Duché de Montmirail

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 24 juillet 1923 : Le traité de Lausanne fonde la Turquie moderne   Mar 24 Juil - 20:54



24 juillet 1923 : Le traité de Lausanne fonde la Turquie moderne

Le 24 juillet 1923, les cloches de la cathédrale de Lausanne, sur les bords du lac Léman, carillonnent pour annoncer au monde la signature d'un traité entre la République turque et les vainqueurs de la Grande Guerre. Ce texte annule et remplace le précédent traité de paix, signé à Sèvres, près de Paris, le 10 août 1920, par les représentants du sultan.

Les Turcs et leur chef, Moustafa Kémal, prennent ainsi une spectaculaire revanche sur le destin.

Le sursaut de la dernière chance

Sans attendre l'humiliant traité de Sèvres, qui dépèce la Turquie ottomane au profit de ses voisins et des minorités, les Grecs ont envahi l'Anatolie avec l'approbation tacite des Alliés. Mais en janvier puis en mars 1921, ils sont battus à Inönü par le lieutenant de Moustafa Kemal, Ismet Pacha. Malgré cela, ils arrivent à repousser les forces nationales turques au-delà de la Sakarya, un fleuve qui se jette dans la mer de Marmara.

Dans un sursaut d'énergie, et avec l'aide de la Russie communiste, les forces nationales turques écrasent dans un premier temps les Arméniens, ne laissant à ces derniers que le petit territoire de l'Arménie actuelle, au coeur du Caucase. Vient ensuite le tour des Grecs, forts de cent mille hommes. Avec le titre de généralissime et des pouvoirs dictatoriaux, Moustafa Kémal les arrête sur la Sakarya en août 1921 après une longue bataille de trois semaines. Il complète son succès par une victoire à Doumloupinar le 30 août 1922.

Les troupes grecques refluent vers la mer Égée, semant la terreur et le feu sur leur passage. Le 8 septembre 1922, elles quittent Smyrne en désordre. L'illustre métropole de la Grèce d'Asie, abandonnée aux troupes turques, est livrée au pillage et ses populations chrétiennes massacrées.

Le vainqueur signe avec l'ennemi héréditaire un armistice (*) à Mudanya un mois plus tard, le 11 octobre 1922. Ce triomphe inespéré lui vaut de recevoir de l'Assemblée nationale d'Angora (Ankara) le titre de « Ghazi » (le Victorieux).

La revanche

Les vainqueurs de la Première Guerre mondiale ont très vite compris que le traité de Sèvres, signé dans la manufacture de porcelaine et justement surnommé le « traité de porcelaine », devait être réécrit.

Une nouvelle conférence de la paix s'ouvre à cet effet à Lausanne le 20 novembre 1922. Mussolini et Poincaré participent à la séance d'ouverture de même que Venizélos pour la Grèce et le général Ismet pacha pour la Turquie. D'emblée, ce dernier dénonce avec vigueur les atrocités des Grecs en Anatolie !

Moustafa Kémal est alors au zénith de sa gloire et vient d'abolir sans ciller le sultanat ottoman de Constantinople. Par le truchement de son ami Ismet pacha, il va proprement dicter les termes du traité.

Avec le traité de Lausanne :

- Les Turcs récupèrent une pleine souveraineté sur Istamboul et son arrière-pays européen ainsi que sur l'Arménie occidentale, le Kurdistan occidental et la côte orientale de la mer Égée (Smyrne, Éphèse...).

- Les troupes françaises qui s'étaient installées en Cilicie, au sud, ne conservent plus qu'une enclave majoritairement arabe, le sandjak d'Alexandrette et Antioche, qu'elles évacueront en 1939 et remettront à la Turquie, en violation du droit international.

- La frontière avec l'Irak est dessinée en pointillé :

Les Britanniques, qui occupent l'Irak, proposent habilement de laisser à la Société des Nations (SDN) le soin de décider du sort du vilayet de Mossoul (l'ancienne Assyrie), une région du nord de l'Irak peuplée de Turcs, de Kurdes, d'Arabes et d'Assyro-chaldéens, revendiquée tant par les Turcs que par les Britanniques eux-mêmes. Comme on pouvait s'y attendre, le 16 décembre 1925, sans avoir pris la peine de consulter les populations, la Société des Nations octroie à titre définitif la région de Mossoul à l'Irak et donc aux Britanniques.

Notons aussi que, suite à la plaidoirie d'Ismet pacha, la proposition d'un « territoire autonome des Kurdes » inscrite dans le traité de Sèvres passe aux oubliettes.

- Une annexe au traité prévoit - fait inédit - des échanges de populations entre la Grèce et la Turquie. Elle entérine pour l'essentiel les déplacements plus ou moins forcés qui se sont produits au cour.

- Les Capitulations, établies en 1536 entre le sultan Soliman le Magnifique et le roi de France François Ier et plus tard élargies à d'autres pays européens, sont abolies ; ces conventions octroyaient aux Occidentaux des droits particuliers en Turquie ainsi qu'un droit de regard sur le sort fait aux chrétiens de ce pays. En échange de ce cadeau, la République turque accepte toutefois de prendre à sa charge l'essentiel de l'immense dette ottomane, ce qui va peser sur son développement futur...

- Les Détroits bénéficient de la liberté de navigation mais il est prévu une zone démilitarisée de 10 à 20 kilomètres sur les deux rives du Bosphore, de la mer de Marmara et du détroit des Dardanelles. De plus, la garnison de Constantinople est limitée à 1200 hommes... La Turquie profitera des tensions mondiales pour abolir ces atteintes à sa souveraineté par la convention de Montreux du 20 juillet 1936.

À ce détail près, les Turcs ont tout lieu d'être satisfaits du texte. C'est le seul des traités d'après la Grande Guerre dans lequel les vainqueurs et le vaincu ont pu négocier d'égal à égal.

La Turquie moderne émerge des négociations de Lausanne sous la forme d'un quadrilatère massif dont seulement le coin nord-ouest, avec Istamboul et son arrière-pays, appartient au continent européen (3% de la superficie du pays).

