Duché de Montmirail

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 ephemeride

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 28 août 1963 : Martin Luther King à Washington   Ven 28 Aoû - 19:12

28 août 1963 : Martin Luther King à Washington

Le 28 août 1963, devant le Memorial Lincoln, à Washington, le pasteur Martin Luther King s'adresse aux 250.000 personnes, dont 80% de Noirs, mobilisées à travers tout le pays pour une Marche vers Washington organisée par le Mouvement des droits civiques.

De son mémorable discours, on a surtout retenu les mots improvisés à la fin : « I have a dream that one day little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers... » (Je fais un rêve qu'un jour, les petits enfants noirs et les petits enfants blancs joindront leurs mains comme frères et soeurs...).

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 29 août 1842 : Le traité de Nankin met fin à la guerre de l'opium   Sam 29 Aoû - 20:10



29 août 1842 : Le traité de Nankin met fin à la guerre de l'opium

Le 29 août 1842, le traité de Nankin met fin à la «guerre de l'opium» entre la Chine et la Grande-Bretagne.

Le droit du plus fort

Quelques décennies plus tôt, en 1793, le grand empereur Qianlong a dédaigné d'entendre les Britanniques, désireux de commercer davantage avec l'Empire du Milieu.

Les commerçants de la Compagnie anglaise des Indes orientales et le gouvernement de Londres ont fort mal pris cette fin de non-recevoir. Ils n'ont pas manqué de diffuser dans toute l'Europe le mépris que leur inspirait cette Chine naguère tant vantée mais archaïque, immobile, repliée sur elle-même.

Leur dépit est d'autant plus grand qu'ils continuent d'acheter en Chine le thé dont ils sont friands ainsi que beaucoup d'autres produits de luxe (porcelaines, pierreries, soieries...).

Pour tenter d'équilibrer une balance commerciale gravement déficitaire, la Compagnie des Indes a mis en oeuvre un «commerce triangulaire» aussi peu recommandable que la traite des esclaves. Elle a développé aux Indes la culture du pavot et, de façon tout à fait illégale, initié les Chinois à la consommation de l'opium.

Ses ventes illégales d'opium en Chine sont passées de 100 tonnes vers 1800 à 2600 tonnes en 1838.

Une entrave au libre-échange

Un plénipotentiaire européen à la cour de l'empereurEn 1839, le nouveau gouverneur de Canton, excédé, fait saisir et brûler 20.000 caisses de drogue. En riposte, les Anglais bombardent Canton tandis qu'une escadre remonte le Yangzi Jiang jusqu'à Nankin, obligeant l'empereur Daoguang à capituler.

Cette «diplomatie de la canonnière» débouche sur le traité de Nankin par lequel les vainqueurs gagnent le droit de commercer librement dans cinq ports chinois. Ils obtiennent en prime la cession de l'îlot de Hong-Kong, à l'embouchure de la rivière des Perles et de la très riche région de Canton.

Comble de l'humiliation, l'empereur doit accorder un privilège d'extra-territorialité aux Britanniques et leur verser 21 millions de dollars. Les Français et les Américains s'empressent d'exiger des avantages équivalents.

L'humiliation éprouvée par les Chinois suite au traité de Nankin est à l'origine de soulèvements populaires contre la dynastie mandchoue des Qing, le plus notable étant celui des Taiping (20 millions de morts).
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Eurynome
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MessageSujet: Re: ephemeride   Dim 30 Aoû - 15:23

Coïncidence amusante: la série que je regarde actuellement, Les Ailes du Dragon, qui se passe durant les années folles, font bien ressentir le caractère particulier de ce "partage du gâteau Chinois", ainis que les soulèvements populaires qui en découleront.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: Re: ephemeride   Dim 30 Aoû - 18:08

Comme films, il y aussi L'auberge du sixième bonheur et Les tribulations d'un Chinois en Chine.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 30 août 1914 : Les Russes défaits à Tannenberg   Dim 30 Aoû - 18:26



30 août 1914 : Les Russes défaits à Tannenberg

Le 30 août 1914, un mois après l'ouverture des hostilités, la victoire surprise des Allemands sur les Russes à Tannenberg révèle aux Européens les plus avertis que cette guerre sera longue et sans pitié.

Première phase d'une guerre longue

Les Français avaient demandé à leurs alliés russes d'attaquer au plus tôt l'Allemagne pour obliger celle-ci à combattre sur deux fronts. Deux armées russes attaquent donc dès la mi-août la province allemande de Prusse orientale (aujourd'hui partagée entre la Pologne et la Russie).

Le 20 août, la VIIIe Armée allemande est bousculée à Gumbinnen. A Paris et à Londres, chez les alliés du tsar, on célèbre les vertus du «rouleau compresseur russe». Le chef d'état-major général allemand Helmuth von Moltke, affolé, enlève deux corps d'armée au front occidental pour renforcer le front oriental.

C'est une bénédiction pour les Français qui, bousculés de toutes parts, en profitent pour se ressaisir et préparer une contre-offensive qui sauvera leur pays de l'invasion et d'une nouvelle défaite...

Un retraité à la rescousse

En attendant, le général Paul von Hindenburg (67 ans) quitte sa retraite pour prendre en catastrophe la tête de la VIIIe Armée.
Il se fait assister du général Erich Ludendorff (49 ans).

Les Allemands interceptent des messages radio entre les généraux russes - transmis en clair - et comprennent aussitôt que les deux armées ennemies sont beaucoup plus éloignées qu'ils ne le pensaient. Hindenburg et Ludendorff décident d'attaquer l'armée du général Samsonov. Connaissant la haine qui le sépare de l'autre général russe, Rennenkampf, ils font le pari que ce dernier hésitera à le secourir.

Pari gagné. Les 150.000 Russes de Samsonov sont bousculés à Tannenberg et leur retraite est coupée. Les Allemands capturent 92.000 hommes ainsi que 500 canons. Il ne faudra pas moins de 60 trains pour amener ceux-ci à l'ouest.

Le maréchal Paul von Hindenburg, héros de Tannenberg30.000 Russes sont tués ou blessés. Les Allemands ont moins de 20.000 pertes. Anéanti, Samsonov se suicide. La semaine suivante, sur les bords des lacs Mazures, le général Rennenkampf est à son tour défait.

Mais leur armée ne se débande pas et jusqu'à la fin de 1917, les Russes continueront de faire pression sur la frontière orientale de l'Allemagne.

En France, dans le même temps, le général Joffre remporte la contre-offensive de la Marne. Le front est désormais stabilisé pour quatre longues années.

Paul von Hindenburg, vainqueur de Tannenberg et des lacs Mazures, devient feld-maréchal. Son prestige dans le peuple est immense... et dépasse sa véritable valeur (on pourrait en dire autant de son homologue français, le général Joseph Joffre, vainqueur de la Marne).

Pour les Allemands, la victoire de 1914 constitue aussi une revanche sur une autre bataille, au même endroit, en 1410, qui se solda par la défaite des Chevaliers Teutoniques face à une coalition de Polonais et de Lituaniens.

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 31 août 1980 : Accords de Gdansk   Lun 31 Aoû - 19:56



31 août 1980 : Accords de Gdansk

Le 31 août 1980, avec plusieurs jours d'âpres négociations et deux mois de grèves, les ouvriers des chantiers navals de Gdansk concluent un accord sans précédent dans le monde communiste avec le gouvernement polonais.

Sous la conduite de Lech Walesa, un ouvrier électricien charismatique de 36 ans, fervent catholique, père de six jeunes enfants, ils obtiennent la création d'un syndicat libre et indépendant de toute attache avec le pouvoir : Solidarnosc (« Solidarité »).

Chacun se réjouit en Pologne comme en Occident que la crise ait pu être résolue sans qu'intervienne l'armée ni, pire encore, le « protecteur » soviétique. Il est vrai que ceux-ci, empêtrés en Afghanistan, ne sont guère en mesure d'intervenir militairement en Pologne.

Les ouvriers et le pape contre le gouvernement communiste

En décembre 1970, la Pologne est secouée par de violentes manifestations ouvrières consécutives à de brutales hausses de prix des produits alimentaires, de l'ordre de 30%. Le gouvernement envoie les chars et réprime les troubles avec violence. Il s'ensuit plusieurs dizaines de victimes.

Le secrétaire général du Parti ouvrier unifié polonais (PZPR) Wladislaw Gomulka, disqualifié, se retire « pour raison de santé » et laisse la direction du parti et du pays à Edward Gierek.

Le 18 octobre 1978, l'opposition au régime communiste reçoit une impulsion décisive avec l'élection du polonais Karol Wojtyla à la papauté sous le nom de Jean-Paul II. Charismatique et relativement jeune (58 ans), le nouveau pape se rend en Pologne quelques mois plus tard, en mai-juin 1979. Il électrise les foules. Quatre mots font le tour du pays : « N'ayez pas peur ! »


Walesa au pinacle

L'agitation repart le 14 août 1980 dans les chantiers navals Lénine, à Gdansk (ex-Dantzig), sur la Baltique. Elle est lancée par un membre du KOR et quatre ouvriers dont un électricien de 36 ans qui avait été licencié en 1976 pour cause d'agitation syndicale, Lech Walesa.

Les grévistes réclament deux mille zlotys de plus pour tous les salariés et la réintégration d'une opératrice de grue abusivement licenciée à quelques semaines de la retraite, Anna Walentynowicz.

Surprise : le mouvement s'étend aux services publics de la ville et aux autres ports de la Batique, Gdynia et Sopot. Devant la gravité de la situation, Edward Gierek interrompt ses vacances en Crimée.

À 15 heures, les grévistes des chantiers navals obtiennent 1500 zlotys, la réintégration d'Anna Walentynowicz et de Lech Walesa et la création d'un syndicat libre, indépendant du parti gouvernemental. Lech Walesa annonce au mégaphone la fin de la grève. C'est alors qu'il est pris à partie par une conductrice de tram : « Vous nous avez vendus ! » Après une rapide discussion, Lech Walesa reprend son mégaphone et annonce la reprise de la grève en solidarité avec les grévistes de la ville et des autres chantiers : « Il faut accepter le compromis même s’il n’est pas fameux, mais nous n’avons pas le droit de lâcher les autres : nous devons continuer la grève par solidarité jusqu’à la victoire de tous ! »

Le soir même, les délégués de plusieurs sites constituent un comité inter-entreprises, le MKS, afin de coordonner leurs actions.

