Duché de Montmirail

Forum politique et rpg
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 ephemeride

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1 ... 15 ... 27, 28, 29 ... 32 ... 36  Suivant
AuteurMessage
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 03 avril 1559 : Traité du Cateau-Cambrésis   Lun 3 Avr - 20:54



03 avril 1559 : Traité du Cateau-Cambrésis

Par la paix du Cateau-Cambrésis (Flandre), signée le 3 avril 1559 avec le roi d'Espagne Philippe II, le roi de France Henri II met un terme à un demi-siècle de guerres d'Italie stériles et ruineuses.

Le traité, hâtivement négocié, a été voulu par le vieux connétable Anne de Montmorency (66 ans), défait et capturé par les Espagnols à Saint-Quentin (10 août 1557), en vue d'obtenir sa propre libération.

La France se voit confirmée la possession de facto des Trois-Evêchés de Metz, Toul et Verdun, en Lorraine, ainsi que de Calais, reprise aux Anglais par le duc François de Guise. Mais elle doit par ailleurs restituer au duc de Savoie la Bresse, le Bugey, la Savoie elle-même et les places fortes du Piémont.

Enfin, le roi de France renonce sans regret au mirage italien et aux anciennes revendications sur Naples et Milan. Il est prévu que le roi d'Espagne Philippe II épouse Élisabeth, fille du roi de France. Les fêtes données à Paris pour célébrer ce traité et le mariage s'achèveront dans la tragédie avec la mort accidentelle d'Henri II.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 04 avril 1792 : Création du dollar   Mar 4 Avr - 20:54



04 avril 1792 : Création du dollar

Le 4 avril 1792, une loi fait du dollar la monnaie officielle des États-Unis à l'initiative d'Alexander Hamilton, secrétaire du Trésor sous la présidence de George Washington. Son nom vient d'une déformation phonétique de thaler, nom d'une monnaie encore très populaire à cette époque dans le Nouveau Monde...

Le thaler, devise universelle avant l'heure

Le thaler est une monnaie d'origine autrichienne illustrée par le portrait bien en chair de l'impératrice Marie-Thérèse, morte en 1780. Cette monnaie en argent de très bon aloi était devenue très populaire en Europe centrale mais aussi dans le Nouveau Monde et même dans la péninsule arabe, où elle était encore en usage au début du XXe siècle !

Son nom est une abréviation de Joachimsthaler. Il vient de Joachimsthal (« vallée de Joachim ou Jacques »), ville autrichienne entourée de riches gisements argentifères, dans les monts Métallifères. Située au nord de l'actuelle République tchèque, la ville porte aujourd'hui le nom de Jáchymov et les montagnes s'appellent Krušné hory (« Monts rudes »).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 05 avril 1242 : Alexandre Nevski défait les Chevaliers Teutoniques   Mer 5 Avr - 20:54



05 avril 1242 : Alexandre Nevski défait les Chevaliers Teutoniques

Le 5 avril 1242, Alexandre Nevski massacre les Chevaliers Teutoniques et les chevaliers Porte-Glaives sur les glaces du lac Peïpous, à la frontière de l'Estonie actuelle. De cette victoire, aussi appelée «bataille de la Glace», va sortir la nation russe, au terme d'un douloureux processus.

Parenthèse mongole

Vingt ans plus tôt, les Mongols de Gengis Khan ont ravagé et conquis la steppe eurasienne, de la Chine aux abords de la Hongrie.

Le successeur de Gengis Khan s'installe à Sarai, sur les bords de la Volga, et après une résistance opiniâtre, les princes russes, désunis, se soumettent à son autorité. C'est ainsi que l'invasion mongole brise net en Russie les progrès de la civilisation. Pendant ce temps, l'Occident brille de tous ses feux et érige ses cathédrales. En France règne Saint Louis.

Les Suédois, les Allemands et les Lituaniens profitent de la situation pour tenter de coloniser le nord de la plaine orientale.

Dans ce moment le plus tragique de l'histoire russe surgit un sauveur, Alexandre. Il est le deuxième fils du grand-prince russe Iaroslav qui gouverne la principauté de Vladimir, au nord de Moscou, tout en faisant allégeance à l'empereur ou khan mongol.

Sa famille descend d'un aventurier suédois ou danois, Riourik (ou Riurik). Riourik est un Varègue, ou Viking de l'Est, qui a pillé les côtes de France et d'Angleterre avant de s'établir en 860 à Novgorod et de jeter les bases de l'État russe.

Alexandre reçoit à vingt ans le commandement des troupes de la cité marchande de Novgorod. Il se porte au-devant des Suédois et les vainc le 5 juin 1240, au bord de la Neva. Cette première et grande victoire lui vaut le surnom de Nevski.

Le jeune prince est néanmoins déchu de son commandement par le Conseil du peuple de la république de Novgorod. Les Lituaniens et les Allemands en profitent pour engager à leur tour une vaste offensive contre les principautés russes.

Devant le danger, l'archevêque de Novgorod rappelle Alexandre Nevski. C'est ainsi que celui-ci défait les chevaliers Teutoniques et les chevaliers Porte-Glaives.

Les vaincus de la «bataille de la Glace»appartiennent à des ordres monastiques d'origine allemande, à vocation militaire et colonisatrice. Leur objectif officiel est de christianiser les populations semi-païennes de l'Europe slave. Dans les faits, ils se montrent surtout attentifs à décimer ces populations et à les remplacer par des colons allemands.

La victoire d'Alexandre Nevski met un terme à la poussée colonisatrice des Allemands vers l'Est (le «Drang nach Osten»)... mais n'altère en rien la domination mongole sur l'immense plaine russe.

Un héros très conciliant

En 1252, dix ans après sa victoire sur les Allemands, Alexandre Nevski devient grand-prince de Novgorod à la place de son frère aîné André, celui-ci ayant été destitué par le khan mongol pour cause d'insoumission.

Alexandre rentre dans le rang et, par une attitude pleine d'humilité, obtient des Mongols l'allègement de leur joug.

L'un des fils d'Alexandre Nevski héritera de la petite principauté de Moscou.

Il témoignera comme son père d'une soumission exemplaire aux Mongols et leur bienveillance lui permettra d'agréger peu à peu le peuple russe autour de sa principauté.

C'est ainsi que les descendants d'Alexandre Nevski unifieront la plaine russe à leur profit jusqu'à ce que l'un d'eux, Ivan IV le Terrible, s'émancipe définitivement des Mongols et instaure par la violence un État centralisé.

Un mythe national

Héros national, Alexandre Nevski a été canonisé après sa mort par l'Église orthodoxe.

En 1712, pour honorer son souvenir, le tsar Pierre le Grand fait édifier le somptueux monastère Alexandre-Nevski sur l'emplacement de la bataille de la Neva.

En 1938, enfin, le cinéaste Serge Eisenstein réalise un film intitulé Alexandre Nevski, avec une musique de Serge Prokoviev, dont c'est aujourd'hui l'oeuvre la plus jouée dans le monde après Pierre et le loup.

Ce film de propagande anti-allemande résulte d'une commande de Staline qui voulait raviver le nationalisme grand-russe à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Il n'en figure pas moins parmi les chefs-d'oeuvre du cinéma mondial.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 06 avril 1652 : Fondation de la ville du Cap   Jeu 6 Avr - 20:54



06 avril 1652 : Fondation de la ville du Cap

Les Hollandais établissent le 6 avril 1652 une petite colonie permanente près du cap de Bonne Espérance, à la pointe de l'Afrique. C'est l'origine de la ville du Cap, qui compte aujourd'hui près de 2 millions d'habitants. C'est aussi l'origine de la république d'Afrique du Sud.

Les Portugais explorent l'Afrique

Le Portugais Bartolomeu Dias fut le premier navigateur européen à atteindre la pointe de l'Afrique, en 1488. Il en garda un si mauvais souvenir qu'il l'appela Cap des Tempêtes. Mais le roi du Portugal, trop heureux de l'exploit qui laissait augurer un prochain voyage jusque dans l'Asie des épices, le rebaptisa Cap de Bonne Espérance.