Mustafa Kémal va pouvoir proclamer la République turque sur les ruines du vieil empire multiculturel ottoman.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 25 juillet 1943 : Mussolini renversé   Mer 25 Juil - 20:54



25 juillet 1943 : Mussolini renversé

Le 25 juillet 1943, deux semaines après le débarquement allié en Sicile, Mussolini est mis en minorité par le Grand Conseil fasciste, destitué et placé en résidence surveillée.

Ses anciens fidèles, sous la direction du maréchal Badoglio, tentent dès lors de conclure un armistice avec les envahisseurs en s'efforçant d'écarter leurs anciens alliés allemands.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 26 juillet 1953 : Fidel Castro attaque la caserne de la Moncada   Jeu 26 Juil - 20:54



26 juillet 1953 : Fidel Castro attaque la caserne de la Moncada

En vue de renverser le dictateur Batista, le jeune Fidel Castro (25 ans) attaque le 26 juillet 1953 la caserne de Moncada, à Santiago-de-Cuba. Arrêté, il est condamné à 15 ans de prison.

Libéré dès 1954 à la faveur d'une amnistie, il se réfugie au Mexique où il fonde le « Mouvement du 26 juillet ».

Le 26 juillet deviendra fête nationale à Cuba, après le retour clandestin de Castro à Cuba sur le Granma et sa prise de pouvoir.

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MessageSujet: 27 juillet 1214 : Le dimanche de Bouvines   Ven 27 Juil - 20:54



27 juillet 1214 : Le dimanche de Bouvines

Le dimanche 27 juillet 1214 reste un jour béni dans l'Histoire de France.

Ce jour-là, le roi Philippe II Auguste remporte à Bouvines, près de Lille, une victoire écrasante sur les armées de l'empereur allemand Otton IV de Brunswick et ses alliés, le comte Ferrand de Flandre, le duc Henri de Brabant et le comte Renaud de Boulogne.

Sa victoire est due à la coopération de la chevalerie féodale et des milices communales. Les historiens du XIXe siècle y ont vu l'émergence de la Nation française. Il s'agit pour le moins d'une victoire qui hisse la monarchie capétienne au premier plan de la scène européenne.

Rivalité franco-anglaise

La bataille de Bouvines est l'un des derniers grands épisodes du premier conflit franco-anglais inauguré soixante ans plus tôt par l'accession au trône d'Angleterre d'Aliénor d'Aquitaine et Henri II Plantagenêt.

Le roi d'Angleterre Jean sans Terre noue une coalition avec les ennemis du roi de France, les comtes de Flandre et de Boulogne, le duc de Brabant ainsi que le titulaire du Saint Empire romain, unis dans une commune détestation de la monarchie capétienne.

C'est une première ! Pareille coalition face à la puissance montante de la France se retrouvera au XVIe siècle, au temps de François Ier, Henri VIII et Charles-Quint.

Le roi d'Angleterre, premier prêt, débarque à la Rochelle en février 1214 et marche sur Paris. Arrivée au château de La Roche-aux-Moines, près d'Angers, son armée se débande sans combattre.

Pour le pitoyable Jean sans Terre, le pire reste à venir : les Français mobilisent contre lui les barons anglais eux-mêmes. La guerre se transporte en Angleterre. Elle conduira le roi à concéder à ses barons la Grande Charte.

Première victoire de la nation française

Jean sans Terre est éliminé mais il reste les coalisés, forts de 80.000 hommes au total. Face à eux, le roi de France n'en aligne que 25.000. De Tournai où il s'est établi, Philippe Auguste décide de faire retraite vers Lille. Il entame son mouvement le 27 juillet au matin.

Informé, l'empereur décide de l'attaquer sans attendre, ne se souciant guère que ce jour soit un dimanche, normalement consacré à la prière et au recueillement. Il se porte sur l'arrière-garde de l'armée française.

L'armée française se déploie face aux coalisés. Pour la première fois, chevaliers et milices communales combattent ensemble sous l'emblème royal de la fleur de lys, ce qui donne à la guerre un caractère national inédit.

La bataille s'engage à la manière féodale, dans un corps à corps indescriptible où chacun cherche son ennemi pour le tuer ou le capturer (s'il est digne d'une rançon). Après trois heures de combat, le comte de Flandre est désarçonné et capturé.

Le roi de France est aussi désarçonné et manque d'être capturé par les Flamands. Il ne doit son salut qu'à l'intervention de quelques chevaliers. L'empereur, à son tour, est assailli et s'enfuit en abandonnant son étendard. Il perdra sans surprise son titre impérial au profit de son rival Frédéric II de Hohenstaufen.

Tandis que tombe le soir, le comte de Boulogne est capturé. Beaucoup de fantassins restent sur le champ de bataille.

Pour Philippe Auguste, sorti vainqueur de la journée, la bataille s'avère un immense succès militaire mais aussi politique et dynastique. Elle consacre l'attachement des Français à la dynastie capétienne que symbolise désormais la fleur de lys.
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MessageSujet: 28 juillet 1402 : Tamerlan bat le sultan Bajazet à Angora   Sam 28 Juil - 20:54



28 juillet 1402 : Tamerlan bat le sultan Bajazet à Angora

Le conquérant turco-mongol Tamerlan remporte une victoire totale sur le sultan ottoman Bajazet Ier, le 28 juillet 1402, à Angora (au coeur de l'Anatolie, aussi appelée Ancyre sous l'Antiquité). Cette bataille mémorable offre aux Byzantins et aux Occidentaux un sursis inespéré dans leur lutte contre les Turcs ottomans.

Tamerlan, conquérant de l'inutile

Tamerlan est un lointain héritier des conquérants turcs et mongols et se présente comme le descendant de Gengis Khan. Son nom français est une déformation du turc Timur Leng (pour Timour le Boîteux).

Né le 8 avril 1336, il se proclame khan de Djaghataï et attaque les petites principautés persanes en profitant de leurs divisions consécutives à l'effondrement des khanats mongols.

Chaque prise de ville s'accompagne d'un pillage en règle et du massacre de la population. En 1387, après la prise d'Ispahan, toutes les têtes coupées forment autour des ruines de la ville  trente huit tours de deux mille têtes chacune. Effet de terreur garanti.

Puis il envahit le sultanat de Delhi, qui règne sur l'Inde du nord, et écrase son armée à Panipat le 17 décembre 1398. Delhi, à son tour, est saccagée et Tamerlan s'en retourne en Transoxiane, riche d'un fabuleux butin.