Le gouvernement procède à des arrestations à Varsovie et dans tout le pays. Parmi les personnes interpellées figure Jacek Kuron. Mais d'autres intellectuels, Bronislaw Geremek et Tadeusz Mazowiecki, se mettent à la disposition des ouvriers de Gdansk.

Le 30 août, les représentants du gouvernement et ceux des grévistes se réunissent pour examiner les 21 revendications du MKS. De lassitude, le ministre Jagielski répond par un laconique « J’accepte, je signe » à chacune des revendications. Le lendemain dimanche 31 août 1980, Lech Walesa triomphe en obtenant aussi la libération de tous les camarades incarcérés. Enfin sont signés à 17 heures, devant les caméras de télévision, les accords qui prévoient en particulier la création d'un syndicat indépendant et libre, Solidarnosc.

Après la séance officielle, l'ouvrier électricien se précipite au-devant de la foule de ses camarades. Il grimpe sur les grilles et brandit le gros stylo coloré avec lequel il a apposé sa signature. Il s'agit d'un gadget comme on en voit dans les boutiques de souvenirs du Vatican, avec le portrait du pape polonais. Lech Walesa, profondément catholique, veut par là signifier que le Souverain Pontife a guidé son bras et inspiré les accords.


Un triomphe fragile

Le 18 septembre 1980, les délégués de l'ensemble des syndicats libres constituent une instance fédérale aussitôt baptisée Solidarnosc et présidée par Lech Walesa. Son logo allait faire le tour du monde. Elle réunit un total de dix millions de militants (sur 38 millions de Polonais) et obtient le 9 novembre 1980 la reconnaissance du gouvernement.

Mais ce triomphe fragile allait très vite engendrer de nouvelles tensions avec le pouvoir, jusqu'à déboucher sur l'« état de guerre », autrement dit la loi martiale.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 1er septembre 1715 : Mort de Louis XIV   Mar 1 Sep - 20:05



1er septembre 1715 : Mort de Louis XIV

Le roi Louis XIV s'éteint à Versailles le 1er septembre 1715, quatre jours avant son soixante-dix-septième anniversaire. Nul, dans le monde, n'aura régné aussi longtemps que lui (72 ans).

Le Roi-Soleil laisse une France au sommet de sa puissance mais épuisée par les guerres, en particulier la dernière : la guerre de la Succession d'Espagne. Aussi la Cour et la plupart des contemporains accueillent-ils sa disparition avec un discret soulagement...

Son arrière-petit-fils lui succède sous le nom de Louis XV.

Un roi jusqu'au bout respectueux de son devoir

Le 10 août précédent, à son retour de promenade dans les jardins de Marly, le vieux souverain éprouve une vive douleur à la jambe. Son médecin Guy-Crescent Fagon diagnostique une simple sciatique. Mais des tâches noires apparaissent bientôt et révèlent une gangrène sénile. Stoïque, le roi supporte la douleur sans broncher et poursuit ses activités comme si de rien n'était. Le 13 août, il s'offre même le luxe de renouveler les féeries de Versailles pour accueillir un prétendu ambassadeur du chah de Perse.

Le 25 août, à la Saint-Louis, il doit toutefois se résigner à s'aliter et, en bon chrétien, reçoit l'extrême-onction et se résigne à sa mort prochaine.

Le 26 août, il reçoit son arrière-petit-fils, qui n'a encore que cinq ans. Du fait des deuils qui ont massivement frappé la famille royale, alimentés par les erreurs médicales, l'enfant est son seul héritier direct. « Mon cher enfant, lui dit son bisaïeul, vous allez être le plus grand roi du monde. N'oubliez jamais les obligations que vous avez à Dieu... »

Après avoir renouvelé ses adieux à la Cour et à son épouse Madame de Maintenon, il rend le dernier soupir au petit matin.

Les courtisans et conseillers n'ont pas attendu la mise au tombeau pour accommoder à leur manière les dernières volontés du monarque... Dès le lendemain, le 2 septembre 1715, le régent Philippe d'Orléans, neveu de Louis XIV, demande au Parlement de Paris de casser son testament. En échange de ce service, les parlementaires obtiennent que leur soit restitué le droit de remontrance. Fatale concession qui va altérer le pouvoir royal jusqu'à la Révolution !...
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 2 septembre 1666 : Londres en flammes   Mer 2 Sep - 19:03



2 septembre 1666 : Londres en flammes

Dans la nuit du 2 septembre 1666, un feu se déclenche dans l'arrière-boutique d'un boulanger londonien du nom de Faryner. L'incendie s'étend très vite dans la rue Pudding Lane, près du pont de Londres. Les maisons en bois enduites de poix favorisent sa propagation.

Une métropole active et fragile

La capitale anglaise, qui compte à cette époque près de 500.000 habitants, est une métropole active et populeuse, à défaut d'être belle. Elle se relève d'une épidémie de peste qui l'a touchée l'année précédente, en 1665, et provoqué 70.000 décès.

Comme le sinistre a déjà gagné plusieurs maisons, le maire de la ville, sir Thomas Bludworth, est alerté et se rend sur place mais il ne voit pas de raison de s'alarmer outre mesure et laisse les sauveteurs à leur travail. C'est alors que le feu gagne des entrepôts de chanvre et de poix situés à Thames Street, au bord de la Tamise.

L'embrasement de ces entrepôts accélère la propagation de l'incendie le long du fleuve et les sauveteurs sont très vite dépassés. Dix mille maisons et près d'une centaine d'églises sont la proie des flammes. La cathédrale Saint-Paul s'écroule sous le poids de sa charpente (elle sera ensuite reconstruite avec le dôme qu'on lui connaît.

Le roi Charles II Stuart se joint bientôt aux sauveteurs. Des soldats entreprennent de faire sauter les maisons, rue par rue, pour mieux étouffer le feu. Celui-ci s'éteint enfin au bout de six jours. Grâce au sang-froid des habitants, il n'aura en définitive fait que huit victimes. Mais la plus grande partie de la capitale est à reconstruire et 100.000 personnes sont sans abri.

Un urbanisme en panne

Quand se produit le grand incendie de 1666, Londres bénéficie de la prospérité du royaume et de l'expansion du commerce maritime consécutive à la brève dictature d'Olivier Cromwell. Sa résurrection sera rapide et spectaculaire.

L'architecte Sir Christopher Wren propose une reconstruction ambitieuse avec une refonte complète de l'urbanisme et du tracé des rues. Mais dans cet État en voie de démocratisation qu'est l'Angleterre du XVIIe siècle, le roi doit tenir compte de la volonté populaire.

Le Monument commémoratif du Grand Incendie de Londres Il confie à l'architecte le soin de rebâtir Saint-Paul et d'ériger à Pudding Lane une très haute colonne de soixante mètres qui commémore l'événement. Les Londoniens l'appellent tout simplement « The Monument ». Sir Christopher construit au total une cinquantaine d'églises et, pour Saint-Paul, s'inspire du style baroque des églises parisiennes du Val de Grâce et de la Sorbonne. Saint-Paul, avec sa coupole sur colonnes, inspirera quant à elle le Panthéon de Soufflot.

Quand il mourra à 89 ans en 1723, Sir Christopher sera inhumé dans sa cathédrale. Son monument funéraire porte l'inscritption : « Lector, si monumentum requiris, circumspice » (Lecteur, si tu cherches le tombeau, regarde autour de toi).

Mais son plan d'urbanisme passe à la trappe. Les maisons sont rebâties au même endroit, non plus en bois mais en briques et en tuiles, de manière à mieux résister au feu... Ce qui fait que Londres ne s'honorera jamais des grandes avenues classiques qui caractérisent les capitales des États absolutistes : Paris, Saint-Pétersbourg ou encore Berlin.

En quelques années, Londres réparera les traces du « Grand Incendie », s'offrant même le luxe d'accueillir de nombreux huguenots français chassés de leur pays par la révocation de l'Édit de Nantes. La cité se développe désormais vers l'Ouest, au-delà de la colonne commémorative.

Le récit du « Grand Incendie » est le passage le plus célèbre des Souvenirs de Samuel Pepys, un fonctionnaire londonien qui se fit le témoin avisé de son époque et participa à la lutte contre le sinistre.

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 3 septembre 1928 : Alexander Fleming découvre la pénicilline   Jeu 3 Sep - 19:03



3 septembre 1928 : Alexander Fleming découvre la pénicilline

Le 3 septembre 1928, le docteur Alexander Fleming, 47 ans, de retour de vacances, retrouve son laboratoire de Saint-Mary's Hospital, à Londres.

Il constate que les boîtes de Petri, où il faisait pousser des staphylocoques, ont été envahies par des colonies cotonneuses d'un blanc verdâtre. C'est qu'elles ont été contaminées par les souches d'un champignon microcospique, le penicillium notatum, qu'utilise son voisin de paillasse.

Avant de les jeter, Fleming y jette un coup d'oeil et s'aperçoit qu'autour des colonies, le staphylocoque ne pousse pas ! Il émet alors l'hypothèse qu'une substance sécrétée par le champignon en est responsable. Il l'appelle aussitôt «pénicilline».

L'année suivante, Fleming publie le compte-rendu de sa découverte mais sans en mesurer la portée. Pendant une dizaine d'années, la pénicilline ne va servir qu'à isoler en laboratoire la bactérie B. influenzae, qui seule résiste à son action.

Un miracle

En 1936, Howard Walter Florey, 48 ans, professeur de pathologie à Oxford, originaire d'Australie, engage un biochimiste allemand de 30 ans qui a fui le nazisme, Ernst Boris Chain. Ce dernier saisit l'intérêt de la pénicilline pour la santé humaine.

Avec Florey et deux bactériologistes, Edward P. Abraham et Norman Heatley, il entreprend de purifier la pénicilline en vue de l'utiliser au mieux de ses possibilités. En mars 1940, l'équipe réussit à en produire... 100 milligrammes !

