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 21 juin 1791 : la fuite à Varennes

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 21 juin 1791 : la fuite à Varennes   Dim 21 Juin - 19:46

21 juin 1791 : la fuite à Varennes

Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, une berline lourdement chargée s'éloigne de Paris. À son bord le roi Louis XVI, la reine Marie-Antoinette et leurs deux enfants, Madame Élisabeth, la soeur du roi, et la gouvernante des enfants.

Premiers déchirements

Onze mois plus tôt, le roi et son peuple célébraient ensemble la Fête de la Fédération. La Révolution semblait close et la monarchie constitutionnelle bien installée. Mais les relations entre Louis XVI et les députés de l'Assemblée constituante allaient très vite achopper sur la politique religieuse.

Le tribun Mirabeau suggère au roi qu'au cas où la collaboration avec le gouvernement révolutionnaire deviendrait impossible, il lui resterait la possibilité de quitter Paris pour prendre la tête de troupes favorables à sa cause et rentrer dans la capitale afin de mettre un terme à la Révolution.

Le tribun meurt le 2 avril 1791. Et le 18 avril, les Parisiens empêchent Louis XVI de quitter les Tuileries pour Saint-Cloud, où il veut faire ses Pâques et recevoir la communion d'un curé non assermenté. Pour le roi, très pieux, c'en est trop. Encouragé par le comte suédois Axel de Fersen, il décide de mettre en pratique le conseil de Mirabeau et de rejoindre le quartier général du marquis de Bouillé, à Montmédy, près de la frontière avec le Luxembourg. Il sait que ses troupes sont dévouées à la monarchie.

Fuite maladroite

Le matin du 21 juin, quand la disparition du roi est constatée, l'alerte est donnée et le marquis de La Fayette, commandant de la garde nationale, envoie des courriers dans toutes les directions pour ordonner l'arrestation des fuyards. Entre temps, la berline royale prend beaucoup de retard sur l'horaire. Le soir, elle arrive à Sainte-Ménehould, en Champagne, mais le détachement de hussards envoyé par le marquis de Bouillé pour assurer sa protection n'est pas en selle.

Les villageois, intrigués par le remue-ménage, laissent partir la berline suspecte mais retiennent les hussards. Dans le même temps, le fils du maître de poste Drouet, mandaté par la municipalité, saute sur un cheval et, prenant un chemin de traverse, devance la berline à l'étape suivante, Varennes-en-Argonne. Il alerte les habitants et le procureur de la commune, l'épicier Sauce. Quand arrive enfin la famille royale, elle est arrêtée et invitée à descendre de voiture.

C'est le soir. Le tocsin sonne. Les villageois, menaçants, se rassemblent autour de la maison de l'épicier où sont reclus les prisonniers.


Le 23 juin au matin, la berline reprend le chemin de Paris, escortée de trois députés. Elle entre à Paris deux jours plus tard, dans un silence funèbre, les badauds ayant ordre de ne pas prononcer un mot.

Le roi est ramené au palais des Tuileries et placé sous la«surveillance du peuple». Il est provisoirement suspendu de ses pouvoirs. Pour la bienséance, l'Assemblée qualifie la péripétie de Varennes d'«enlèvement» et non de «fuite». Mais la confiance entre la monarchie et la Révolution est brisée, d'autant plus que l'on soupçonne le roi de collusion avec l'étranger, voire de trahison.

Les républicains vont dès lors plaider ouvertement leur cause. La monarchie sera finalement renversée par l'émeute du 10 août 1792.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 22 juin 1636 : le Japon se replie sur lui-même   Lun 22 Juin - 19:39

22 juin 1636 : le Japon se replie sur lui-même

Le 22 juin 1636, interdiction est faite aux Japonais de quitter leurs îles et de construire des bateaux. Avec cette décision du pouvoir central, le vieil empire du Japon se replie sur lui-même pour plus de deux cents ans.

Premier contact entre l'Europe et le Japon

Avant le XVIe siècle, le Japon était tout à fait inconnu des Européens (et la réciproque était vraie). C'est tout juste si le voyageur vénitien Marco Polo l'a évoqué par ouï-dire à la fin du XIIIe siècle

En 1542, pour la première fois, un navire européen accoste donc au Japon. Il s'agit de Portugais qui faisaient voile vers Macao, sur la côte chinoise. Détournés de leur route par une tempête, ils abordent en guenilles au sud de l'île de Kyushu. Les Japonais les regardent d'abord avec suspicion puis les laissent parcourir le pays.

L'équipage, sous la conduite d'António da Mota, António Peixoto et Francisco Zeimoto, découvre avec stupéfaction les ressources immenses de cette société du bout du monde, prospère quoiqu'en guerre perpétuelle. On est alors dans l'époque du Sengoku (le «pays en guerre»).

Les Portugais concluent un accord avec un prince local afin d'autoriser la venue d'un navire par an à Nagasaki, le grand port de l'île de Kyushu, pour échanger de l'or et des métaux précieux contre des lainages, des fourrures et autres denrées.

C'est le début de relations fructueuses pour le Portugal qui est alors à la pointe de l'expansion coloniale et domine le commerce des épices dans l'océan Indien. Il tient en particulier les places de Manille, Goa et Macao.