Il s'en prend avec la même sauvagerie à la Syrie, soumise aux Mamelouks d'Égypte. En 1401, le voilà devant Damas, la sublime capitale des anciens califes omeyyades. Sur les instances du vieil historien tunisien Ibn Khaldoun (70 ans) il s'en tient à « seulement » trois jours de pillage, quelques milliers de viols et l'incendie de la mosquée des Omeyyades. Autant dire presque rien.

Mais il va montrer moins de clémence, l'année suivante, à Bagdad, la capitale des anciens califes abbassides, où 20 000 habitants seront massacrés et tous les monuments détruits.

Le choc des géants

Fier de l'oeuvre accomplie, le vieux conquérant se heurte pour finir au sultan ottoman à Angora, à l'endroit précis où, longtemps auparavant, en l'an 66 av. J.-C., le général romain Pompée avait affronté le roi du Pont, Mithridate VI.

À Angora, Tamerlan dispose de trois corps d'armée, avec des soldats originaires du Caucase (Géorgie, Arménie...), d'Asie centrale, des Indes et de Sibérie. Il fait également parader cinquante éléphants de guerre.

Face à lui, le sultan Bajazet dispose de troupes aussi diverses, nombreuses et expérimentées. Il tire notamment fierté d'une fameuse milice de Janissaires et de 40 000 cavaliers serbes commandés par le roi Étienne (la religion n'empêche pas les hommes du Moyen Âge de servir les chefs de leur choix et les Serbes, au demeurant, n'ont guère le choix depuis leur défaite face aux Turcs à Kossovo Polié).

Plusieurs centaines de milliers d'hommes vont s'affronter le jour durant, dans la poussière et la chaleur.

Le sultan est vaincu et fait prisonnier malgré le bon comportement de ses Janissaires et de ses cavaliers serbes. Il meurt de dépit et de mauvais traitements le 9 mars 1403, au bout de huit mois de détention dans une cage en fer. Son empire est démantelé et ses fils vont se le disputer pendant dix ans...
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MessageSujet: 29 juillet 1900 : Assassinat du roi Umberto Ier   Dim 29 Juil - 20:54



29 juillet 1900 : Assassinat du roi Umberto Ier

Le roi d'Italie Umberto Ier est assassiné à Monza, près de Milan, le 29 juillet 1900, par l'anarchiste Gaetano Bresci, revenu des États-Unis pour « venger » des syndicalistes tombés lors des émeutes de Milan, en 1898.

Sa mort s'inscrit dans la longue litanie d'assassinats anarchistes qui caractérise la « Belle Époque ».

Né en 1844, le roi avait succédé en 1878 à son père Victor-Emmanuel II sur le trône d'Italie. À peine intronisé, il avait été agressé par un anarchiste alors qu'il se promenait en calèche ouverte dans les rues de Naples. Dix ans plus tard, dans les rues de Rome, à nouveau agressé par un anarchiste, il déclarait crânement : « Ce sont les risques du métier.»
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MessageSujet: 30 juillet 1908 : Inauguration du chemin de fer du Hedjaz   Lun 30 Juil - 20:54



30 juillet 1908 : Inauguration du chemin de fer du Hedjaz

Le 30 juillet 1908 est inauguré le chemin de fer du Hedjaz, qui relie Damas à Médine en longeant de loin la mer Rouge. Les deux villes saintes musulmanes de La Mecque et Médine deviennent du coup plus facilement accessibles aux pèlerins du monde entier. Ce succès politique est porté au crédit de l'empire ottoman, puissance tutélaire de la région, et de son nouvel allié, l'empire allemand, dont les ingénieurs ont supervisé la construction du chemin de fer.

Dès 1889, l'Allemagne, soucieuse de se donner un rôle international à la mesure de sa puissance industrielle, s'est rapprochée de la Turquie. Elle a lancé la construction d'une première voie ferrée en Anatolie, entre Izmir et Ankara. En mars 1903, une compagnie germano-turque, la Bagdadbahn, avait aussi obtenu une concession pour une voie ferrée de la Méditerranée à Bagdad, via Alep.

Ces réalisations pacifiques se doublaient d'une assistance militaire qui permit aux Turcs de vaincre les Grecs à Domokos, en 1897, et allait trouver son aboutissement pendant la Grande Guerre.

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MessageSujet: 31 juillet 1914 : « Ils ont tué Jaurès »   Mar 31 Juil - 20:54



31 juillet 1914 : « Ils ont tué Jaurès »

Le soir du vendredi 31 juillet 1914, Jean Jaurès dîne avec deux collaborateurs dans le café du Croissant, rue Montmartre, à Paris.

Le dîner s'achève. Sur le trottoir, un homme observe les convives et, par la fenêtre ouverte, tire trois coups de revolver. Deux balles touchent à bout portant le leader socialiste. Un cri fuse dans le restaurant : « Ils ont tué Jaurès ! »

Le drame survient alors que les Français, comme les autres Européens, commencent tout juste à prendre conscience de la gravité de la situation internationale. L'assassinat de celui qu'on surnommait « l'apôtre de la paix » ruine l'ultime espoir d'éviter la guerre générale et va souder au contraire toute la nation dans « l'Union sacrée ».

L'« apôtre de la paix »

Par son opposition à la loi du 19 juillet 1913, qui a reporté le service de deux à trois ans, comme par son plaidoyer en faveur d'une armée de réservistes à vocation défensive, L'Armée nouvelle, Jean Jaurès s'est attiré la haine des nationalistes et des bellicistes, à droite comme à gauche, de Georges Clemenceau à Charles Péguy en passant par Maurice Barrès et Charles Maurras.

Lors de la « Crise de Juillet » qui suit l'attentat de Sarajevo, il réunit toute son énergie pour tenter d'arrêter le destin. Le 30 juillet, il apprend que la Russie a mobilisé ses troupes. Il se rend alors chez le sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères Abel Ferry. Celui-ci l'interroge sur la position des socialistes en cas de guerre. « Nous continuerons notre campagne contre la guerre », répond Jaurès. « Non, vous n'oserez pas car vous serez tué au premier coin de rue » !...

Passablement découragé, Jaurès déclare à un ami, en sortant : « Tout est fini. Il n'y a plus rien à faire ».