Un peu plus tard, en 1497, un autre marin portugais, Vasco de Gama, réussit enfin à contourner l'Afrique et à atteindre les Indes. C'est le début d'un fructueux commerce.

Mais le contournement du continent noir au temps de la marine à voile ne demande pas moins de six mois et chaque voyage se solde par la mort de beaucoup de marins, faute de produits frais.

Justement, le cap de Bonne Espérance, situé à peu près à mi-distance de l'Europe et de l'Inde, se prêterait à l'établissement d'une base de ravitaillement. Les navigateurs repèrent à côté du Cap la baie de la Table, ainsi nommée en raison d'un massif au sommet plat qui domine le littoral à 1000 mètres d'altitude. De ce massif descendent des cours d'eau propices à la fondation d'une ville et au développement de cultures maraîchères.

Les Portugais renoncent toutefois à s'y établir après que l'un des leurs, Francisco de Almeida, et 60 de ses hommes y aient été massacrés par des habitants du cru, des Aborigènes du groupe khoisan (on dit aussi Hottentot), le 1er mars 1510. Ils se contentent de relais moins pratiques situés plus au nord.

Les Hollandais s'emparent du commerce

C'est finalement la Hollande qui va prendre l'initiative de s'établir au Cap un siècle plus tard. Aussi connue sous le nom de Provinces-Unies, la Hollande vit au XVIIe siècle son Âge d'Or. Elle rivalise avec la France de Louis XIV. Ses navires de commerce parcourent le monde jusqu'en Indonésie et au Japon.

En 1648, l'un de ses navires, le Nieuwe Haarlem, s'échoue au pied de la célèbre montagne de la Table. Après avoir vécu un an des produits de la terre, l'équipage rentre dans la mère-patrie et le commandant suggère d'établir une colonie en cet endroit hospitalier,au climat méditerranéen et au sol fertile.

La Compagnie hollandaise des Indes orientales (VOC) y envoie une flotille de cinq navires sous le commandement du capitaine Jan van Riebeeck (32 ans), avec à leur bord 90 colons (dont seulement 8 femmes).

Dans la baie de la Table, les hommes commencent bientôt la construction d'un petit fort et plantent un potager.

Naissance d'une Nation

Les premiers colons sont des paysans calvinistes très pieux. Beaucoup ont quitté les Flandres méridionales pour échapper à l'oppression des occupants espagnols. Leur nombre s'élève à 800 lorsqu'ils sont rejoints en 1685 par 200 huguenots chassés de France par la révocation de l'Édit de Nantes.

Les deux communautés se mélangent très vite. Le souvenir de leurs origines subsiste dans les patronymes. Ainsi, l'ancien président de l'Afrique du Sud, Frederik De Klerk, tire son nom d'un huguenot dénommé Leclerc.

Les colons européens entrent en relation avec les premiers habitants du lieu. Il s'agit de nomades appelés Hottentots et d'aborigènes, ou Boshimans, comme on en voit dans le film célèbre : Les Dieux sont tombés sur la tête.

Beaucoup d'aborigènes sont réduits en esclavage dans les fermes des Européens, de même que des esclaves importés de Madagascar et des Indes. De nombreuses unions mixtes forment un groupe métis dont une partie finit par se fondre dans la population européenne.

Isolés de la mère Europe, les colons donnent naissance à une langue originale dérivée du hollandais, qui prend plus tard le nom d'afrikaans. La population européenne croît très vite. En trois siècles, ses effectifs passent d'un millier d'individus à plus de trois millions sans migration supplémentaire.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, les Boers (paysans en langue afrikaans) entrent en guerre contre les Noirs de culture bantoue qui descendent d'Afrique centrale et occupent peu à peu le territoire sud-africain. Ils soutiennent aussi de longues guerres contre les Britanniques qui annexent la province du Cap à la faveur des guerres napoléoniennes et immigrent en masse avec la découverte de l'or dans la région du Transvaal à la fin du XIXe siècle, en 1886.

La période pionnière de l'Afrique du Sud s'achève avec une ultime guerre entre Anglais et Boers, et l'indépendance de l'Union Sud-Africaine en 1910.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 07 avril 1939 : Mussolini envahit l'Albanie   Ven 7 Avr - 20:54



07 avril 1939 : Mussolini envahit l'Albanie

Le Vendredi Saint de l'an 1939, faisant fi de la trêve pascale, les troupes italiennes envahissent l'Albanie. Une semaine leur suffit pour occuper le pays qui était déjà depuis plusieurs années un protectorat virtuel de l'Italie.

Fantasmes impérialistes

Le dictateur italien Benito Mussolini entre dans une surenchère guerrière avec son homologue allemand, Hitler, qui a envahi la Tchécoslovaquie trois semaines avant. Il ne rêve de rien d'autre que de renouer avec la grandeur de la Rome antique, une ambition démesurée au vu de l'état piteux de l'armée et de l'économie italiennes.

Quelques mois plus tard, ce sera la Seconde Guerre mondiale.

Le roi d'Italie Victor-Emmanuel III ajoute le titre de roi d'Albanie à celui d'empereur d'Éthiopie qu'il a acquis après la conquête difficile de ce pays trois ans plus tôt.

Le véritable roi d'Albanie s'enfuit (il mourra en exil à Paris en 1961). Il s'agit de Zog Ier. De son vrai nom Ahmed Zogou, il a pris le pouvoir en 1922 comme Premier ministre, trois ans après que le pays eut échappé à un dépeçage par les vainqueurs de la Première Guerre mondiale et fait reconnaître son indépendance. Il s'est fait couronner le 1er septembre 1928.

L'Italie fasciste veut utiliser le pays comme base d'attaque vers la Grèce. En attendant, elle annexe à l'Albanie la province serbe du Kossovo avec la complicité de Hitler (une idée qui réémergera avec force un demi-siècle plus tard).

Après la défaite du régime fasciste, l'Albanie redevient indépendante sous le régime communiste d'Enver Hodja.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 08 avril 1904 : L'Entente cordiale   Sam 8 Avr - 20:54



08 avril 1904 : L'Entente cordiale

Le 8 avril 1904 est officialisée l'Entente cordiale entre le Royaume-Uni et la République française. Il ne s'agit pas d'une alliance mais d'un simple accord destiné à aplanir les différends coloniaux entre les deux ennemis héréditaires.

C'est déjà beaucoup si l'on songe que les deux pays avaient été sur le point de se combattre six ans plus tôt à propos de Fachoda.

Un équilibre européen menacé

En 1882, le chancelier allemand Bismarck a réuni l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie au sein de la Triple Alliance ou Triplice en vue de prévenir une éventuelle agression de la Russie ou de la France.

Après l'éviction du «chancelier de fer» (1891), l'empereur allemand Guillaume II manifeste rien moins que l'ambition de concurrencer le Royaume-Uni sur les mers. Il se lance dans la construction d'une puissante flotte de guerre, affirmant que «l'avenir de l'Allemagne est sur l'eau».

L'opinion contre l'Entente cordiale

Les dirigeants britanniques s'inquiètent du «splendide isolement» de leur pays et songent à un rapprochement avec la France.

En France, le rapprochement avec Londres est discrètement mais fermement promu par le ministre des Affaires étrangères Théophile Delcassé. Celui-ci, républicain de gauche anticlérical et nationaliste, souhaite une revanche sur l'Allemagne qui s'est emparée de l'Alsace-Lorraine en 1871 et prépare de futures alliances contre elle.

Il tire parti de la passion du roi Édouard VII pour le gai Paris. Passionnément désireux de voir aboutir l'Entente cordiale, le souverain anglais a accédé au trône deux ans plus tôt, à l'âge déjà avancé de 60 ans. Il n'hésite pas à «mouiller sa chemise». C'est ainsi qu'il débarque en France pour un voyage officiel de trois jours en vue de rallier l'opinion anglophobe à sa cause.

