Duché de Montmirail

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 24 février 1670 : Création de l'Hôtel des Invalides   Sam 24 Fév - 21:55



24 février 1670 : Création de l'Hôtel des Invalides

Par l'ordonnance du 24 février 1670, le roi Louis XIV ordonne la fondation à l'écart de Paris d'un hôtel destiné à soigner et héberger les soldats invalides et les vétérans de ses guerres.

Le roi veut que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie passent le reste de leurs jours dans la tranquillité»… et ne vagabondent plus dans les rues, au grand déplaisir des passants. Il souhaite aussi valoriser la carrière militaire en assurant aux volontaires une retraite honorable.

Le roi sélectionne le projet classique de l'architecte Libéral Bruant, qui rappelle l'Escurial de Tolède. Sous l'autorité du ministre Louvois, les travaux sont terminés dès 1674. Ensuite est lancée la construction de l'église Saint-Louis des Invalides, par Jules Hardouin-Mansart. Elle ne sera achevée qu'en 1706.

L'hôtel royal des Invalides, sous le règne de Louis XIV, accueille les mutilés de guerre, les vieux soldats et les vieux officiers sans fortune. Il leur offre des conditions de vie décentes, avec une nourriture correcte et des chambrées de six à huit pensionnaires. Une trentaine de Soeurs de la Charité assurent les soins. La participation aux offices religieux fait partie du règlement. Les journées sont occupées par les exercices militaires, pour ceux qui le peuvent, et le travail dans les ateliers de maroquinerie ou encore d'enluminure.

Lors de leur construction, les Invalides se trouvaient à l'écart de la capitale, dans la plaine de Grenelle, sur la rive gauche de la Seine. Aujourd'hui, du fait de la poussée urbaine, le monument se trouve au coeur de Paris, séparé de la Seine par une immense esplanade. Il abrite encore quelques services hospitaliers militaires. Une centaine de vieux vétérans de l'armée s'y trouvent même pensionnaires.

Mais les Invalides sont désormais, pour l'essentiel, dédiés à l'histoire de l'armée et aux gloires militaires de la France, à travers trois, sinon quatre, institutions majeures : le musée de l'Armée et celui des guerres mondiales, le musée des plans-reliefs, l'église Saint-Louis des Invalides, nécropole militaire, et maintenant l'historial Charles de Gaulle.

Le général de Gaulle, lors de son retour au pouvoir en 1958, et, dit-on, Nicolas Sarkozy ont songé à déplacer aux Invalides le siège de la Présidence de la République, aujourd'hui à l'étroit dans le palais de l'Élysée. Le projet n'est plus à l'ordre du jour.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 25 février 1830 : La « bataille d'Hernani »   Dim 25 Fév - 21:54



25 février 1830 : La « bataille d'Hernani »

Le 25 février 1830 se déroule à Paris la plus fameuse bataille qu'aient jamais livrée des hommes de plume et des artistes. Elle reste connue sous le nom de « bataille d'Hernani », du nom d'une pièce de Victor Hugo que l'on jouait ce soir-là pour la première fois.

Un jeune chef de file

Victor Hugo, alors âgé de 27 ans, est déjà un écrivain à succès. Il fait partie du Cénacle romantique qu'animent Charles Nodier et le poète Sainte-Beuve, théoricien du mouvement.

Le Cénacle romantique tient ses réunions chez Hugo, à Paris, rue Notre-Dame-des-Champs, dans la « chambre au lys d'or » (elle tient son nom de la fleur remportée par Hugo à l'âge de 17 ans aux Jeux Floraux de Toulouse). On y rencontre Balzac, Vigny, Musset, Dumas, le peintre Delacroix...

La réunion du 30 septembre 1829 est consacrée à la lecture d'Hernani. Elle annonce la prochaine bataille.

On s'enthousiasme pour cette pièce qui brise les canons du théâtre classique et notamment les trois unités de temps, de lieu et d'action énoncées par Boileau sous le règne lointain de... Louis XIV. Elle raconte l'histoire d'amour malheureuse d'un proscrit, Hernani, pour une jeune infante, doña Sol.

Arrive le jour de la première, à la Comédie-Française. Le spectacle est dans la salle davantage que sur la scène, si ce n'est que l'héroïne, jouée par Mademoiselle Mars, écorche le célébrissime vers "Vous êtes mon lion, superbe et généreux".

Le spectacle est dans la salle

Remontés à bloc, échauffés par de longues discussions préliminaires, les « Jeune-France » romantiques du parterre, parmi lesquels se signalent Gérard de Nerval et Théophile Gautier revêtu de son gilet rouge flamboyant, insultent copieusement les « perruques » et les « philistins » des tribunes qui restent fidèles aux règles classiques. On en vient même aux mains...

Victor Hugo, chef de file des « Jeune-France », assiste à la bagarre en gardant ses distances, toujours beau, élégant et strict.

Les lendemains sont plus tristes. En juillet de la même année, la capitale chasse le roi Charles X par la révolution romantique des « Trois Glorieuses ». Mais c'est pour ouvrir les bras à un nouveau monarque.

Victor Hugo s'apprête à publier un roman à succès, Notre-Dame de Paris. Tout à son travail, il ne voit pas que les visites de Sainte-Beuve à son domicile ne sont plus guère motivées par les batailles poétiques ...

Sainte-Beuve, devenu l'amant d'Adèle Hugo, rompt avec son ami. L'amertume de ce dernier transparaît dans les intitulés de ses recueils de poèmes des années suivantes : Les feuilles d'automne, Les chants du crépuscule... Mais il ne tarde pas à prendre sa revanche avec l'actrice Juliette Drouet, qu'il rencontre à la faveur des répétitions de Lucrèce Borgia.

Le Cénacle se disperse mais la fabuleuse créativité littéraire des romantiques n'en est encore qu'à ses débuts. Elle s'épanouira sous le règne tranquille de Louis-Philippe Ier.

Notons que l'année d'Hernani (1830) est aussi celle de la Symphonie fantastique de Berlioz et de Le Rouge et le Noir de Stendhal.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 26 février 1834 : Abd el-Kader s'allie avec l'envahisseur français   Lun 26 Fév - 21:54



26 février 1834 : Abd el-Kader s'allie avec l'envahisseur français

Le 26 février 1834, le général Desmichels signe un traité par lequel il reconnaît l'autorité de l'émir Abd el-Kader sur la région d'Oran. Désireux qu'il pacifie la région, il l'aide à constituer son armée : 2.000 cavaliers, 8.000 fantassins avec fusils modernes à baïonnette, 250 artilleurs.

Les Français, embarrassés par la prise d'Alger, n'ont aucune envie de s'aventurer dans l'arrière-pays ni de soumettre celui-ci.
Ils y seront contraints par la révolte d'Abd el-Kader...
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MessageSujet: 27 février 1531 : Naissance de la Ligue de Smalkalde   Mar 27 Fév - 21:54



27 février 1531 : Naissance de la Ligue de Smalkalde

Le 27 février 1531, différentes principautés et villes d'Allemagne constituent à Smalkalde, en Thuringe, une ligue destinée à tenir tête à l'empereur Charles Quint. Les ligueurs, tous protestants de confession luthérienne, entendent avant tout préserver leur liberté religieuse. Pour cela, ils ne craignent pas de solliciter l'aide du très catholique roi de France.