Le 25 mai 1940, Florey injecte une dose mortelle de streptocoques à huit souris. Il en traite deux avec une injection de pénicilline et deux autres avec plusieurs injections répétées de pénicilline. Au bout de dix heures, ces dernières survivent ainsi que l'une de celles qui ont reçu une seule dose. À 3h 45 du matin, le jeune savant note fébrilement en marge de son cahier de laboratoire : «It looks like a miracle !» (Ça a l'air d'un miracle !).

En toute hâte, l'équipe publie ses résultats dans la revue Lancet le 24 août 1940... et comme l'on peut s'y attendre, leur article tombe à plat. L'Angleterre est bombardée par l'aviation allemande et menace d'être envahie d'un moment à l'autre. Autant dire que le public a d'autres sujets de préoccupations que les vertus de la pénicilline. Qu'à cela ne tienne, les chercheurs guérissent un adolescent de 15 ans présentant une suppuration du col du fémur, mais leurs progrès se heurtent à la difficulté de produire la pénicilline en quantité suffisante... et, du fait de la guerre, ils ne peuvent guère compter sur l'appui des pouvoirs publics et des industriels.

Le hasard fait bien les choses

Florey, tenace, s'embarque pour les États-Unis et entre en relation avec une usine chimique de Peoria, dans l'Illinois, spécialisée dans l'épuration biologique des eaux usées grâce à des bactéries spécialisées.

Un jour, une femme apporte au laboratoire de l'usine un melon recouvert d'une moisissure à l'aspect inhabituel.

Les chercheurs identifient la moisissure : elle a nom penicillium chrysogenum. Et ils découvrent qu'elle a la faculté de produire 200 fois plus de pénicilline que la penicillium notatum ! Il devient dès lors possible de produire la pénicilline à l'échelle industrielle. Les laboratoires américains Merck, Pfizer et Squibb se lancent les premiers dans l'aventure.

Très vite, la pénicilline est mise à profit pour guérir les malades victimes de maladies microbiennes et d'infections.

Première d'une nouvelle famille de médicaments qualifiés d'antibiotiques, elle participe au sauvetage de nombreux blessés sur le front. Elle ouvre aussi la voie à la guérison de nombreuses maladies comme la tuberculose ou la syphilis.

On estime que les antibiotiques, découverts par inadvertance par Alexander Fleming, ont permis de prolonger d'une dizaine d'années l'espérance de vie des hommes. Le savant a été anobli et, en 1945, a reçu le prix Nobel de physiologie-médecine avec Chain et Florey.

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 4 septembre 476 : Fin de l'Occident romain   Ven 4 Sep - 19:03



4 septembre 476 : Fin de l'Occident romain

Le 4 septembre 476, un chef barbare, Odoacre, dépose l'empereur romain d'Occident, un enfant dénommé Romulus Augustule. Celui-ci quitte son palais de Rome pour un couvent napolitain, avec une confortable pension.

Le dernier empereur

Odoacre, roi des Hérules, une tribu germanique, est un ancien dignitaire de la cour d'Attila. Entré au service des Romains, il porte au pouvoir le patrice Oreste et met sur le trône le fils de ce dernier, ledit Romulus Augustule.

Mais comme les revendications de la garde germanique dont il a le commandement n'ont pas été satisfaites, Odoacre entre presque aussitôt en conflit avec son débiteur. Il se fait proclamer roi par ses troupes le 23 août 476 puis bat et tue Oreste à Pavie avant de déposer son fils, le malheureux Romulus Augustule.

Respectueux des formes, Odoacre renvoie les insignes de la fonction impériale à Zénon, l'empereur d'Orient qui règne à Constantinople, signifiant de la sorte que les deux moitiés de l'empire romain sont désormais réunies. Elles avaient été séparées à la mort de Théodose le Grand, près d'un siècle plus tôt (395), après que cet empereur eut partagé l'empire entre ses deux fils.

Dans les faits, la déposition de Romulus Augustule enregistre la mort de l'empire romain d'Occident.

Odoacre, qui a reçu de Zénon le titre de patrice des Romains, s'établit à Ravenne et réorganise la péninsule italienne. Il va jusqu'à conquérir la Sicile et la Dalmatie. Ce faisant, il devient une menace pour l'empire d'Orient lui-même. L'empereur de Constantinople appelle à la rescousse un autre barbare, Théodoric, de la lignée royale des Ostrogoths. Il va déchaîner une nouvelle guerre civile en Italie.

Rome, pendant ce temps...

Tandis que les chefs barbares, nouveaux maîtres de l'Italie, s'établissent à Ravenne ou à Milan, Rome décline. L'orgueilleuse cité, qui compta jusqu'à un million d'habitants au temps de sa splendeur, n'en a plus que quelques dizaines de milliers, qui survivent au milieu de palais en ruines.

On pourrait croire que la Ville éternelle se condamne à mourir. Mais les papes, successeurs de l'apôtre Saint Pierre, ne l'ont pas abandonnée. Ils y résident avec tout le haut clergé de l'Église chrétienne. Seule autorité à Rome, la papauté reprend progressivement à son compte l'héritage impérial et la vocation de Rome à gouverner le monde.

Les papes relèvent ainsi le titre de pontifex maximus qui désignait la fonction religieuse des anciens empereurs ainsi que l'organisation administrative de l'empire (diocèse, province). Ils asseoient leurs ambitions sur la richesse croissante de l'Église, celle-ci bénéficiant de donations très importantes des fidèles. Il va en résulter de gros conflits de préséance dans les siècles à venir entre la papauté et les souverains séculiers (rois barbares et empereur germanique).
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 5 septembre 1798 : Naissance du service militaire   Sam 5 Sep - 19:25



5 septembre 1798 : Naissance du service militaire

Le 19 fructidor An VI (5 septembre 1798), sous le Directoire, Jean-Baptiste Jourdan, à l'assemblée des Cinq-Cents et ancien vainqueur de Fleurus, fait voter une loi qui institue la conscription et le service militaire obligatoire. L'article premier de la loi Jourdan énonce : «Tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie».

Avec la loi Jourdan, la guerre n'est plus réservée à des professionnels comme sous l'Ancien Régime, quand les souverains recrutaient les soldats parmi les vagabonds et les officiers parmi les jeunes nobles en mal d'aventures et de gloire.

«C'en est fini des armées de métier, formées de nobles et de mercenaires. Le peuple entier est appelé à mourir sur les champs de bataille. La Révolution égalitariste banalise un privilège jusqu'alors réservé à quelques-uns. Elle démocratise la gloire et le trépas» (René Sédillot, Le coût de la Révolution française).

De la milice médiévale à la conscription

Il existait jusqu'à l'aube de la Révolution une forme de service militaire : la milice, composée de célibataires recrutés par tirage au sort. D'origine médiévale, cette force d'appoint au service des seigneurs et des souverains avait été renforcée par une disposition de Louvois, secrétaire d'État de la Guerre de Louis XIV, en 1688.

Les miliciens devaient pendant six ans se tenir à la disposition du roi pour défendre leur territoire en cas d'invasion. Ce système était assez peu contraignant mais très impopulaire à cause des abus qu'en faisaient les agents du roi et de son caractère inégalitaire : seuls étaient astreints à servir les paysans et manouvriers pauvres.

La conscription apparue sous la Révolution est autrement plus contraignante. Elle puise ses origines dans le règlement militaire instauré en 1733 par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume 1er. Ce règlement permet au «Roi-Sergent» d'étoffer les effectifs de son armée en recrutant des cantonistes dans chaque canton en fonction des besoins.

La «levée en masse»

Très impopulaire en France comme ailleurs, la milice est réprouvée dans son principe par les cahiers de doléances de 1789.

Mais le 11 juillet 1792, effrayée par la menace d'invasion étrangère, l'Assemblée législative proclame la «Patrie en danger» et lance un vibrant appel aux volontaires, avec un résultat très relatif. Aux côtés des vétérans de l'ancienne armée royale, les nouveaux engagés remportent la victoire de Valmy. Toutefois, ils ne suffisent pas à apporter la paix...

Comme le pays est désormais menacé par une première coalition européenne et que les bonnes volontés s'épuisent, la Convention nationale recourt le 24 février 1793 à la «levée en masse» de 300.000 hommes, recrutés parmi les célibataires et veufs de 18 à 45 ans par les départements de la manière qui leur convient (tirage au sort, désignation...).

Ce retour à grande échelle de l'ancienne milice débouche sur des désertions en nombre et des soulèvements. Les paysans renâclent et, pire que tout, les Vendéens se soulèvent ! La Révolution n'en est pas moins sauvée une nouvelle fois l'année suivante, en juin 1794, par la victoire de Fleurus.

La propagande voit dans cette victoire le triomphe des «volontaires de l'An II». Mais n'exagérons rien : sur 1.200.000 hommes appelés en 1794, on compte pas moins de 800.000 déserteurs, rappelle l'historien Pierre Gaxotte. Beaucoup de ceux qui restent dans l'armée sont des vagabonds, recrutés contre récompense, les «héros de 500 livres» selon le surnom que leur donnent les insurgés vendéens.

La conscription entre dans les moeurs

Avec la chute de Robespierre et l'avènement du Directoire, la Révolution prend un tour conservateur. Les anciens conventionnels se montrent par-dessus tout soucieux de jouir de leurs richesses fraîchement acquises. Pour sortir la France de ses difficultés économiques, ils ne trouvent rien de mieux que de s'engager dans des guerres de conquêtes.

C'est alors que le Directoire, par la loi Jourdan, oblige tous les jeunes gens entre 20 et 25 ans à s'inscrire sur les registres communaux pour faire face à la menace d'une deuxième coalition européenne. Cette «conscription» a pour objet de faciliter une levée en masse. Les citoyens sont appelés sous les drapeaux sur ordre ou par tirage au sort, avec possibilité pour les plus fortunés de se trouver un remplaçant.

Les conscrits se disposent à un service de cinq ans. Ils sont répartis en 5 classes et chaque année sont appelées une ou plusieurs classes en fonction des besoins militaires. La loi Jourdan suscite encore plus de réticences que la levée en masse de 93. Il y a beaucoup de réfractaires et le Directoire a le plus grand mal à recruter les effectifs souhaités.