L'accueil des Parisiens est glacial. On entend des «Vive Jeanne d'Arc !» ou «Vive les Boers !» sur le trajet du cortège. Mais la bonhommie et l'amour sincère du roi pour la France ont raison de l'anglophobie ambiante. Au théâtre, il lance un compliment émouvant à une actrice en vogue. L'anecdote fait le tour du pays et le voyage s'achève sous les vivats.

L'accord, réduit à quatre articles, est enfin signé à Londres. Il va se renforcer d'année en année jusqu'à déboucher sur une alliance pleine et entière dans la Première Guerre mondiale dix ans plus tard.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 09 avril 1948 : Massacre de Deir Yassin   Dim 9 Avr - 20:54



09 avril 1948 : Massacre de Deir Yassin

Le village musulman de Deir Yassin, en Judée, à proximité de Jérusalem, est attaqué le 9 avril 1948 par des combattants de l'Irgoun, un groupe militaire clandestin sioniste. Une centaine de villageois perdent la vie au cours des combats. Le drame est dénoncé par Ben Gourion, qui veut ainsi affaiblir l'Irgoun, et par les Arabes, qui y voient la preuve que les juifs, sur le point de fonder l'État d'Israël, s'apprêtent à en tuer ou chasser les Palestiniens.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 10 avril 1312 : Lyon devient française   Lun 10 Avr - 20:54



10 avril 1312 : Lyon devient française

Lyon était capitale des Gaules à l'époque romaine et siège du Primat des Gaules, autrement dit du chef de l'Église gallicane, aux premiers temps de la chrétienté. Ce titre honorifique fut d'ailleurs confirmé par le pape Grégoire VII à son archevêque au XIe siècle et ses successeurs le portent encore.

On eut alors difficilement imaginé que Lyon put se détourner de la France et se rapprocher de l'empire germanique. C'est pourtant ce qui arriva à la faveur des partages de l'empire de Charlemagne, à la fin du IXe siècle.

C'est seulement à la fin du Moyen Âge que l'opulente cité entre pour de bon dans la mouvance française. Elle n'y a pas trop de mal, ses habitants parlant un dialecte roman plus proche du français de Paris (la langue d'oïl) que de l'allemand d'outre-Rhin.

Les historiens ont coutume de fixer ce moment crucial à la date du 10 avril 1312. Ce jour-là, dans une déclaration solennelle, l'archevêque Pierre de Savoie transmet officiellement au roi Philippe IV le Bel tous ses pouvoirs judiciaires et politiques sur la ville et le Lyonnais.

Loin du pouvoir, loin des soucis

Lors du partage de l'empire carolingien, Lyon et ses environs ont été intégrés dans la Francie médiane ou Lotharingie, comme toute la vaste région qui s'étend du Jura à la Méditerranée, et des sommets alpins au Rhône et à la Saône. Cette région, devenue royaume de Bourgogne Provence, a été léguée par son dernier souverain au titulaire du Saint Empire le 6 septembre 1032. C'est ainsi que Lyon et le Lyonnais deviennent terre d'Empire.

Au confluent du Rhône et de la Saône, entre Méditerranée, Jura et Forez, la cité est promise à un opulent avenir avec le développement des échanges commerciaux. Sa situation, à cheval sur le Saint Empire et le royaume capétien, loin des centres de pouvoir, lui permet d'acquérir une très grande indépendance et d'échapper à la convoitise des grands barons féodaux.

La primatiale Saint-Jean et la colline de Fourvière d'après un manuscrit du XVIe siècleSes archevêques en tirent profit et partagent avec les bourgeois l'administration de la ville, tout en reconnaissant une vassalité de façade envers l'empereur. Lyon est alors en passe de devenir une principauté ecclésiastique comme il y en a déjà beaucoup de l'autre côté du Rhin.

L'archevêché est établi au pied de la colline de Fourvière. En 1173, l'évêque et ses chanoines font reconstruire à cet endroit la primatiale Saint-Jean, l'actuelle cathédrale.

Au siècle suivant, en 1245, le pape Innocent IV y réunit un grand concile universel au terme duquel, le 17 juillet 1245, il prononce la déposition de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen. C'est le dernier acte de la querelle des Investitures, qui a mis aux prises pendant deux siècles les papes et les empereurs.

Soucieux de leur sécurité, le pape et les cardinaux de la curie (le gouvernement pontifical) ne quittent Lyon qu'en avril 1251. Pendant six ans donc, la ville, grâce à sa situation frontalière, devient le siège de la chrétienté occidentale. Avec la fin de la dynastie impériale des Hohenstaufen débute en Allemagne le Grand Interrègne.

Cette crise institutionnelle va favoriser la mainmise progressive du roi de France sur Lyon. Le Saint-Siège, à son corps défendant, y concourt en rappelant régulièrement que la ville n'est pas seulement une terre d'Empire mais aussi la «métropole des Gaules».

En février 1270, peu avant sa mort, le roi Louis IX (futur Saint Louis) est appelé en qualité d'arbitre par les chanoines de l'archevêché et les bourgeois de la ville, en conflit les uns avec les autres. Ainsi s'installe l'idée que le roi de France n'est pas tout à fait étranger dans la ville. Quand son successeur Philippe III le Hardi passe par la ville l'année suivante, de retour de la croisade de Tunis, les bourgeois «supplient humblement la majesté royale de daigner les prendre sous sa garde spéciale» et pour la première fois se proclament «du ressort de notre seigneur l'illustrissime roi de France».

Le roi, l'évêque et le pape

Dès l'année suivante, le roi, prenant les bourgeois au mot, installe sur place un «gardiateur» (un officier garant de la protection royale) et exige du nouvel archevêque Pierre de Tarentaise qu'il lui rende hommage en qualité de vassal.

Tout cela n'est pas pour plaire au pape, qui apprécie le statut particulier de la ville-frontière et la possibilité de s'y réfugier en cas de trouble à Rome. D'ailleurs, dès 1274, le pape Grégoire X réunit dans la primatiale, sur les bords de la Saône, le troisième grand concile du siècle après celui de 1215, à Rome, et celui de 1245. Pas moins de 500 évêques et un millier de prélats y discutent d'une éventuelle croisade contre les Turcs.

La situation se corse avec le roi Philippe le Bel. Pionnier de la séparation de l'Église et de l'État, il conteste au pape Boniface VIII le droit d'intervenir dans ses affaires, ce qui vaut au malheureux souverain pontife d'être, dit-on, giflé à Anagni par le conseiller du roi. Secoué, il meurt peu après.

Pour plus de tranquillité, Philippe le Bel pousse le conclave à élire un pape français. C'est Bertrand de Got, qui se fait couronner... à Lyon, le 1er novembre 1305, sous le nom de Clément V. Avec dès lors, le roi va pouvoir avancer ses pions.

En 1312, comme l'archevêque de Lyon refuse de prêter serment au roi de France et d'obéir à ses officiers, Philippe le Bel envoie contre lui une armée sous le commandement de son fils Louis, futur Louis X le Hutin. Le 10 avril, après un siège de trois mois, l'archevêque se soumet et transmet ses pouvoirs civils et judiciaires au roi.

La ville reçoit du roi une charte communale. La bourgeoisie va dès lors s'enrichir et prospérer du fait d'une situation exceptionnelle au croisement des routes vers le bassin parisien, les Flandres, l'Italie et la Rhénanie. Ses foires et ses établissements bancaires vont devenir parmi les plus réputés d'Europe et rivaliser avec sa voisine Genève.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 11 avril 1935 : Conférence de Stresa   Mar 11 Avr - 20:54



11 avril 1935 : Conférence de Stresa

Le 11 avril 1935, à Stresa, sur le lac Majeur, le président du Conseil français Pierre Laval rencontre ses homologues, le Duce italien Benito Mussolini et le Premier ministre britannique Ramsay Mac-Donald.

Les réunions sont présidées par Mussolini, également ministre des Affaires étrangères, accompagné de son sous-secrétaire d'État Suvich et de l'ambassadeur directeur de son cabinet, le baron Aloisi. La délégation britannique comprend le Premier ministre Ramsay MacDonald, le secrétaire d'État sir John Simon et le secrétaire permanent du Foreign Office sir Robert Vansittart. Pierre-Étienne Flandin, président du Conseil, et Pierre Laval, ministre des Affaires étrangères représentent la France. Alexis Léger, secrétaire général du Quai d'Orsay et Léon Noël, secrétaire général de la présidence du Conseil, complètent la délégation française.

