Duché de Montmirail

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 Ephéméride

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 10 mai 1994 : Nelson Mandela président de l'Afrique du Sud   Dim 10 Mai - 21:00

10 mai 1994 : Nelson Mandela président de l'Afrique du Sud

Le 10 mai 1994, Nelson Mandela (76 ans) est intronisé président de la République d'Afrique du Sud. La plupart des dirigeants de la planète se sont déplacés pour ce moment de grâce qui scelle la réconciliation des Sud-Africains après un siècle de ségrégation raciale, dans une période par ailleurs obscurcie par la guerre de Bosnie et le génocide du Rwanda.


Une icône noire

Né le 18 juillet 1918 dans le village de Mvezo, près d'Eastern Cape, le futur président grandit avec les bergers. À la mort de son père, il est élevé par un roitelet xhosa qui discerne son potentiel et le pousse vers les études.

Il entre à l'université de droit de Fort Hare, réservée aux Noirs, mais en est expulsé pour cause de grève, puis il rompt avec sa famille pour échapper à un mariage coutumier.

Réfugié à Johannesbourg, il achève ses études en accomplissant de petits boulots. Chez son hôte, Walter Sisulu, qui fait partie de l'African National Congress (ANC), un parti à vocation multiraciale qui plaide pour l'égalité des droits, il se lie d'amitié avec Oliver Tambo et fonde avec lui, en 1944, la Ligue de la Jeunesse de l'ANC (Young League).

Nelson Mandela dans les années 1950 (18 janvier 1918 - 5 décembre 2013), DR Il se marie en 1944 avec Evelyn Mase, avec qui il aura quatre enfants.

L'arrivée au pouvoir du Parti national, en mai 1948, fait l'effet d'une bombe sur les jeunes militants. Ceux-ci s'engagent de toutes leurs forces contre le gouvernement de Daniel Malan et Hendrik Verwoerd qui instaure un apartheid rigide. Nelson Mandela entre dans une vie de clandestin à laquelle ne résistent ni son cabinet d'avocat ni son premier mariage. En 1952, il est arrêté une première fois et condamné à neuf mois de prison pour non-respect des lois de l'apartheid.

Il divorce et se remarie en 1958 avec Winnie Madikizela, avec qui il aura deux enfants.

Après la tragédie de Sharpeville, en 1960, et l'interdiction de l'ANC, Nelson Mandela convainc les militants de renoncer à la non-violence et d'entrer dans la lutte armée.

Ne craignant pas de faire couler le sang ni de risquer sa propre vie, il fonde la branche armée du parti : Le Fer de lance de la Nation (MK, Umkhonto) avec mission de mener des attentats contre les cibles administratives et policières. Mais le mouvement est bientôt démantelé par la police et Mandela lui-même arrêté en août 1962 et condamné à cinq ans de prison pour incitation à la grève et déplacement illégal.

Deux ans plus tard, la police découvre enfin son rôle éminent dans les attentats sanglants contre la société sud-africaine comme dans les exécutions cruelles de ses opposants par le supplice du pneu (en anglais, le necklacing). Il est donc rejugé et condamné à vie pour trahison.

D'abord incarcéré à Robben Island, une île au large du Cap, il est libéré 27 ans plus tard, le 11 février 1990, par le gouvernement sud-africain du président Frederick de Klerk, acculé à la négociation par la mobilisation internationale contre l'apartheid...

Entretemps, le prisonnier s'est forgé en prison un caractère peu commun, alliant détermination, refus de tout compromis et modération à l'égard de ses ennemis. Se convertissant à la non-violence, il s'est acquis une réputation internationale de vieux sage ou nouveau Gandhi, devenant dans les années 1980 une icône pour la jeunesse occidentale !

Il reçoit le Prix Nobel de la paix en novembre 1993 à Oslo, de concert avec le président Frederik de Klerk, qui a eu la clairvoyance de le libérer et d'engager des négociations avec l'ANC, ainsi que d'abolir l'apartheid.

Élu à la présidence de la République le 10 mai 1994, il forme un gouvernement multiracial et réalise son rêve d’une Afrique du Sud « arc-en-ciel ».

Vaincu par l'âge, Mandela, que l'on surnomme affectueusement « Madiba », délègue la gestion des affaires à son vice-président et ami Thabo Mbeki dès 1996 et quitte la présidence de l'ANC l'année suivante. Le 14 juin 1999 enfin, il abandonne la présidence. Obligé de se séparer de Winnie, convaincue de turpitudes criminelles, il noue une idylle avec la veuve de Samora Machel, ancien président du Mozambique, Graça, et l'épouse le jour de ses 80 ans. Une sortie en beauté.

Nelson Mandela meurt le 5 décembre 2013, à 95 ans, dans une apothéose nationale, universellement reconnu comme l'une des plus fortes personnalités de la fin du XXe siècle.

Un bilan en demi-teinte

Madiba aura réussi à assurer un transfert pacifique du pouvoir de la minorité blanche à la majorité noire mais sans améliorer pour autant le sort des Sud-Africains.

L'Afrique du Sud connaît une insécurité record avec une criminalité urbaine effroyable qui fait de Johannesburgh la métropole la plus dangereuse du monde. Les campagnes ne sont pas moins sûres, y compris pour les Blancs, avec l'assassinat en vingt ans de près de trois mille fermiers blancs sur un total de trente cinq mille.

Les classes populaires s'appauvrissent et les écarts de revenus au sein même des populations africaines atteignent des proportions vertigineuses. Les seuls bénéficiaires de la fin de l'apartheid sont de fait la petite oligarchie de l'ANC qui s'est partagée les postes de commandement et livre les ressources du pays aux Chinois. Ils forment ce que l'on appelle ironiquement les « Black Diamonds ». C'est de façon très abusive que l'Afrique du Sud, qui peine à décoller, a rejoint la Chine, le Brésil, l'Inde et la Russie dans l'acronyme BRIC (devenu BRICS) inventé par Jim O'Neill (Goldman Sachs) en 2001.

Enfin, le pays vit sous la menace d'une résurgence de la guerre entre les deux groupes africains dominants, les Xhosas et les Zoulous.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 11 mai 330 : Naissance de la future Constantinople   Lun 11 Mai - 21:06

11 mai 330 : Naissance de la future Constantinople

Le 11 mai 330, l'empereur Constantin donne une nouvelle capitale à l'empire romain sous le nom officiel de «Nouvelle Rome». Cette cité prendra le nom de l'empereur après la mort de celui-ci. C'est sous ce nom, Constantinopolis ou Constantinople, qu'elle restera dans l'Histoire.

Trop vaste empire

L'empire romain avait atteint ses plus grandes dimensions au siècle précédent. Il était devenu ingouvernable et résistait mal à la pression des Barbares.

En 293, l'empereur Dioclétien déplace le siège du gouvernement dans quatre villes proches des frontières les plus exposées (Milan, Nicomédie, Sirmium et Trèves). Il instaure un gouvernement collégial pour mieux tenir les frontières mais sa tentative fait long feu.

Son successeur Constantin 1er, élimine un premier rival, Maxence, à Rome le 28 octobre 312. Puis il se retourne contre le maître de la partie orientale de l'empire, Licinius. Celui-ci est défait le 3 juillet 324 près d'Andrinople.

Ayant rétabli à son profit l'unité de l'empire, le vainqueur s'établit à Nicomédie (aujourd'hui Izmit, au fond du golfe du même nom, sur la mer de Marmara) et se met aussitôt en quête d'un site propice à une nouvelle capitale. Il jette son dévolu sur la ville de Byzance. Le périmètre de la «Nouvelle Rome» est solennellement consacré le 8 novembre 324.