Après la paix d'Amiens, en 1802, le Premier Consul Napoléon Bonaparte se garde d'abroger la loi Jourdan et quand reprend la guerre, il prend l'habitude d'y recourir pour compléter les effectifs de la Grande Armée. C'est seulement à la chute de l'Empire, avec le retour à la stabilité et à la paixn que la loi Jourdan est abolie par le roi Louis XVIII, au grand soulagement de l'opinion.

Le bel avenir de la conscription

Au cours du XIXe siècle, les besoins militaires imposent le recours à une conscription allégée, laissant une grande place aux exemptions et aux remplacements.

Le 21 mars 1905, tandis que le ciel européen se couvre à nouveau de nuages et que surgit la menace allemande, le gouvernement de Maurice Rouvier instaure le service militaire obligatoire pour tous les citoyens mâles et pour une durée de deux ans, sur le modèle allemand. Il n'est plus question de dispenses ou de tirage au sort. En pleine guerre religieuse, l'opinion républicaine se réjouit de voir les «curés sac au dos».

Quand éclate la Grande Guerre de 1914-1918, les généraux, qui disposent avec la conscription d'armées nombreuses et de soldats non professionnels, sont incités à multiplier les offensives meurtrières.

Cette tragédie entraîne certains officiers à repenser le service militaire. En 1934, le colonel Charles de Gaulle dénonce les effets nocifs de la conscription et préconise la création d'une armée mécanisée et formée de professionnels éprouvés (Vers l'armée de métier, Berger-Levrault).

Au XXe siècle, seules les deux principales démocraties du monde, le Royaume-Uni et les États-Unis, persistent à ignorer la conscription permanente : elles n'instaurent le service militaire obligatoire qu'à titre provisoire, pendant les grandes crises internationales. À l'encontre des idées convenues qui voient dans les armées de conscrits un rempart contre la tyrannie, toutes les dictatures, de Lénine à Pinochet, s'appuient sur de telles armées.

Une disparition très douce

En France, la conscription a été, par-delà tous ses défauts, un outil essentiel d'intégration de l'ensemble des populations vivant sur le sol français. Grâce au service militaire et au combat au coude à coude dans les tranchées, des jeunes d'horizons très différents et ne parlant pas la même langue maternelle ont appris à se reconnaître les uns et les autres et à s'estimer.

Le 28 mai 1996, le président de la République française, Jacques Chirac, a annoncé la fin du service militaire obligatoire au détour d'une allocution télévisée. La décision a été spontanément approuvée par les éditorialistes, la classe politique et l'opinion publique. La loi du 28 octobre 1997 a officialisé cette décision en «suspendant» la conscription. Celle-ci pourra être rétablie en cas de crise grave menaçant l'existence de la nation.

Les derniers conscrits ont fêté la «quille» en 2002, soit plus de deux siècles après le vote de la loi Jourdan. Ce faisant, la France s'est alignée sur les démocraties à l'anglo-saxonne (Royaume-Uni, États-Unis, Pays-Bas...), en se satisfaisant d'une armée de métier.

Avec un peu de recul, la suppression du service militaire obligatoire apparaît comme la réforme la plus importante de toutes celles qui auront été engagées sous la présidence de Jacques Chirac (mise à part la suppression du franc, programmée de longue date par le traité de Maastricht). D'aucuns regrettent qu'elle n'ait pas été remplacée par un service civil obligatoire et universel à un moment où se pose la difficulté d'intégrer à la Nation les jeunes Français issus de l'immigration récente.
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MessageSujet: Re: ephemeride   Dim 6 Sep - 14:41

Ysaline de Montmirail a écrit:

Les courtisans et conseillers n'ont pas attendu la mise au tombeau pour accommoder à leur manière les dernières volontés du monarque... Dès le lendemain, le 2 septembre 1715, le régent Philippe d'Orléans, neveu de Louis XIV, demande au Parlement de Paris de casser son testament. En échange de ce service, les parlementaires obtiennent que leur soit restitué le droit de remontrance. Fatale concession qui va altérer le pouvoir royal jusqu'à la Révolution !...
"Droit de remontrance"?

study
"Le droit de remontrance est, durant l'Ancien Régime, le droit du Parlement de contester un édit royal avant son enregistrement s'il estime que l'édit est contraire aux intérêts du peuple ou aux principes de la monarchie.
Pour imposer sa volonté au parlement, le roi peut en premier lieu émettre une lettre de jussion qui ordonne expressément au parlement d'enregistrer. Si l'assemblée s'obstine encore par des « remontrances itératives », le roi peut forcer l'enregistrement par la tenue d'un lit de justice." (Wikipédia)
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MessageSujet: Re: ephemeride   Dim 6 Sep - 16:07

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_g%C3%A9n%C3%A9raux_(France)

Véritables assemblées des représentants des peuples de France, fondées sur le principe fondamental selon lequel ils ne sont pas des peuples tributaires mais libres, et qu'aucune contribution ne peut être exigée d'eux sans leur consentement, elles n'avaient aucun rôle législatif ou juridictionnel, contrairement aux parlements avec lesquels elles ne doivent pas être confondues.

Le droit de remontrance était donc un peu abusif.
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MessageSujet: 6 septembre 1522 : Le tour du monde de Magellan et Del Caño   Dim 6 Sep - 16:24



6 septembre 1522 : Le tour du monde de Magellan et Del Caño

Le 6 septembre 1522, une nef en piteux état entre dans le port de San Lucar, en Andalousie. À son bord, 18 hommes commandés par un ancien bagnard, Juan Sebastian del Caño.

C'est tout ce qui reste des 5 caravelles et des 265 marins qui ont quitté l'Espagne trois ans auparavant, le 19 septembre 1519, en direction de l'ouest, sous la direction de Fernand de Magellan.

Un loup de mer brutal

Fernand de Magellan (1480-1521), portrait par Luigi VanvitelliNé au Portugal quarante ans plus tôt, Fernao de Magalhaes (Magellan en français) s'est porté volontaire auprès du jeune roi d'Espagne Charles Quint pour contourner le continent américain et rallier l'Asie par l'océan Atlantique, ce que n'avait pas réussi Christophe Colombtrente ans plus tôt.

Il part avec cinq navires et 265 hommes, longe le continent américain vers le Sud, relâche à Noël dans la baie où sera plus tard fondée Rio de Janeiro.

L'impatience grandit à mesure que se prolonge le voyage. Elle débouche sur des mutineries que Magellan mate avec brutalité.

La découverte de l'océan Pacifique

Le 21 octobre 1520, la flotte s'engage dans le détroit qui portera désormais le nom de Magellan. Voyant sur la rive, côté Sud, de nombreux feux allumés par les indigènes, les marins baptisent cet endroit Terre de Feu. Le 28 novembre, c'est le débouché sur un nouvel océan, exceptionnellement calme et lisse ce jour-là, ce qui lui vaut d'être baptisé Grand Océan Pacifique !

Plus de trois mois s'écoulent avant d'atteindre le 6 mars 1521 l'archipel des Mariannes, en pleine Océanie, puis l'île de Cebu, dans l'archipel des Philippines. L'un des marins, un esclave malais baptisé Henrique, reconnaît ses congénères et ne tarde pas à les rejoindre. Il est ainsi le premier homme à avoir fait le tour du monde.

Le 27 avril 1521, Magellan est blessé par une flèche empoisonnée et meurt dans une embuscade avec huit de ses hommes. Il ne reste bientôt plus qu'une caravelle en état, la Victoria. Une partie des hommes doivent demeurer sur l'archipel des Moluques cependant que le pilote del Caño prend le commandement du navire. Il le mènera à bon port après avoir rempli les cales d'épices.

Le jour de trop

En arrivant aux îles du Cap Vert, l'une des dernières étapes avant Lisbonne, Juan Sebastian del Caño a une surprise. D'après son journal de bord, qu'il a tenu consciencieusement jour après jour depuis le départ, on serait un mercredi. Or, ses interlocuteurs du cru lui affirment qu'on est jeudi ! D'où vient l'erreur ? Chacun s'interroge et, faute de réponse, on finit par conclure à une erreur dans le journal de bord...

C'est en retrouvant bien plus tard cette anecdote dans une bibliothèque espagnole que Jules Verne aurait eu l'idée de son roman Le tour du monde en quatre-vingts jours (son héros Phileas Fogg fait le tour du monde en sens inverse de Del Caño et gagne de justesse son pari du fait du même phénomène, lié à la rotation de la Terre et aux fuseaux horaires).
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MessageSujet: 7 septembre 1822 : Le Brésil se libère en douceur   Lun 7 Sep - 20:04



7 septembre 1822 : Le Brésil se libère en douceur

Le Brésil, qui a été créé et colonisé par les Portugais, proclame son indépendance le 7 septembre 1822. L'anniversaire de ce jour est devenu fête nationale...

Portugais par hasard

Le pays a été abordé par le navigateur portugais Pedro Alvares Cabralen 1500, suite à une erreur de navigation. Il est devenu de ce fait, avec la permission du pape, la principale terre sud-américaine qui échappe à la colonisation espagnole.

Lorsque le royaume du Portugal est occupé par les troupes de Napoléon 1er, en 1807, le prince régent, de la dynastie de Bragance, s'enfuit sur un navire anglais et se réfugie outre-Atlantique. Il s'établit à Rio de Janeiro, alors la capitale du Brésil. Séparée de sa métropole par la guerre, la colonie apprend à se débrouiller seule.

Devenu roi du Portugal en 1816, après la mort de sa mère, la reine Marie la Folle, le prince régent prend le nom de Joao VI (Jean VI ). Mais bien que les troupes d'occupation françaises aient depuis longtemps quitté la métropole, le nouveau souverain prolonge son séjour au Brésil dont il apprécie les charmes.

Il octroie à la colonie son autonomie au sein du « Royaume-Uni de Portugal, du Brésil et des Algarves ». Cette décolonisation en douceur se fait au profit exclusif de la bourgeoisie carioca (de Rio).