Après la paix de Crépy-en-Laonnois conclue en 1544 avec François Ier, l'empereur décide d'en finir avec la ligue. Il met au ban de l'Empire ses deux chefs, l'Électeur Jean-Frédéric de Saxe et le landgrave de Hesse. Après une victoire des troupes impériales à Mühlberg, en Saxe, le 24 avril 1547, le landgrave fait sa soumission tandis que l'Électeur est déposé et remplacé par son rival Maurice de Saxe.

Malgré ce succès, Charles Quint va devoir se résigner en 1555 par le recès d'Augsbourg à la division religieuse de l'Allemagne.
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MessageSujet: 28 février 1986 : Assassinat d'Olof Palme   Mer 28 Fév - 21:54



28 février 1986 : Assassinat d'Olof Palme

Le 28 février 1986, le Premier ministre suédois Olof Palme (59 ans) est abattu à bout portant par un inconnu alors qu'il sort paisiblement d'un cinéma de Stockholm, au bras de son épouse Lisbet. Son assassin ne sera jamais identifié.

L'émotion est immense en Suède et dans le monde démocratique car Olof Palme, leader respecté du parti social-démocrate, bel homme au demeurant, était devenu le symbole d'une société suédoise aussi prospère qu'égalitaire.

Tout juste lui reprochait-on, comme à ses concitoyens, de s'ériger trop souvent en « donneur de leçons », à l'abri dans son royaume des neiges, avec des prises de position progressistes sur tous les enjeux mondiaux : guerre du Vietnam, apartheid, colonialisme...

Il avait accédé pour la première fois au poste de Premier ministre le 14 octobre 1969 puis l'avait recouvré le 8 octobre 1982 après en avoir été chassé six ans plus tôt par une coalition « bourgeoise ».
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 1er mars 1896 : Les Italiens défaits à Adoua   Jeu 1 Mar - 21:54



1er mars 1896 : Les Italiens défaits à Adoua

Le 1er mars 1896, 100 000 Éthiopiens répondent à l'appel de leur empereur, ou négus, Ménélik II. Bien armés et dotés d'une artillerie grâce à la bienveillance des Anglais, ils écrasent une armée italienne de 18 000 hommes (dont 10 000 Européens) près de la localité d'Adoua.

6 000 Européens périssent dans le désastre. 1 500 sont blessés et 1 800 faits prisonniers. L'Italie sort humiliée de cette aventure coloniale entamée quinze ans plus tôt.

Un impérialisme contrarié

Le 5 juillet 1882, le gouvernement italien a racheté à une compagnie de commerce génoise le golfe d'Assab, un petit territoire sur les bords de la mer Rouge. Son principal avantage est d'être sur le trajet maritime qui mène des Indes à l'Europe via le canal de Suez. Ce territoire, élargi sans difficulté à l'Érythrée actuel, devient la première colonie italienne.

En 1887, l'Italie obtient du sultan de Zanzibar un protectorat sur la Corne de l'Afrique qui est transformé en une deuxième colonie, la Somalia. Certains dirigeants italiens songent dès lors à la conquête de l'Éthiopie dont les hauts plateaux fertiles bordent ces deux colonies semi-désertiques.

Une dynastie issue du roi Salomon

L'Éthiopie (« pays des hommes brûlés » en grec), aussi appelée Abyssinie, est entrée dans l'Histoire avec le royaume d'Axoum.

Très tôt convertis au christianisme, les Éthiopiens font allégeance à une Église autocéphale (ou autonome) de rite monophysite, née au IVe siècle. Ils constituent l'une des plus anciennes Églises de la chrétienté.

Réfugiés sur leurs hauts plateaux, ils vont forger leur identité nationale dans la résistance à l'islam qui les assaille de tous les côtés depuis un millénaire.

À la fin du XIXe siècle, l'Éthiopie est le seul État à peu près organisé au sud du Sahara. Elle n'en est pas moins très pauvre et livrée aux guerres intestines. En 1871, un énergique guerrier s'empare du trône et devient Negus Negest sous le nom de Yohannes IV. Il dote le pays d'une armée relativement moderne et bien armée. À sa mort, en 1889, l'État est repris en main par le jeune et énergique roi de Choa, l'une des principales provinces du pays, qui devient l'empereur Ménélik II.


Salomon et la reine de Saba

Ménélik II se flatte d'appartenir à une dynastie royale dite salomonide, ainsi appelée parce qu'elle remonterait à l'enfant né des amours du roi Salomon et de la légendaire reine de Saba. Pour cette raison figure dans ses armoiries un lion dit « de Juda ».

Notons que la Bible évoque la reine de Saba sans que l'on sache encore où se situait son royaume (peut-être au Yémen ou dans l'actuelle Somalie) :

« La reine de Saba avait entendu parler de la renommée que Salomon devait au nom du Seigneur ; elle vint le mettre à l'épreuve par des énigmes. (....) Le roi Salomon accorda à la reine de Saba tout ce qu'elle eut envie de demander, sans compter les cadeaux qu'il lui fit comme seul pouvait en faire le roi Salomon. Puis elle s'en retourna et s'en alla dans son pays, elle et ses serviteurs »
(1 Rois 10).

Victoire inattendue

Sous l'impulsion de Francesco Crispi, Premier ministre de juillet 1887 à février 1891 puis de novembre 1893 à mars 1896, passionné par l'aventure coloniale, l'Italie décide d'instaurer son protectorat sur ce pays qu'elle croit à sa portée.

Le 2 mai 1889, l'empereur éthiopien signe à Wuchalé (Ucciali pour les Italiens) un traité d'amitié avec l'Italie. La version amharique (la langue officielle de l'Éthiopie) indique que Ménélik peut, s'il le souhaite, solliciter les services de l'Italie en matière diplomatique. La version italienne lui en fait obligation ! Lorsqu'il se rend compte de l'entourloupe, Ménélik II se rebelle.


Les Italiens ne voient plus d'autre solution que la conquête militaire. Celle-ci est menée par le gouverneur d'Érythrée, le général Oreste Baratieri, qui s'engage dans les hauts plateaux du Tigré, au coeur de l'empire.

Le négus bat le rappel de ses fidèles de tous les coins de l'empire. Cent mille guerriers sont bientôt rassemblés près de la grande ville d'Adoua. À 25 kilomètres de là stationne le corps expéditionnaire italien, à l'abri de solides fortifications, dans le camp retranché de Sauria. Conscient de la supériorité de l'ennemi en armement et en hommes, le général Baratieri voudrait attendre que la faim ait contraint l'ennemi à se débander.