Le choix est judicieux. Byzance a été fondée mille ans plus tôt, en 667 avant notre ère, par des colons venus de Mégare, sur les détroits qui séparent l'Europe de l'Asie. La ville est située sur un promontoire à l'entrée du Bosphore. Cet étroit chenal ouvre sur la mer Noire (le Pont-Euxin en grec ancien), au nord, et sur la mer de Marmara, au sud.

Cette mer fermée débouche elle-même sur la mer Égée et la Méditerranée par le détroit des Dardanelles (l'Hellespont des Grecs anciens).

La nouvelle capitale surplombe la mer de Marmara et le Bosphore.

Elle est délimitée à l'est par un estuaire étroit qui remonte vers le nord et auquel sa beauté a valu d'être appelé la Corne d'Or (aujourd'hui, les bords de l'estuaire sont devenus une zone insalubre).

Contantinople commande les passages entre l'Europe et l'Asie. Elle est également proche des frontières du Danube et de l'Euphrate. Elle est enfin située au coeur des terres de vieille civilisation hellénique.

Comme il en est allé de Rome à ses lointaines origines, le périmètre de la ville a été d'abord délimité par un sillon tracé à la charrue. Puis, des dizaines de milliers de terrassiers se sont mis à l'oeuvre.

Dédicace

L'inauguration solennelle (ou «dédicace») est empreinte de rites païens, avec un sacrifice à la Fortune et une dédicace du philosophe néoplatonicien Sopâtros. Mais Constantinople naît à l'époque où le christianisme s'impose dans l'empire romain et, à la différence de Rome, elle est totalement dépourvue de temples païens et presque exclusivement chrétienne.

Les habitants reçoivent les mêmes privilèges que les Romains, notamment l'exemption de l'impôt et les distributions gratuites de froment. Un Sénat est constitué à l'image du Sénat romain. Des patriciens romains et grecs bénéficient de palais. Constantin lui-même réside dans la nouvelle capitale jusqu'à sa mort en 337.

Un empire de mille ans

Mêlant avec bonheur les cultures hellénique et latine, la ville se développe très vite et surpasse Rome. En 395, avec la scission de l'empire romain entre un empire d'Orient et un empire d'Occident, elle devient la capitale de l'Orient. Sa population atteint un million d'habitants à son apogée deux siècles plus tard, sous le règne de l'empereur Justinien, ce qui en fait la principale métropole de son temps.

Le 27 décembre 537, Justinien dote la ville de son joyau : la basilique Sainte Sophie (Haghia Sofia ou Sainte Sagesse comme l'appellent encore les Turcs).

Avec l'empereur Héraclius, Constantinople abandonnera ses références latines et deviendra exclusivement grecque. L'empire prendra alors l'appellation de byzantin, en référence au nom grec de la ville.

Après plus de mille ans d'existence (un record !), l'empire byzantin cède le pas à l'empire ottoman. Constantinople en devient la capitale sous le nouveau nom d'Istamboul.

De Byzance à Istamboul

Après la prise de la ville par les Turcs en 1453, la cité devient la capitale de l'empire ottoman et la résidence officielle du calife musulman. Dans l'usage courant, elle prend alors le nom d'Istanbul (ou Istamboul en français). Selon une thèse très répandue, ce serait une déformation populaire de l'expression qu'employaient les Grecs pour dire : (je vais) eis tin Polin (à la Ville).

Selon une autre thèse, ce nom viendrait d'une altération populaire progressive de «Konstinoupolis» en Konstantinopol (comme Sevastopolis est devenue Sébastopol) puis Stantinopol. Comme la phonétique turque ne peut prononcer un st sans le faire précéder d'un i (ainsi stylo devenant istilo), on a donc eu Istantinopol puis, la paresse aidant, Istantpol, Istanbul (Istamboul en français littéraire).

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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 12 mai 1776 : renvoi de Turgot   Mar 12 Mai - 17:24

12 mai 1776 : Le renvoi de Turgot


Le 12 mai 1776, le roi Louis XVI renvoie son ministre des finances, Anne Robert Turgot.

À son entrée au gouvernement, deux ans plus tôt, quelques semaines après l'avènement du roi Louis XVI, cet économiste brillant et généreux, partisan du libéralisme («laissez faire, laissez passer !»), a découvert la situation catastrophique des finances publiques.

Pour éviter la banqueroute, solution par laquelle l'État se reconnaît incapable de rembourser ses créanciers, il taille dans les dépenses de la Maison du roi. Il sermonne même le roi en ces termes : «Il faut, Sire, vous armer contre votre bonté, de votre bonté même, considérer d'où vous vient cet argent que vous pouvez distribuer à vos courtisans».

Mais comme cela est loin de suffire, Turgot engage aussi des réformes audacieuses pour faire rentrer les impôts et libérer l'économie des entraves administratives.

Victoire à courte vue des privilégiés

Un édit supprime les droits de douane intérieurs sur le commerce du blé et introduit la libre circulation du grain. Ignorant des principes de l'économie, le peuple croit que cette liberté va aggraver les disettes. Il s'ensuit une série d'émeutes dans les villes, la «guerre des farines». On soupçonne les spéculateurs comme le richissime prince de Conti d'avoir manipulé les manifestants et de les avoir excités contre Turgot car ils tirent leur fortune des limites à la circulation des grains qui leur permettent de provoquer artificiellement des pénuries localisées.

Un nouvel édit supprime les corporations qui entravent la liberté d'entreprendre et l'initiative. D'autres édits, enfin, abolissent les corvées qui pèsent sur les paysans. Turgot veut les remplacer par un impôt sur tous les propriétaires, la «subvention territoriale». C'est un tollé chez les privilégiés qui obtiennent le renvoi du ministre.

Celui-ci, visionnaire, écrit au roi : «N'oubliez jamais, Sire, que c'est la faiblesse qui a mis la tête de Charles 1er sur un billot».
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 31 mai 1902 : Fin de la guerre des Boers   Dim 31 Mai - 21:52

31 mai 1902 : Fin de la guerre des Boers

Le 31 mai 1902, à Vereeniging, à la pointe sud de l'Afrique, un traité met fin à une guerre de 30 mois entre les Boers et les Anglais. Il s'agit de la plus dure guerre coloniale qu'aient eu à soutenir les Anglais. Et c'était face à des paysans d'origine européenne !

Les Boers (d'un mot hollandais qui signifie paysans et se prononce bour) sont en effet les descendants des Hollandais et Français qui se sont installés autour du cap de Bonne Espérance au XVIIe siècle. Ils se nomment aussi Afrikaners (Africains, dans leur langue, l'afrikaans, dérivée du hollandais). Rudes et solidaires, ils veulent par-dessus tout préserver leurs coutumes et leur religion calviniste.

Naissance d'une nation afrikaner

Vingt ans après que les Anglais eurent annexé l'ancienne colonie hollandaise du Cap (1814), les paysans Boers qui y étaient établis choisirent d'émigrer vers le nord pour leur échapper et préserver envers tout leur mode de vie, leur culture et leur foi. Mais, ce faisant, ils rencontrèrent sur leur chemin les Zoulous et il s'ensuivit des guerres incessantes.