C'est alors que survient la tragédie prédite par Abel Ferry...

L'assassin est un déséquilibré de 29 ans, du nom de Raoul Villain. C'est un étudiant en archéologie, lecteur passionné de L'Action française, quotidien nationaliste qui avait appelé le 18 juillet précédent au meurtre de Jaurès.


Son procès sera reporté à la fin de la guerre et il sera finalement acquitté de son crime. Au terme d'une vie errante, il sera lui-même assassiné en Espagne en 1936 par un mafieux quelconque.

Hommages unanimes

À peine la mort de Jaurès est-elle connue qu'une foule de militants socialistes se rassemble dans le quartier Montmartre au chant de L'Internationale.

Le président Raymond Poincaré, son adversaire en politique, se fend d'un communiqué publié dès le lendemain, juste avant l'ordre de mobilisation générale, dans lequel il trouve moyen de « retourner » le défunt en sa faveur :

« Un abominable attentat vient d'être commis. M. Jaurès, le grand orateur qui illustrait la tribune française, a été lâchement assassiné. Je me découvre personnellement et au nom de mes collègues devant la tombe si tôt ouverte au républicain socialiste qui a lutté pour de si nobles causes et qui, en ces jours difficiles, et dans l'intérêt de la paix, a soutenu de son autorité l'action patriotique du gouvernement (...) ».

De fait, tous les journaux y vont de leur couplet. Même L'homme libre de Clemenceau et L'Action française de Maurras dénoncent l'assassinat et regrettent l'homme. Le pays, qui s'était jusque-là violemment divisé sur des sujets aussi graves que les conquêtes coloniales, l'Affaire Dreyfus ou la séparation des Églises et de l'État, refait son unité sur la tombe de Jaurès.

Le directeur de La Guerre sociale, Gustave Hervé, connu pour ses menées antimilitaristes, y va de lui-même de son couplet, titre à la Une « Nous n'assassinerons pas la France » et rejoint le camp de la guerre.

Dès le lendemain de la mort de Jaurès, le consensus patriotique est tel que le gouvernement, à l'instant d'annoncer la mobilisation générale, peut se dispenser de sévir contre les anarchistes, antimilitaristes et rebelles potentiels.

Deux jours plus tard, l'Allemagne déclare la guerre à la France. C'est le début de la Grande Guerre.

Le 4 août 1914, lors des funérailles parisiennes du leader socialiste, avant que sa dépouille ne soit inhumée à Albi, le secrétaire de la CGT Léon Jouhaux, prémonitoire, lance : « Victime de ton amour ardent de l'humanité, tes yeux ne verront pas la rouge lueur des incendies, le hideux amas de cadavres que les balles coucheront sur le sol... ».
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MessageSujet: 1er août 1798 : Nelson coule la flotte française à Aboukir   Mer 1 Aoû - 20:54



1er août 1798 : Nelson coule la flotte française à Aboukir

Le 1er août 1798, l'amiral anglais Horatio Nelson surprend en rade d'Aboukir, dans le delta du Nil, la flotte française qui a transporté en Égypte le corps expéditionnaire du général Napoléon Bonaparte.

Les navires français se sont ancrés en ligne au plus près du rivage, en vue d'empêcher tout navire ennemi de les prendre à revers. Sur ordre de l'amiral Brueys, ils ont même dû s'enchaîner les uns aux autres et c'est immobiles, à l'ancre, qu'ils vont devoir affronter l'ennemi.

Jouant d'audace, Nelson voit d'un coup d'oeil un étroit passage entre le rivage et les navires ennemis. Une partie de sa flotte s'engage dans l'étroit conduit et prend les navires français à revers. Les canonniers français, déboussolés, n'ont pas le temps de retourner leurs canons vers la côte. Leurs navires sont l'un après l'autre réduits à merci.

L'un des héros du jour est le commandant du Tonnant, Aristide du Petit Thouars (38 ans). Il contraint le Bellérophon à amener son pavillon avant que son navire ne soit lui-même assailli. Les deux bras et une jambe emportés par un boulet, il se fait placer dans un baril de son afin de continuer à donner des ordres jusqu'à son dernier souffle.

François de Brueys saute avec son navire-amiral L'Orient (118 canons) tandis que Villeneuve, celui-là même qui sera défait à Trafalgar, s'échappe avec quelques vaisseaux. Bonaparte se trouve ainsi prisonnier de sa conquête.
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MessageSujet: 2 août 1913 : La police judiciaire donne la chasse aux truands   Jeu 2 Aoû - 20:54



2 août 1913 : La police judiciaire donne la chasse aux truands

Le 2 août 1913 est créée la direction régionale de la police judiciaire de Paris, plus communément appelée PJ. Son siège est fixé sur l'île de la Cité, au 36, quai des Orfèvres, un lieu devenu mythique par la grâce des cinéastes et des romanciers, tel Georges Simenon.

Les « Brigades du Tigre »

Instituée par un arrêté du préfet de police de Paris Célestin Hennion, la PJ est le point d'orgue de la vaste réorganisation des services de police entamée par le même personnage six ans plus tôt, en qualité de directeur de la sûreté générale du ministre de l'Intérieur Georges Clemenceau.


Il s'agit de lutter contre le crime et la délinquance, qui sévissent à grande échelle, tant dans les faubourgs que dans les campagnes.

Les citadins et les bourgeois de cette « Belle Époque » s'émeuvent de la violence des bandes organisées, tels les « Apaches » mis en scène par Jacques Becker dans son chef d'œuvre Casque d'Or. Les gens des campagnes, quant à eux, endurent en silence les méfaits des « travailleurs de la nuit » ou des « chauffeurs », qui agressent les personnes âgées et isolées, les torturent et leur brûlent les pieds afin de leur faire avouer la cache de leurs économies.

La gendarmerie et la police locales étaient impuissantes et trop mal équipées pour faire face à ces bandes. Sur le conseil de Célectin Hennion, Georges Clemenceau institue le 4 mars 1907 un contrôle général des services de recherches judiciaires sous le commandement du commissaire Jules Sébille, puis, le 30 décembre 1907, douze brigades régionales de police mobile chargées de combattre le crime organisé sur tout le territoire.