La conférence fit suite au rétablissement de la conscription annoncée par le Troisième Reich le 16 mars 1935. Un accord y fut signé dont l'objectif était de pérenniser le traité de Locarno et d'assurer que l'indépendance autrichienne « continuerait d'inspirer une politique commune des pays participants ». L'accord visait à empêcher toutes futures tentatives allemandes de modifier le traité de Versailles et à isoler Hitler.

Le texte final de la conférence est frappé d'ambiguïté. Mussolini souhaitait en effet négocier sa participation à la défense du traité de Versailles contre la validation par la France de ses ambitions coloniales en Éthiopie. La France n'exprima pas de position claire sur ce sujet et les Britanniques ne prirent aucun engagement. La formule du document final manifeste l'absence de consensus, dans le détail, entre les trois pays : « Les trois puissances dont la politique a pour objet le maintien collectif de la paix dans le cadre de la Société des Nations constatent leur complet accord pour s’opposer par tous les moyens appropriés à toute répudiation unilatérale de traités susceptible de mettre en danger la paix de l’Europe. »

Les Anglais poursuivirent des négociations unilatérales avec l'Allemagne. La signature d'un accord naval entre les deux pays le 18 juin 1935 affaiblit la cohésion du Front de Stresa face au Troisième Reich. L'invasion de l'Éthiopie par Mussolini et la dénonciation conséquente de cet événement par les démocraties occidentales le dissout.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 12 avril 1096 : La croisade populaire de Pierre l'Ermite   Mer 12 Avr - 20:55



12 avril 1096 : La croisade populaire de Pierre l'Ermite

Le pape Urbain II ayant appelé les chrétiens à délivrer Jérusalem, les paysans se mobilisent les premiers, par milliers, sans autres armes que leur foi.

La plupart suivent un apôtre d'Amiens charismatique et quelque peu fanatique, Pierre l'Ermite, qui dit avoir reçu du Christ mission de reconquérir les Lieux Saints lors d'un précédent pèlerinage en Terre Sainte, en 1093. Dautres pèlerins suivent un chevalier de Langres, Gautier-sans-Avoir, figure noble et désintéressée.

Échec de la croisade populaire

Tous ces pèlerins se rassemblent à Cologne et c'est de là qu'ils partent, le 12 avril 1096, sans attendre les chevaliers qui ont entrepris de se rassembler d'abord au Puy, selon les instructions du pape. 

Comme la plupart de leurs contemporains, ils n'ont guère conscience du temps historique. Ils se figurent le Christ comme à peine antérieur à eux et sont enclins à reconnaître ses meurtriers dans les juifs de rencontre.

C'est ainsi que certains égarés, sous la conduite de chefs peu recommandables, Volkmar, Gottschalk ou encore Emich, le « massacreur de juifs », se livrent à des massacres de juifs en Rhénanie, malgré la défense des évêques. Ils commettent des pillages jusqu'en Hongrie, où une partie d'entre eux sont massacrés par les seigneurs locaux. C'est le début de l'antijudaïsme en Occident après plusieurs siècles de coexistence relativement pacifique entre juifs et chrétiens.

Quant aux troupes de Pierre l'Ermite, elles arrivent plus ou moins sans encombre à Constantinople le 1er août 1096, bien avant que les guerriers aient eux-mêmes quitté leur lieu de rassemblement...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 13 avril 1946 : Marthe Richard fait fermer les « maisons closes »   Jeu 13 Avr - 21:13



13 avril 1946 : Marthe Richard fait fermer les « maisons closes »

Le 13 avril 1946, la Chambre des députés vote la loi Marthe Richard, du nom de son inspiratrice. Elle impose dans toute la France la fermeture des « maisons closes ». La face cachée de la bourgeoisie balzacienne disparaît pour toujours.

Prostituée à 16 ans puis mariée à un riche industriel, Marthe Richard (1889-1980) mène une vie fantasque. Elle est l'une des premières Françaises à acquérir un brevet de pilote. Elle prétend par ailleurs avoir fait de l'espionnage au service de la France pendant la Grande Guerre. Conseillère municipale de Paris à la Libération en 1945, elle accède enfin à la respectabilité et peut imposer sa loi aux députés et à l'opinion publique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 14 avril 1865 : Assassinat d'Abraham Lincoln   Ven 14 Avr - 20:54



14 avril 1865 : Assassinat d'Abraham Lincoln

Ce soir du 14 avril 1865, le seizième président américain manifeste le désir d'un moment de détente. Abraham Lincoln se rend avec sa femme Mary au Ford's Theatre de Washington. La guerre de Sécession, qui a déchiré les États-Unis pendant quatre ans, vient de se terminer le 9 avril avec la reddition du général sudiste Lee.

Au théâtre, un homme attend son heure. John Wilkes Booth (26 ans), appartient à une famille d'acteurs à succès. C'est un habitant du Sud établi dans le Nord. Profitant de son statut d'acteur,  il entre et circule dans le théâtre sans susciter de curiosité.  

Dans sa loge, le couple présidentiel n'est assisté que d'un jeune garde du corps, accompagné de sa fiancée. Les deux soldats postés à l'entrée de la loge chargé de la protection du couple présidentiel vont négligemment boire une chope avec le cocher du président. C'est le moment que choisit Booth pour se glisser dans la loge de Lincoln et lui tirer un coup de pistolet dans la nuque.

Son crime accompli, il saute sur la scène, non sans se casser la jambe au passage, et s'écrie : « Sic semper tyrannis » (Qu'il en soit toujours ainsi avec les tyrans, devise de la Virginie, attribuée au Romain Brutus). Puis il trouve moyen de s'enfuir. Repéré, il sera abattu une semaine plus tard dans une grange.

Les trois jeunes complices avec lesquels il avait préparé son forfait sont jugés et pendus. L'un d'eux avait, pendant le drame du Ford's Theatre, poignardé dans son lit le Secrétaire d'État William Seward sans réussir toutefois à le tuer. Un autre, qui avait reçu mission de tuer le vice-président Andrew Johnson, avait au dernier moment renoncé...

Le lendemain matin 15 avril 1865, le président s'éteint dans une chambre voisine du théâtre, après une brève agonie. On prête au ministre de la Guerre Stanton ces mots : « Now he belongs to the ages » (Maintenant, il appartient à l'éternité).

L'ancien président sera inhumé au cimetière d'Oak Ridge (Springfield, Illinois) le 4 mai au terme de grandioses funérailles et d'une longue et lente traversée de l'Est du pays par le convoi funéraire, par la route et le plus souvent en train.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 15 avril 1900 : Exposition universelle à Paris   Dim 16 Avr - 21:30



15 avril 1900 : Exposition universelle à Paris

Le 15 avril 1900, Paris quitte le XIXe siècle avec la plus grande exposition universelle jamais organisée en France. 50 millions de visiteurs jusqu'à sa clôture le 12 novembre suivant. La Ville-Lumière rayonne alors de tous ses feux et l'on parlera plus tard de ces années-là avec nostalgie en les qualifiant de « Belle Époque ».

Pour l'exposition sont construits le pont Alexandre III, le Grand Palais et le Petit Palais ainsi que les gares d'Orsay, des Invalides et de Lyon. Les frères Lumière présentent leurs films sur écran géant. Le 19 juillet est inaugurée la première ligne du métro parisien (Porte Maillot-Porte de Vincennes). Au terminus de la ligne, dans le bois de Vincennes, se déroulent aussi, du 14 mai au 28 octobre, les IIe Jeux Olympiques de l'ère moderne ! Pour parfaire le tout, le président Émile Loubet invite les maires de France à un banquet géant dans le jardin des Tuileries.