Coup d'État dans la famille royale

Les meilleures choses ont une fin : voilà qu'en 1820 se produit en Espagne une révolution libérale ; elle fait tache d'huile au Portugal où, le 24 août 1820, à Porto une junte libérale menace de faire sécession. Elle convoque une assemblée constituante, les Cortes, qui se réunit à Lisbonne. Le nouveau gouvernement, poussé par l'armée, rappelle d'urgence le roi Jean VI et réclame qu'il soit mis un terme à l'autonomie du Brésil !

À regret, Jean VI regagne la métropole mais il confie la régence du Brésil à son fils cadet Dom Pedro (Pierre), 24 ans. Tandis que les provinces du nord et du centre se montrent attirées par la révolution libérale de Lisbonne et rechignent à se soumettre à Rio, la capitale supplie le régent de se prononcer pour l'indépendance.

Pour maintenir l'unité de la colonie et éviter les troubles qui endeuillent à la même époque les colonies espagnoles voisines, Dom Pedro choisit donc de rester envers et contre tout et lance ce simple cri, le 9 janvier 1822 : « Fico » (« Je reste »).

Comme les Cortes prétendent envoyer des troupes au Brésil et nommer de nouveaux gouverneurs militaires dans les provinces, le régent prend les devants. Le 7 septembre 1822, près de São Paulo, au bord de la rivière Ipiranga, il proclame : « Independencia ou muerte » (« L'indépendance ou la mort »). Ce « cri d'Ipiranga » consacre l'indépendance du Brésil.

Un peu plus tard, le 12 octobre 1822, le régent est nommé empereur constitutionnel du pays sous le nom de Pedro 1er et solennellement couronné à Rio de Janeiro le 1er décembre de la même année. Il a 24 ans.

De l'empire autoritaire à l'empire libéral

Hélas, tournant le dos aux espoirs qu'il a fait naître, le nouveau souverain se montre de plus en plus autoritaire et entre en conflit avec l'Assemblée constituante du Brésil. Il provoque aussi une guerre avec l'Argentine qui se solde par la sécession de l'Uruguay.

Le 7 avril 1831, il doit finalement abdiquer en faveur de son fils de 5 ans, Pedro II tandis que sa fille monte sur le trône du Portugal sous le nom de Marie II. L'ex-empereur revient au Portugal après avoir confié à José Bonifácio de Andrada e Silva le soin de gouverner le Brésil jusqu'à la majorité de son fils.

Le règne de Pierre II est marqué par la modernisation économique et politique du pays, avec notamment l'octroi du suffrage universel. En 1888, l'esclavage est enfin aboli. Ces réformes libérales provoquent une révolte de l'oligarchie et la destitution de l'empereur par des militaires le 15 novembre 1889. Après une période de troubles vient la République...
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MessageSujet: 8 septembre 70 : Destruction du Temple de Jérusalem   Mar 8 Sep - 18:12



8 septembre 70 : Destruction du Temple de Jérusalem

Jérusalem, capitale de l'ancien royaume de Judée, est mise à sac par l'armée romaine le 8 septembre de l'an 70, après un siège atroce de deux ans.

Un roi cruel

Profitant des divisions entre les juifs, le général romain Pompée a conquis la Samarie et la Judée en 63 avant J-C. Un protégé des Romains, Hérode, en profite pour liquider la dynastie des Asmonéens et devenir roi de Judée (ou pays des Juifs) en l'an 37 avant JC.

De cet homme célèbre pour sa cruauté et son absence de scrupules, l'empereur romain Auguste aurait dit : «Mieux vaut être le porc d'Hérode que son fils»... Hérode a en effet lui-même tué certains de ses enfants mais, pratiquant la religion juive, il ne lui est jamais arrivé de consommer du porc (notons le jeu de mots sur fils [uios en grec, la langue d'usage d'Auguste] et porc [suos]) !

À la veille de sa mort, en l'an 4 avant JC, le roi de Judée partage son royaume entre trois de ses fils. Mais sa dynastie s'arrête là. En l'an 6 de notre ère, l'empereur Auguste transforme la Judée en une province romaine gouvernée par un simple procurateur.

Première guerre juive

Décontenancés par les croyances monothéistes des habitants, les Romains laissent ceux-ci libres de s'organiser comme ils l'entendent sous l'autorité de leur Tribunal religieux, le Sanhédrin. Mais les Juifs ne manquent pas de se quereller et de se diviser sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'occupant.

Les grands prêtres et le parti des Pharisiens s'accommodent de l'occupation étrangère tandis que dans les milieux populaires, la secte des Zélotes appelle à la résistance et veut hâter la réalisation des promesses divines.

Les Zélotes déclenchent une violente révolte en août 66. Ils massacrent les grands prêtres et s'emparent de Jérusalem. Mais les Romains, sous la direction du général Vespasien, mènent la reconquête avec détermination.

Vespasien étant devenu empereur, c'est à son fils Titus qu'il revient d'achever le siège de Jérusalem. Il ne s'agit pas d'une mince affaire car la population de la ville s'élève déjà à cette époque à environ 80.000 habitants. Les habitants sont déportés comme esclaves cependant que le Temple, haut lieu de la religion juive, est complètement détruit (à l'exception d''une partie de l'esplanade et d'un pan du mur d'enceinte, le Mur Ouest, futur «Mur des Lamentations»).

Le vainqueur, Titus, rentre à Rome où il reçoit un magnifique triomphe. Un arc est bâti en souvenir de ce triomphe à l'entrée des forums romains.

Ses bas-reliefs relatent les exploits des Romains en Judée et notamment le pillage des trésors du Temple, en particulier un fameux chandelier sacré à sept branches, la Ménorah (ce chandelier disparaît en 455 suite au pillage de Rome par les Vandales de Genséric).

La destruction de Jérusalem et du Temple ne met cependant pas fin à la première guerre juive... Au-dessus de la Mer Morte, la forteresse de Massada continue de résister sous la direction d'un chef zélote, Éleazar...

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MessageSujet: 9 septembre 1570 : Chypre devient turque   Mer 9 Sep - 18:37

9 septembre 1570 : Chypre devient turque

Le 9 septembre 1570, les Turc occupent Nicosie, capitale de Chypre. L'île devient pour trois longs siècles une dépendance misérable de l'empire ottoman.

Et les Turcs survinrent...

Le sultan Sélim II l'Ivrogne (1566-1574) Avec pas moins de 360 galères et 50.000 hommes, soit la plus puissante flotte de l'époque, les Turcs débarquent à Larnaka le 1er juillet 1570, sur ordre du sultan Sélim II, dit L'Ivrogne.

Sous le commandement de Lala Mustapha, ils s'emparent peu après de Nicosie, la capitale, située au coeur de l'île. 20.000 personnes seraient alors massacrées.

Les Cypriotes grecs ne se montrent guère empressés de défendre les intérêts de l'occupant vénitien. Toutefois, le port de Famagouste résiste jusqu'au1er août 1571 sous la conduite du gouverneur civil Marc-Antoine Bragadino (ou Bragadin). Celui-ci s'étant rendu après qu'on lui eût promis la vie sauve, il a le nez et les oreilles arrachés, est écorché vif et humilié de toutes les manières.

Un Vénitien dérobera plus tard ses restes à Istamboul et ceux-ci sont aujourd'hui déposés dans une urne à San Zanipolo, à Venise, avec l'inscription : «Venezia all'eroe di Famagosta».

L'émotion est grande en Occident après la chute de Nicosie. Le poète François Ronsard, à la cour du roi de France Charles IX, y va de son Veu à Vénus pour garder Cypre de l'armée du Turc :

    Belle déesse, amoureuse Cyprine...
    Garde du ciel, Cypre, ton beau séjour...
    Ne permet point qu'un barbare seigneur,
    Perde ton isle et souille ton honneur :
    De ton berceau chasse autre part la guerre

Le pape Pie V lève une croisade en vue de reconquérir l'île de Vénus. La flotte espagnole s'illustre en battant les Turcs à Lépante, le 7 octobre 1571. Mais en dépit de cette victoire retentissante, Chypre reste sous domination turque.

Appauvrie et isolée, l'île dépérit pendant trois longs siècles, accablée d'impôts et soumise à de violentes répressions. La plus importante a lieu le 9 juillet 1821, pendant la guerre de libération grecque. Le gouverneur Kuchuc Mehmed fait alors exécuter 486 chrétiens, y compris 4 évêques et l'archevêque Kyprianos.

Après l'ouverture du canal de Suez, le Premier ministre britannique Disraeli décide de faire de l'île une base arrière pour la protection du trafic à travers le canal. C'est ainsi que le sultan prête l'île au Royaume-Uni le 4 juin 1878, par une convention signée au cours du congrès de Berlin.

Chypre devient en 1914 un protectorat puis en 1925 une colonie de la Couronne avant de devenir indépendante en 1960. Elle sera une deuxième fois envahie par les Turcs en 1974.
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MessageSujet: 10 septembre 1368 : Un chef de bande fonde la dynastie des Ming   Jeu 10 Sep - 17:19



10 septembre 1368 : Un chef de bande fonde la dynastie des Ming

Dans la nuit du 10 septembre 1368, l'empereur Shun-ti est averti de l'arrivée d'une troupe d'insurgés. Il quitte en hâte son palais de Pékin et se réfugie en Mongolie avec ses mignons et ses trésors.

Cette fuite piteuse met fin à la dynastie mongole des Yuan, fondée un siècle plus tôt par Kubilai Khan, un petit-fils de Gengis Khan. Elle inaugure une nouvelle dynastie, proprement chinoise, la dynastie Ming.

La fin des Yuan

La dynastie mongole des Yuan a été emportée en une quinzaine d'années suite à l'action souterraine d'une secte bouddhiste, le Lotus blanc, dans la région méridionale de Canton. Cette secte millénariste annonce la venue du Messie bouddhiste, le Meitreya, qui délivrerait la Chine des Mongols. Parmi les chefs de bande qui se sont soulevés à son appel, le plus habile est Tchou Yuan-tchang (Zhu Yuanzhang).

Cet ancien bonze, fils de laboureur, l'emporte sur ses rivaux et soumet la Chine centrale. Il installe sa capitale à Nankin. Enfin, il monte sur Pékin à la tête de ses troupes et en chasse les Yuan.