Mais cela ne fait pas l'affaire du Premier ministre Crispi qui a besoin d'une victoire rapide. Il somme le général d'attaquer l'ennemi sans attendre. Baratieri s'y résout après qu'un agent double lui a fait croire que les troupes ennemies étaient en train de se disperser. C'est ainsi que survient le désastre d'Adoua.

Les premières colonnes italiennes parties en avant-garde dans la nuit du 29 février s'égarent et se heurtent au petit matin à l'armée nombreuse du ras Alula. Les unités suivantes se délitent face au flot des assaillants. Le héros du jour est un prince éthiopien, le ras Makkonen, dont le fils deviendra beaucoup plus tard empereur sous le nom de Haïlé-Sélassié Ier.

À Rome, le gouvernement de Francesco Crispi est aussitôt renversé. L'Italie se détourne de l'Éthiopie et le 26 octobre 1896, par le traité d'Addis-Abéba, reconnaît formellement l'indépendance de l'Éthiopie.

L'empereur Ménélik II, fort de sa victoire, obtient la reconnaissance de son indépendance par l'Italie et les autres États occidentaux. Il modernise son empire avec l'aide intéressée de la France, qui construit une ligne de chemin de fer entre le port français de Djibouti et sa capitale Addis-Abeba (« Nouvelle Fleur »). Il repousse aussi avec succès les attaques des musulmans du Soudan et soutient l'Église d'Éthiopie.

Rome reporte dès lors ses ambitions coloniales vers la Méditerranée. Il enlève à l'empire ottoman certaines îles de Méditerranée orientale dont Rhodes ainsi que la Tripolitaine et la Cyrénaïque. C'est seulement quarante ans plus tard que le Duce Benito Mussolini se relancera à la conquête de l'Éthiopie avec l'objectif d'effacer l'humiliation d'Adoua.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 2 mars 1956 : Indépendance du Maroc   Ven 2 Mar - 21:54



2 mars 1956 : Indépendance du Maroc

Le 2 mars 1956, la France reconnaît la fin du protectorat instauré sur le sultanat du Maroc en 1912.

C'est la conclusion de la conférence ouverte à Aix-les-Bains le 22 août 1955 à l'initiative du président du Conseil Edgar Faure et de son ministre des Affaires étrangères Antoine Pinay.

Le pays devient indépendant et le souverain convertit son titre de sultan en celui de roi sous le nom de Mohammed V.

Le 7 mars 1956, annonce à son peuple le retour à l'indépendance. L'Espagne à son tour reconnaît l'indépendance du pays le 7 avril 1956 avant de lui restituer un peu plus tard l'enclave d'Ifni et le littoral méditerranéen (à l'exception de Ceuta et Melilla). Enfin, le statut international de Tanger est aboli le 21 octobre de la même année et le grand port du nord retourne dans le giron du royaume.
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MessageSujet: 3 mars 1918 : De la paix de Brest-Litovsk à la guerre civile   Sam 3 Mar - 21:55



3 mars 1918 : De la paix de Brest-Litovsk à la guerre civile

Le 3 mars 1918, à Brest-Litovsk, en Biélorussie, les bolchéviques russes signent la paix avec les Allemands et leurs alliés. Ils se retirent de la Grande Guerre, laissant choir la France et l'Angleterre qui s'étaient engagées aux côtés du tsar.

Les Allemands en profitent pour une offensive de la dernière chance sur le front français...

La Révolution au prix de la défaite

Dès le 8 novembre 1917, soit le lendemain de la prise de pouvoir par les bolchéviques des centres vitaux de Petrograd (Saint-Pétersbourg), Lénine a signé un décret qui propose une « paix sans annexions » à tous les belligérants. Mais ce décret d'un agitateur au pouvoir encore incertain est resté lettre morte.

Le 15 décembre, il se résout à demander l'armistice pour prendre de court ses compatriotes qui veulent continuer le combat, y compris dans son parti. Soucieux de consolider son pouvoir sur la Russie, il veut en finir avec la Grande Guerre commencée trois ans plus tôt.

Trotski, le commissaire du peuple aux Affaires étrangères, dirige les négociations d'armistice. Cet intellectuel rigide pense que les Allemands ne tarderont pas à suivre les Russes dans la voie de la Révolution prolétarienne. Convaincu que les vainqueurs finiront par être balayés par la révolution, il est prêt à concéder aux Allemands tout ce qu'ils voudront.

La Finlande, l'Ukraine et d'autres provinces de l'Empire russe profitent des négociations de paix pour s'émanciper. Lénine ne peut rien faire contre les Finlandais mais il réussira plus tard à reprendre le pouvoir à Kiev, capitale de l'Ukraine, par la force.

Lénine seul contre tous

Enfin est conclue le 3 mars 1918 la désastreuse paix de Brest-Litovsk avec l'Allemagne et ses alliés (Autriche-Hongrie, Turquie et Bulgarie).

La Russie perd par ce traité léonin la Pologne, la Finlande, l'Ukraine, les pays baltes (Lithuanie, Lettonie, Estonie), plusieurs territoires cédés à la Turquie, alliée de l'Allemagne... La Russie d'Europe se trouve ramenée à ce qu'était le grand-duché de Moscovie avant l'avènement d'Ivan le Terrible au XVIe siècle !

De leur côté, les Allemands tirent parti du cessez-le-feu et de la paix à l'Est pour redéployer leurs troupes à l'Ouest et porter leurs ultimes efforts sur le front français. Ce sont quarante divisions qu'ils vont réorienter vers l'Ouest sitôt la paix signée.

Lénine, avant tout soucieux de sauver sa Révolution, fût-ce au prix de la défaite et du démembrement de l'empire russe, pèse de tout son poids en faveur du traité. Il s'ensuit de violentes tensions parmi les membres du gouvernement.

Les ministres socialistes-révolutionnaires de gauche démissionnent et rentrent dans l'opposition. Ils ne vont plus cesser de combattre la dictature de Lénine.

La guerre civile

C'est le moment où se réveillent en ordre dispersé les partisans du régime tsariste ou de la République démocratique issue de la Révolution de Février.

Dans le Kouba, le général Kornilov a constitué une « armée des volontaires » ; en Ukraine, en avril 1918, l'ethman (chef cosaque) Skoropadski prend le pouvoir avec le concours des Allemands ; dans le Caucase, en mai 1918, Géorgie, Azerbaïdjan et Arménie proclament leur indépendance. Dans le même temps, en avril 1918, les Anglais, que la défection de la Russie inquiète, débarquent à Mourmansk. Les Japonais occupent de leur côté Vladivostok. Enfin, des gouvernements rebelles se constituent à Omsk, en Sibérie, et à Samara, dans l'Oural.

En mai 1918 survient l'offensive d'une brigade de combattants tchèques. Déserteurs de l'armée austro-hongroise, ils s'étaient engagés quelques mois plus tôt aux côtés des Russes pour combattre l'Autriche-Hongrie et libérer leur pays. Après la paix de Brest-Litovsk, ils craignent d'être livrés à Vienne. D'où leur rébellion.