Nous nous consolerons en songeant que pour l'entrée dans le IIIe millénaire, nous avons eu droit au scintillement de la Tour Eiffel.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 16 avril 1943 : Découverte du LSD   Dim 16 Avr - 21:31



16 avril 1943 : Découverte du LSD

Le 16 avril 1943, le chimiste suisse Albert Hofmann (37 ans), employé dans les laboratoires Sandoz (aujourd'hui Novartis), à Bâle, s'injecte par mégarde un dérivé de l'acide lysergique dont il était en train d'étudier les propriétés stimulantes. Il éprouve alors des sensations euphorisantes.

Cette découverte inopinée va ouvrir la voie à la drogue hallucinogène mythique des années soixante, le LSD (Lyserg Säure Diäthylamid ou diéthylamide de l'acide lysergique).


Dernière édition par Ysaline de Montmirail le Lun 17 Avr - 20:53, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eurynome
Baron
avatar

Messages : 1412
Date d'inscription : 30/10/2012

MessageSujet: Re: ephemeride   Lun 17 Avr - 9:44

" Les deux soldats postés à l'entrée de la loge chargé de la protection du couple présidentiel vont négligemment boire une chope avec le cocher du président."
Il y a eu des têtes qui ont du tomber, le lendemain...*

"Son crime accompli, il saute sur la scène, non sans se casser la jambe au passage, et s'écrie : « Sic semper tyrannis » (Qu'il en soit toujours ainsi avec les tyrans, devise de la Virginie, attribuée au Romain Brutus). Puis il trouve moyen de s'enfuir. Repéré, il sera abattu une semaine plus tard dans une grange."
Un assassin avec une guitare brisé qui arrive à s'échapper en vue de tous et à tenir une semaine de cavale?
Je le redis, il y a des têtes qui ont du tomber, le lendemain.
*ça se voit pas à l'écran mais je suis en train de secouer la main en sifflant, là
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 17 avril 1961 : Débarquement dans la Baie des Cochons   Lun 17 Avr - 20:54



17 avril 1961 : Débarquement dans la Baie des Cochons

Le 17 avril 1961, une poignée d'opposants à Fidel Castro débarquent dans la Baie des Cochons, à l'ouest de l'île de Cuba. Armés par la CIA (les services secrets américains), ils se donnent pour objectif de renverser le régime castriste, quelques mois après que celui-ci se soit rangé dans le camp soviétique.

Mais les partisans de Castro, qui ont été informés du débarquement, accueillent celui-ci avec des armes lourdes. La tentative échoue piteusement et les assaillants se font tuer sur la plage, sous la clarté de la pleine lune.

C'est un immense succès pour Fidel Castro, qui se présente devant le tiers monde comme le meilleur opposant à l'impérialisme américain. Le président Kennedy, entré en fonction quatre mois plus tôt, s'en veut d'avoir été mal conseillé par les militaires et la CIA. Mais, contre toute attente, il fait publiquement amende honorable et assume à la radio la pleine responsabilité de l'échec. Les Américains lui en manifestent de la reconnaissance...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 18 avril 1906 : San Francisco en ruines   Mar 18 Avr - 20:54



18 avril 1906 : San Francisco en ruines

Le 18 avril 1906, à 5h15 heure locale, un violent séisme frappe la ville de San Francisco, en Californie.
Plusieurs secousses de magnitude 8,5 sur l'échelle de Richter soulèvent le sol à plusieurs reprises.

La fin de la cité de l'or

Des immeubles s'effondrent. Mais le pire reste à venir.

La rupture des canalisations de gaz provoque un gigantesque incendie dans le centre. 25 000 immeubles prennent feu.

Incendies et pillages réduisent en quelques heures à néant le quartier commercial de la prestigieuse cité née de la ruée vers l'or.

On compte officiellement 452 morts mais la réalité est sans doute plus proche de 700, ainsi que 250 000 sans-abri.

Le séisme se traduit par un élargissement considérable de la faille de San Andreas, un phénomène géologique qui tend à détacher la Californie du continent américain.

Aujourd'hui, la Californie, qui s'inscrit en effet dans la « ceinture de feu » du Pacifique, attend avec résignation un nouveau séisme de grande ampleur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 19 avril 1713 : La Pragmatique Sanction donne l'Autriche à Marie-Thérèse   Mer 19 Avr - 20:54



19 avril 1713 : La Pragmatique Sanction donne l'Autriche à Marie-Thérèse

N'ayant que des filles pour lui succéder, l'empereur Charles VI de Habsbourg prévoit par la « Pragmatique Sanction » que son héritage pourrait revenir à l'aînée de celles-ci, Marie-Thérèse. Il veut éviter ainsi le morcellement de ses États héréditaires.

Charles VI a gouverné en souverain absolu les États héréditaires de la maison des Habsbourg (grand-duché d'Autriche, royaumes de Bohème et de Hongrie,...). Comme ses prédécesseurs depuis trois siècles, il a assumé également la fonction symbolique d'empereur du Saint Empire romain germanique (on dit aussi : empereur électif d'Allemagne).

Mais l'ordonnance impériale n'est agréée que du bout des lèvres par les souverains européens. Sans compter que les règles de succession du Saint Empire romain germanique ne permettent pas à une femme de porter le titre impérial !

Il s'ensuit que Marie-Thérèse de Habsbourg et son mari François de Lorraine devront dès leur avènement, en 1740, faire face à une coalition, la guerre de la Succession d'Autriche.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 20 avril 1792 : La France déclare la guerre à l'Autriche   Jeu 20 Avr - 20:54



20 avril 1792 : La France déclare la guerre à l'Autriche

Le 20 avril 1792, à Paris, sur une proposition du roi Louis XVI, l'Assemblée législative déclare officiellement la guerre au « roi de Bohême et de Hongrie », en fait l'archiduc d'Autriche François II de Habsbourg.

C'est l'aboutissement d'une crise internationale en germe depuis plusieurs mois... et le début d'une longue série de guerres entre la France et le reste de l'Europe qui vont bouleverser la carte du continent.

La tentation du pire

Après la fuite à Varennes, le 21 juin 1791, Louis XVI, beau-frère de l'empereur allemand, est suspendu de ses droits au grand scandale de toute l'Europe monarchique.

Le 27 août 1791, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II, l'empereur Léopold II et l'Électeur de Saxe ont une entrevue à Pillnitz, en Saxe. À la suite de celle-ci, l'empereur exige des révolutionnaires français qu'ils rétablissent le roi de France dans la plénitude de ses droits.

À l'Assemblée législative, le parti de la Montagne, dont les membres participent aussi au Club des Jacobins, se montre favorable à la guerre, sous l'influence de plusieurs députés du département de la Gironde, comme Jacques-Pierre Brissot (38 ans).

Ses partisans, les Brissotins, que l'on appellera plus tard Girondins, espèrent comme lui que la guerre obligera le roi à prendre parti pour ou contre la Révolution.

Louis XVI, qui ne se résigne pas à un rôle de figurant, pousse à la guerre en espérant que la victoire des souverains restaurera son pouvoir absolu.

Isolé, Robespierre, au Club des Jacobins, est l'un des rares à appréhender la guerre. Il n'est pas écouté mais au plus fort de l'invasion, c'est à lui que l'on fera appel pour sauver le pays.

Un conflit mal engagé

Le 23 mars 1792, pratiquant la politique du pire, le roi remplace ses ministres du club des Feuillants, partisans loyaux de la monarchie, par autant de ministres liés à Brissot.

Cette alliance contre nature entre Louis XVI et les ennemis de la monarchie débouche sur la déclaration de guerre au « roi de Bohême et de Hongrie ».

L'Europe contre la Révolution

Les débuts sont désastreux et la France est sitôt envahie. La Convention proclame la « patrie en danger » et annonce la levée de 300.000 hommes, ce qui provoque des soulèvements en Vendée et ailleurs... Au prix d'un effort exceptionnel, le Comité de Salut public redresse la situation, arrête l'invasion et se fait à son tour offensif... C'est le début de deux décennies de guerres !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 21 avril 753 avant JC : Fondation légendaire de Rome   Ven 21 Avr - 20:54



21 avril 753 avant JC : Fondation légendaire de Rome

Le 21 avril de l'an 753 avant JC est une date mémorable dans l'Histoire de l'Occident. C'est ce jour-là que Rome fut fondée si l'on en croit la légende.