Sur les territoires enlevés aux Zoulous, les Boers fondent d'abord la république du Natal mais, en 1843, les Anglais s'empressent de leur enlever cette possession maritime, stratégique à leurs yeux. Les Boers, sans se décourager, s'engagent vers l'intérieur du continent et fondent la République du Transvaal et l'État libre d'Orange. Ils se croient désormais à l'abri des Britanniques. Ces micro-États comptent à leur fondation respectivement 25.000 et 10.000 habitants blancs.

Londres annexe malgré tout le Transvaal le 12 avril 1877, ce qui vaut aux Anglais le douloureux privilège d'en découdre avec les Zoulous avant d'être expulsés de la petite république au terme d'une première guerre, en 1880, et d'une victoire des Boers à Majuba.

La fièvre de l'or

La découverte de l'or en 1886 sur les plateaux du Witwatersrand, en plein coeur des domaines boers, attire bientôt des immigrants de toutes origines et excite la convoitise des Anglais. Une ville minière naît à la vitesse d'un champignon : Johannesbourg. Elle ne tardera pas à devenir la métropole économique de l'Afrique du Sud.

À l'affût d'un prétexte pour en finir avec les Boers, le Premier ministre de la province du Cap, Cecil Rhodes, dénonce les traitements discriminatoires que subissent les Anglais et les autres étrangers (Uitlanders en afrikaans) installés au Transvaal.

Cecil Rhodes, né en 1853, débarqué en Afrique du Sud pour raisons de santé, a fait fortune en rachetant les parcelles de petits chercheurs de diamants. Député du Cap puis Premier ministre de la colonie, il rêve de constituer une Afrique britannique du Caire au Cap ! Après l'éviction des Anglais du Transvaal, il a pris sa revanche en contournant les républiques boers par le nord. Il a imposé le protectorat britannique au Bechuanaland (aujourd'hui le Botswana) et fondé deux colonies dans le bassin du Zambèze, appelées en toute modestie Rhodésie du Sud (aujourd'hui Zimbabwe) et Rhodésie du Nord (aujourd'hui Zambie).

Il ne lui reste qu'à lever l'obstacle du Transvaal ! En 1895, son ami Jameson tente avec 400 hommes, à partir de Mafeking, un raid sur Johannesbourg en vue de soulever les Uitlanders. C'est un échec retentissant. Jameson est capturé et Rhodes contraint à la démission. Les Boers ne sont pas sortis d'affaire pour autant...


La guerre !

Le Premier ministre britannique Joseph Chamberlain multiplie les menaces à l'encontre du vieux président Paul Kruger, un paysan obtus et laid mais farouchement déterminé à préserver l'indépendance du Transvaal. Il finit par lui adresser un ultimatum. Le 11 octobre 1899, c'est pour de bon la guerre. L'État libre d'Orange fait cause commune avec le Transvaal.

Les Boers, mûs par leur foi, vont résister avec une exceptionnelle énergie, alignant un total d'environ 50.000 hommes, y compris les vétérans et les adolescents. Face à eux, les Anglais vont mettre en ligne un total de 448.000 hommes !

Les Boers suppléent à leur infériorité numérique par la mobilité. Ils multiplient des actions de commando (le mot lui-même est un néologisme d'origine afrikaans forgé à cette occasion). Leur combat suscite une vague d'enthousiasme dans toute l'Europe continentale où l'on savoure les difficultés de la principale puissance mondiale de l'époque, qui plus est face à une poignée de paysans d'origine européenne.

En janvier 1900, le général anglais Horatio Kitchener, qui s'est déjà illustré au Soudan, prend le commandement du corps expéditionnaire aux côtés du vieux général lord Roberts, qui a perdu dans la guerre son fils unique.

Kitchener reprend Kimberley le 15 février 1900 et oblige à la reddition les 6.000 partisans du général Cronje. Il impose enfin la levée du siège de Mafeking que défend le général Baden-Powell, le futur fondateur du mouvement scout. Le 5 juin, il fait une entrée triomphale à Johannesbourg. Mais les indestructibles Boers, réduits à 17.000 combattants, entament une guerre de guérilla sous la conduite de deux jeunes et brillants généraux appelés à un grand avenir, Louis Botha et Jan Smuts. Pendant ce temps, Paul Kruger fait la tournée des capitales européennes en quête d'une aide qui ne viendra pas. Kitchener réplique par la tactique de la terre brûlée.


La guerre et les camps

Contre les Boers, le général Kitchener fait usage d'une invention récente, le fil de fer barbelé, pour aménager des camps de concentration (les Espagnols, quelques années plus tôt, à Cuba, avaient créé les premiers camps de l'Histoire de l'humanité).

Les barbelés permettent d'emprisonner un grand nombre de personnes à moindres frais et avec une surveillance réduite. 200.000 Boers (hommes, femmes et enfants) sont de la sorte internés dans des conditions lamentables et l'on compte à certaines périodes un décès sur dix parmi les internés. Les Boers évaluent à près de 30.000 le nombre de victimes des camps.

Dénoncée par l'Anglaise Emily Hobhouse, vilipendée par l'opinion internationale et surtout britannique, l'armée de Sa Majesté renoncera ultérieurement à ces pratiques.

Les Anglais soumettent enfin les Boers au prix d'une victoire à la Pyrrhus.

La plus grande guerre coloniale de l'ère moderne, qui a opposé deux peuples d'origine européenne, se solde par 7.000 morts sur un total de 100.000 combattants boers (non compris les victimes civiles des camps de concentration) et par... 22.000 morts dans les troupes britanniques, pas moins de 500.000 hommes ayant été engagés par Londres dans le conflit.

Le Transvaal et l'État d'Orange renoncent à leur indépendance ; les uitlanders obtiennent les droits civiques, mais la langue des Boers, l'afrikaans, conserve droit de cité et Londres s'engage à réparer les dommages de guerre. Pour la première fois, l'impérialisme britannique s'est heurté à une authentique résistance populaire. À quelques mois de sa mort, le 22 janvier 1901, la reine Victoria peut percevoir les premières fissures de l'Empire le plus vaste qui fut jamais.

Huit ans jour pour jour après le traité de Vereeniging, le 31 mai 1910, l'Afrique du Sud devient un dominion autonome à structure fédérale : l'Union Sud-Africaine. Le nouvel État scelle la réconciliation des deux ennemis... sur le dos des populations noires, aborigènes et métisses. Le premier Premier ministre est le général boer Louis Botha. Dans son gouvernement figure en bonne place un autre général boer Jan Smuts.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 1er juin 1885 : funérailles de Victor Hugo   Lun 1 Juin - 21:49



Hommage au poète disparu

Le 1er juin 1885, la dépouille de Victor Hugo est conduite au Panthéon.

Le poète est décédé dix jours plus tôt, à 83 ans, en l'avenue qui porte son nom.

Il écrit dans son testament : « Je donne cinquante mille francs[-or] aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l'oraison de toutes les Églises. Je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu ».

Victor Hugo n'a sans doute jamais été baptisé mais est venu à la foi au mitan de sa vie. Il n'en refuse pas moins la présence des Églises à ses funérailles.


Le 31 mai, son cercueil est exposé sous l'Arc de Triomphe drapé de noir.

Le lendemain, plus d'un million de personnes suivent le corbillard des pauvres dans lequel il a demandé à être conduit. Le Panthéon, oeuvre de l'architecte Soufflot, anciennement église Sainte-Geneviève, est réouvert à cette occasion et devient le mausolée des gloires nationales. C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'un poète reçoit de pareils hommages.