Tchou Yuan-tchang prend le nom de règne Hongwu (Hong-wou dans l'ancienne graphie chinoise) et fonde la prestigieuse dynastie des Ming (ce nom veut dire «Lumière» en chinois mandarin ; c'est une référence à l'origine mystico-religieuse de la rébellion). Cette dynastie se veut proprement chinoise et non d'origine étrangère comme la précédente.

Pendant les trente années qui lui restent à vivre, Hongwu s'applique à restaurer les valeurs de la Chine traditionnelle et faire oublier l'intermède mongol. Il s'entoure de conseillers bouddhistes mais flatte les lettrés confucéens qui prônent une morale de la tempérance. Comme sa propre tempérance a des limites, il lui arrive à l'occasion de faire exécuter quelques-uns de ces conseillers ou lettrés.

Après l'éphémère règne de son fils aîné, c'est à son cadet, Yong Le (ou Yong-lo), qu'il revient de porter à son apogée la dynastie Ming et l'empire chinois.

Grandeur des Ming

Né en 1360, Yong Le accède au trône en 1403 aux dépens de son neveu. En vingt-et-un ans de règne, il porte la Chine à une dimension qu'elle avait rarement atteinte auparavant. C'est ainsi que le nouveau «Fils du Ciel» (surnom des empereurs chinois) rétablit pour quelques années l'hégémonie de la Chine sur l'Annam (Viêt-nam actuel). Il prélève même un tribut sur le Japon.

Dans son souci de mieux surveiller les frontières septentrionales et la Mongolie, il transfère sa capitale, en 1421, de Nankin à Pékin. Cette grande ville du nord était au siècle précédent la résidence des empereurs mongols.

Dans sa nouvelle capitale, Yong Le entreprend de grands travaux. Il embellit l'ancienne résidence impériale, concevant une succession de palais et de jardins somptueux. Cet ensemble monumental prend le nom de «Cité violet-pourpre interdite» (en chinois Tseu-kin-tcheng). Son nom fait allusion à la couleur théorique de l'étoile polaire qui est au centre du monde céleste comme la Cité interdite est au centre du monde terrestre (d'après l'historien René Grousset, Histoire de la Chine).

En matière culturelle, l'empereur, bouddhiste lui-même, ordonne de compiler tous les textes de l'école néo-confucéenne. En 1416, il décide que ceux-ci constitueraient désormais la base de l'enseignement.

Yong Le ne s'en tient pas là. Pour consolider son empire, développer le commerce avec les autres pays et faire reconnaître sa dynastie par un maximum de souverains étrangers, il organise d'extraordinaires expéditions maritimes qui, malheureusement, resteront sans lendemain.
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MessageSujet: 11 septembre 1973 : Coup d'état au Chili   Ven 11 Sep - 19:17



11 septembre 1973 : Coup d'état au Chili

Le 11 septembre 1973, au Chili, le gouvernement d'Unité Populaire est renversé dans des conditions dramatiques. Le président socialiste Salvador Allende, élu trois ans plus tôt, est conduit au suicide.

C'est pour ce pays prospère de dix millions d'habitants la fin d'une pratique démocratique vieille de plusieurs décennies qui lui a valu le surnom autrefois élogieux de «Prusse de l'Amérique du sud» ou encore de «Suisse de l'Amérique du Sud».

L'armée s'insurge

Salvador Allende est le premier marxiste latino-américain élu démocratiquement. Il ne doit cependant son élection à la présidence le 4 septembre 1970, qu'à la division de ses adversaires.

À la tête d'une coalition hétéroclite qui va des radicaux centristes à l'extrême-gauche révolutionnaire et violente, il voit se dresser en face de lui une droite qui réunit la bourgeoisie mais aussi une fraction des ouvriers victimes des désordres économiques.

En avril 1973, les étudiants de l'Université catholique de Santiago applaudissent les grévistes de la grande mine de cuivre d'El Teniente ! Plus grave encore, le 29 juin 1973, un groupe d'officiers tente de se mutiner à la tête du principal régiment de blindés de Santiago.

Le 23 août 1973, humilié et découragé, le général Carlos Prats, fidèle soutien du gouvernement, remet sa démission et Salvado Allende appelle Augusto Pinochet (58 ans) à le remplacer à la tête de l'armée de terre. Le président ne voit plus d'autre issue que dans un référendum mais on ne lui laissera pas le temps de l'organiser.

À peine deux semaines plus tard, les commandants de l'armée de l'air et de la marine décident de mettre un terme par la force à l'expérience socialiste. Non sans peine, le 9 septembre, ils persuadent le général Pinochet de se joindre à la junte.

C'est ainsi que, le matin du 11 septembre 1973, des unités de la marine neutralisent le port de Valparaiso. Peu après, à Santiago-du-Chili, les soldats investissent le palais présidentiel de La Moneda, construit en 1806.

Salvador Allende, coiffé d'un casque, observe les avions bombardant la MonedaVers midi, l'aviation bombarde le palais et les soldats y pénètrent enfin.

Après une allocution désespérée à la radio, le président demande à ses défenseurs de quitter les lieux. Resté seul, il se suicide d'une rafale de mitraillette. Il a 65 ans.

La junte militaire proclame l'état de siège dans tout le pays et dissout les partis. Dans les jours qui suivent, 45.000 personnes suspectes de sympathies marxistes sont raflées et concentrées dans le stade de Santiago.

Trois mille d'entre elles disparaissent tragiquement dans les geôles militaires ; beaucoup sont torturées avant d'être exécutées de diverses façons comme d'être lâchées du haut d'un avion dans l'océan !

200.000 Chiliens se sentant menacés prennent les chemins de l'exil.

La dictature en marche

Contre toute attente, le commandant de l'armée de terre a réussi à prendre l'ascendant sur ses homologues de l'air et de la marine. Animé par une immense soif de revanche, il utilise la violence pour asseoir son pouvoir sur le pays.

Après avoir laissé pendant quelques jours les militaires se défouler, il confie la police politique à un organisme à sa dévotion, la DINA (Dirección de Inteligencia Nacional). Celle-ci, dans les années suivantes, va méticuleusement traquer les opposants, au Chili et à l'étranger.

Le 30 septembre 1974, le général Carlos Prats et son épouse sont tués dans un attentat à la voiture piégée à Buenos Aires.

Deux ans plus tard, le 21 septembre 1976, à Washington, c'est le tour d'Orlando Letelier, économiste et ministre des Affaires étrangères de Salvador Allende.

En attendant, le nouveau président de la République appelle à ses côtés de jeunes économistes diplômés de l'Université de Chicago, les «Chicago Boys», pour remettre l'économie sur ses pieds. Ils vont y réussir en appliquant à la lettre les recettes libérales de l'économiste américain Milton Friedman.

Les entreprises nationalisées par les présidents précédents sont restituées à leurs anciens propriétaires cependant que sont privatisées de grandes entreprises publiques comme l'Entreprise nationale d'électricité. Le contrôle des prix est aboli, les barrières douanières abaissées, les investissements étrangers encouragés.

La croissance économique ne tarde pas à s'accélérer mais c'est au prix d'une extrême aggravation des inégalités et de la pauvreté.

En 1980, Augusto Pinochet, soucieux de légitimer son pouvoir, appelle ses concitoyens à ratifier par plébiscite une nouvelle Constitution.

Le 5 octobre 1988, enfin, le «chef suprême de la Nation» met son pouvoir en jeu à l'occasion d'un référendum. Cette fois, l'URSS étant à l'agonie, il n'est plus d'aucune utilité pour Washington, qui n'a plus à craindre les menées soviétiques en Amérique latine. 54% des Chiliens se prononcent contre la prolongation du mandat de Pinochet.

Fin de règne

Augusto Pinochet quitte donc la présidence de la République le 11 mars 1990... tout en conservant huit ans encore le commandement de l'armée de terre ! Lentement, le Chili sort de la dictature et renoue avec ses traditions démocratiques.

Sénateur à vie, l'ancien dictateur est arrêté le 16 octobre 1998, lors d'un voyage à Londres, suite à une poursuite engagée par le juge espagnol Baltazar Garzon pour crime contre l'humanité. Il regagne le Chili après 503 jours de détention.

Il meurt le 10 décembre 2006. Pendant ce temps, à La Havane (Cuba), un autre dictateur (Fidel Castro) arrive paisiblement au terme d'un demi-siècle de pouvoir ininterrompu.

Le plan Condor

Le coup d'État de Pinochet, au Chili, coïncide avec un spectaculaire recul de la démocratie en Amérique du Sud. Des dictatures militaires prospèrent aussi au Brésil, en Bolivie, au Paraguay, en Uruguay, en Argentine…

Elles bénéficient du discret soutien des États-Unis, qui se remettent mal de leur échec au Vietnam et sont effrayés par les émules de Fidel Castro et Mao Zedong (Montoneros en Argentine, Tupamaros en Uruguay, Sentier lumineux au Pérou, FARC en Colombie…).

Dans le cadre d'un plan Condor, les polices secrètes de ces régimes dictatoriaux coopèrent pour éliminer leurs opposants. Mais après le scandaleux attentat contre Orlando Letelier, le président américain Jimmy Carter leur retire son soutien. L'existence du Plan Condor a été révélée en 1992 par l'ouverture des archives du dictateur paraguyen Alfredo Stroessner.

Gilles Martinet, «L'héritage de Salvador Allende»

«...Mais il ne saurait y avoir de révolution sans situation révolutionnaire, c'est-à-dire sans une situation caractérisée, d'une part par la crise de la société et de l'État et, d'autre part, par la confluence d'un ensemble d'aspirations et de revendications. Or je ne suis pas sûr qu'une telle situation ait existé au Chili (sauf, peut-être, d'une manière fugitive, en automne 1972). Les aspirations et les revendications populaires provenaient de milieux si différents -un sous-prolétariat tires mondial coexistant avec des salariés de type européen, une paysannerie extrêmement hétérogène, des classes moyennes traditionnelles, etc. qu'il était difficile de les lier en un seul faisceau. Une tentative de coup d'État ou une intervention américaine -si elles s'étaient produites dans les premières années de la présidence Allende- auraient pu souder le bloc. Mais la bourgeoisie chilienne et le gouvernement américain, prévenus par l'expérience cubaine, ont eu l'habileté d'attendre. Ils n'ont porté l'estocade qu'au dernier moment, après de longs mois de pourrissement économique.»

Le Nouvel Observateur (France), 24 septembre 1973, p. 27.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 12 septembre 1940 : Découverte de Lascaux   Sam 12 Sep - 16:39



12 septembre 1940 : Découverte de Lascaux

C'est le jeudi 12 septembre 1940, après 17.000 ans de sommeil, qu'elle a retrouvé la lumière. Ce jour-là, près du village de Montignac, au-dessus de la Vézère, au coeur du Périgord noir, le jeune Marcel Ravidat, alerté par la curiosité de son chien, se glisse dans une grotte et découvre à la lueur d'une lampe de fortune la chevauchée fantastique de taureaux et chevaux multimillénaires.

Prévenu, l'ancien instituteur du village Léon Laval alerte à son tour très vite le « pape de la préhistoire », l'abbé Henri Breuil. Celui-ci se rend rapidement sur le site, appelé Lascaux, et au terme de patients relevés, à la lueur d'une bougie, il identifie des peintures rupestres vieilles de 18.000 ans. Le site est classé monument historique dès le 27 décembre suivant.

Lascaux est sans doute le plus grand ensemble pictural préhistorique connu à ce jour même si ce n'est pas, et de loin, le plus ancien...

Lascaux, chef d'oeuvre de la Préhistoire

Depuis plus de 60 ans, scientifiques, amateurs d'art et grand public se pressent aux portes de Lascaux pour tenter d'en approcher les mystères. Le site n'a cessé de fasciner, tant par sa qualité artistique que par les questions qu'il pose sur l'évolution de l'Homme.

On peut retrouver une très belle description de la grotte de Lascaux sur le site du ministère français de la Culture.


Qualifiée de « Sixtine de la préhistoire », en référence au chef-d'oeuvre de Michel-Ange, elle émerveille par l'harmonie de ses couleurs et le mouvement donné aux représentations : dès la première salle dite « Rotonde des Taureaux », une ronde d'aurochs et de chevaux, menée par une sorte de licorne, environne le visiteur.

Dans différentes « salles » qui s'étirent sur 250 mètres de galeries et un dénivelé de 30 mètres, ce sont plus de mille figures que des artistes anonymes ont alignées ou superposées en s'inspirant de chaque irrégularité de la roche, à l'aide de lampes et d'échafaudages.

Pour les couleurs (noir, ocre, rouge), ils ont utilisé des oxydes de manganèse et de fer, broyés et mélangés à de la graisse animale, puis appliqués au doigt, à la sarbacane ou au crachis ! Ils ont ainsi fait preuve d'un savoir-faire et d'une ambition qui nous obligent à nous poser des questions sur l'objectif d'une telle entreprise.

En suivant le « Passage », on accède à la « Nef » ou « Rotonde des Taureaux », où se croisent bouquetins, cerfs et bisons. Nous voici dans le « Diverticule axial » ou « Diverticule des Félins », où domine la gravure. En revenant sur ses pas, on peut rejoindre l'« Abside » aux centaines de gravures, en majorité chevaux et aurochs. Enfin, après quelques mètres de descente, on atteint le « Puits » pour découvrir la fameuse représentation d'un chasseur qui semble succomber à l'attaque d'un bison. C'est, soulignons-le, la seule représentation humaine que compte Lascaux.
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MessageSujet: 13 septembre -490 : victoire des Athéniens à Marathon   Dim 13 Sep - 13:42

13 septembre -490 : victoire des Athéniens à Marathon

Le 13 septembre de l'an 490 av. J.-C., les Athéniens repoussent à Marathon une tentative d'invasion des Perses.

L'affaire se résout par une modeste charge militaire mais elle n'en suscite pas moins une grande émotion dans toute la Grèce et va bouleverser l'équilibre géopolitique de la région... Il n'est pas interdit de comparer cette bataille à la canonnade de Valmy (1792), elle aussi modeste mais d'une immense portée politique !

Désordres en Asie mineure

Tout commence une génération plus tôt, en 522 av. J.-C., lorsque Darius 1er succède à Cyrus le Grand et Cambyse sur le trône des Achéménides, issu du clan royal des Axamanisiya.

Le « Grand Roi » des Perses et des Mèdes est contrarié par le soutien qu'a apporté Athènes aux cités grecques d'Asie Mineure, lorsque celles-ci se sont rebellées contre lui. Il décide de punir l'insolente.

Sous le commandement des généraux Datis et Artapherne, les Perses et leurs alliés, les Mèdes, débarquent dans la plaine de Marathon, à 35 km d'Athènes environ.

Les envahisseurs sont 100.000 selon la tradition, plus vraisemblablement 20.000. Parmi eux les redoutables Immortels, troupe d'élite du Roi des Rois. Ils ne trouvent en face d'eux que l'armée des citoyens d'Athènes, au nombre de 10.000. Les autres cités grecques ont fait défection, à l'exception de Platées, en Béotie, qui a envoyé un millier d'hommes.


Sous la conduite du stratège Miltiade, les Athéniens et leurs alliés platéens surmontent leur faiblesse numérique. Ils évitent le traditionnel corps à corps désordonné des batailles antiques et se mettent en rang, puis ils chargent les Perses au pas de course, sans se laisser impressionner par leurs impressionnantes armures.

Le centre de l'armée athénienne, trop mince, est enfoncé par les Perses. Mais les autres Athéniens, sur l'aile droite, et les Platéens, sur l'aile gauche, ont raison de leurs adversaires. Ils réussissent à envelopper l'armée perse et même à se rapprocher des navires perses et les menacer.

Décontenancés par cette nouvelle manière de faire (la première bataille rangée de l'Histoire), les envahisseurs rembarquent sans demander leur reste. Mais c'est avec l'intention de contourner l'Attique par le cap Sounion et de débarquer à Athènes, en profitant de ce qu'elle est sans défense !

Miltiade les prend de vitesse. Avec les héros de Marathon, il traverse l'Attique à marche forcée et arrive à Athènes tandis que la flotte ennemie apparaît au large. Se voyant devancés, les Perses renoncent à poursuivre leur offensive et rebroussent chemin.

Retentissement

La bataille de Marathon marque la fin de la première guerre médique. Bien que de faible importance par les effectifs engagés et la portée militaire, elle a un retentissement moral considérable.

La Grèce est sauvée grâce à Athènes et la cité asseoit son hégémonie sur ses voisines en prenant la tête de la confédération de Délos, du nom d'une île sacrée où sont conservés les trésors communs à la confédération.

En Perse, cependant, Xerxès succède à son père Darius 1er en 486 av. J.-C. Il prend le temps de réprimer une révolte en Égypte avant de reprendre la guerre contre la Grèce. Cette seconde guerre médique s'achèvera encore au désavantage des Perses à Salamine.


Le coureur de Marathon

Selon un récit tardif de Plutarque, le général Miltiade aurait envoyé un messager annoncer la victoire aux habitants d'Athènes. Le messager serait mort d'épuisement en arrivant sur l'Agora, au pied de l'Acropole, après 4 heures de course. Il aurait tout juste eu le temps de prononcer un seul mot avant de s'effondrer : « Nenikamen » (on écrit parfois « Nenikikame »), ce qui veut dire : « Nous avons gagné ».

Ce récit est une déformation du récit d'Hérodote (Histoires, VI, 105-106), lequel rapporte qu'un messager du nom de Philippidès aurait été envoyé à Sparte, avant la bataille, pour solliciter l'aide de la cité.

Il est à l'origine de l'épreuve la plus prestigieuse des Jeux Olympiques modernes. Le premier marathon olympique est remporté à Athènes en 1896 par le berger Spiridon Louis (24 ans) sur les 40 kilomètres qui séparent l'antique champ de bataille du stade d'Athènes. À l'occasion des Jeux de Londres, en 1908, sa distance a été portée à 42,195 kilomètres afin que les coureurs puissent partir de la cour du château royal de Windsor.

Aujourd'hui encore, dans la plaine de Marathon, on honore le tumulus sous lequel reposent 192 soldats athéniens. Sous un autre tumulus reposeraient 6400 Perses. Sans doute les plus anciens cimetières militaires de l'Histoire...
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 13 septembre 1515 François 1er bat les Suisses à Marignan   Dim 13 Sep - 16:46

13 septembre 1515 : François 1er bat les Suisses à Marignan

Le 13 septembre 1515, le lendemain de ses 21 ans et huit mois seulement après son accès au trône, le roi François 1er écrase les Suisses dans la plaine du Pô, à Marignan... comme ne l'ignore aucun écolier ou ancien écolier de France.

Le rêve italien

François 1er, dès son avènement, a voulu reprendre la conquête de l'Italie, entamée par ses prédécesseurs Charles VIII et Louis XII, à commencer par le duché de Milan, qu'il revendique comme étant l'héritage de son arrière-grand-mère Valentine Visconti, épouse du malheureux Louis d'Orléans.

À défaut d'un projet politique cohérent, le nouveau roi a le soutien de la noblesse française, jeune et fougueuse, avide de combats et de gloire, avec des chefs aussi prestigieux que le connétable de Bourbon, La Trémoille, La Palice, et bien sûr le chevalier Bayard.

Vingt mille Suisses, soldés par le duc de Milan Massimiliano Sforza et le pape Léon X, barrent aux Français l'accès de l'Italie. Ils tiennent les principaux cols alpins, à Suse et Pignerol. Ces milices paysannes sont la terreur des armées féodales. Elles ont coutume d'attaquer en masses compactes au son lugubre des trompes de berger.

François 1er et son armée de 60.000 hommes « passent les monts » au mois d'août 1515, par le difficile col de L'Argentière (ou Larche), au sud des Alpes. Enfin ils déboulent hardiment dans la plaine du Pô où personne ne les attendait si tôt.

À Villafranca, Bayard surprend en plein déjeuner Prosper Colonna, bras droit du duc, et le capture. Là-dessus, les Français établissent leur camp à Marignan, à quelques kilomètres au sud de Milan.