Profitant de la décomposition du pays, les Tchèques s'emparent du chemin de fer du Transsibérien et dominent de la sorte la Sibérie. Ils s'approchent d'Ekaterinbourg, où est détenue la famille impériale. Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, les bolchéviques massacrent celle-ci dans la crainte qu'elle ne soit délivrée par les Tchèques.

Les Tchèques lancent peu après une offensive sur Kazan tandis qu'une armée tsariste aux ordres de Krasnov et Denikine, les Gardes blancs, marche vers Tsaritsyne (plus tard Stalingrad).

Partout, dans l'immense Russie, les bolchéviques semblent perdus mais ils vont se tirer de cette situation quasiment désespérée grâce à l'énergie et aux talents d'organisateur de Trotski, lequel prend le commandement de l'Armée Rouge et n'hésite pas à y intégrer d'anciens officiers tsaristes. Ils vont profiter aussi des divisions et des querelles chez leurs ennemis, tant de la gauche républicaine que de la droite tsariste.

Victoire à la Pyrrhus

Tout en combattant leurs rivaux politiques, les bolchéviques pressurent les ouvriers. Ils imposent le travail forcé le dimanche. Ils répriment les grèves avec la dernière énergie. Lénine lui-même prône des « exécutions massives » pour briser une grève de cheminots. Les paysans ne sont pas épargnés. Victimes des réquisitions de céréales, beaucoup meurent de famine.

Les exécutions sommaires, les massacres, les réquisitions, les prises d'otages... ne sont pas l'apanage des « Rouges ». Les « Blancs » les pratiquent aussi volontiers, avec le désavantage sur les bolchéviques de susciter la haine des masses paysannes, qui se vengent de plusieurs siècles d'oppression. Les bolchéviques ne se font pas faute d'exciter cette haine.

En deux années, la guerre civile va faire environ 5 millions de victimes parmi les combattants, non compris autant de civils victimes des famines et des exécutions sommaires. C'est bien plus que la Première Guerre mondiale. Cette guerre civile va se conclure par la mainmise des bolchéviques et de Lénine sur un pays ruiné.

En 1921, confronté à un début de famine et à une désorganisation complète des rouages de l'État, Lénine lâche du lest, annonce une nouvelle politique économique et fait appel à l'aide américaine.
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MessageSujet: 4 mars 1152 : Frédéric de Hohenstaufen est élu empereur   Dim 4 Mar - 21:54



4 mars 1152 : Frédéric de Hohenstaufen est élu empereur

Le 4 mars 1152, Frédéric de Hohenstaufen, dit Barberousse, est élu empereur par la Diète de Francfort. Le jeune duc de Souabe (30 ans) succède à la tête du Saint Empire à son oncle Conrad III, premier représentant de la dynastie des Hohenstaufen, en concurrence avec la maison des Guelfes.

En Allemagne, le nouvel empereur doit combattre les prétentions des grands seigneurs et notamment du duc de Bavière Henri le Lion. Mais il est surtout attiré par l'Italie et tente d'y rétablir l'autorité impériale mise à mal par la Querelle des Investitures. Il se présente comme l'héritier de Charlemagne et fait canoniser celui-ci en 1165 par l'antipape Pascal III.

Malgré cela, il se voit contraint de combattre le Saint-Siège. Vaincu à Legnano le 29 mai 1176 par la Ligue lombarde, il doit se prosterner aux pieds du pape Alexandre III. Chassé de l'Italie du nord, il se rattrappe en mariant son fils Henri, futur Henri VI, avec Constance, héritière du royaume normand des Deux-Siciles. Avec leur fils Frédéric II s'arrêtera la dynastie des Hohenstaufen.

En attendant, Frédéric Barberousse s'engage dans une troisième croisade et part combattre Saladin. Mais il se noie en chemin dans un torrent de Cilicie, le 10 juin 1190.
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MessageSujet: 5 mars 1770 : Massacre de Boston   Lun 5 Mar - 21:54



5 mars 1770 : Massacre de Boston

Depuis 1768, des troupes britanniques sont stationnées à Boston, capitale de la province de la baie du Massachusetts, afin de protéger et de soutenir les fonctionnaires coloniaux tentant de faire respecter l'impopulaire législation votée au parlement de Londres, dont une série de taxes.

Au milieu des relations tendues entre la population et les soldats, une foule se forme autour d'une sentinelle britannique, laquelle est bientôt injuriée et malmenée. Le soldat est finalement rejoint par huit hommes armés supplémentaires qui sont également soumis à des menaces verbales et à jets de projectiles. Les soldats tirent alors dans la foule, sans en avoir reçu l'ordre, tuant sur le coup cinq personnes et en blessant plusieurs autres. Deux autres personnes meurent plus tard de leurs blessures, portant le total à sept morts.

La foule s'est finalement dispersée après que le gouverneur colonial par intérim, Thomas Hutchinson, promette une enquête, mais qui fut annulée le lendemain. Face aux menaces grondantes, le retrait des troupes pour le fort de Castle Island est décidé. L'enquête reprend. Huit soldats, un officier et quatre civils sont arrêtés et accusés d'assassinat. Défendus par l'avocat et futur président américain, John Adams, six des soldats sont acquittés, tandis que les deux autres sont reconnus coupables d'homicide involontaire et condamnés à des courtes peines. Les hommes reconnus coupables d'homicide involontaire sont condamnés à être marqués sur leur main.

C'est le début d'une tension croissante entre Britanniques et colons, et cet épisode aboutit en 1775 à la Révolution américaine et à la guerre d'indépendance des États-Unis.
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MessageSujet: 6 mars 1946 : Accord Hô Chi Minh-Sainteny   Mar 6 Mar - 21:54



6 mars 1946 : Accord Hô Chi Minh-Sainteny

Le 6 mars 1946, peu après avoir proclamé l'indépendance du Viêt-nam, Hô Chi Minh signe un accord avec Jean Sainteny, Compagnon de la Libération et commissaire de la République pour le Tonkin et l'Annam du Nord.

Par cet accord, la France reconnaît l'indépendance de la République Démocratique du Viêt-nam dans le cadre de l'Union française.

Cet accord sera vite rendu caduc sous l'effet de provocations des deux bords...
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MessageSujet: 7 mars 1956 : Le procès de « l'affaire des fuites »   Mer 7 Mar - 21:54



7 mars 1956 : Le procès de « l'affaire des fuites »

Quand, le 7 mars 1956, François Mitterrand, alors garde des Sceaux, est définitivement blanchi des soupçons de haute trahison qui pèsent sur lui, une affaire d'Etat s'achève : il n'est pas l'homme qui, en 1953, a fait «fuiter» jusqu'au bureau du communiste Jacques Duclos, donc jusqu'au Kremlin, des informations ultra confidentielles sur l'effort de guerre français en Indochine.. Mais une autre histoire commence, qui affectera longtemps la gauche française : celle du lourd contentieux opposant Mitterrand à Pierre Mendès-France, qu'il s'efforcera de tenir jusqu'au bout éloigné de sa route.