Constituées de commissaires et d'inspecteurs, équipées de voitures puissantes du dernier cri, ces brigades vont obtenir en une année des résultats probants avec l'arrestation de près de trois mille personnes dont 65 meurtriers.

Clemenceau y gagne le surnom de « Tigre » et ses brigades deviennent bien sûr les « Brigades du Tigre ».

La grande traque

La création de la Police judiciaire complète le processus et dote la France d’une « police chargée de seconder l’autorité judiciaire dans la répression des crimes et des délits ». C'est la plus grande réforme en matière de sécurité publique depuis l'institution de la lieutenance de police de Paris par Louis XIV, en 1667.

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MessageSujet: 3 août 1108 : Sacre de Louis VI le Gros   Ven 3 Aoû - 20:54



3 août 1108 : Sacre de Louis VI le Gros

Le 3 août 1108, quatre jours après la mort de Philippe Ier, son fils et successeur est sacré à Orléans par l'archevêque de Sens.

Il est le premier des Capétiens à se prénommer Louis mais il se fait appeler Louis VI pour signifier que sa dynastie s'inscrit dans la continuité des Carolingiens antérieurs (les descendants de Charlemagne parmi lesquels cinq Louis). Il sera surnommé Louis VI Le Gros.
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MessageSujet: 4 août 1578 : Bataille des Trois Rois   Sam 4 Aoû - 20:54



4 août 1578 : La bataille « des Trois Rois »

La bataille de Ksar el-Kébir est aussi dite bataille de l'oued Al-Makhazine ou bataille « des Trois Rois » du fait de la présence du Portugais Sébastien, et des deux rivaux marocains Abd el-Malik et El Motaouakil.

Elle figure parmi les plus hauts faits militaires du Maroc et les plus grandes tragédies du Portugal.

Deux vaincus et un vainqueur, trois morts

Désireux de prendre pied au Maroc, le jeune roi du Portugal Sébastien (24 ans) répond avec bienveillance à la proposition d'alliance d'un ancien roi du Maroc, El Motaouakil, en conflit avec le sultan Abd el-Malik Saâdi. Parti de Lisbonne, il débarque avec sa flotte entre Tanger et Asilah. Il commande 20 000 hommes mais le sultan en dispose lui-même de 50 000.

Habilement, le souverain saâdien lui adresse une lettre de provocation qui le convainc de quitter sa base littorale et de se porter à sa rencontre, à l'intérieur du pays. Il traverse l'oued el Makhazen et fait sa jonction avec son allié El Motaouakil.

L'affrontement avec l'armée du sultan a lieu le 4 août 1578, près de Ksar el-Kébir (ou Alcazar Quivir). Il tourne très vite au désastre pour le Portugais et son allié. Leurs armées sont battues et empêchées de faire retraite, le sultan ayant fait détruire les ponts sur l'oued Al-Makhazine.

Le jeune roi trouve la mort dans une charge de la cavalerie tandis que son allié se noie en tentant de traverser l'oued. Le sultan n'a pas l'occasion de savourer sa victoire car il meurt lui-même d'un empoisonnement ou d'une maladie contractée avant la bataille. Sa mort est tenue secrète jusqu'à la confirmation de la victoire.

Funestes conséquences

La mort sans héritier direct du jeune roi Sébastien, de la dynastie d'Aviz, suscite désespoir et incrédulité chez ses sujets.

Circonstance aggravante, une grande partie de la noblesse portugaise périt également au cours de ladite bataille.

Il s'ensuit deux ans plus tard l'annexion du Portugal par le roi d'Espagne Philippe II de Habsbourg, fils d'une princesse portugaise.

La noblesse portugaise ne se résoudra jamais à l'annexion et va reconquérir son indépendance deux générations plus tard, le 1er décembre 1640.
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MessageSujet: 5 août 1858 : Premier câble télégraphique transatlantique    Dim 5 Aoû - 20:54



5 août 1858 : Premier câble télégraphique transatlantique

Le 5 août 1858, à l'initiative de Cyrus Field, Charles Bright et John Brett, le premier câble transatlantique achève d'être posé entre Valentia (Irlande) et Trinity Bay (Terre-Neuve), par deux navires militaires reconvertis en câbliers, les Niagara et Agamemnon.

Au total, 4 200 km de câble, d’un poids de 7 000 tonnes, sont posés. Le câble est constitué d'une âme composée d'un toron de sept fils de cuivre pur gainé de trois couches de gutta-percha (12,2 mm de diamètre). Il est armé de 18 torons formés chacun de sept fils de fer, le tout enrobé d'une mince couche de toile goudronnée. Un message inaugural est échangé entre la reine Victoria et le président Buchanan. La transmission du message de 100 mots dure 67 minutes.

La ligne ne fonctionne que vingt jours, jusqu'au 1er septembre : Edward Whitehouse, ingénieur de la société Newall, pensant accélérer la transmission, provoque le claquage de la liaison en appliquant une tension de pile destructrice.
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MessageSujet: 6 août 1870 : Charge héroïque à Reichshoffen   Lun 6 Aoû - 20:54



6 août 1870 : La charge héroïque de Reichshoffen

Le 6 août 1870, deux semaines après la déclaration de guerre de Napoléon III à la Prusse, une armée française est battue à Forbach, ce qui entraîne pour la France la perte de la Lorraine. Le même jour, le maréchal de Mac-Mahon est battu à Froeschwiller-Woerth, d'où la perte de l'Alsace.

Cette défaite importante, trois semaines à peine après le début de la guerre franco-prussienne, est occultée par deux faits d'armes héroïques autant qu'inutiles et meurtriers. Ce sont d'une part les cuirassiers et lanciers du général Michel qui tentent de rompre l'encerclement de l'armée et entrent au galop dans la grand-rue de Morsbronn où ils se font décimer par les Prussiens embusqués dans les maisons. Plus au nord, les cuirassés du général Bonnemain se lancent à corps perdu dans les houblonnières, près du village de Reichshoffen, où hommes et chevaux s'empêtrent et succombent sous le feu ennemi.
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MessageSujet: 7 août 1830 : Les Chambres déclarent Louis-Philippe Ier « roi des Français »   Mar 7 Aoû - 20:54



7 août 1830 : Les Chambres déclarent Louis-Philippe Ier « roi des Français »

Le 7 août 1830, tandis que s'apaise dans les rues de Paris la Révolution des « Trois Glorieuses », la Chambre des pairs et la Chambre des députés se réunissent malgré l'ordonnance de dissolution dont les a gratifiées le roi Charles X.