Victor Hugo, il est vrai, a non seulement cumulé tous les talents (littérature, poésie, théâtre, dessin) mais aussi témoigné sa vie durant de convictions élevées, en harmonie avec son temps.


Une aura universelle

Victor Hugo est aujourd'hui présent dans le monde entier. Grâce aux valeurs universelles de son message et de ses œuvres, il a en effet depuis longtemps traversé les frontières, aidé en cela par la diffusion de la culture française au-delà des mers. De son vivant même, il est devenu le Français le plus populaire de tous les temps en concurrence avec son contemporain Louis Pasteur.

Pensons au succès de ses écrits mis en musique : de son vivant, l'Italien Guiseppe Verdi lui emprunte sa pièce Le Roi s'amuse pour écrire son opéra Rigoletto (1851).

Beaucoup plus récente, la comédie musicale Les Misérables, créée en français en 1980 avant d'être traduite en anglais, a fait de Cosette, Fantine et Marius des stars. Les Miz tiennent l'affiche aux États-Unis et au Canada mais aussi à Londres, depuis 1985 !

Le cinéma et la télévision s'en sont bien sûr emparés dès 1907, donnant à Jean Valjean les traits de Jean Gabin (1958), Lino Ventura (1982), Jean-Paul Belmondo (1995), Gérard Depardieu (2000) et bien d'autres.

Mais Hugo n'est pas seulement une source d'inspiration pour cinéastes et musiciens : il a aussi trouvé sa place dans le domaine spirituel, rejoignant par exemple Jeanne d'Arc et Louis Pasteur parmi les guides de la religion caodaïste, fondée au Vietnam en 1921.

Porte-étendard, il reste le symbole de l'homme bon, protecteur des plus fragiles. C'est ainsi que de nombreuses familles sud-américaines continuent à lui rendre hommage en prénommant leur enfant Victor Hugo. Y a-t-il plus belle marque de respect ?

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MessageSujet: 2 juin 1946 : Naissance de la République italienne   Mar 2 Juin - 20:57

2 juin 1946 : Naissance de la République italienne

Le 2 juin 1946, les Italiens sont convoqués à un référendum pour définir les nouvelles institutions du pays après l'aventure fasciste. Par la même occasion, ils sont appelés à élire une assemblée constituante.

Prenant les devants, le roi Victor-Emmanuel III, qui s'est discrédité en amenant Mussolini au pouvoir, tente de sauver la couronne en abdiquant au profit de son fils Humbert II le 9 mai 1946. Mais ce geste ne suffit pas à réhabiliter la monarchie et les citoyens se prononcent à 54% pour la République. Celle-ci est officiellement instaurée le 18 juin suivant.

L'assemblée constituante qui sort des urnes s'avère dominée par trois partis qui vont dès lors régenter la vie politique italienne pendant le demi-siècle suivant. Il y a d'abord la Démocratie chrétienne (Democrazia cristiana) dirigée par Alcide De Gasperi, qui recueille 35% des voix, puis le parti socialiste de Pietro Nenni (20% des voix) et le parti communiste de Palmiro Togliatti (19%).

Le 2 juin est depuis lors fête nationale chômée en Italie.
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MessageSujet: 3 juin 1800 : Une nouvelle capitale pour les États-Unis   Mer 3 Juin - 20:07



Une nouvelle capitale pour les États-Unis

Le 3 juin 1800, John Adams, deuxième président des États-Unis d'Amérique, quitte Philadelphie pour Washington. Comme sa nouvelle résidence n'est pas prête, il campe pour quelques mois à l'Holiday Inn. Le 21 novembre 1800, c'est au tour du Congrès, c'est-à-dire le Sénat et la Chambre des Représentants, de s'installer dans la nouvelle capitale fédérale.

L'année suivante, en mars 1801, Thomas Jefferson devient le premier président à y prendre ses fonctions. La ville ne compte encore que trois mille habitants...

Vue récente du National Mall, à Washington, capitale fédérale des États-Unis : au premier plan, le Capitole, au dernier plan, l'obélisque du Washington Memorial ; à gauche, la rivière Potomac
Une capitale sortie du néant

La Convention a décidé le 21 février 1787 de donner une vraie capitale au pays. Par souci d'équilibre, elle choisit de l'implanter entre les États du Nord et ceux du Sud, au contact du Maryland et de la Virginie. Elle détache pour cela un territoire marécageux sur les bords de la rivière Potomac et en fait le district de Columbia (District of Columbia, DC), un territoire fédéral administré par le gouvernement central.

Le plan d'urbanisme de Washington est l'oeuvre de Pierre Charles L'Enfant. Cet architecte français, qui s'est battu à Saratoga aux côtés de La Fayette et des insurgés américains, décide de construire une ville « royale », à l'image de Versailles.

Washington, ainsi nommée en l'honneur du premier président des États-Unis (mort en 1799), présente un plan géométrique avec des rues en damier coupées par des avenues obliques qui débouchent sur des places circulaires.

Tous les bâtiments administratifs originels s'inscrivent dans le Triangle fédéral formé par le Capitole - où siège le Congrès - , la Maison-Blanche et le Memorial de Georges Washington (un obélisque de 169 mètres de haut).

La résidence présidentielle, sur Pennsylvania Avenue NW, est inaugurée en 1800 sous le nom officiel d'Executive Mansion (le Manoir présidentiel). Mais ce nom sera très vite délaissé au profit de White-House (Maison-Blanche). Partiellement brûlée par les Anglais en 1812, elle est reconstruite dans le style néo-classique georgien.

Capitale prestigieuse, ville souffreteuse

La ville de Washington (700.000 habitants) se distingue des autres villes américaines par ses constructions relativement basses et entrecoupées de vastes espaces verts. Mais sa périphérie, peuplée de laissés-pour-compte, a des aspects autrement plus déplaisants.

Le district de Columbia, du fait de son statut de capitale fédérale et de l'absence de ségrégation, a attiré dès le début du XXe siècle de nombreux Noirs du Sud. Ceux-ci représentent aujourd'hui près des deux tiers de la population et leurs conditions de vie restent dans l'ensemble très médiocres. Il s'ensuit que la municipalité manque cruellement de ressources et vit sous perfusion financière.
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MessageSujet: 4 juin 1783 : premier vol aérostatique des frères Montgolfier   Jeu 4 Juin - 20:15

Le premier vol aérostatique de l’Histoire

Le 4 juin 1783, les frères Montgolfier, organisent le premier vol aérostatique de l’Histoire. Etienne et Joseph, papetiers de leur état, testent leur première machine aérostatique à Annonay dans le Vivarais, « en présence de la ville entière » !

Ce « globe » gonflé à l’air chaud, sans passager, s’élève à près de 1000 mètres.Les frères Montgolfier et le vol aérostatique du 5 juin 1783

Dès cet instant, les hommes de l’époque comprennent l’importance historique de cette invention. Le comte de Ségur, dans ses Mémoires ou Souvenirs et anecdotes publié en 1826 rappelle que …

« Ce fut dans ce moment qu’un simple manufacturier, Montgolfier, nous inspira le téméraire espoir de nous approcher des astres. Cet homme justement célèbre, et qui le premier en France avait fabriqué le papier vélin, immortalisa Annonay, lieu de sa naissance, la France sa Patrie, et le nom de sa famille, par l’invention des ballons aérostatiques.»