Comme plus tard un certain Nicolas Sarkozy, François Mitterrand est ministre de l'Intérieur quand il apprend, le 8 septembre 1954, que Mendès-France, alors président du Conseil, fait enquêter sur lui depuis deux mois par les services secrets. L'imputation est gravissime : début juillet, le commissaire Jean Dides, chargé de surveiller le Parti communiste, a fait parvenir au chef du gouvernement des informations selon lesquelles Mitterrand serait à l'origine des fuites.

Hors de lui, le ministre de l'Intérieur porte plainte, et fait interroger Dides qui prétend avoir intercepté des notes émanant du comité de la Défense nationale et transmises au PCF. L'enquête démontre que la source, bien involontaire, n'est autre que Jean Mons, secrétaire général de ce même comité, dont deux collaborateurs, opposés à la guerre d'Indochine, René Turpin et Roger Labrusse, dérobaient les carnets à l'issue des réunions, et en faisaient transmettre une copie à un correspondant de Dides infiltré au PC, André Baranès, lequel les maquillait pour les attribuer à une source politique.

Qui donc voulait nuire à Mitterrand ? La presse, unanime, attribuera le coup au mouvement Poujade dont les dirigeants ne pardonnaient pas à Mitterrand d'avoir démissionné, en 1953, du gouvernement Laniel. Dides, de fait, n'échappera au procès, tenu en 1956, que grâce à l'immunité parlementaire due à son élection, le 2 janvier 1956, comme député poujadiste ! Mons, lui, sera mis hors de cause, de même que Baranès. Mais pas Turpin et Labrusse qui seront condamnés respectivement à quatre et six ans de prison.

Quant à Mitterrand, il ne pardonnera jamais à Mendès-France, non d'avoir pu le soupçonner, mais de ne pas l'avoir averti d'emblée de l'enquête parallèle qui le prenait pour cible. Comme si, en laissant se propager des informations qu'il savait fausses, il avait sciemment cherché à le perdre.

Philosophe, François Mauriac notait en décembre 1954 dans son bloc note de l'express, cette jolie formule du cardinal de Retz : «En fait de calomnie, tout ce qui ne nuit pas sert à celui qui est attaqué.»
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MessageSujet: 8 mars 1952 : Le miracle Pinay   Jeu 8 Mar - 21:54



8 mars 1952 : Le miracle Pinay

Le 8 mars 1952, comme l'inflation menace la croissance économique, le président Vincent Auriol appelle à la tête du gouvernement français un inconnu, Antoine Pinay, maire de Saint-Chamond (Loire). En quelques mois, celui-ci rétablit la confiance des financiers et des consommateurs. Il fait notamment chuter les prix avec la complicité des grands magasins et lance un emprunt indexé sur l'or et défiscalisé, la rente 3,5%. Les souscriptions atteignent 428 milliards de francs !

Bien qu'ayant ainsi rétabli l'équilibre des finances publiques, le président du Conseil est mis en minorité par la défection des députés MRP sur un projet de réforme de la sécurité sociale et de l'impôt foncier. Antoine Pinay, qui n'a pas le goût des batailles politiques, jette l'éponge le 23 décembre 1952. Son passage, malgré sa brièveté, marquera de son empreinte la IVe République.
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MessageSujet: 9 mars 1776 : La Richesse des Nations   Ven 9 Mar - 21:54



9 mars 1776 : La Richesse des Nations

Le 9 mars 1776 est publié à Glasgow, en Écosse, un ouvrage d'apparence aride, Recherches sur la Nature et les Causes de la Richesse des Nations.

Son auteur, Adam Smith, est un vieux garçon de 53 ans aux moeurs austères, ancien professeur de philosophie morale de l'Université de Glasgow, déjà connu comme l'auteur d'une aussi volumineuse Théorie des sentiments moraux (1759).

Avec ces deux ouvrages, il est considéré comme le père de l'économie politique et du libéralisme.

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MessageSujet: 10 mars 1813 : Frédéric-Guillaume III crée la Croix de Fer   Sam 10 Mar - 21:54



10 mars 1813 : Frédéric-Guillaume III crée la Croix de Fer

Le 10 mars 1813, en pleine guerre contre l'Empire napoléonien, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III crée l'ordre de la Croix de Fer (Eiserne Kreuz), avec une médaille en forme de croix de Malte.

Cette décoration honorifique est calquée sur la Légion d'Honneur mais va demeurer strictement militaire.

De prussienne, elle va devenir allemande en 1939, sur décision de Hitler. Elle est depuis 1956 la décoration de référence de la Bundeswehr, l'armée de l'Allemagne démocratique.

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MessageSujet: 11 mars 1932 : Premières allocations familiales en France   Dim 11 Mar - 21:54



11 mars 1932 : Premières allocations familiales en France

Confrontée à une grave crise de dénatalité, la France, après la Première Guerre mondiale, ébauche une politique de soutien aux familles avec enfants.

À partir de 1919, l'État et quelques entreprises proposent des suppléments salariaux à leurs salariés chargés de famille. Mais cette politique a un effet pervers en dissuadant l'embauche de pères de famille... Quelques entreprises pionnières surmontent cet inconvénient en créant des caisses de compensation financées par l'ensemble des salariés.

La loi du 11 mars 1932, entrée en application le 14 juin suivant, généralise ce système en rendant obligatoire l'adhésion des entreprises à une caisse de compensation. C'est l'amorce d'une politique familiale qui permettra à la France de retrouver une nouvelle jeunesse dans la décennie suivante.
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MessageSujet: 12 mars 1921 : Lénine lance la Nouvelle Politique Économique   Lun 12 Mar - 21:54



12 mars 1921 : Lénine lance la Nouvelle Politique Économique

Le 12 mars 1921, Lénine surprend les communistes de son parti en annonçant une Nouvelle Politique Économique (en russe : NEP).

Échec du communisme de guerre

Après son coup de force d'Octobre 1917, Lénine a dû lutter tout à la fois contre les partisans du tsar déchu, les nationalistes, les démocrates et les socialistes. Il a pour cela instauré dès 1918 un communisme de guerre.

Supprimant la monnaie et le commerce intérieur, il a imposé des réquisitions en nature aux paysans. Il s'en est suivi une famine de plusieurs millions de morts et une chute sans précédent de l'activité économique. La révolte gronde chez les soldats fidèles aux bolcheviques.

Le 28 février 1921, les marins de la citadelle de Cronstadt se révoltent au nom de la démocratie et du socialisme. Ils sont massacrés par l'Armée rouge de Trotski.

Lénine lâche du lest

Dans son rapport de mars 1921 au Xe Congrès du PC, Lénine avoue : Les faits sont là. La Russie est menacée de famine. Tout le système du communisme de guerre est entré en collision avec les intérêts de la paysannerie. (...) Nous nous sommes trop avancés dans la nationalisation du commerce et de l'industrie, dans le blocage des échanges locaux. Est-il possible de rétablir dans une certaine mesure la liberté du commerce ? Oui, c'est possible. C'est une question de mesure. Nous pouvons revenir quelque peu sur nos pas sans détruire pour cela la dictature du prolétariat.