Les parlementaires, habilement manoeuvrés par Talleyrand, Thiers et le banquier Laffitte, écartent la perspective d'une République. Ils écartent de même le remplacement du roi par son petit-fils le duc de Bordeaux (10 ans) sous la régence du duc Philippe d'Orléans. Ce dernier se laisse convaincre d'accepter la couronne. C'est ainsi que les parlementaires, constatant la vacance du trône, décernent au duc d'Orléans le titre de « roi des Français » sous le nom de Louis-Philippe Ier.

Deux jours plus tard, en guise de sacre, le roi prête serment sur la Charte constitutionnelle au Palais-Bourbon. De cette trahison familiale va résulter une solide inimitié entre les royalistes « légitimistes », partisans du duc de Bordeaux, et les « orléanistes ».
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MessageSujet: 8 août 2008 : Ouverture des Jeux Olympiques de Pékin   Mer 8 Aoû - 20:54



8 août 2008 : Ouverture des Jeux Olympiques de Pékin

Les 29e Jeux Olympiques ouvrent à Pékin le 8 août 2008 à 20h08 (« Quadruple Huit », gage de prospérité pour les Chinois superstitieux). Ces premiers Jeux chinois sont placés sous le signe du gigantisme : 42 milliards de dollars dépensés pour leur préparation, 100.000 personnes mobilisées pour leur sécurité, 90 chefs d’État présents dans la tribune pour la cérémonie d’ouverture.

Pour le régime de Pékin, ils incarnent avec éclat la modernité triomphante de la Chine, qui remporte 51 médailles d’or, et sa fierté retrouvée après un siècle d'humiliations de la part des Occidentaux et un siècle de guerres civiles et d'occupation étrangère.
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MessageSujet: 9 août 870 : Partage de la Lotharingie   Jeu 9 Aoû - 20:54



9 août 870 : Partage de la Lotharingie

Par le traité de Verdun d'août 843, les trois petits-fils de Charlemagne se sont partagés l'empire et l'aîné Lothaire a hérité du titre impérial ainsi que de la partie centrale de l'empire, des bouches de l'Escaut au Tibre. Les deux autres, Louis le Germanique et Charles le Chauve, ont obtenu la Francie orientale et la Francie occidentale.

Quand Lothaire meurt le 29 septembre 855, son héritage va à son fils Lothaire II. À ce moment-là, on commence à baptiser son royaume de son nom. Ainsi naît la Lotharingie, devenue plus tard "Lorraine".

Le 9 août 870, au lendemain de la mort de leur neveu, les deux derniers petits-fils de Charlemagne se rencontrent à Mersen, dans l'actuel Limbourg en vue de se partager son héritage. Après s'être entendus pour dépouiller leur neveu, Louis le Germanique et Charles le Chauve ne tardent pas à entrer en conflit l'un contre l'autre.
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MessageSujet: 10 août 1920 : La Turquie ottomane dépecée à Sèvres   Ven 10 Aoû - 20:54



10 août 1920 : La Turquie ottomane dépecée à Sèvres

Le traité de paix entre les Alliés et le sultan, signé à Sèvres, près de Paris, le 10 août 1920, fait partie des différents traités qui ont mis fin à la Grande Guerre de 1914-1918 entre les Alliés et les Empires Centraux.

L'humiliation

Le traité de Sèvres se montre très sévère pour l'empire ottoman :

- Il détache de l'empire ses parties arabophones qui deviennent théoriquement indépendantes, mais passent de la tutelle des Turcs à celle des Européens.

- La Société des Nations octroie à la France un mandat sur la Syrie et le Liban pour conduire progressivement ces nouveaux états à l'indépendance.

- La Grande-Bretagne reçoit quant à elle un mandat sur les nouveaux états de Palestine, Transjordanie, et Irak. L'Arabie devient virtuellement indépendante.

- Il confirme à l'Italie la possession de l'archipel du Dodécanèse, dont l'île de Rhodes.

- Il impose la démilitarisation des détroits qui unissent la mer Égée à la mer Noire, sous la supervision d'une commission internationale.

- Plus gravement, le traité de Sèvres offre à la Grèce la côte occidentale de l'Anatolie, y compris la grande ville de Smyrne.

- Il prévoit la création d'une Grande Arménie indépendante par le regroupement des territoires arméniens de Russie et de Turquie.

- Il prévoit aussi un Kurdistan autonome dans les parties orientales de l'Anatolie. Autant dire qu'il dissout la Turquie historique.

Pour le général Moustafa Kémal et l'ensemble des Turcs, ce traité apparaît insupportable.

Le sursaut de la dernière chance

Dans un sursaut d'énergie, et avec l'aide de la Russie communiste, les forces nationales turques écrasent dans un premier temps les Arméniens, ne laissant à ces derniers que le petit territoire de l'Arménie actuelle, au coeur du Caucase.

Vient ensuite le tour des Grecs, forts de cent mille hommes, qui avaient profité de l'effondrement de l'empire ottoman pour envahir l'Anatolie. Avec le titre de généralissime et des pouvoirs dictatoriaux, Moustafa Kémal les arrête sur la Sakarya en août 1921 après une longue bataille de trois semaines. Il complète son succès par une victoire à Doumloupinar le 30 août 1922.

Les troupes grecques refluent vers la mer Égée. Le 11 septembre 1922, elles quittent Smyrne en désordre, entraînant avec elles les populations civiles. L'illustre métropole de la Grèce d'Asie est incendiée à cette occasion.

Le vainqueur signe avec l'ennemi héréditaire un armistice à Moudanya un mois plus tard, le 11 octobre 1922. Ce triomphe inespéré lui vaut de recevoir de l'Assemblée nationale le titre de « Ghazi » (le Victorieux).

Il peut dès lors imposer aux Alliés un nouveau traité, autrement plus favorable à son pays, et préparer l'avènement de la Turquie moderne.