Un peu plus loin dans ses Mémoires, le comte évoque les circonstances de cette invention extraordinaire:

« Montgolfier, dans sa papeterie, faisait un jour, en 1783, bouillir de l’eau dans une cafetière qui couvrait un papier ployé en forme de sphère; ce papier se gonfle, s’élève. Le philosophe s’étonne, répète l’expérience; il médite, calcule, conçoit l’effet d’un air raréfié plus léger que l’air atmosphérique; l’aérostat est inventé, et l’empire des airs devient une nouvelle carrière où l’audace des hommes s’élance. »

Dès lors, lettrés, artistes, scientifiques, célèbrent l’exploit, l’invention exceptionnelle qui ouvre tant de perspectives nouvelles; c’est ainsi que les frères Montgolfier entrent dans l’Histoire, portés aux nues partout et par tous :

    Montgolfier nous appris à créer un nuage
    Son génie étonnant aussi hardi que sage
    Sous un immense voile enfermant la vapeur
    Par la capacité détruit la pesanteur
    Notre audace bientôt en saura faire usage
    Nous soumettrons de l’air le mobile élément
    et des champs azurés le dangereux voyage
    Ne nous paraitra plus qu’un simple amusement


Un intérêt scientifique croissant pour le vol aérostatique

Dès ces premiers essais le monde entier s’enthousiasme pour les vols aérostatiques. Les ballons à gaz à leur tour prennent leur envol dès août 1783 avec le physicien Jacques Charles et les frères Robert, ingénieurs du roi. Ils sont encouragés par les récentes découvertes scientifiques sur l’aérologie, la fabrication de l’hydrogène, l’étude des gaz et les lois de la physique que les philosophes des Lumières mènent grâce à leurs nouvelles méthodes de sciences expérimentales.

Le vol en ballon connaît un engouement exceptionnel en cette fin du XVIIIème siècle. Les médias de l’époque s’en emparent et chaque journal local, chaque gazette se fait l’écho des expériences aérostatiques qui se multiplient à travers le royaume. Les lettrés, les curés, les notables écrivent dans leur correspondance, leur journal intime, leurs mémoires, chaque moment exceptionnel qui émaille leur quotidien et les envols de ballons y ont largement leur place. De nombreux mémoires et compte-rendus sur les expériences des vols aérostatiques sont publiés partout en Europe, notamment en Angleterre et en Allemagne.

La « ballonmania » s’empare de toute l’Europe

Plus prosaïquement, et ce n’est pas sans faire écho à notre monde moderne, l’esprit est envahi d’une « ballonmania » qui dépasse le simple intérêt technique et scientifique de l’aérostat. Ces dames s’affublent de coiffures extraordinaires comme le « chapeau à la montgolfière » de la célèbre Jeanne Bertin, couturière de la reine Marie-Antoinette tandis que les arts décoratifs déclinent le thème du ballon sous toutes ses formes.


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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 5 juin 1947 : le plan Marshall   Ven 5 Juin - 21:08

Le plan Marshall

Le 5 juin 1947, dans un discours prononcé à l'Université de Harvard, le général George C. Marshall annonce un programme d'aide au développement comme le monde n'en avait encore jamais connu.

Ce «programme de reconstruction européenne» (European Recovery Program ou ERP) gardera dans l'Histoire le nom de son auteur.


Générosité intéressée

Né en 1880 en Pennsylvanie, le rapporteur du plan a gravi les échelons sans passer par la prestigieuse académie militaire de West Point comme la plupart des officiers d'état-major américains. Conseiller militaire du président Roosevelt pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été nommé au grade de général d'armée à la fin de celle-ci.

Secrétaire d'État (ou ministre des Affaires étrangères) dans le gouvernement du président Harry Truman, George C. Marshall veut aider l'Europe (y compris l'URSS) à se remettre sur pied au sortir de la Seconde Guerre mondiale...

Le facteur déclenchant du plan est la Grèce, victime d'une violente guerre civile entre communistes et libéraux et menacée de tomber sous la coupe des premiers. Le 12 mars 1947, dans un discours devant le Congrès américain, le président Truman proclame sa volonté de l'aider «à sauvegarder son régime démocratique». Trois mois plus tard, son Secrétaire d'État offre aux Grecs et à l'ensemble des Européens les moyens de lutter «contre la famine, le désespoir et le chaos».

Seize pays acceptent en définitive l'aide américaine : Autriche, Belgique, Danemark, Irlande, France, Grande-Bretagne, Grèce, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Suède, Suisse et Turquie (en fait, tous les pays qui ont échappé en 1945 à l'occupation soviétique). En 1949, ils sont rejoints par la République fédérale allemande (RFA).

Pour la répartition de l'aide américaine et la promotion des échanges au sein du Vieux Continent, les Européens mettent en place le 16 avril 1948 une organisation supranationale : l'OECE (Organisation européenne de coopération économique).

En septembre 1961, cette organisation s'ouvrira aux autres pays développés du monde occidental et prendra le nom d'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) pour «promouvoir des politiques visant à contribuer à une saine expansion économique dans les pays membres, ainsi que non membres en voie de développement».

Vers une scission de l'Europe

Cependant, Molotov, commissaire du peuple aux Affaires étrangères de l'Union soviétique, refuse l'aide américaine sous prétexte de souveraineté nationale. C'est un premier couac dans les relations entre l'URSS et les États-Unis, les deux anciens alliés de la guerre contre Hitler.

À l'instigation de Staline, maître tout-puissant de l'Union soviétique, les États d'Europe centrale occupés par l'Armée rouge, refusent le plan Marshall et l'adhésion à l'OECE. La Tchécoslovaquie est un moment tentée d'accepter. Mais un coup d'État communiste la remet dans le «droit chemin».

On est en pleine «guerre froide» et Staline ne veut en aucune façon que ces États ne lui échappent. Ils lui paraissent indispensables à sa sécurité dans l'éventualité d'un conflit ouvert avec les États-Unis.

En guise de lot de consolation, Staline fonde le 25 janvier 1949 une organisation économique rivale de l'OECE : le Conseil d'aide économique mutuelle, plus connu sous son sigle anglais, Comecon (Council for Mutual Economic Assistance).

Outre l'URSS, il comprend la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Tchécoslovaquie. Il est bientôt rejoint par l'Albanie, la République démocratique allemande (RDA), la Mongolie et plus tard Cuba. La Yougoslavie en est membre associé.

Le Comecon se donne pour objectif l'intégration économique de l'ensemble de ses adhérents par le biais d'une «division socialiste du travail». Dans les faits, par cette gestion centralisée et autoritaire des économies est-européennes, le Comecon va pressurer de toutes les manières possibles les pays d'Europe centrale au profit de l'URSS, au prix d'un énorme gâchis.

L'Europe au début de la guerre froide (1947-1950)

Après la capitulation de l'Allemagne hitlérienne, la conférence de Potsdam (17 juillet - 2 août 1945) organise le sort du pays et de l'Europe : réparations en nature, établissement de la frontière orientale de l'Allemagne sur l'Oder-Neisse, indépendance de l'Autriche, annexion par l'URSS des États baltes, de la Prusse orientale, de la Pologne orientale.

Mais très vite émerge la rivalité entre l'Union soviétique et les Occidentaux. C'est le début de la guerre froide. Un «rideau de fer» sépare l'Europe en deux : d'un côté les pays occidentaux sous la protection de l'Amérique et de l'OTAN, qui bénéficient du plan Marshall, de l'autre l'URSS et ses «satellites». L'Allemagne elle-même est séparée en deux États hostiles l'un à l'autre...