En dépit de l'opposition de Trotski, son principal adjoint, le dictateur sacrifie le dogme marxiste en donnant un peu de liberté aux paysans, aux commerçants et aux petits entrepreneurs.

Mais il s'en tient à une libéralisation des rouages économiques et maintient intacts les rouages de la dictature. Il n'était que temps...

Le 16 mars 1921, le Xe Congrès du Parti communiste russe adopte le rapport de Lénine.

L'État reste propriétaire de la terre et des moyens de production, il garde le contrôle des banques, des transports et du commerce extérieur ; il regroupe les grandes industries nationalisées au sein de trusts d'État systématiquement favorisés par les investissements publics.

A côté de ce secteur étatique, la NEP autorise l'ouverture d'un secteur privé en rétablissant la liberté du commerce intérieur. Les paysans sont les premiers bénéficiaires de la réforme. La fin des réquisitions et le remplacement des impôts forcés par un impôt unique en nature, fixé chaque année, les encouragent à écouler leurs surplus.

En outre, un code agraire édicté l'année suivante, en 1922, permet aux communes rurales de redistribuer les terres et d'en déterminer le mode d'exploitation (location, fermage, métayage) en vue d'un rendement optimal.

Toujours dans le dessein d'améliorer les conditions de vie de la population, l'industrie lourde cède le pas à l'industrie légère.
Le 7 juillet 1921, les entreprises de moins de vingt ouvriers sont dénationalisées.

Les révolutionnaires font même appel aux capitalistes honnis en instaurant le 13 mars 1922 des sociétés mixtes au capital fourni pour moitié par l'État et pour moitié par des groupes occidentaux (beaucoup d'Américains y répondent favorablement).

Un peu plus tard, le secteur public lui-même renonce à l'égalité des salaires dans les grandes usines et restaure une hiérarchie fondée sur la compétence.

En restaurant partiellement l'économie de marché, la NEP va sauver le pouvoir léniniste. Sa réussite sera spectaculaire. Paysans, commerçants et petits entrepreneurs reprennent goût au travail et aux échanges. Le chômage est résorbé. Qui plus est, les communistes russes gagnent la confiance des capitalistes américains. Capitaux et techniciens occidentaux s'investissent dans la « patrie du communisme réel » pour reconstruire les infrastructures.

Dès 1926, la production industrielle dépasse de 8% le niveau d'avant guerre.
La production agricole rattrappe à son tour ce niveau en 1928.

Retour en arrière avec Staline

Beaucoup de bolchéviques, dont Trotski, en viennent cependant à craindre que la NEP, par son succès même, ne favorise dans les villes et les campagnes l'avènement d'une nouvelle bourgeoisie qui, avide de liberté, pourrait un jour renverser le régime communisme !

Il est vrai que les « koulaks » (surnom donné aux paysans aisés) représentent bientôt le quart de la population agricole. En ville, les « nepmen », surnom donné aux entrepreneurs qui ont su tirer parti de la NEP, sapent par leur existence même les fondements de la « dictature du prolétariat ».

Staline, devenu le maître tout-puissant de l'URSS, se rallie aux partisans du retour aux grands principes. Il lance le 1er octobre 1928 un premier plan quinquennal (1928-1933) en vue d'abattre définitivement le capitalisme.

Le plan prévoit la mainmise de l'État sur toutes les activités économiques, y compris l'agriculture. C'est ainsi que doivent être collectivisées les terres sous la forme de coopératives géantes : les kolkhozes, et de grandes fermes modèles : les sovkhozes.

Le 6 janvier 1930, un décret officialise la fin de la NEP.

La collectivisation brutale des terres va entraîner une nouvelle baisse de la production et, plus gravement, d'épouvantables famines.
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MessageSujet: 13 mars 1848 : Metternich chassé de Vienne   Mar 13 Mar - 21:54



13 mars 1848 : Metternich chassé de Vienne

Le 13 mars 1848, une émeute oblige le prince de Metternich à s'enfuir de Vienne. Mais le fin diplomate ne tardera pas à restaurer l'autorité de l'empereur autrichien et à mettre fin au « printemps des peuples ».
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MessageSujet: 14 mars 2013 : Xi Jinping président de la Chine   Mer 14 Mar - 21:54



14 mars 2013 : Xi Jinping président de la Chine

Le 14 mars 2013, l'Assemblée nationale populaire, réunie en session annuelle dans le Grand Palais du peuple, place Tiananmen à Pékin, a porté à la présidence de la République Xi Jinping pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois.

Le vote a eu lieu sans surprise, conformément à un système de cooptation bien rodé des élites dirigeantes.

Cinq ans plus tard, l'heureux élu a obtenu la possibilité constitutionnelle de voir son mandat indéfiniment renouvelé...
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MessageSujet: 15 mars 1850 : Loi Falloux sur l'enseignement confessionnel   Jeu 15 Mar - 21:54



15 mars 1850 : Loi Falloux sur l'enseignement confessionnel

Le 15 mars 1850, après deux mois de vifs débats, les députés de la Seconde République votent une loi qui permet aux congrégations catholiques d'ouvrir en toute liberté un établissement secondaire avec les enseignants de leur choix. Qui plus est, elle soumet les établissements publics et les instituteurs au contrôle des autorités administratives et « morales », autrement dit religieuses.

Cette loi, due au comte Alfred de Falloux, ministre de l'Instruction publique, supprime de fait le monopole de l'État dans l'enseignement établi par Napoléon Ier.

Elle intervient moins d'un an après le succès du « Parti de l'Ordre » aux élections législatives. Son promoteur, le comte de Falloux, résume ainsi, dans ses Mémoires, son programme politique : « Dieu dans l'éducation, le pape à la tête de l'Église, l'Église à la tête de la civilisation ».

La loi Falloux est approuvée sans surprise par la droite conservatrice et en particulier le député Adolphe Thiers, mais elle suscite l'ire du député « montagnard » Victor Hugo et, par ses excès, va raviver l'anticléricalisme et la haine de l'institution ecclésiastique. La querelle ne s'apaisera qu'après les lois de Jules Ferry sous la République suivante.
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MessageSujet: 16 mars 1968 : Massacre de My Lai   Ven 16 Mar - 21:54



16 mars 1968 : Massacre de My Lai

Le 16 mars 1968, au plus fort de la guerre du Vietnam, quelques semaines après l'offensive du Têt, 350 à 500 habitants des hameaux de My Lai et My Khé, près du village de Song My, sont massacrés par une compagnie américaine.

Le crime n'est révélé par le haut commandement qu'en novembre 1969. Il devient dès lors le symbole des horreurs de cette guerre des rizières, où l'ennemi est invisible.