Des festivités commémorent encore cet événement dans la Ville éternelle tous les 21 avril.

Une légende épique

La fondation légendaire de Rome a été racontée et embellie par Virgile dans L'Enéide. D'après le poète, le héros Énée, fils du roi Anchise et de la déesse Vénus, s'est réfugié sur les bords du Tibre après la chute de Troie (voir l'Iliade d'Homère). Son fils Ascagne a fondé la ville Albe la Longue.

Numitor, descendant d'Ascagne et roi d'Albe, a une fille qui devient vestale (servante de Vesta, déesse du foyer et du feu domestique). Bien qu'elle ait fait serment de chasteté, elle donne le jour à des jumeaux : Rémus et Romulus, qu'elle dit avoir été conçus par le dieu de la guerre Mars en personne !

Un oracle ayant prédit au frère et rival de Numitor, que les jumeaux ne lui amèneraient que des malheurs, celui-ci ordonne de les tuer. Mais l'homme chargé du meurtre se contente de les abandonner en un lieu désert. Ils sont recueillis par une louve et survivent grâce à ses bons soins avant d'être adoptés par l'intendant des troupeaux du roi.

Devenus adultes, les deux frères chassent le roi Amulius qui a lui-même renversé Numitor.

Puis ils décident de fonder une ville à l'endroit où ils ont été sauvés par la louve, à 25 kilomètres au nord-ouest d'Albe.

Pour savoir lequel règnerait sur la ville, ils demandent un signe aux dieux : Rémus, du haut de l'Aventin, voit six vautours, mais Romulus, du haut du Palatin, en voit, lui, douze ! C'est donc à ce dernier qui reviendra la royauté.

Romulus trace à la charrue le périmètre de la future cité, réputé sacré et inviolable mais son frère jumeau, par bravade, saute par-dessus le sillon.

Inflexible, Romulus le tue ! Ainsi, c'est sous le signe des dieux et de la violence que naît la Ville éternelle, empruntant son nom à son fondateur.

À Romulus succèdent six rois. Tous sont élus par le Sénat. Le premier, un Sabin du nom de Numa Pompilius, organise les cultes, les célébrations religieuses et le calendrier.

Le viol de Lucrèce

Plus tard à Rome, au cours d'une soirée entre jeunes nobles, l'un d'eux, Tarquin Collatin, affirme que sa femme, Lucrèce, surpasse toutes les autres en vertu et il amène ses amis chez lui pour le leur prouver.

Le groupe est accueilli par la jeune femme qui coud et file avec ses servantes... Rien à redire. Mais Sexus Tarquin, l'un des fils du roi, tombe sous le charme de la jeune femme et revient chez elle une nuit à l'improviste. L'épée à la main, il la somme de lui céder, menaçant de la faire accuser d'avoir couché avec un esclave. Lucrèce se soumet.

Le lendemain, elle raconte le viol à son père et à son mari, en présence de Brutus, un ami de la famille. Puis saisissant un couteau, elle l'enfonce dans sa poitrine et meurt. Indigné, Brutus soulève le peuple contre le tyran et sa famille qui sont chassés tandis qu'est tué Sextus Tarquin.

Ainsi naît la République romaine avec Brutus et Collatin pour premiers consuls. La légende est belle. Elle est aussi en partie vraie et recoupe par endroits les enseignements de l'archéologie et de l'historiographie.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 22 avril 1500 : Les Portugais s'installent au Brésil   Sam 22 Avr - 20:54



22 avril 1500 : Les Portugais s'installent au Brésil

Le 22 avril 1500, treize caravelles arrivent en vue de côtes inconnues, au sud-ouest de l'océan Atlantique.
Pedro Álvares Cabral et ses 1200 hommes viennent de découvrir par mégarde ce qui deviendra le Brésil.

Et le Portugal inventa le Brésil...

Le navigateur portugais, missionné par le roi Manuel 1er le Fortuné, projetait en fait de contourner l'Afrique et de gagner les Indes comme son prédécesseur Vasco de Gama.

Il avait jugé qu'il était de son intérêt de s'éloigner des rives africaines afin de profiter des alizés de l'Atlantique sud et d'échapper aux grands calmes du golfe de Guinée, où s'immobilisaient les voiliers.

Comme les autres Européens de son temps, Pedro Álvares Cabral ignore encore que les terres découvertes par Christophe Colomb quelques années plus tôt correspondent à un nouveau continent. C'est donc avec surprise qu'il découvre une vaste et belle terra incognita au niveau de la future ville brésilienne de Salvador. Il la baptise du nom de Santa Cruz.

Les Indiens du cru lui offrent de magnifiques plumes d'oiseaux et aussi du brésillet, un bois connu au Portugal sous le nom de pau brasil et avec lequel on fait une teinture rouge. Ce pau brasil désignera plus tard le pays : Brasil.

Pedro Álvares Cabral ne manque pas de renvoyer l'une de ses caravelles à Lisbonne, en y joignant quelques beaux perroquets, pour faire part de sa découverte.

Il séjourne une dizaine de jours sur ce qu'il croit être une île et en prend possession au nom de son roi sans en soupçonner l'importance. Après cela, il reprend son voyage vers le cap de Bonne Espérance, au sud de l'Afrique, fait escale sur l'île de Madagascar et arrive comme prévu aux Indes, à Cochin, où il se pourvoit en épices.

Il revient à Lisbonne deux ans plus tard avec quatre navires et non plus douze, et le tiers de ses hommes seulement. Mais il ramène aussi de pleines cargaisons d'épices et le souvenir d'une certaine découverte à l'ouest de l'Atlantique sud.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 23 avril 1848 : Élections à l'Assemblée constituante   Dim 23 Avr - 20:54



23 avril 1848 : Élections à l'Assemblée constituante

Le 23 avril 1848 ont lieu les élections des députés à l'Assemblée constituante de la IIe République.

À cette occasion, les Français votent pour la première fois au suffrage universel : c'est la mort du suffrage censitaire (du mot cens qui désignait le montant minimal d'impôt à partir duquel un homme adulte avait le droit de voter). Avec le suffrage universel, le droit de vote n'est plus soumis à des conditions de revenu... mais seulement de sexe ou de statut (les femmes en sont encore privées, ainsi que les militaires, pour des motifs de neutralité).

Le suffrage universel amène à l'Assemblée une majorité conservatrice, les paysans ayant massivement voté pour les notables locaux. Cette modération apaise les réticences de la bourgeoisie à l'égard du suffrage universel.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 24 avril 1915 : Génocide des Arméniens   Lun 24 Avr - 20:54



24 avril 1915 : Génocide des Arméniens

Le samedi 24 avril 1915, à Constantinople, capitale de l'empire ottoman, 600 notables arméniens sont assassinés sur ordre du gouvernement. C'est le début d'un génocide, le premier du XXe siècle.

Il va faire environ 1,2 à 1,5 million de victimes dans la population arménienne de l'empire turc (ainsi que plus de 250 000 dans la minorité assyro-chaldéenne des provinces orientales et 350 000 chez les Pontiques, orthodoxes hellénophones de la province du Pont).

Un empire composite

Aux premiers siècles de son existence, l'empire ottoman comptait encore une majorité de chrétiens (Slaves, Grecs, Arméniens, Caucasiens, Assyriens....). En Anatolie, au coeur de la Turquie actuelle, les chrétiens représentaient 30% à 40% de la population. Ils jouaient un grand rôle dans le commerce et l'administration, et leur influence s'étendait au Sérail, le palais du sultan.

Ces « protégés » (dhimmis en arabe coranique) étaient du fait de ce statut de subordination soumis à de lourds impôts ; ils avaient l'interdiction de porter les armes et de posséder un cheval, ce qui les mettait dans l'incapacité de se défendre ; il ne pouvaient plaider en justice contre un musulman qui les aurait dépouillés ou violentés !