Efficace sous conditions

Autrement plus efficace se révèle le plan Marshall. Étalé sur 4 ans, jusqu'en 1952, il se traduit par un total de 13 milliards de dollars de prêts ou de dons, en argent ou en nature : tracteurs, biens d'équipement... [l'équivalent d'environ 170 milliards de dollars d'aujourd'hui (2007)].

Dans les pays qui ont déjà une structure sociale solide et une population bien formée, l'aide américaine s'avère d'un profit immédiat. Elle relance l'investissement et la consommation et retentit même sur l'économie américaine en favorisant les exportations de celle-ci vers le Vieux Continent.

Dans les pays méditerranéens moins avancés, qui souffrent d'institutions opaques, l'aide se perd dans les méandres des circuits administratifs et de la corruption, sans profit pour les citoyens et l'économie. La Grèce est dans ce cas et c'est par la force armée bien plus que la vertu du dollar qu'elle sera empêchée de tomber dans le camp stalinien...

George C. Marshall recevra en 1953 le Prix Nobel de la Paix en reconnaissance de son action.
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Eurynome
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MessageSujet: Re: Ephéméride   Sam 6 Juin - 14:13

Le topic "Éphéméride" est tout triste: il aurait bien aimé voir de nouveaux posts. No
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MessageSujet: Re: Ephéméride   Sam 6 Juin - 18:23

Comme vous le voyez, je rattrape le retard.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 7 juin 1832 : Les Anglais en finissent avec les «bourgs pourris»   Dim 7 Juin - 19:06

7 juin 1832 : Les Anglais en finissent avec les «bourgs pourris»

Le 7 juin 1832, le roi Guillaume IV approuve la réforme qui met fin à certaines aberrations du système électoral anglais et notamment aux «bourgs pourris». C'est une avancée importante dans l'approfondissement de la démocratie anglais.

Joutes électorales


Sur cette peinture, la deuxième d'une série de quatre consacrée à l'élection à Oxford, en 1754, le peintre William Hogarth montre au premier plan un candidat tory achetant des voix alors qu'à l'arrière-plan ses partisans attaquent le siège local des whigs.

Un système archaïque

Au cours du XVIIIe siècle, le Parlement britannique a progressivement acquis des droits contre le monarque. Cependant, ses prétentions de représenter le peuple sont de plus en plus contestées, tant le mode d'élection de la Chambre des Communes est archaïque.

Le découpage électoral, avec ses «comtés» ruraux et ses «bourgs» urbains reflète la situation du XVIIe siècle et remonte partiellement aux derniers siècles du Moyen Âge.

Certains «bourgs pourris» comme Old Sarum ou Gatton ont moins de 10 électeurs en 1831. On les possède «dans sa poche», d'où l'autre surnom de «bourg de poche». Ils font l'objet d'achats et de ventes au vu et au su de tout le monde !

À l'inverse, les villes industrielles en plein développement sont très mal représentées, voire pas du tout. Les conditions pour être électeur sont les mêmes que durant les années 1430 : il faut avoir des revenus de quarante shillings annuels, soit deux livres, dans les comtés. Dans les bourgs, les exigences varient d'un lieu à l'autre.

Cette situation avantage les élites terriennes traditionnelles puisqu'en 1831 le nombre d'électeurs est inférieur à 500 000.

L'impossible réforme

Ces élites conservatrices ont donc tout à craindre d'une réforme, réclamée depuis la fin du XVIIIe siècle par les nouvelles couches bourgeoises : elle leur paraît être le premier acte d'une répétition de la Révolution française, modèle honni entre tous. Ce n'est qu'après Waterloo que les demandes reprennent et se font plus pressantes et plus massives. Dorénavant, les bourgeois ne sont plus les seuls à vouloir cette réforme, ils sont soutenus par de nombreux ouvriers qui y voient un moyen d'améliorer leur condition.

La fin des guerres napoléoniennes entraîne une grave crise économique et plonge de nombreux travailleurs dans la pauvreté.

Le gouvernement s'inquiète et, lors d'un important meeting à Manchester, le 16 août 1819, la troupe charge. Onze morts et des centaines de blessés vaudront à cet événement le surnom de «massacre de Peterloo», contraction de «Saint-Peter's Field», lieu du drame, et de «Waterloo». Le gouvernement prend des mesures répressives et refuse de céder. Il accepte pourtant en 1828 de lever l'interdiction d'exercer des fonctions publiques qui pesait sur les non-conformistes, et en 1829 celle sur les catholiques.

L'agitation se maintient pourtant et reprend de plus belle en 1830 lorsque des ouvriers agricoles appauvris se soulèvent contre la diffusion des batteuses, la dîme et les baisses de salaire : ce sont les swing riots.

La mort du roi George IV en 1830 écarte l'un des opposants résolus à la réforme. Il reste à convaincre la Chambre des Lords, qui rejette plusieurs projets. La pression populaire, qui s'accompagne parfois de violences contre les adversaires de la réforme, fait craindre une révolution. Poussé par le premier ministre whig Lord Grey, le nouveau roi Guillaume IV menace de nommer assez de partisans de la réforme à la Chambre des Lords pour faire basculer la majorité.

Les tories (conservateurs) cessent alors leur politique d'obstruction systématique, ce qui permet de faire accepter le texte.

Une réforme limitée

Nombre de bourgs sont supprimés alors que des circonscriptions sont créées là où la population l'exige. Le suffrage demeure censitaire et la distinction entre bourgs et comtés persiste, mais les conditions pour être électeur sont unifiées dans les bourgs. On ne peut pour autant parler d'une démocratisation réelle : le nombre d'électeurs dépasse à peine les 800.000. La bourgeoisie commerçante est ainsi associée aux affaires, pas les travailleurs manuels. Toutefois, la comparaison avec la France et ses 167 000 électeurs en 1831 (246 000 en 1847), montre que ce chiffre n'est pas négligeable.

La loi ne s'applique toutefois qu'en Angleterre et au Pays de Galles et d'autres textes sont adoptés la même année pour l'Irlande et l'Écosse.

Déception populaire

Si beaucoup se réjouissent de l'adoption du texte, les travailleurs réalisent que la réforme électorale ne suffit pas à combler leurs espoirs et demandent aussi des mesures sociales.

La «nouvelle loi sur les pauvres» de 1834 réforme l'assistance aux plus démunis en prévoyant leur enfermement dans des workhouses, ou ateliers, où les conditions de vie et la discipline doivent être suffisamment peu attractives pour détourner les pauvres de solliciter l'assistance publique !

On conçoit que ces dispositions soient contestées : les mécontents forment le mouvement chartiste, nom tiré de la «Charte du peuple» élaborée en 1838. Leurs exigences sont politiques, comme le suffrage universel et le secret du vote, mais aussi sociales. Les nombreuses pétitions portées au parlement n'aboutissent toutefois pas et le mouvement chartiste se divise entre défenseurs de la légalité et partisans de la violence. Il disparaît à partir de 1848, n'ayant pas reçu l'appui des classes moyennes.
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Ysaline de Montmirail
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MessageSujet: 9 juin 1815 : Acte final du Congrès de Vienne   Mar 9 Juin - 19:09


9 juin 1815 : Acte final du Congrès de Vienne

Le 9 juin 1815 est signé l'Acte final du Congrès de Vienne. Ce document de 300 pages en français (la langue universelle de l'époque) redéfinit les contours de l'Europe après la chute de Napoléon 1er.

Le Congrès s'amuse

Les Alliés se réunissent à Vienne sous l'égide de l'empereur et de son chancelier et ministre des Affaires étrangères, l'habile Metternich (42 ans). La France se fait représenter par le non moins habile Talleyrand (60 ans).