Il s'ensuit un procès devant la cour martiale au cours duquel le lieutenant Calley (26 ans) dit avoir obéi aux ordres de son capitaine, Ernest Medina. Mais la cour ne retient que sa responsabilité personnelle et le condamne à la prison à vie pour le meurtre de vingt-deux civils.

Le président Nixon intervient trois jours plus tard pour commuer sa peine. Il est gracié en 1974 après trois années de prison.
Le scandale est grand dans l'opinion publique américaine.

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MessageSujet: 17 mars 1808 : Napoléon Ier institue les consistoires israélites   Sam 17 Mar - 21:54



17 mars 1808 : Napoléon Ier institue les consistoires israélites

Le 17 mars 1808, Napoléon Ier, au sommet de sa puissance, prend l'initiative d'organiser et contrôler le culte israélite dans l'Empire français (et le Royaume d'Italie).

Ce projet lui est inspiré par le souci de prévenir les pogroms et les conflits religieux, notamment en Alsace où les juifs étaient relativement nombreux et suscitaient l'ire de la population locale par leurs difficultés d'assimilation (la France de 1789 en compte environ 40 000 sur 26 millions d'habitants, soit environ cinq fois moins qu'aujourd'hui en proportion de la population globale).

La longue marche du judaïsme français

Tout commence le 30 mai 1806, quand Napoléon ordonne la constitution d'une Assemblée de notables en vue d'organiser la communauté israélite. Ces notables, au nombre de 95, sont choisis par les préfets parmi les juifs fortunés. Ils entament leurs réunions le 26 juillet 1806, dans la chapelle de l'église Saint-Jean, près de l'Hôtel de Ville de Paris.

Au terme de leurs délibérations, ils acceptent de renoncer à la loi mosaïque. Ils rejettent la polygamie et la répudiation, admettent le divorce et les mariages mixtes ; ils se reconnaissent pleinement français, respectueux du Code Civil et disposés à défendre le territoire national. Napoléon met alors en place un Consistoire central. Présidé par le rabbin de Strasbourg David Sintzheim, il valide les propositions de l'assemblée des notables le 9 février 1807.

L'année suivante, le 17 mars, un premier décret donne valeur officielle aux réformes cultuelles proposées par l'Assemblée des notables. Un deuxième décret institue treize consistoires régionaux en vue de gérer les synagogues et les organisations israélites (les consistoires régionaux seront ramenés à sept à la chute de l'Empire en 1815). Ces consistoires sont supervisés par un Consistoire central de France, qui réunit trois grands rabbins et deux laïcs. Il est assimilable au Grand Sanhédrin, un tribunal religieux selon la tradition hébraïque.

Notons que les rabbins ne bénéficient d'aucun traitement de l'État, à la différence des prêtres catholiques et des pasteurs protestants qui sont salariés par l'État au titre du Concordat. Ces décrets s'appliquent à l'Empire français et au Royaume d'Italie.
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MessageSujet: 18 mars 1944 : L'Indien Bose attaque les Indes britanniques   Dim 18 Mar - 21:54



18 mars 1944 : L'Indien Bose attaque les Indes britanniques

Bien que méconnu en Occident, Subhas Chandra Bose est entré dans l'histoire indienne comme « l'ennemi le plus déterminé des Britanniques ». À ce titre, il demeure incroyablement populaire dans la population en dépit de ses accointances avec les nazis.

En refusant de combattre aux côtés du Royaume-Uni pendant la Seconde Guerre mondiale, il a fait un choix radicalement opposé à ceux de Gandhi et Nehru. Allant jusqu'au bout de sa logique, il a mis sur pied une armée nationale indienne (Indian National Army, INA) avec laquelle il a attaqué les Indes britanniques, le 18 mars 1944, en appui des troupes japonaises.

Une fuite romanesque

Né en 1897, Bose est originaire de l'Orissa, à l'est de l'Inde, et grandit au Bengale.

Son engagement politique et son rejet de la colonisation britannique l'amènent à rejoindre en 1920 le parti du Congrès (Indian National Congress).

Il devient maire de Calcutta en 1930 puis prend la présidence du parti du Congrès en 1938-1939.

Il représente l'aile la plus à gauche du parti et s'oppose à Gandhi sur les méthodes à utiliser pour faire pression sur les Britanniques, dédaignant sa philosophie non-violente.

En 1939, il forme son propre parti, le Forward Bloc, qui se distingue par ses positions violemment antibritanniques au moment où la guerre éclate. Des positions qui lui valent d'être jeté - pour la 11e fois !- dans les geôles britanniques, en 1940.

Bose obtient sa libération après une grève de la faim... Les Britanniques comptent bien l'arrêter à nouveau dès qu'il aura repris des forces mais le leader nationaliste réussit à quitter sa maison de Calcutta, à la faveur de la nuit, déguisé en agent d'assurance musulman.

Il se rend en train à Peshawar, puis traverse à pied les territoires tribaux du nord-ouest du Pakistan actuel, en se faisant passer pour un sourd-muet. Il arrive ainsi à quitter le British Raj (les Indes britanniques) et atteindre Kaboul. De là, il rejoint l'Allemagne nazie, via l'URSS, encore liée à Berlin par le pacte de non-agression.

Tout soutien est bon à prendre

Cet homme aux idées socialistes voit dans les puissances de l'Axe des alliés précieux pour la conquête de l'indépendance indienne. Le ministre allemand des Affaires étrangères Joachim von Ribbentrop lui laisse entendre qu'il peut compter sur l'aide de son pays.

Le premier projet de Bose consiste à attaquer le Raj par le nord-ouest. Mais la rupture du pacte germano-soviétique rend cette option impossible. À partir du début de 1942, l'avancée japonaise en Asie du sud-est lui permet de construire une nouvelle stratégie. Environ trois millions de civils indiens et de nombreux soldats indiens, capturés à Singapour et en Malaisie, tombent sous le contrôle des Japonais. Bose imagine d'enrôler ces Indiens dans une « armée de libération » qui entrerait aux Indes par l'est.

En février 1943, il prend le bateau à Kiel pour rejoindre l'Asie. En plein océan indien, il est transféré d'un navire allemand à un sous-marin japonais. En mai 1943, le voilà à Tokyo. Il se met alors au service des Japonais, en échange de leur soutien à l'indépendance de l'Inde. Les Japonais accueillent à bras ouverts cet Indien dont la vision est compatible avec le projet nippon de création d'une « grande aire de co-prospérité asiatique ».

Quelques mois plus tard, en octobre 1943, Bose proclame un gouvernement indien provisoire et crée l'Indian National Army (INA). Il convainc un tiers des hommes de l'Indian Army prisonniers des Japonais de rejoindre cette « armée de libération », ainsi que des Indiens travaillant dans les plantations d'Asie du sud-est.