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MessageSujet: 11 août 1856 : Suicide mystique de la nation Xhosa   Sam 11 Aoû - 20:54



11 août 1856 : Suicide mystique de la nation Xhosa

De 1770 à la fin du XIXe siècle, on recense au total en Afrique australe neuf « guerres des frontières » ou « guerres cafres » (d'un mot hollandais qui désigne les Noirs). Elles opposent les colons Boers, de rudes paysans calvinistes d'origine franco-hollandaise, aux éleveurs Xhosas, des Bantous venus du nord, qui se sont installés à l'ouest du fleuve Fish. Ces guerres s'intensifient lorsque les Britanniques, arrivés au Cap en 1815, repoussent les Boers plus loin vers le nord.

Les Xhosas tentent de résister y compris en adoptant les armes de l'ennemi : un journal en langue xhosa, Ikwesi (« L'Étoile du Matin ») est publié en 1841 et une traduction de l'Évangile établie en 1854.

Mais le désespoir guette. Une jeune fille de seize ans, Nongqawuse, reçoit en puisant de l'eau un message de l'au-delà et en parle à son oncle, le prophète Mhlakaza. Celui-ci croit comprendre le message : les Xhosas reprendront le dessus sur les Blancs et les rejetteront à la mer à une date bien précise, le 11 août 1856. Mais il faut qu'au préalable, ils abattent leurs troupeaux et brûlent leurs récoltes !... Une majorité de Xhosas prennent la prophétie au pied de la lettre et s'exécutent. Il s'ensuit une grande famine. On parle de 68 000 victimes, soit les deux tiers de la communauté xhosa. Les Britanniques peuvent dès lors s'emparer des terres sans coup férir.
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MessageSujet: 12 août 1895 : Création de la société Gaumont   Dim 12 Aoû - 20:54



12 août 1895 : Création de la société Gaumont

Le 6 juillet 1895, Léon Gaumont rachète le Comptoir général de photographie des frères Richard dont il était le fondé de pouvoir.

Les 10 et 12 août 1895, sont signées à Paris et Chamonix, les statuts de « L. Gaumont et Cie », société en nom collectif et en commandite simple qui reprend l’exploitation du fonds de commerce du Comptoir général de photographie.

Léon Gaumont devient gérant de la société qui a comme commanditaires Gustave Eiffel, Joseph Vallot et le banquier Alfred Besnier.

La société fabrique à ses débuts des jumelles, des appareils de projection et de prise de vues. À partir d'avril 1896, le chronophotographe de Georges Demenÿ est commercialisé auprès de forains, accompagné de bandes de démonstration.

Alice Guy, alors secrétaire, est chargée la même année de réaliser les premiers films de fiction de Gaumont.
« Mademoiselle Alice » devient la première femme cinéaste.

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MessageSujet: 13 août 1704 : Les Français défaits à Hoechstaedt   Lun 13 Aoû - 20:54



13 août 1704 : Les Français défaits à Hoechstaedt

Le 13 août 1704, le duc de Marlborough et le prince Eugène écrasent les Français à Hoechstaedt. Les alliés arrivent sur le Rhin tandis que les Britanniques prennent Gibraltar. La guerre de la Succession d'Espagne est mal engagée pour Louis XIV malgré sa supériorité initiale.
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MessageSujet: 14 août 1941 : Charte de l'Atlantique   Mar 14 Aoû - 20:54



14 août 1941 : Charte de l'Atlantique

Le 14 août 1941, tandis que l'Angleterre résiste seule à l'Allemagne nazie et que celle-ci vient d'envahir l'URSS, le président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill se rencontrent à bord du navire de guerre Prince of Wales « quelque part en mer », au large de Terre-Neuve.

Ils proposent une série de principes moraux devant guider les puissances démocratiques et garantir le rétablissement durable de la paix :

- refus de tout agrandissement territorial,
- droit des peuples à choisir leur forme de gouvernement,
- libre accès de chacun aux matières premières,
- liberté des mers,
- renonciation à la force.

Le président américain veut de la sorte préparer son opinion publique, encore très réticente, à une entrée en guerre contre l'Allemagne, aux côtés de l'Angleterre et de l'URSS.

Principes virtuels

Le document signé par les deux dirigeants est connu sous le nom de Charte de l'Atlantique. Il est à l'origine de la charte des Nations Unies.

Mais il semble que les généreux principes de la Charte aient été contournés dès l'année suivante, lors de la signature du traité d'assistance anglo-soviétique de Londres, le 26 mai 1942. Par ce traité d'alliance entre le Secrétaire aux Affaires étrangères Anthony Eden et son homologue soviétique Viatcheslav Molotov, le premier concède au second le droit à un glacis de sécurité et à des frontières stratégiques.

De fait, la Charte de l'Atlantique est évoquée à la conférence de Yalta, en février 1945, mais seulement pour la forme, les participants de ladite conférence - Staline le premier - n'ayant eu aucune intention de renoncer aux agrandissements territoriaux ni de laisser aux peuples le droit de choisir leur forme de gouvernement.
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MessageSujet: 15 août 1914 : Ouverture du canal de Panamá   Mer 15 Aoû - 20:54



15 août 1914 : Ouverture du canal de Panamá

Le 15 août 1914 a lieu dans la discrétion l'ouverture officielle du canal de Panamá. L'Europe, qui vient d'entrer dans la plus effroyable guerre de son Histoire, est indifférente à la portée de l'événement.

Une décennie plus tôt, les États-Unis ont fomenté sur l'isthme une insurrection en vue de détacher le territoire de la république de Colombie et le constituer en État vassal...

Un enjeu stratégique pour Washington

Le Panamá ayant l'insigne privilège d'être l'endroit le plus étroit de l'isthme qui unit l'Amérique du Nord à l'Amérique du Sud, les Européens ont, dès le XVIe siècle, l'idée d'y percer un canal pour relier l'océan Atlantique à l'océan Pacifique. Après l'échec de Ferdinand de Lesseps, les Américains relèvent le défi et, pour 40 millions de dollars, rachètent les droits des Français sur le canal.

Depuis leur guerre contre l'Espagne (1898), les États-Unis veulent éviter le contournement de l'Amérique du sud par le détroit de Magellan et le cap Horn aux navires qui relient la Californie à la côte Est, le passage par l'isthme ramenant de 24 500 à 9 500 kilomètres le parcours entre San Francisco et New York.