Talleyrand s'incline devant le partage du grand-duché de Varsovie (résurgence de l'ancienne Pologne) mais se flatte de sauver le royaume de Saxe, traditionnel allié de la France, sur lequel lorgnait la Prusse. Celle-ci se console en annexant la Rhénanie.

De la même façon que les Polonais sont assujettis à leurs voisins sans qu'on leur demande leur avis, les Belges sont réunis à leurs frères ennemis du nord dans le royaume des Pays-Bas. Les Anglais veulent ce faisant prévenir une nouvelle annexion de la Belgique et surtout du port d'Anvers par les Français.

Les Italiens de Lombardie et de Vénétie sont quant à eux réunis dans un « royaume lombardo-vénitien », partie intégrante de l'empire d'Autriche.

Les négociations sont houleuses mais n'empêchent pas les très nombreux participants de s'amuser dans un tourbillon de fêtes qui ressuscitent pour un temps l'art de vivre de l'aristocratie du XVIIIe siècle.

Négociateurs et fêtards sont à peine troublés lorsqu'ils apprennent quele 1er mars 1815, Napoléon, l'empereur déchu, a quitté son royaume d'opérette de l'île d'Elbe et débarqué à Golfe-Juan en vue de reprendre sa place à la tête de la France.

Les anciens Alliés se remobilisent contre l'Usurpateur. La France, malgré les efforts de ses représentants, ne peut éviter une remise en cause du traité de Paris. Elle doit se préparer à la perte de quelques nouveaux territoires et à une occupation militaire que consacrera un deuxième traité de Paris.

L'Acte final

Le congrès clôt ses travaux sans même attendre la défaite définitive de Napoléon 1er à Waterloo (18 juin 1815).

– La Russie s'accroît de la plus grande partie de l'ancien grand-duché de Varsovie, transformé en un « royaume de Pologne » directement inféodé au tsar.

– La Prusse reçoit la Poméranie suédoise, la Saxe du nord et surtout la Westphalie et la plus grande partie de la Rhénanie.

– L'Autriche met la main sur la Lombardie et la Vénétie, la côte adriatique (Illyrie et Dalmatie), le Tyrol et Salzbourg.

– La mosaïque allemande est réduite de 350 États à seulement 39, réunis au sein d'une Confédération germanique sans plus de pouvoir que l'ancien Saint Empire romain germanique.

– La péninsule italienne n'est plus divisée qu'en sept États.

– L'Espagne et le Portugal retrouvent leurs souverains... mais voient leurs empires coloniaux se disloquer peu à peu.

– La Suède enlève la Norvège au Danemark, tout enconcédant aux Norvégiens une très large autonomie.

– L'Angleterre s'assure des bases stratégiques : Malte en Méditerranée, Heligoland dans la mer Baltique, Le Cap à la pointe de l'Afrique. Elle s'enrichit de quelques îles à épices enlevées aux Hollandais (Tobago, Ceylan, aujourd'hui Sri Lanka) et aux Français (Sainte-Lucie, île de France, aujourd'hui Maurice).

À ces tractations territoriales, l'Acte final du Congrès de Vienne ajoute quelques proclamations de principe importantes : libre circulation sur les fleuves internationaux que sont le Rhin et la Meuse, condamnation de la traite des Noirs.
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MessageSujet: 28 juin 1914 : Assassinat de l'archiduc d'Autriche à Sarajevo   Dim 28 Juin - 20:33



28 juin 1914 : Assassinat de l'archiduc d'Autriche à Sarajevo

Le 28 juin 1914, l'héritier de l'empire austro-hongrois et son épouse sont assassinés à Sarajevo par un terroriste serbe, Gavrilo Princip (19 ans).

Imputé non sans raison à la Serbie par le gouvernement autrichien, l'assassinat va servir de prétexte au déclenchement de ce qui deviendra la Première Guerre mondiale.

Un attentat aux ramifications troubles

Tout commence à Belgrade, capitale de la Serbie, où le chef des services de renseignements, le colonel Dimitrievitch, manipule une organisation secrète terroriste, La Main noire. Celle-ci prône la réunion de tous les Slaves du Sud (on dit aussi Yougoslaves) autour de la Serbie, principal état slave des Balkans. A l'étranger, elle encourage des mouvements politiques comme le mouvement Jeune Bosnie, dont fait partie Princip.

L'assassin et ses complices sont des jeunes gens originaires de Bosnie-Herzégovine. Cette ancienne province ottomane, dont Sarajevo est la capitale, était devenue un protectorat de Vienne avant d'être formellement annexée par l'Autriche-Hongrie le 5 octobre 1908.

Pour faire avancer leur cause, Princip et cinq amis, dont un Bosniaque musulman, projettent de leur propre initiative d'assassiner un haut fonctionnaire autrichien. Mais quand ils apprenent l'arrivée à Sarajevo de l'héritier du trône d'Autriche, ils se disent qu'il fera encore mieux l'affaire.

Une première alerte a lieu le matin quand une bombe tombe près du cortège officiel. Elle rebondit sur la capote de la voiture de l'archiduc et blesse un officier de la voiture qui suit. Son auteur, Gabrinovitch, est arrêté. Un peu plus tard, l'archiduc et son épouse se rendent à l'hôpital pour visiter le blessé mais leur chauffeur se trompe d'itinéraire, emprunte une ruelle et doit aussitôt s'arrêter pour revenir sur le boulevard principal.

Princip, qui se trouve opportunément à proximité, joue le tout pour le tout et tire deux coups de revolver sur la voiture. L'archiduchesse est tuée sur le coup. François-Ferdinand décède au bout de dix minutes. L'assassin est arrêté et rejoint en prison son ami ainsi que plusieurs complices présumés.

La mort tragique de l'archiduc François-Ferdinand de Habsbourg et de son épouse Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, émeut l'opinion publique européenne, même si les victimes n'étaient guère connues et encore moins populaires. Mais l'empereur François-Joseph 1er les appréciait moins que quiconque.

Les policiers autrichiens montrent d'emblée un lien entre les assassins et la Serbie. Il apparaît dès lors raisonnable à l'ensemble des chancelleries européennes que Vienne punisse celle-ci. Personne n'imagine qu'un conflit local entre le prestigieux empire des Habsbourg et la Serbie archaïque puisse déraper...

La situation dérape

Le comte Berchtold, ministre austro-hongrois des Affaires étrangères, est impatient d'en finir avec l'agitation serbe et, le 4 juillet, sitôt acquises les preuves de l'implication serbe dans l'attentat de Sarajevo, il envoie un émissaire à Berlin pour obtenir l'appui de l'empereur allemand Guillaume II.

Mais l'empereur François-Joseph 1er et le comte Tisza, Premier ministre hongrois, ne veulent à aucun prix de complications. La dynastie des Habsbourg a tout à y perdre de même que les Hongrois de l'empire, qui doivent faire face aux revendications des autres minorités : Tchèques, Polonais, Serbes, Italiens, Roumains etc.

Pour cette raison, il s'écoulera quatre semaines avant que Vienne adresse un ultimatum à Belgrade. Entre temps, l'émotion sera retombée et les Russes auront eu le temps d'afficher leur solidarité avec les Serbes.
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MessageSujet: 29 juin 1880 : Tahiti devient colonie française   Lun 29 Juin - 20:20

29 juin 1880 : Tahiti devient colonie française

Tahiti (1000 km2 et près de 200.000 habitants en 2014) est la plus grande et la plus célèbre des îles Sous-le-Vent, dans l'archipel de la Société. Séduit par l'accueil de ses habitant(e)s, des Polynésiens à la peau cuivrée, l'explorateur Bougainville, en 1768, l'a baptisée « Nouvelle-Cythère » mais ce nom ne lui est pas resté.