En 1549, un jeune Japonais s'enfuit à Goa, en Inde, où des prêtres jésuites le convertissent au christianisme. Le nouveau converti les convainc de se rendre au Japon. C'est ainsi que saint François Xavier quitte Goa pour l'archipel, suivi de quelques compagnons. Sa prédication rencontre un immense succès. Trente ans après son passage, on compte 150.000 convertis et 200 églises, principalement autour de Nagasaki.

Bien accueillis par la population paysanne comme par les seigneurs locaux, les Portugais révèlent aux Japonais le commerce et le christianisme mais aussi les techniques et les idées de la Renaissance occidentale, en particulier les secrets de la fabrication des armes à feu.


Vers un ordre nouveau

Dans le même temps où il découvre l'Occident, le Japon s'unifie sous l'action de trois chefs de guerre successifs qui mettent fin aux guerres féodales.

Oda Nobunaga met fin au shogunat Ashikaga, devenu inapte à maintenir la paix civile. Le 29 juin 1575, il affronte un clan rival à Nagashino, dans une bataille qui se signale par l'utilisation à grande échelle, pour la première fois, des armes à feu.

Son lieutenant Toyotomi Hideyoshi poursuit son oeuvre et c'est finalement un autre lieutenant de Nobunaga du nom de Ieyasu Tokugawa, qui met un point final aux désordres en restaurant le shogunat à son profit en 1603.

Rejet du christianisme et des Européens

Entre temps, les bonnes relations entre Européens et Japonais sont contrariées par l'arrivée de prêtres franciscains, dominicains et augustins, qui ne font pas preuve d'autant de diplomatie que les jésuites à l'égard des pouvoirs locaux.

Après avoir montré beaucoup de bienveillance à l'égard des chrétiens, Toyotomi Hideyoshi commence à craindre qu'ils ne se fassent les agents d'une colonisation européenne ou ne viennent au secours des seigneurs féodaux.

Une première persécution a lieu en 1597 : vingt-six chrétiens locaux sont crucifiés. La raison est incertaine, soit qu'un seigneur eut été irrité de se voir refuser les faveurs d'une chrétienne, soit qu'un ecclésiastique eut refusé de présenter ses respects à un personnage important.

Là-dessus, le 12 avril 1600, un navire hollandais, l'Erasmus, accoste bien involontairement à Bungo, sur l'île de Kyushu, suite à quelques avaries et tempêtes. À son bord, une poignée d'hommes sous le commandement d'un pilote anglais, William Adams.

Les Hollandais, de confession calviniste (protestante) et tout juste sortis d'une longue guerre contre les Espagnols, tiennent les catholiques pour des agents du diable. Leur haine des Portugais est d'autant plus grande que ces derniers sont au début du XVIIe siècle sujets du roi d'Espagne. Le sentiment est réciproque.

Dès lors, ils ne cessent de médire les uns sur les autres auprès des autorités. Ce d'autant plus que William Adams est reçu par le maître de l'archipel en personne, Ieyasu Tokugawa. Il construit deux navires selon les techniques européennes et le shôgun est si satisfait de ses services qu'il lui interdit de rejoindre sa famille.

Jusqu'à sa mort, en 1619, à Firando, le marin anglais va vivre en grand seigneur à la cour, enseignant le shôgun dans différentes disciplines scientiiques (géométrie, mathématiques).

En 1609, deux navires hollandais accostent au Japon. Sous l'égide de William Adams, leurs capitaines obtiennent le droit de revenir tous les ans, comme les Portugais. Les deux nationalités sont désormais à couteaux tirés.

Irrité par les rapports que lui font les Hollandais sur les prêtres catholiques et les Portugais, Ieyasu interdit le christianisme en 1612.

Son fils et successeur Hidetada fait brûler vif cinquante chrétiens à Édo en 1623. L'année suivante, sous le shôgunat d'Iemitsu, deuxième fils d'Hitetada, les navires espagnols, suspectés d'amener des missionnaires, sont interdits dans tous les ports de l'archipel.

Enfin, douze ans plus tard, est bannie «l'ensemble de la race des Portugais, avec leurs mères, leurs nourrices et tout ce qui leur appartient». Le même décret interdit aux Japonais tout déplacement à l'étranger sous peine des plus graves peines. Il interdit également aux nobles et aux samouraïs d'acheter quoi que ce soit aux étrangers.

Comme une révolte éclate chez les paysans catholiques de la presqu'île de Shimabara, près de Nagasaki. Le shôgun réussit à la mater après deux mois de siège... avec l'aide des Hollandais. Tous les rebelles sont massacrés, ainsi que leurs femmes et enfants (environ 40.000 victimes).

Pour finir, Iemitsu Tokugawa expulse tous les Européens, ne tolérant que quelques marchands hollandais de la Compagnie des Indes Orientales sur l'îlot de Dejima, à Nagasaki.

Observation prudente de l'Occident

Tout en éloignant de la sorte la menace d'une colonisation par les Européens, les élites continuent pendant la «période d'Édo» à étudier ce qui se passe en Occident à travers les livres amenés de Hollande par les marins et commerçants de Dejima.

Ces études, appelées «Rangaku» (études hollandaises), expliquent en bonne partie la rapidité du décollage économique du Japon après l'abolition du shogunat en 1867.

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