Ils songent d'abord à un canal qui passerait plus au Nord, par le Nicaragua, où l'isthme est plus large qu'à Panamá mais n'est pas traversé par une chaîne de montagnes. Finalement, ils se rallient au principe d'un canal à écluses à travers Panamá, selon la conception de l'ingénieur français Philippe Bunau-Varilla.

Approché par Washington, le gouvernement de la Colombie, qui exerce sa souveraineté sur le territoire panaméen, s'oppose cependant au projet. Du coup, les États-Unis encouragent la bourgeoisie de Panamá à faire sécession le 3 novembre 1903.

Quinze jours plus tard, ils signent avec le nouvel État le traité Hay-Bunau-Varilla pour la construction du canal. Il porte le nom du secrétaire d'État américain Hay et de l'ingénieur Bunau-Varilla. Il prévoit la cession à perpétuité aux États-Unis d'une bande de 10 miles de large (16 kilomètres) en échange de 10 millions de dollars.


Des travaux éprouvants

Un médecin américain, William Gorgas, engage sans attendre la lutte contre les moustiques qui infectent la région et propagent la malaria. Malgré cela, sous le climat tropical, les travaux de construction du canal se révèlent éprouvants. Ils mobilisent jusqu'à 24 000 ouvriers essentiellement originaires des Antilles, sous la direction de l'ingénieur civil John Stevens.

Le canal, long de 80 kilomètres, comporte deux lacs artificiels et trois jeux d’écluses de 33 mètres de large : Miraflores, avec deux chambres inversées ; Pedro Miguel, avec une seule chambre ; Gatún avec trois chambres dénivelées. Les travaux auront coûté seulement 375 millions de dollars, soit 22 millions de moins que prévu !

L'inauguration, au début de la Grande Guerre, le 15 août 1914, se traduit par la traversée du vapeur américain Ancon, en huit à dix heures.

Le trafic interocéanique passe de 2 000 navires par an pendant la Grande Guerre à 14 000 par an au début du XXIe siècle, avec un tonnage supérieur à 200 millions de tonnes. Il représente à ce moment-là 6% du trafic maritime mondial mais sa progression est freinée par la capacité insuffisante des écluses et la largeur du chenal.

Le canal du IIIe millénaire

Le 1er janvier 2000, l'État panaméen a la satisfaction de rétablir sa souveraineté sur toute la zone du canal suite aux traités Torrijos-Carter signés en 1978 entre le président panamén Omar Torrijos et le président américain Jimmy Carter.

Le 22 octobre 2006, par référendum, les Panaméens approuvent un projet d'agrandissement du canal, pour un montant de plus de cinq milliards de dollars. Le chenal élargi et les nouvelles écluses sont inaugurées le dimanche 26 juin 2016, après huit ans de travaux, en présence de plusieurs chefs d'État américains.

Le nouveau canal est désormais accessible à des cargos de type Panamax (366 mètres de long x 49 mètres de large) et d'une capacité de 14 000 conteneurs, soit plus du double de la capacité précédemment autorisée.
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MessageSujet: 16 août 1819 : Massacre de « Peterloo »   Jeu 16 Aoû - 20:54



16 août 1819 : Massacre de « Peterloo »

Le 16 août 1819, survient à Manchester le massacre dit de « Peterloo », une étape douloureuse de la marche de l'Angleterre vers la démocratie.

Alors qu'une crise économique frappe les ouvriers anglais et que ceux-ci se plaignent de n'être pas représentés au Parlement, le gouvernement suspend certaines libertés civiles garanties par l'Habeas corpus.

Excédée, l'opposition organise une réunion à Manchester, à St-Peter's Fields. Pas moins de 50.000 personnes s'y retrouvent pour écouter Henry Hunt « l'Orateur ». Mais la réunion ayant été au dernier moment interdite par les autorités locales, celles-ci font intervenir la milice à cheval et un régiment de hussards. On relève onze morts et des centaines de blessés.

Le gouvernement promulgue à la suite de ce massacre des lois qui restreignent encore plus le droit de manifestation.
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MessageSujet: 17 août 1893 Émeutes à Aigues-Mortes   Ven 17 Aoû - 20:54



17 août 1893 Émeutes à Aigues-Mortes

La France, en stagnation démographique à la fin du XIXe siècle, commence à faire appel à une immigration européenne pour les besoins de l'industrie naissante. Cette immigration ne bénéficie d'aucune sollicitude ni aide sociale et il arrive que les nouveaux-venus entrent en conflit avec des nationaux.

Le cas le plus dramatique concerne des saisonniers piémontais employés dans les marais salants d'Aigues-Mortes par la Compagnie des Salins du Midi.

Celle-ci emploie au total 800 ouvriers. Elle a constitué des « colles » ou brigades au sein desquelles les Italiens sont associés à des « trimards », vagabonds ou chômeurs recrutés pour la saison.

Les premiers, payés au rendement, reprochent aux seconds, payés à la journée, de casser les cadences. Les seconds leur reprochent de leur voler leur travail et de tirer les salaires vers le bas.

Il s'ensuit des rixes qui débutent le mardi 16 août 1893 et causent quatre morts et plusieurs blessés, tous Italiens.
Un détachement de cinquante cavaliers du 163e de ligne et plusieurs brigades de gendarmerie sont dépêchés sur place par train spécial pour maintenir l'ordre.

Il n'empêche que le lendemain, les émeutes reprennent et débouchent sur un véritable pogrom aux cris de « Mort aux Christos ! ». Poursuivis par deux cent cinquante ouvriers français, un groupe d'Italiens se réfugie dans une boulangerie où ils sont traqués. Dix sont tués et plusieurs dizaines blessés avant que la gendarmerie ait pu intervenir.

La presse parisienne attribue l'origine des troubles à des provocations venant des Italiens. Sans attendre, dès le 18 août, le maire d'Aigues-Mortes annonce que « tout travail est retiré par la Compagnie aux sujets de nationalité italienne et que dès demain les divers chantiers s'ouvriront pour les ouvriers qui se présenteront ».

La presse italienne s'indigne à juste titre de ce drame et réclame des sanctions exemplaires. Finalement, le 30 décembre 1893, le procès se conclut sur l'acquittement de tous les prévenus...

Notons qu'il s'agit d'un drame social plus que xénophobe. Les agresseurs des Italiens auraient agi de la même façon avec des travailleurs bretons ou normands.
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