Les premiers sultans, souvent nés d'une mère chrétienne, témoignaient néanmoins d'une relative bienveillance à l'égard des Grecs orthodoxes et des Arméniens monophysites.

Ces derniers étaient surtout établis dans l'ancien royaume d'Arménie, au pied du Caucase, premier royaume de l'Histoire à s'être rallié au christianisme ! Ils étaient majoritaires aussi en Cilicie, une province du sud-ouest de l'Asie mineure que l'on appelait parfois « Petite-Arménie ». On en retrouvait à Istamboul ainsi que dans les villes libanaises et à Jérusalem.

L'empire ottoman comptait environ deux millions d'Arméniens à la fin du XIXe siècle sur une population totale de trente-six millions d'habitants.

Ébauche de génocide

Malgré une tentative de modernisation par le haut, dans la période du Tanzimat, de 1839 à 1876, l'empire ottoman entre dans une décadence accélérée. Le sultan Abdul-Hamid II, humilié par le congrès de Berlin de 1878, attise les haines religieuses pour consolider son pouvoir (les derniers tsars de Russie font de même dans leur empire).

Entre 1894 et 1896, comme les Arméniens réclament des réformes et une modernisation des institutions, le sultan en fait massacrer 200 000 à 250 000 avec le concours des montagnards kurdes. À Constantinople même, la violence se déchaîne contre les Arméniens du grand bazar, tués à coups de baton.

Un million d'Arméniens sont dépouillés de leurs biens et quelques milliers convertis de force. Des centaines d'églises sont brûlées ou transformées en mosquées. Rien qu'en juin 1896, dans la région de Van, au coeur de l'Arménie historique, pas moins de 350 villages sont rayés de la carte.

Ces massacres planifiés ont déjà un avant-goût de génocide. Mais le « Sultan rouge » fait le maximum pour dissimuler son forfait et paie la presse européenne pour qu'elle fasse silence sur les massacres.

Abdul-Hamid II joue par ailleurs la carte de chef spirituel de tous les musulmans en sa qualité de calife. Il fait construire le chemin de fer du Hedjaz pour faciliter les pèlerinages à La Mecque. Il se rapproche aussi de l'Allemagne de Guillaume II.

Malgré ses efforts, il ne peut empêcher l'insurrection des « Jeunes-Turcs ». Ces jeunes officiers, à l'origine du sentiment national turc, lui reprochent de livrer l'empire aux appétits étrangers et de montrer trop de complaisance pour les Arabes.

Le 27 avril 1909, les Jeunes-Turcs installent sur le trône un nouveau sultan, Mohamed V, sous l'étroite surveillance d'un Comité Union et Progrès (CUP, en turc Ittihad) dirigé par Enver pacha (27 ans).

Soucieux de créer une nation turque racialement homogène, ils multiplient les exactions contre les Arméniens d'Asie mineure dès leur prise de pouvoir. On compte ainsi 20 000 à 30 000 morts à Adana (Cilicie) le 1er avril 1909...

Ils lancent des campagnes de boycott des commerces tenus par des Grecs, des Juifs ou des Arméniens, en s'appuyant sur le ressentiment et la haine des musulmans turcs refoulés des Balkans.

Ils réécrivent l'Histoire en occultant la période ottomane, trop peu turque à leur goût, et en rattachant la race turque aux Mongols de Gengis Khan, aux Huns d'Attila, voire aux Hittites de la haute Antiquité.

La Turquie dans la guerre de 1914-1918

Le 1er novembre 1914, l'empire ottoman entre dans la Grande Guerre aux côtés des Puissances centrales, les empires allemand et austro-hongrois, contre la Russie et les Occidentaux.

Les Turcs tentent de soulever en leur faveur les Arméniens de Russie. Mal leur en prend... Bien qu'en nombre supérieur, ils sont défaits par les Russes à Sarikamish le 29 décembre 1914.

L'empire ottoman est envahi. L'armée turque perd 100 000 hommes. Dans l'hiver 1914, elle bat en retraite et, exaspérée, multiplie les violences à l'égard des chrétiens dans les territoires qu'elle traverse, qu'ils soient Arméniens, Assyro-Chaldéens ou Pontiques (grecs orthodoxes de la province du Pont, sur la mer Noire).

Par ailleurs, malgré le comportement exemplaire des 120 000 soldats arméniens de l'armée ottomane (on a ainsi compté moins de désertions dans leurs rangs que chez leurs homologues turcs), Enver Pacha ordonne dès février 1915 qu'ils soient retirés du front, désarmés et affectés à l'arrière à des bataillons de travail.

Dans les semaines qui vont suivre, ils vont être systématiquement exécutés

Dans ces conditions, les Russes n'ont guère de mal à retourner en leur faveur les Arméniens mais aussi les Assyro-Chaldéens des provinces orientales de la Turquie.

Le 7 avril 1915, la ville de Van, à l'est de la Turquie, se soulève et proclame un gouvernement arménien autonome.

Dans le même temps, à l'initiative du Lord britannique de l'Amirauté, un certain Winston Churchill, les Français et les Britanniques préparent un débarquement dans le détroit des Dardanelles en vue de se saisir de Constantinople.


Le génocide

Les Jeunes-Turcs profitent des troubles pour accomplir leur dessein d'éliminer la totalité des Arméniens et des Assyro-Chaldéens de l'Asie mineure, une région qu'ils considèrent comme le foyer national exclusif du peuple turc. Ils procèdent avec méthode et brutalité.

Le ministre de l'Intérieur Talaat Pacha ordonne l'assassinat des élites arméniennes de la capitale. C'est ensuite le tour des nombreuses populations arméniennes des sept provinces orientales (les Arméniens des provinces arabophones du Liban et de Jérusalem ne seront jamais inquiétés).

Dans un premier temps, les agents du gouvernement rassemblent les hommes de moins de 20 ans et de plus de 45 ans et les éloignent de leur région natale pour leur faire accomplir des travaux épuisants. Beaucoup d'hommes sont aussi tués sur place.

- 1915 : déportations meurtrières

Dans une première étape, l'objectif officiel est de déplacer les Arméniens et autres chrétiens des provinces orientales d'Anatolie vers Alep et des camps installés dans le désert de Syrie. La « Loi provisoire de déportation » du 27 mai 1915 fixe le cadre réglementaire de la déportation des survivants ainsi que de la spoliation des victimes.

Dans les villages qui ont été quelques semaines plus tôt privés de leurs notables et de leurs jeunes gens, militaires et gendarmes ont toute facilité à réunir les femmes et les enfants. Ces malheureux sont réunis en longs convois et déportés vers Deir ez-Zor, sur l'Euphrate, une région désertique de la Syrie ottomane.

Les marches se déroulent sous le soleil de l'été, dans des conditions épouvantables, sans vivres et sans eau, sous la menace constante des montagnards kurdes et tcherkesses. Elles débouchent en général sur une mort rapide.

Survivent toutefois une centaine de milliers de jeunes femmes ou d'adolescentes (parmi les plus jolies) ; celles-là sont enlevées par les Turcs ou les Kurdes pour être vendues comme esclaves ou converties de force à l'islam et mariées à des familiers (en ce début du XXIe siècle, beaucoup de Turcs sont troublés de découvrir qu'ils descendent ainsi d'une chrétienne d'Arménie arrachée à sa famille et à sa culture).

En septembre, après les habitants des provinces orientales, vient le tour des Arméniens de Cilicie. Ils sont aussi convoyés vers le désert de Syrie dans des wagons à bestiaux puis transférés dans des camps de concentration en zone désertique où ils ne tardent pas à succomber à leur tour, loin des regards indiscrets.

Au total disparaissent pendant l'été 1915 les deux tiers de la population arménienne sous souveraineté ottomane. Ajoutons à cela la disparition des Assyro-Chaldéens des provinces orientales de Diarbékir, Erzeroum et Bitlis, généralement associés à leurs voisins arméniens dans les déportations et les massacres.

- 1916 : massacres de masse

Dans une ultime phase, le gouvernement turc décide de liquider, de toutes les manières possibles, les 700 000 malheureux qui ont survécu aux marches de la mort et sont parquées dans les camps de Syrie.