À partir de mars 1944, à la tête de son armée, il combat les Britanniques aux côtés des Japonais dans la province indienne de l'Assam. En fait de Britanniques, ce sont surtout d'autres soldats indiens, loyaux à l'Indian Army, que l'INA doit affronter. Cette opération militaire se transforme en quelques semaines en un fiasco complet. Pourtant, en Inde, une partie de l'opinion s'enthousiasme pour l'héroïsme de cette armée indienne combattant les Britanniques.

Parallèlement, la situation tourne à l'aigre pour les Japonais, repoussés dans le Pacifique par les Américains et en Birmanie par les Britanniques.

Une mémoire ambiguë

En août 1945, quelques jours avant la reddition du Japon, Bose fuit l'Asie du sud-est. Il meurt dans un mystérieux accident d'avion au dessus de Taïwan. Après l'échec de l'INA, les Britanniques voulurent juger et condamner certains de ses officiers. Des manifestations qui tournèrent à l'émeute, notamment à Calcutta, les en empêchèrent.

Tandis que certains historiens le soupçonnent de sympathies fascistes, Subhas Chandra Bose reste aujourd'hui extrêmement populaire en Inde, et surtout au Bengale. Son nom a même été donné à l'aéroport international de Calcutta.

Dans un sondage portant sur les « 60 plus grands Indiens » de l'histoire, organisé par l'hebdomadaire India Today en 2008, Bose arrivait en deuxième position, loin devant le mahatma Gandhi. Les Indiens se souviennent d'ailleurs de lui sous le surnom de « Netaji », le « chef respecté ».
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MessageSujet: 19 mars 1682 : Déclaration des quatre articles   Lun 19 Mar - 21:54



19 mars 1682 : Déclaration des quatre articles

Le 19 mars 1682, l'assemblée générale du haut clergé, réunie sous la houlette de Bossuet, évêque de Meaux vote la Déclaration des quatre articles à l'instigation du roi Louis XIV. Cette déclaration, qui prend aussitôt valeur de loi, porte à son paroxysme le conflit ouvert dix ans plus tôt par l'ordonnance de Saint-Germain à propos du droit de régale (revenus des évêchés vacants).

Le premier article de la Déclaration restreint l'autorité du pape au domaine spirituel ; le deuxième déclare que les conciles et la coutume ont autorité sur le pape ; le troisième défend l'Église gallicane ; le quatrième enfin nie l'infaillibilité du pape.

Le pape Innocent XI décide de ne plus investir de nouveaux évêques en France. On compte bientôt 35 évêchés vacants. La crise ne s'atténue pas avec son successeur Alexandre VIII en 1689. Le pays est au bord d'un schisme et comme le roi commence à éprouver de graves difficultés par ailleurs, il finit par composer. Il renonce en septembre 1693 à la Déclaration cependant que le nouveau pape Innocent XII accorde l'extension du droit de régale et entérine les nouvelles investitures d'évêques.
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MessageSujet: 20 mars 1956 : La Tunisie retrouve son indépendance   Mar 20 Mar - 21:54



20 mars 1956 : La Tunisie retrouve son indépendance

Le 20 mars 1956, la France met fin à son protectorat sur la Tunisie.

C'est l'aboutissement des revendications menées par le Destour, un parti fondé en 1920 par le cheikh Talhabi, et plus encore le Néo-Destour, un parti indépendantiste plus radical que le précédent, fondé en 1934 par Habib Bourguiba. Celui-ci avait été aussitôt arrêté mais relâché deux ans plus tard par le gouvernement de Léon Blum...

Accession pacifique à l'indépendance

Dès le milieu du XIXe siècle, la Tunisie, beylicat autonome de l'empire ottoman, avait connu une modernisation sans équivalent dans le monde arabe. Elle avait été le premier pays musulman à abolir l'esclavage et se doter d'une Constitution. Mais les financiers occidentaux avaient conduit le bey à s'endetter outre-mesure, l'obligeant à se placer sous le protectorat de la France.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en novembre 1942, la Tunisie est occupée par la Wehrmacht en réplique au débarquement anglo-saxon en Afrique du Nord mais les Allemands doivent évacuer le pays dès le 13 mai 1943 et dès le 27 mars 1944, le général de Gaulle rétablit par décret l'ancien protectorat.

La déception est grande chez Bourguiba et ses partisans qui se lancent dans des actions violentes contre les autorités françaises. Bourguiba est arrêté une nouvelle fois par le résident général Jean de Hauteclocque en janvier 1953 cependant que se multiplient les actes terroristes.

Là-dessus, coup de théâtre. Le 31 juillet 1954, le président du Conseil Pierre Mendès France se rend à Tunis et, par son « discours de Carthage », reconnaît l'autonomie interne de la Tunisie, premier pas vers l'indépendance, qui intervient près de deux ans plus tard (entre temps, une guerre d'indépendance cruelle a éclaté dans l'Algérie voisine).

Dans le mois qui suit, le Néo-Destour s'assure une majorité écrasante aux élections. Son chef Bourguiba, devenu le chef du gouvernement, abolit le beylicat et proclame la République le 25 juillet 1957.

Modernisation à la hussarde

Le coup d'État de Bourguiba intervient au paroxysme de la guerre d'Algérie. Le 13 février 1958, l'aviation française bombarde une base arrière du FLN à Sakiet, en Tunisie. Il s'ensuit une grave tension internationale et des combats entre soldats tunisiens et français qui vont conduire à Paris au retour au pouvoir du général de Gaulle.

Bourguiba obtient de la France qu'elle renonce en 1963 à sa base militaire de Bizerte, au nord de Tunis. L'année suivante, il nationalise les terres des étrangers, essentiellement des anciens colons français. C'en est bien fini du protectorat.

Grisé par l'idéologie socialiste comme la plupart des chefs d'État du tiers-monde de son époque, Bourguiba entreprend une socialisation de l'économie mais, confronté à de fortes résistances et à des échecs cuisants, il en revient dès 1969 et renoue alors avec un libéralisme modéré. De la même façon, il se rapproche du camp occidental et pro-américain dans la guerre froide qui perdure entre Américains et Soviétiques.

Plus important, le « Père de l'indépendance » poursuit l'effort d'éducation déjà bien engagé sous le protectorat, qui fait de la jeunesse tunisienne la mieux formée, et de loin, du Maghreb (l'ancienne Afrique du Nord française).

Il engage aussi son pays dans une voie laïque modérée inspirée de Kémal Ataturk. C'est ainsi qu'il proscrit la polygamie, le voile et la répudiation. Il instaure un code civil en remplacement du code coranique.

Il convainc aussi ses concitoyens que le travail et la lutte contre le sous-développement sont une forme de djihad (« guerre sainte ») et, à ce titre, dispensent leurs acteurs du jeûne très contraignant du Ramadan. Joignant le geste à la parole, il boit un verre d'eau pendant le mois du jeûne, en plein jour.

Par la modernisation et la laïcité, la Tunisie a occupé jusqu'en ce début du XXIe siècle une place particulière au sein du monde arabe, avant qu'elle ne soit doublement compromise par le pouvoir personnel de Ben Ali et la révolution qui y a mis fin.
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