Au siècle suivant, l'île fit l'objet d'une concurrence entre missionnaires protestants (britanniques) et catholiques (français). Devançant les Anglais, un officier de marine, l'amiral Dupetit-Thouars, imposa en 1842 le protectorat de la France à la reine Pomaré IV. Il eut souhaité une annexion pure et simple de l'île mais le roi Louis-Philippe s'y refusa.

Le 29 juin 1880, le fils et successeur de la reine Pomaré céda cependant ses droits à la République française, laquelle créa avec Tahiti et les autres îles et archipels de la Polynésie une nouvelle colonie.

Depuis le 29 juin 1984, la Polynésie française est un territoire d'outre-mer autonome et c'est à ce titre que l'anniversaire de ce jour est commémoré dans l'archipel.

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MessageSujet: 30 juin 1934 : la nuit des longs couteaux   Mar 30 Juin - 19:12

30 juin 1934 : « Nuit des longs couteaux »

Le 30 juin 1934, à Berlin, reste connu comme la « Nuit des longs couteaux ». Avec le concours des SS et de leur chef Himmler, Hitler élimine les extrémistes de son parti, groupés autour des SA de Röhm.

On évalue à 85 le nombre d'assassinats. Parmi les victimes figurent surtout des nazis de la première heure : Ernst Röhm, chef des SA, Kurt von Schleicher, Karl Ernst, Gregor Strasser,... mais aussi des opposants catholiques : Erich Klauser, secrétaire général de l'Action catholique, Edgar Jung, autre dirigeant de l'Action catholique, Adalbert Probst, directeur national de l'Association sportive des Jeunesses catholiques, Fritz Gerlic, directeur de l'hebdomadaire catholique Der gerade Weg.
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MessageSujet: 2 juillet 1816 : Échouage de la Méduse   Jeu 2 Juil - 18:06

2 juillet 1816 : Échouage de la Méduse

Le 2 juillet 1816, la frégate La Méduse s'échoue au large de l'actuelle Mauritanie avec 395 marins et soldats. Le navire a quitté Bordeaux le 27 avril, accompagné de la corvette L'Écho, la flûte La Loire et le brick L'Argus.

L'expédition est commandée par un capitaine de frégate émigré sous la Révolution, Hugues de Chaumareys (51 ans). Elle a reçu mission de réoccuper le Sénégal, restitué à la France par le traité de Paris, après la chute de Napoléon Ier, quelques mois plus tôt.

Le drame

Contre l'avis de ses officiers, le commandant veut couper au plus court. Son navire, La Méduse, s'éloigne ainsi du reste de la flotille et s'engage sur le banc de sable d'Arguin, à plus de 60 kilomètres des côtes africaines. Il est bientôt immobilisé et il faut l'évacuer.

Tandis que les officiers, les passagers et une partie des marins se replient sur les canots, 152 hommes doivent se contenter d'un radeau de fortune de 20 mètres de long. Le radeau est tiré dans un premier temps par les canots. Mais une nuit, les amarres cèdent, sans doute larguées volontairement par le commandant d'un canot, et le radeau est abandonné à lui-même.

Après 13 jours sous un soleil implacable, une quinzaine de survivants sont enfin recueillis par L'Argus. Ils dépeignent les violences extrêmes auxquelles ils ont été réduits, y compris le cannibalisme. Leur récit émeut l'opinion publique. Le commandant Chaumareys et les officiers passent en cour martiale.

Un jeune artiste, Théodore Géricault, s'inspire du drame pour peindre l'un des premiers chefs-d'oeuvre de l'école romantique.

La toile, aujourd'hui exposée au musée du Louvre, montre les marins qui tentent de se faire voir de L'Argus.

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MessageSujet: 4 juillet 1776 : «Independence Day»   Ven 3 Juil - 22:33



4 juillet 1776 : «Independence Day»

Le 4 juillet 1776, à Philadelphie, où ils sont réunis en congrès (en anglais, « Convention »), les représentants des Treize Colonies anglaises d'Amérique du nord proclament dans l'enthousiasme leur indépendance.

Unilatérale, c'est-à-dire non reconnue par la métropole, cette proclamation va déboucher sur une guerre mettant aux prises les Insurgents, minoritaires, et les troupes anglaises renforcées par les colons loyalistes.

L'idée d'une résolution fondamentale disposant que les « États-Unis sont, et doivent en droit être, des États libres et indépendants » revient au Virginien R.H. Lee. La résolution est appuyée par John Adams, délégué du Massachussets (l'un des inspirateurs de la Tea-party). Un comité de cinq membres est aussitôt chargé de rédiger le texte.

Le principal auteur de la Déclaration d'Indépendance est le président du comité, Thomas Jefferson, un homme des Lumières, qui est aussi un riche planteur de Virginie, propriétaire de nombreux esclaves. Il est notamment assisté de John Adams et Benjamin Franklin.

La Déclaration énonce en des termes voués à l'immortalité le droit de tous les êtres humains à la quête du bonheur :

« We hold these truth to be self-evident, that all men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable rights that among these are life, liberty and the pursuit of happiness »

« Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur... ».

L'anniversaire de ce jour a mérité de devenir la fête nationale des États-Unis d'Amérique même s'il n'a pas consacré l'indépendance effective du pays. Celle-ci attendra le traité de Versailles.

Il faut dire que les deux tiers des 2,5 millions d'habitants des Treize Colonies sont restés longtemps fidèles à la couronne britannique et au roi George III ou au moins indifférents aux revendications des Insurgents (insurgés). Parmi les loyalistes figure le propre fils de Benjamin Franklin, l'un des héros de l'insurrection.

La Déclaration d'indépendance marque le début des affrontements entre le petit groupe des Insurgents, placés sous le commandement de George Washington, et les armées loyalistes et anglaises, renforcées par de nombreux mercenaires allemands.

Retentissement européen

L'insurrection et la déclaration d'indépendance ont eu un très grand retentissement dans la noblesse libérale d'Europe. Contre l'avis du jeune roi Louis XVI, le marquis de La Fayette (19 ans) arme une frégate à ses frais et rejoint les Insurgents.

D'autres officiers se joignent au mouvement comme le commandant Pierre L'Enfant, qui jettera les plans de la future capitale, le général Louis Duportail, mais aussi le Prussien von Steuben, le Polonais Kosciusko ou l'Allemand de Kalb. Leur expérience militaire est précieuse aux insurgés, qui remportent une première victoire à Saratoga (1777).

L'écrivain et espion Beaumarchais organise des envois d'armes à destination de l'Amérique avec l'approbation du ministre des Affaires étrangères, Vergennes, désireux de favoriser tout ce qui pourrait affaiblir l'ennemie héréditaire de la France, l'Angleterre.

Le roi Louis XVI en personne se résout à envoyer en 1780 un corps de 6.000 soldats sous le commandement du comte de Rochambeau. Ce soutien décisif permet aux insurgés d'emporter la décision à Yorktown (1781).
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Eurynome
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MessageSujet: Re: Ephéméride   Dim 5 Juil - 15:39

L'une des toiles les plus célèbres du Louvre.
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MessageSujet: Re: Ephéméride   

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Ephéméride
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