Voici le texte d'un télégramme transmis par le ministre à la direction des Jeunes-Turcs de la préfecture d'Alep : « Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l'âge, ni du sexe. Les scrupules de conscience n'ont pas leur place ici ».

Seules vont subsister les communautés arméniennes de Smyrne, d'Istamboul et du Proche-Orient, trop en vue des diplomates occidentaux, ainsi que les communautés assyro-chaldéennes de Mésopotamie, trop éloignées.


Les Européens et le génocide

En Occident, les informations sur le génocide émeuvent l'opinion mais le sultan se justifie en arguant de la nécessité de déplacer les populations pour des raisons militaires !

Le gouvernement allemand, allié de la Turquie, censure les informations sur le génocide. L'Allemagne entretient en Turquie, pendant le conflit, une mission militaire très importante (jusqu'à 12 000 hommes). Et après la guerre, c'est en Allemagne que se réfugient les responsables du génocide, y compris Talaat Pacha. Ce dernier est assassiné à Berlin le 16 mars 1921 par un jeune Arménien, Soghomon Tehlirian. Mais l'assassin sera acquitté par la justice allemande.

Le traité de Sèvres signé le 10 août 1920 entre les Alliés et le nouveau gouvernement de l'empire ottoman prévoit la mise en jugement des responsables du génocide. Mais le sursaut nationaliste du général Moustafa Kémal bouscule ces bonnes résolutions.

D'abord favorable à ce que soient punis les responsables de la défaite et du génocide, Moustafa Kémal se ravise car il a besoin de ressouder la nation turque face aux Grecs et aux Occidentaux qui menacent sa souveraineté. Il décrète une amnistie générale, le 31 mars 1923.

La même année, le général parachève la « turcisation » de la Turquie en expulsant les Grecs qui y vivaient depuis la haute Antiquité. Istamboul, ville aux deux-tiers chrétienne en 1914, devient dès lors exclusivement turque et musulmane.

À la vérité, c'est seulement dans les années 1980 que l'opinion publique occidentale a retrouvé le souvenir de ce génocide, à l'instigation de l'Église arménienne et des jeunes militants de la troisième génération, dont certains n'ont pas hésité à recourir à des attentats contre les intérêts turcs.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 25 avril 1507 : Waldseemüller invente l'Amérique   Mar 25 Avr - 20:54



25 avril 1507 : Waldseemüller invente l'Amérique

Le 25 avril 1507, peu de gens prêtent attention à l'impression, à Saint-Dié, dans les Vosges, d'un document de cartographie. C'est un commentaire accolé à une grande carte du monde nommée Universalis Cosmographiæ et dessinée par le moine géographe Martin Waldseemüller.

Quinze ans après que Christophe Colomb a posé le pied sur une île des Antilles, ce document tiré à un millier d'exemplaires va révolutionner la perception qu'ont les hommes de leur planète en montrant que les terres découvertes par le navigateur génois constituent un Nouveau Monde et non pas un appendice de l'Asie. Ce Nouveau Monde va prendre le prénom d'Amerigo Vespucci, premier Européen européen à comprendre que les terres découvertes par Christophe Colomb font partie d'un nouveau continent.


Baptême officieux du Nouveau Monde

Le commentaire est intitulé en bref Cosmographiæ Introductio et de façon plus détaillée, dans le style de l'époque.

Dans le chapitre IX de l'Introduction à la cosmographie, on peut lire en latin l'acte de baptême du nouveau continent :

« Nunc Vero et hae partes (Europa, Africa, Asia) sunt latius lustratae, et alia quarta pars per Americum Vesputium (ut in sequentibus audietur) inventa est, quam non viecto cur quis jure vetet ah Amerigo inventore, sagacis ingenii viro Amerigen quasi Americi terram, sive Americam dicendam : cum et Europa et Asia a mulieribus sua sortita sint nomina. Ejus situm et sentis mores ex bisbinis Americi navigationibus quae sequuntur liquide intelligidatur ».

« Aujourd'hui ces parties de la terre (l'Europe, l'Afrique et l'Asie) ont été plus complètement explorées, et une quatrième partie a été découverte par Amerigo Vespucci, ainsi qu'on le verra plus loin. Et comme L'Europe et L'Asie ont reçu des noms de femmes, je ne vois aucune raison pour ne pas appeler cette autre partie Amerigé c'est-à-dire terre d'Amerigo, d'après l'homme sagace qui l'a découverte. On pourra se renseigner exactement sur la situation de cette terre et sur les coutumes de ses habitants par les quatre navigations d'Amerigo qui suivent ».

En regard, dans la marge, est imprimé pour la première fois le mot America, appelé à une immense fortune.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ysaline de Montmirail
Duchesse
avatar

Messages : 2779
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: 26 avril 1937 : Bombardement de Guernica   Mer 26 Avr - 20:54



26 avril 1937 : Bombardement de Guernica

Le lundi 26 avril 1937, pendant un jour de marché, la petite ville basque de Guernica est bombardée par des avions allemands et italiens.

Terrain d'essais militaires

Dès le début de la guerre civile, Hitler a utilisé l'Espagne comme un banc d'essai pour des armes nouvelles et un terrain d'entraînement pour ses aviateurs. En octobre 1936 a été créée une unité aérienne spéciale, la Légion Condor, sous le commandement du général Hugo Speerle.

Forte de 6500 hommes, la Légion Condor comprend quatre escadrilles de douze avions de chasse et de bombardement, trois escadrilles de six avions de reconnaissance, une escadrille de six hydravions et un groupe de 48 blindés.

Lorsque les franquistes dirigent leurs attaques sur le pays basque et les Asturies, au nord-ouest de l'Espagne, elle va acquérir une sinistre notoriété en bombardant Guernica, une ville de 7 000 âmes, connue pour son chêne sacré au pied duquel se réunissaient depuis le Moyen Âge les représentants du peuple basque.

La veille du drame, elle est traversée par les combattants républicains basques, les gudaris. Ils fuient l'avance des franquistes et tentent de gagner Bilbao, au nord, en vue d'y organiser une nouvelle ligne de défense. Le baron von Richthofen propose à ses alliés espagnols de couper la route aux fuyards en détruisant le pont de Rentería, au nord de Guernica. Il n'est pas officiellement question d'attaquer la ville proprement dite.

Une tragique première

Dans les faits, les 33 bombardiers de la Légion Condor emportent dans leurs soutes non seulement des explosifs brisants et des bombes antipersonnelles utiles pour cette mission mais aussi 2 500 bombes incendiaires.

Ces ogives bourrées d'aluminium et d'oxyde de fer sont capables d'élever la température environnante à 2700°C. Rien à voir avec la simple destruction d'un pont.

Accompagnés de plusieurs chasseurs et d'avions italiens, les bombardiers attaquent la ville en plusieurs vagues, au moment où se tient le marché, de 16h30 à 18h. Les deux tiers des maisons, la plupart en bois, sont détruites et incendiées.

À la faveur du bombardement, les nazis mettent au point une stratégie de terreur qu'ils auront l'occasion de réemployer pendant la Seconde Guerre mondiale, avec par exemple le sifflement des Stukas en piqué.

L'attaque fait selon les estimations les plus plausibles 800 à 1 000 morts. Il est possible que le général Franco n'en ait pas été informé au préalable.

Trois jours plus tard, le 29 avril, les franquistes font leur entrée dans la ville dévastée. Le général Emilio Mola, qui n'a rien d'un tendre, est lui-même choqué par le spectacle de désolation. À l'étranger, les révélations sur le bombardement entraînent beaucoup de démocrates à retirer leur soutien au général Franco et au camp nationaliste.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: ephemeride   

Revenir en haut Aller en bas
 
ephemeride
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 28 sur 36Aller à la page : Précédent  1 ... 15 ... 27, 28, 29 ... 32 ... 36  Suivant
 Sujets similaires
-
» Ephéméride
» l ephemeride 05 07
» l ephemeride du jour

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Duché de Montmirail :: Débats :: Culture et philosophie-
Sauter vers: