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 Trump et la Russie

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Eurynome
Baron
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Date d'inscription : 30/10/2012

MessageSujet: Trump et la Russie   Sam 13 Mai - 15:41

La décision du président Donald Trump de démettre de ses fonctions le directeur du FBI James Comey, mardi 9 mai, est la dernière manifestation d'une chaîne d'actions qui, depuis plusieurs mois, ont sapé ou mis en péril toutes les grandes enquêtes portant d'une part sur l'ingérence supposée de la Russie dans l'élection présidentielle américaine et d'autre part sur de possibles collusions entre des membres de l'équipe de campagne de Trump et Moscou.
L'ampleur des interventions du président dans ces enquêtes sur sa propre campagne a choqué les fonctionnaires des services d'investigation mais aussi les habitués du Capitole. A la fois parce que ces interventions sont en tous points à rebours des us et coutumes politiques, et parce qu'elles peuvent remettre en cause un cadre de contrôle légitime. Cet état de fait a d'ailleurs provoqué des réajustements majeurs au sein des services d'investigation, qui essaient de se protéger de l'influence de la Maison Blanche. Plus d'une centaine de parlementaires, dont au moins 3 républicains, ont désormais rejoint un appel pour l'ouverture d'une enquête indépendante sur les ingérences russes.

Pression sur les enquêteurs

Depuis l'investiture de Donald Trump, le président et son entourage ont demandé des comptes aux fonctionnaires chargés d'enquêter sur sa campagne afin de connaître l'état de leurs investigations. Ils ont travaillé avec certains de leurs alliés, membres de ces équipes d'enquête, afin de coordonner les messages à faire passer, ils ont fait pression sur les enquêteurs pour limiter le périmètre de leurs recherches et boucler leurs travaux le plus rapidement possible, et ils ont à plusieurs reprises démis de leurs fonctions des personnes en charge de ces investigations.
"Après que le président a écarté au moins trois personnes qui enquêtaient sur son administration, la suspicion est à son comble, en particulier au regard de la manière dont il sape des enquêtes en cours du Congrès", a affirmé au HuffPost américain le sénateur démocrate de l'Illinois Tammy Duckworth ― faisant ainsi référence au directeur du FBI James Comey, à l'ancienne procureur générale en poste Sally Yates, et au procureur fédéral Preet Bharara, qui selon certaines sources enquêtait sur un des ministres du cabinet Trump. "Pour tirer tout ceci au clair, il faut lancer une enquête indépendante, dirigée par un procureur spécial qui ait la confiance du peuple américain."


"C'est si maladroit et c'est un tel massacre, la manière dont il a géré ça"

Cela fait plusieurs mois que Trump s'en prend aux enquêtes. En février, il a de la même manière mis en péril les investigations des commissions du renseignement de la Chambre des représentants et du Sénat, en poussant leurs deux présidents, le représentant de Californie Devin Nunes et le sénateur de Caroline du Nord Richard Burr, qui font tous deux partie de ses alliés, à réfuter des articles de presse défavorables qui relataient les liens entre l'équipe Trump et la Russie. Il a ensuite sapé l'enquête de la Chambre en invitant Devin Nunes en secret à la Maison Blanche afin d'y consulter des rapports des services de renseignement – une décision qui a finalement poussé Devin Nunes à se retirer de l'enquête. Et cette semaine, il a mis en péril les investigations du FBI sur les ingérences russes en démettant de ses fonctions le directeur qui les supervisait, puis en affirmant qu'il avait pris cette décision sur les conseils de Rod Rosenstein, le haut fonctionnaire du ministère de la justice qui a la haute main sur cette enquête.
Cela rappelle quelque chose. "C'est si maladroit et c'est un tel massacre, la manière dont il a géré ça, que la conclusion naturelle à laquelle on arrive est qu'il tente de bloquer toute enquête sur la Russie", affirme John Dean, ancien conseiller du président Richard Nixon. "Mais vraiment, est-il aussi bête et limité que ça ? Tout ça rend plus probable [la nomination d']un procureur spécial. Et ça renforce les chances que le FBI double la mise."
"Les gens pensent que Nixon était une sorte de maître-délinquant", ajoute John Dean. "Mais ce n'était pas le cas. Il est juste en train d'enchaîner les erreurs stupides l'une après l'autre. On revit tout simplement la même chose... Nixon était réservé mais avait une confiance en lui qui dépassait tout. Trump n'exprime aucune réserve mais sa confiance en lui dépasse tout. Et leurs deux personnalités sont autoritaires."


Une décision impulsive et non pas stratégique

La théorie de John Dean selon laquelle Trump agit de manière impulsive et non en suivant une stratégie semblait plausible, cette semaine. Lundi, le président a demandé à Rod Rosenstein — un procureur fédéral très respecté qui venait d'être confirmé au poste de numéro 2 du ministère de la Justice à peine deux semaines auparavant — de rédiger un mémo justifiant la démission de James Comey. Et Trump a viré Comey le lendemain.
Mercredi, les conseilleurs de la Maison Blanche et le vice-président Mike Pence ont désigné le mémo de Rosenstein comme la raison logique de la mise à l'écart du directeur du FBI. Mais jeudi, Trump est venu contredire son équipe de communication et Mike Pence, en affirmant à NBC News qu'il avait décidé de démettre Comey suite au témoignage de ce dernier au Sénat la semaine dernière.
"Quand j'ai décidé que c'était ce qu'il fallait faire, je me suis dit, j'ai dit, 'Tu vois, ce truc de la Russie avec Trump et la Russie, c'est une invention'", a dit Trump à NBC. "Nous souhaitons que [l'enquête sur la Russie] délivre ses conclusions en toute intégrité", a dit jeudi Sarah Huckabee Sanders, une des principales conseillères en communication de Donald Trump. "Nous estimons qu'en écartant le directeur du FBI James Comey, nous avons effectivement pris une mesure qui permettra d'arriver à ce résultat."


Une manie

En attendant, dans sa lettre de renvoi de James Comey, Trump a également affirmé que le désormais ex-directeur du FBI lui avait dit qu'il ne faisait pas l'objet d'une enquête. Si James Comey a réellement tenu ces propos, il s'agirait d'une violation des protocoles, les personnels dirigeant une enquête n'étant pas censés échanger sur l'état des travaux en cours avec les personnes visées par ces mêmes investigations.
C'est en quelque sorte une manie. En mars, Donald Trump s'est obstiné à affirmer que son QG de campagne avait été mis sur écoute par l'administration Obama. Au lieu de revenir sur ces affirmations non prouvées, il a demandé à Devin Nunes de trouver un prétexte. Le représentant a annoncé qu'il détenait des informations montrant que les noms de membres de l'équipe de transition de Donald Trump apparaissaient dans des rapports des services de renseignement qui visaient au départ des opérations d'espionnage étrangères. Mais cette initiative s'est immédiatement retournée contre ses auteurs. Devin Nunes avait été aperçu à la Maison Blanche peu de temps avant son annonce surprise, et on apprit que ses sources étaient des membres du National Security Council qui dépendent de Donald McGahn, avocat de la Maison Blanche et proche conseiller du président.
Les immixtions de Trump ont même nui à l'enquête de la Commission sénatoriale du renseignement sur les ingérences russes — largement perçue comme plus sérieuse que celle de la Chambre des représentants. En janvier, Richard Burr, qui faisait partie des conseillers de Trump durant la campagne, a affirmé que l'examen des liens entre l'équipe Trump et Moscou dépassait le cadre des travaux de la commission. Il avait ensuite rétropédalé et s'efforce depuis avec le sénateur démocrate de Virginie Mark Warner de montrer qu'ils travaillent en tandem dans une démarche transpartisane. Mais l'enquête avance lentement, et les demandes que Donald Trump adresse à Richard Burr pour qu'il soutienne les initiatives de l'équipe de communication de la Maison Blanche jettent un doute sur l'indépendance de la procédure. En coulisses, démocrates et républicains ne parviennent pas à s'accorder sur les ressources qu'il faut allouer à l'enquête.

"L'administration Trump semble faire tout ce qu'elle peut pour mettre fin à cette enquête"

Au final, tout ce que Trump a touché s'est transformé en boule puante. Devin Nunes s'est de lui-même retiré de l'enquête russe après avoir transmis à Donald Trump, dont il est politiquement proche, des informations sur des rapports des services de renseignement. James Comey a été démis sur ordre de Trump. Et Rod Rosenstein, qui est censé superviser l'enquête du FBI au ministère de la justice, a vu sa crédibilité remise en cause et son standing s'affaiblir.
La Chambre des représentants a tenté ces dernières semaines de remettre son enquête sur les rails. Jeudi dernier, le représentant républicain du Texas Mike Conaway — qui remplace Devin Nunes à la tête de l'enquête de la Commission du renseignement sur la Russie — et le démocrate californien Adam Schiff, membre de cette commission, ont annoncé qu'ils étendaient leurs investigations pour inclure de potentielles interventions de la Maison Blanche dans l'enquête du FBI. Mais les membres de la commission craignent encore que le président trouve un nouveau moyen de faire trébucher leurs avancées.
"Nous sommes préoccupés: l'administration Trump semble faire tout ce qu'elle peut pour mettre fin à cette enquête, et pas seulement à celle du FBI", affirme un conseiller démocrate de premier plan à la Chambre. "Et je pense que ça appelle d'une certaine manière une réponse de notre part."

Source: http://www.huffingtonpost.fr/2017/05/12/comment-donald-trump-a-mis-en-peril-toutes-les-grandes-enquetes_a_22083733/?utm_hp_ref=fr-homepage
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