet jeté les bases de la démocratie parlementaire moderne en imposant à leurs souverains le Bill of Rights et l'Habeas Corpus. Et le 4 juillet 1776, les habitants des colonies anglaises d'Amérique ont proclamé leur indépendance dans une très belle Déclaration qui a énoncé pour la première fois le «droit au bonheur».

La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen réalise la synthèse de ces textes et des idéaux politiques du «Siècle des Lumières». Elle s'applique à l'ensemble des êtres humains, hommes et femmes réunis. Cela découle du genre neutre du mot Homme, qui désigne aussi bien les femmes que les hommes dans la langue française. Le genre neutre a d'ailleurs été repris en 1948 par les rédacteurs français de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (en anglais : Universal Declaration of Human Rights)...

Le texte ne fait référence à aucune religion ni aucun régime politique particulier. Il ne cite ni le christianisme ni le roi. Rédigé sous le règne de Louis XVI, trois ans avant sa chute, par des députés tous royalistes, il peut être considéré comme le testament de la monarchie... ou comme son acte de décès.

Le roi, qui s'oppose de toutes les façons possibles à l'Assemblée nationale, se résout à ratifier la Déclaration le 5 octobre, sous la pression de la foule accourue de Paris à Versailles et sur les instances de La Fayette.

Une déclaration d'application universelle

Par sa clarté et sa précision, la Déclaration est un admirable chef-d'oeuvre de la langue française et un texte de droit exemplaire.

Le caractère universel et intemporel de la Déclaration est tout aussi remarquable que sa prestance littéraire. Le texte réussit le tour de force d'énoncer les droits de l'individu en faisant fi du régime politique (monarchie constitutionnelle ou république), de la religion (il se contente d'invoquer l'Être suprême et garantit la liberté religieuse de chacun) ainsi que des différences sexuelles. Il convient aussi à toutes les époques et à toutes les sociétés.

L'Article premier, le plus beau et le plus important, énonce : «Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.» En deux phrases tranchantes, il récuse les privilèges et porte en germe la condamnation de l'esclavage comme des ségrégations sexuelle, religieuse ou raciale.

Différents autres articles condamnent l'arbitraire, le totalitarisme et la tyrannie. Sans surprise, ce «catéchisme national» en dix-sept articles a été inscrit au préambule de la Constitution de la Ve République comme des précédentes.

Présumé innocent

Parmi les articles de la Déclaration les plus fréquemment cités figure l'Article IX, qui énonce :

Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne sera pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.

Cet article interdit de menotter un prévenu ou de le retenir en garde à vue sans motif sérieux. Deux siècles après sa rédaction, son application se fait attendre...

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 27 août 1859 : Du pétrole en Pennsylvanie   Jeu 27 Aoû - 19:08



27 août 1859 : Du pétrole en Pennsylvanie

Le 27 août 1859, du pétrole jaillit pour la première fois du sous-sol des États-Unis.

La découverte survient à point nommé, à un moment où les besoins d'éclairage n'arrivent plus à être satisfaits avec l'huile de baleine traditionnelle et le kérosène, un combustible extrait du charbon...

Ruée vers l'or noir

Le miracle se produit au nord-est du pays, en Pennsylvanie, au lieu-dit Oil Creek («la mare ou le ruisseau d'huile» !), près deTitusville.

Son auteur est un bourlingueur du nom d'Edwin L. Drake (39 ans). Il se fait abusivement appeler «colonel Drake». Ayant pratiqué tous les métiers y compris celui de conducteur de train, il s'établit avec sa famille à Titusville.

Contre l'avis des experts, il a acquis la conviction qu'il pourrait extraire le pétrole du sous-sol par simple forage et s'est adjoint pour cela le concours d'un puisatier. Ensemble, ils ont creusé un puits grâce à un trépan suspendu à un câble et mis en mouvement par une machine à vapeur. Le précieux liquide a jailli lorsque le trépan a atteint 23 mètres de profondeur seulement.

Dès le premier jour, avec une production de l'ordre de huit ou dix barils, Drake multiplie la production mondiale de pétrole par... deux ! Il s'ensuit une première ruée vers l'or noir. La région se couvre de derricks et procure la fortune à de nombreux audacieux.

Quand au «colonel» Drake, dépourvu du sens des affaires, il néglige de faire breveter son système de forage et sombre dans la pauvreté. Compatissants, les habitants de Titusville finiront par verser une pension à lui-même et à sa veuve.

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