Les Vénitiens, alliés des Français, campent à proximité, à Lodi. Face à eux 35.000 mercenaires suisses à Milan et Monza.


Cruelle bataille

La garnison suisse de Milan entame le combat dans l'après-midi du 13 septembre. Dans un premier temps, un carré de 7.000 Suisses disperse la cavalerie et tente de s'emparer de l'artillerie française.

Voyant cela, François 1er les charge avec audace à la tête de 200 hommes. Épuisés, les combattants luttent jusqu'à la nuit tombée et ne cessent le combat que lorsque la pleine lune disparaît derrière les nuages. Ils s'endorment sur place.

Le lendemain, le combat reprend à l'avantage des Suisses. Mais l'arrivée inespérée des Vénitiens, appelés d'urgence par le roi de France, les prend à revers et les oblige à se réfugier à Milan. Elle transforme la bataille en un succès total. 14.000 Suisses restent sur le carreau. En une vingtaine d'heures, la bataille de Marignan fait un total d'au moins 16.000 morts. C'est encore plus qu'à Azincourt, un siècle plus tôt... Du jamais vu en Occident depuis la fin de l'Antiquité !

On peut voir dans la bataille de Marignan la préfiguration des hécatombes de l'ère moderne.

Triomphe de la monarchie

À la fin de la bataille, selon des chroniques qui apparaissent à partir de 1525, le jeune roi se serait fait abouber chevalier par le glorieux seigneur Pierre Terrail de Bayard, selon un rituel tombé en désuétude mais qui plaît à ces jeunes gens pétris du souvenir romanesque de leurs aïeux des temps féodaux.

Des historiens contemporains voient dans ce récit une oeuvre de propagande destinée à faire oublier que le roi avait été sacré à Reims en janvier 1515 sous l'égide du connétable de Bourbon qui allait plus tard le trahir au profit de Charles Quint...

Le retentissement de la bataille de Marignan est immense dans l'opinion, en Italie et dans le reste de la chrétienté. Il conduit le pape à signer la paix dès le 13 octobre 1515 et à reconnaître en François 1er le légitime duc de Milan, de Parme et de Plaisance !

Par ailleurs, les deux signataires mettent en chantier un projet de concordat qui place le clergé français sous la tutelle du roi. Il sera conclu à Bologne le 18 août 1516.

Le 29 novembre 1516, à Fribourg, les cantons suisses et la France concluent une « paix perpétuelle ». Les Suisses se mettent même au service des rois de France jusqu'à la Révolution française.

Dix ans plus tard, la situation va complètement se renverser. Après une défaite à Pavie, les Français devront définitivement renoncer au Milanais et à l'Italie. Repliés sur leur pays, les jeunes nobles ne tarderont pas à se déchirer dans les guerres de religion.

Marignan n'aura laissé aucun profit au roi de France mais aura établi sa réputation de grand roi conquérant pour cinq bons siècles...
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MessageSujet: 14 septembre 1982 : accident de Grace Kelly   Lun 14 Sep - 19:02



14 septembre 1982 : accident de Grace Kelly

Le 14 septembre 1982, la princesse Grâce de Monaco est victime d'un tragique accident de voiture. La veille, elle est avec sa famille dans la propriété des Grimaldi de Roc Agel, sur les hauteurs de la Principauté. Stéphanie, sa fille cadette alors âgée de 17 ans, doit se rendre à un stage de haute couture à Monaco. Grace décide de l'emmener elle-même en voiture.

Il est 9h45 ce matin-là lorsqu'elle s'engage sur la route de la Turbie. Il fait chaud. La Rover est chargée de valises remplie de robes. Dix minutes plus tard, à l'entrée d'un lacet, Grace Kelly perd le contrôle du véhicule. Elle heurte les rochers le long de la départementale 37, plonge dans le vide, chute de 40 mètres avant s'écraser dans un ravin. Stéphanie est légèrement blessée. Grace, elle, est inanimée à l'arrière de la voiture. Conduite à l'hôpital, elle succombe le lendemain à ses blessures. Elle avait 52 ans.

Très vite après sa mort, des rumeurs circulent sur les conditions de l'accident. Certaines attestent que Stéphanie aurait pu être au volant. En réalité, la princesse Grace aurait été victime d'un accident vasculaire cérébral.

Hasard ou destin ? L'actrice meurt sur cette départementale 37, celle-là même qu'elle prenait 28 ans plus tôt aux côtés de Cary Grant dans le film d'Alfred Hitchcock La main au collet. Le film qui la rendait célèbre dans le monde entier.
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MessageSujet: 15 septembre 1635 : La Martinique devient française   Mar 15 Sep - 18:24

15 septembre 1635 : La Martinique devient française

Le 15 septembre 1635, Pierre Belain d'Esnambuc débarque à la Martinique et en prend possession au nom du roi Louis XIII.


Cette île volcanique des petites Antilles a été abordée par Christophe Colomb le 11 novembre 1493, lors de son second voyage.

L'île aux fleurs

Le nom que ses découvreurs européens ont donné à la Martinique serait une déformation phonétique de son nom indien : Matinino, que l'on traduit approximativement par «l'île aux fleurs».

Une version plus vraisemblable vient de ce que Christophe Colomb avait déjà donné à une autre île le nom du saint du jour, Saint Martin (fêté le 11 novembre). Il aurait en conséquence appelé cette nouvelle découverte «petite Saint Martin», soit, en espagnol Martin nino, nom qui figure sur des cartes espagnoles ou hollandaises du XVIIe siècle, puis fut francisé en Martinique.
Active colonisation

D'Esnambuc amène avec lui une centaine d'habitants de l'île voisine de Saint-Christophe dont il est le gouverneur (cette île deviendra plus tard anglaise). Il construit sans attendre le fort Saint-Pierre, à l'origine de la ville du même nom. Ce faisant, d'Esnambuc se conforme à la volonté du cardinal de Richelieu d'occuper et de coloniser les îles des Antilles. L'un de ses lieutenants, la même année, occupe l'île voisine de la Guadeloupe.

Les deux îles font l'objet d'une mise en exploitation par la Compagnie des îles d'Amérique. Il s'agit d'une «compagnie à charte» ou compagnie privée qui a reçu du roi, en février 1635, différents privilèges fiscaux à charge de coloniser les îles en question (et de christianiser ses habitants).

L'objectif du roi et de son principal ministre, le cardinal Richelieu, est avant tout d'approvisionner la métropole en sucre, une denrée de luxe traditionnellement achetée dans les pays musulmans et qui occasionne d'importantes sorties de métaux précieux. Selon la doctrine mercantiliste de l'époque, ces sorties de numéraire sont le principal facteur d'appauvrissement de l'État.

La Compagnie organise la venue d'esclaves noirs du Sénégal, de Guinée et d'Angola, en vue de cultiver la canne à sucre. Les plantations, aussi appelées «habitations», généralement d'une centaine d'hectares, sont confiées à des officiers et aristocrates avides d'aventures.

Une histoire mouvementée

En 1636, les Indiens Caraïbes, premiers habitants de l'île, se soulèvent une dernière fois et obtiennent le droit de se replier dans la partie orientale de l'île, la Cabesterre. Les derniers Caraïbes finiront par se fondre avec les esclaves et les colons.

En 1664, le roi Louis XIV remplace la Compagnie des îles d'Amérique, dont la gestion est chaotique et suscite de nombreux conflits avec les planteurs, par une nouvelle compagnie : la Compagnie des Indes orientales. Pour tenter de codifier les rapports entre maîtres et esclaves, le marquis de Seignelay, fils du grand Colbert, édicte en 1685 un texte connu sous le nom de Code Noir.

Les disputes entre colons, les révoltes d'esclaves et les guerres avec les autres puissances coloniales, Hollande et Angleterre, font longtemps le quotidien de l'île. À plusieurs reprises, au XVIIIe siècle, les Anglais s'en emparent.

Le 23 juin 1763, aux Trois-Ilets, l'île voit naître Rose Marie-Josèphe Tascher de la Pagerie, plus connue sous le nom de Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon et impératrice des Français. À cette époque-là, la Martinique compte déjà près de 100.000 habitants dont 90% d'esclaves noirs ou métis (elle en a 400.000 aujourd'hui, sur 1100 km2).


Quand éclate la Révolution et que la France entre en guerre contre l'Angleterre, celle-ci met la main sur l'île, de sorte que les esclaves de la Martinique ne bénéficieront pas de l'abolition de l'esclavage prononcée par la Convention en 1794.

L'île reviendra à la France en 1802, à la suite de la paix d'Amiens, mais les esclaves de Martinique devront attendre l'abolition définitive de 1848 pour être enfin affranchis.

Le 8 mai 1902, l'île est victime de l'éruption dramatique de la Montagne Pelée. La ville de Saint-Pierre et ses 28.000 habitants sont anéantis.

Depuis le 19 mars 1946, la Martinique est un département d'outre-mer de la République française.
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MessageSujet: 17 septembre 1928 : Accord d'Achnacarry   Jeu 17 Sep - 16:01

17 septembre 1928 : Accord d'Achnacarry

Le 17 septembre 1928, les patrons de Standard Oil of New Jersey (Walter Teagle), Anglo-Persian (John Cadman) et Royal Dutch Shell (Henri Deterding), principales compagnies pétrolières du monde, concluent un accord décisif en vue de se partager les réserves de pétrole du Moyen-Orient et de maintenir des prix élevés tout en s'évitant les désagréments d'une concurrence sauvage.

Le château d'Achnacarry (Écosse)L'accord est conclu dans le plus grand secret, sous le prétexte d'une partie de chasse au coq de bruyère, dans le château d'Achnacarry, en Écosse, propriété de sir Henry Deterding, président de la Shell.

Les autres membres du cartel pétrolier des Sept Sœurs (« The Seven Sisters ») ne tardent pas à s'y associer.

L'accord d'Achnacarry sera gardé secret jusqu'en 1952. Cette année-là, le gouvernement américain le rendra public pour obliger les firmes à jouer le jeu de la concurrence et baisser leurs prix de façon que les crédits accordés aux Européens dans le cadre du plan Marshall ne servent pas simplement à enrichir les pétroliers.

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